SAIGNÉE LOCALE; SCARIFICATIONS
IL — Mouchctores. — Scarifications. — Ventouses scarifiées et sangsues artificielles.
1*^ Mouchetures. — Les mouchetures sont de véritables ponctions pratiquées à l’aide d’une lancette ou d’un bistouri très effilé ou encore d'une] aiguille en fer de lance, soit sur une partie congestionnée pour obtenir un dégorgement des vaisseaux dilatés, soit sur une région œdématiée pour donner issue à la sérosité. Ces ponctions doivent rarement dépasser la face profonde de la peau.
2"^ Scarifications ; scarificateurs. — Les scarifications sont des incisions plus ou moins étendues en longueur, mais ne dépassant pas en profondeur la couche vasculaire de la peau. On les pratique sur la peau et sur les muqueuses accessibles (paupières, cavité buccale, larynx, etc.), pour obtenirjune émission sanguine locale, ou pouryléterminer, parla sectiondes vaisseaux, l’occlusion définitive de ceuxci (par exemple dans le lupus). Dans ce dernier cas, on scarifiera le tissu à l’aide du galvanocautère, de préférence aux scarificateurs.
Les scarifications cutanées se pratiquent avec une lancette, un bistouri, un rasoir ou des scarificateurs mécaniques. La peau sera toujours préalablement rasée et nettoyée; les instruments devront être exempts de toute trace de souillure.
Lorsqu’on veut scarifier avec les instruments tranchants ordinaires, on saisit delà main droite le rasoir ou le bistouri comme un archet de violon, la lancette comme une plume à écrire, on tend la peau entre le pouce et l’index de l’autre main et on l’entame superficiellement en traçant une incision plus ou moins longue suivant le cas, mais n’atteignant en profondeur que le réseau capillaire superficiel. On fait ainsi une série d’incisions parallèles, espacées de 3 à 4 millimètres, qu’on peut croiser ensuite par d’autres incisions obliques ou perpendiculaires plus espacées; on a exagéré beaucoup les dangers de mortification superficielle que peut déterminer cette série d’incisions croisant les premières faites.
Des scarificateurs. — Au lieu du rasoir ou de la lancette, on emploie assez fréquemment des scarificateurs mécaniques qui ont
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
l’avantage de faire toutes les scarifications d'un seul coup, mais ont l’inconvénient d’être difficiles à maintenir aseptiques.
Le scarificateur le plus employé (fig. 426} se compose d’une petite boîte métallique ronde ou octogonale renfermant dans son intérieur généralement 12 lames parallèles ; la face destinée à s’appliquer sur la peau est percée d autant d’ouvertures qu’il y a de lames, et sa mobilité permet de graduer à volonté la sortie de celles-ci. Les lames sont supportées en séries de 6 sur deux axes mus par un ressort à détente qu’on armé au moyen d’une tige à ailette A, placée sur la face supérieure de la boite ; on en détermine la sortie en pressant sur un bouton B situé sur un des côtés de l'appareil.
Pour se servir de l’instrument, il faut limiter convenablement le champ de sortie des lames, l’amener au moyen de la tige à ailette et l’appliquer exactement sur la peau, puis on presse la détente. Les lames divisent les tissus
Fig. 426. — Scarificateur Fig. 427. — Scarificateur de Balmano.
à lames parallèles.
par iun mouvement circulaire presque instantané et rentrent aussitôt d’elles-mêmes. Pour nettoyer l’appareil, on dévisse la face mobile et on retire les deux axes portant les lames.
Collin a fabriqué un scarificateur qui agit par ponction ; en pressant sur le bouton supérieur de l’appareil, on fait saillir cinq lames triangulaires qui s’enfoncent plus ou moins dans les tissus.
Ventouses scarifiées. — L’écoulement sanguin déterminé par les simples scarifications est peu abondant ;