IRRIGATION DES PLAIES
qui sert à diriger le jet liquide (fig. 25). La pression du jet dépend à la fois de l’élévation donnée au récipient tenu
Fig. 28. — Poche-fontaine de Galante.
par un aide et de la compression exercée sur le tube par l’opérateur; elle est ainsi facile à régler. On arrête à vo-
lonté l’écoulement du liquide en serrant fortement le tube ou mieux en le relevant pour le fixer au récipient. Certains appareils sont munis de robinets qui risquent de s’encrasser et sont difficiles à nettoyer; d’autres fonctionnent au moyen d’une soufflerie de Richardson, etc.
Le vide-bouteille de M. Galante (fig. 26)' permet d’utiliser pour l’irrigation et le lavage une bouteille quelconque et se compose d’un tube d’écoulement en caoutchouc. Une des extrémités du tube est constituée par une capsule souple coiffant le goulot de la bouteille ; à l’autre extrémité se fixent les canules ou embouts divers. L’arrêt du liquide se fait à volonté à l’aide d’un compresseur spécial, dit pince presse-tube^ qui s’adapte sur n’impdrte quel tube en caoutchouc (fig. 27). On peut soit tenir la bouteille à la main, soit la fixer à l’aide d’un système à suspension fort simple.
M. Galante a également fabriqué une poche-fontaine en caoutchouc d’un emploi et d’une stérilisation faciles (fig. 28).
II. Les seringues en métal, en verre, en ébonite, sont repoussées par la plupart des chirurgiens, parce que le jet, étroit, frappe toujours fortement les plaies, et aussi à cause de la difficulté d’assurer leur propreté.
Elles ne méritent cependant pas le discrédit dans lequel elles sont tombées, d’autant plus qu’on est parvenu actuellement à fabriquer des seringues parfaitement stérilisables (seringues de Felizet à piston en caoutchouc, de Mathieu à piston en ivoire amolli, ou en fibre vulcanisée, etc.).
III. Pulvérisateurs. — Les pulvérisateurs trouvent leur place dans la catégorie qui nous occupe, car ils agissent par un lavage lent et l’imprégnation de la surface et des alentours des plaies, grâce à la condensation des vapeurs antiseptiques.
On peut employer le petit pulvérisateur à main de Richardson, mais il n’est pas pratique pour une opération tant soit peu longue. Le pulvérisateur à vapeur est le seul en usage en raison de sa commodité; il en existe plusieurs modèles.
Le pulvérisateur de Lucas-Championnière , dont le modèle construit par Collin est des plus répandus, est constitué (fig. 29) par une chaudière sphérique munie à sa partie supérieure d’une sou-
PULVÉRISATEURS
pape de sûreté et de deux tubes destinés à la sortie de la vapeur, mobiles de haut en bas et vice versa, pour permettre de diriger le jet. Ces deux tubes sont fixés chacun à angle droit en présence de l’orifice des tubes servant à l’évaporation par aspi-
Fig. 29. — Pulvérisateur de Lucas- Championnière.
ration du liquide antiseptique, qui est contenu dans un récipient en verre situé en avant de l’appareil sur le socle duquel il est porté.
Mode d’emploi. — Après avoir enlevé le bouchon vissé en C, remplir la chaudière, jusqu’à ce que le liquide affleure, avec de l’eau simple, bouillante pour abréger le temps de chauffe, et tenir
PANSEMENTS
fermés les deux tubes à robinet en les' plaçant verticalement. La lampe à alcool aura été préalablement remplie par un orifice latéral. Emplir ensuite le vase du lirpiide à pulvériser. La lampe étant allumée, lorsque le liquide est sous pression et que la vapeur sort bleue et chasse bien le jet à distance, ouvrir définitivement un des robinets ; il ne faut pas abaisser à la fois les deux robinets, car la pression deviendrait bientôt insuffisante. Pendant le fonctionnement de l'appareil, la lampe est employée avec toute sa flamme.
Pour arrêter la pulvérisation, relever le bec, et, si on veut maintenir l'appareil sous pression, diminuer la flamme en abaissant le levier à cet usage. Si, pendant le repos, la pression s’élève
Fig. 30.
Fig. 31.
Vases à lyansemcut.
trop dans la chaudière, presser un peu sur la soupape. Pendant son fonctionnement, l'appareil est disposé sur un meuble quelconque, à environ un mètre ou un mètre et demi du champ opératoire, et à l’abri d’un courant d’air.
Si le jet de vapeur venait à cesser par manque d’eau dans la chaudière (ce qu'on ne doit pas confondre avec l’absence de pression) on éteindrait la lampe pour ne pas altérer la paroi de la chaudière.
Quand on veut cesser de se servir du pulvérisateur, on abaisse les deux becs, on éteint la lampe et un peu plus tard on dévisse le bouchon.
Le petit appareil de ce modèle fonctionne pendant une heure ; le grand appareil, préférable, pendant quatre à cinq heures. On a aussi construit de très grands appareils chauffés au gaz.
IV. Matériel accessoire. — Ce matériel comprend : 1*^ les alèzes ou draps hors de service et bien lessivés, les toiles cirées, caoutchoutées, etc., destinés à être placés sous le malade pendant les opérations et pansements; 2® les vases divers pour retenir les liquides pendant le lavage des plaies et dont la forme doit être assez variée pour pouvoir s’accommoder à celle des régions; ils sont