SAIGNÉE LOCALE; VENTOUSES
qu’on peut imprégner d’alcool ou d’éther pour faciliter la combustion.
Applicatiou. — La partie sur laquelle doit se placer la ventouse sera, si c’est nécessaire, préalablement rasée. Puis, l’air étant raréfié par un des moyens précédents, on applique aussitôt la ventouse, en exerçant une pression légère pendant quelques instants; si l’on a employé un fragment de papier, il faut attendre que sa combustion soit complète afin d’éviter une brûlure. On voit, aussitôt
Fig. 42i. — Ventouse à pompe.
après l’application, la peau, soustraite à sa pression normale, bomber dans la ventouse et rougir par l’afflux du sang dans les capillaires dilatés. La ventouse sera laissée en place seulement de 1 à 5 minutes, pour empêcher qu’un séjour plus prolongé ne détermine une mortification superficielle de la peau.
On retire la ventouse en la saisissant d’un main par son sommet et en l’inclinant un peu de côté, tandis qu’avec un doigt de l’autre main on déprime la peau en sens inverse de l’inclinaison, afin de déterminer la pénétration de l’air dans l’intérieur du récipient.
Consécutivement à l’application de ventouses, la peau reste tuméfiée et colorée pendant un certain temps; la
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
coloration, assez persistante, est due en grande partie à du sang extravasé.
2® Y entouses mécaniques ou à aspiration. — Il existe toute une catégorie de ventouses, qu’on peut appeler mécaniques, dans lesquelles le vide est produit au moyen de l’aspiration de l’air.
Une des plus simples (fig. 423) est composée d’une sorte de cylindre creux en verre dont une extrémité est surmontée d’une ampoule en caoutchouc ; pour l’appliquer, on comprime d’abord entre les doigts le réservoir en caoutchouc, puis on place exactement l’orifice ouvert de la ventouse sur la peau, et on relâche l’ampoule qui se dilate aussitôt et raréfie ainsi l’air du récipient. C’est une modification heureuse de la ventouse Blatin.
Une autre variété, plus compliquée et par conséquent plus dispendieuse, est la ventouse à pompe, dont l’emploi est assez peu répandu (fig. 424).
3° Ventouse Junocl. — La ventouse Junod est destinée à produire une dérivation sanguine puissante. Elle se compose d’un cylindre métallique susceptible d’envelopper tout un membre, hermétiquement fermé à une des extrémités et garni à l’autre d’un manchon en caoutchouc qui se moule sur la circonférence du membre et empêche tout passage d’air extérieur. Au moyen d’un tuIie latéral à robinet, sur lequel vient s’ajuster le tube en caoutchouc d’une pompe aspirante, on fait le vide dans l’intérieur de la ventouse. L’appareil destiné au membre inférieur porte le nom de botte de Junod (fig. 423). Le vide sera fait progressivement, afin d’éviter la production d’une syncope; dans le même but, on ne laissera rentrer l’air que lentement en ouvrant le robinet.
Fig. 425.
Botte de Junod.