IV. Accideuts et complications de la sai|;uée. — On
les divise en : accidents immédiats; 2^ accidents con-
sécutifs.
SAIGNÉE GÉNÉRALE
I. Accidents immédiats. — A. Le sang ne jaillit pas immédiatement après la ponction. — Ce fait peut provenir de deux causes : 1° ropérateur a mampié la veine et fait ce que l'on dé signe sous le nom de saignée blanche, et alors il doit reporter la lancette dans l'incision et aller ouvrir la veine : 2o la ligature est trop serrée et empêche le sang artériel d’arriver à l’avant-bras, ou au contraire elle est trop lâche et n'intercepte pas le cours du sang veineux : il est facile d’y remédier.
R. Le sang, après avoir jailli un instant, coule en bavant, ou s'arrête. — Les causes peuvent être les suivantes ;
1° L’ouverture de la veine est trop étroite et s’oblitère facilement par la coagulation du sang infdtré à son voisinage. Par (juelques pressions légères on dégage les lèvres de l’incision des caillots formés ; on l’agrandit si c’est nécessaire ;
11 y a défaut d’activité circulatoire auquel on remédie en prescrivant au patient de rouler dans sa main un objet arrondi pour déterminer la contraction des muscles de l’avant-bras ;
3» Le parallélisme de la plaie cutanée et de la plaie veineuse est détruit ; on le rétablit soit par une meilleure position du membre, soit en exerçant une légère traction sur la peau. Il peut résulter de la destruction du parallélisme des plaies une infdtration sanguine sous-cutanée constituant un thrombus; de douces pressions permettront le plus souvent de dégager le caillot et d’achever la saignée. Le thrombus peut aussi être dû à ce qu’on a perforé la paroi postérieure du vaisseau. Dans les cas où les manœuvres restent sans résultat, on ouvrira une autre veine;
4« Il y a interposition de petits lobules adipeux entre les lèvres de la plaie ; s'ils sont i)eu saillants, il suffit de les refouler avec un stylet, sinon on les excise avec les ciseaux ;
3° La syncope est enfin une dernière cause de l’arrêt du sang, de même qu’elle constitue un des accidents immédiats de la saignée. On le traitera par les moyens ordinaires : position horizontale. flagellation de la face avec une compresse mouillée, odeurs excitantes (vinaigre, acide acétique), etc. Si l’on n’a pas tiré assez de sang, une fois la syncope passée, on peut continuer la saignée.
G. Ouverture de l'artère humérale. — C’est l’accident le plus grave. La lésion de l’artère, à moins d’anomalie, ne peut avoir lieu que lors de la saignée de la veine médiane basilique, et nous avons indiqué les moyens de l’éviter. Lorsque cet accident se produit, on voit le sang jaillir rouge, rutilant, par saccades isochrones au pouls ; Ja compression exercée au-dessous de la plaie n’arrête pas le jet, tandis que la compression pratiquée audessus de la plaie et plus sûrement dans l’aisselle le suspend. Ces phénomènes sont la base du diagnostic et permettent d’éviter l’erreur lorsque, vers la fin de la saignée, le jet sanguin vei-
PETITE CHIRURGIE, C‘‘ CclU.
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
neiix prend une couleur rouge due à ce que le sang ne subit plus la transformation veineuse, par suite de l’accélération de la circulation.
Dans le cas de lésion de l'artère, si la plaie parait petite, on peut essayer la compression permanente directe par des tampons antiseptiques serrés fortement, en remontant au-dessus de la plaie, au moyen d’une bande de toile. Mais si l'hémorragie semble s’arrêter difficilement, il faut coûte que coûte procéder sur-lechamp à la ligature du vaisseau au-dessus et au-dessous de la blessure, pour éviter la formation d’un anévrisme artério-veineux.
D. Lésion d’un nerf. — La lésion d’un nerf important est rare ; nous avons indiqué le conseil donné par Lisfranc pour éviter celle du musculo-cutané lors de la saignée de la veine médiane céphalique. Une douleur immédiate extrêmement vive pourra faire soupçonner cet accident, qui se manifestera surtout ultérieurement par des douleurs persistantes, s'irradiant dans le territoire du nerf atteint.
Quant à la blessure du tendon du biceps et de son expansion aponévrotique, elle a peu d importance surtout si la plaie cutanée est pansée antiseptiquement.
IL Accidents consécutifs. — 1“ \Jecchymose. parfois étendue, est un phénomène peu sérieux. Le thrombus sera évité par une compression exacte de la plaie.
2° \d inflammation de la plaie mérite plus de considération, car il peut en résulter une lymphangite, un érysipèle, un phlegmon du membre ; on la préviendra en s’attachant aux règles de la stricte antisepsie.
3° La phlébite, qui est un accident grave de la saignée, a parfois entraîné la mort : une rigoureuse antisepsie permettra de l’éviter.
§ IL — Saignée du pied
On se reportera pour les détails de l’opération aux règdes données pour la saignée du pii du coude.
La saignée du pied se pratique généralement sur la veine saphène interne, la plus volumineuse et la mieux disposée des veines de la région. Cette veine, à parois assez épaisses, recouverte seulement par la peau et accompagnée par le nerf saphène interne, passe en avant de la malléole interne sur laquelle elle repose; c’est à son passage en avant de cette malléole qu’on l’incise. La veine saphène externe, située en arrière de la malléole externe et accompagnée du nerf homonyme, est plus petite et plus difficile à saigner que la précédente.