INJECTIONS ET DOUCHES AURICULAIRES
appareils à irrigation déjà décrits placé à 1 mètre de hauteur environ. 11 faut toujours redresser le conduit en attirant le pavillon de l’oreille en haut, en arrière et un peu en dehors. On emploira avec avantage une canule spéciale à double courant, telle que celle dite otoplynter de Galesceano ou celle de Suarez de Mendoza.
L’injection forcée, qui a pour but d’expulser les corps étrangers, se fait avec une seringue en étain ou en ébonite munie d’un embout effilé, mousse, contenant 100 à 120 grammes d’eau savonneuse ou salée tiède. Une alèze ou une toile cirée passée autour du cou du patient protège les vêtements, et un bassin réniforme appuyé immédiatement au-dessous de l’oreille recueille le liquide du lavage L’extrémité de la canule, qu’il est bon de garnir d’un fragment de tube en caoutchouc, est dirigée contre une des parois, généralement la supérieure, mais sans la toucher, puis on chasse l’injection avec une certaine force ; si le jet était dirigé dans Taxe même du conduit, il pourrait déterminer du vertige et la syncope. Il est souvent nécessaire, dans le cas particulier, de pousser plusieurs injections avant de réussir.
2“ Trompe d’Enstache Cathétérisme. — On fait à travers la trompe d’Eustache des injections de liquides ou de gaz qui ont pour but de pénétrer dans l’oreille moyenne. Les injections liquides ne peuvent être exécu-
tées que par l’intermédiaire d’une sonde introduite dans le conduit. La sonde la plus employée est celle d’Itard, à bec recourbé et ayant un diamètre de 2 millimètres et demi à 3 millimètres (fig. 481).
Le cathétérisme àQ la trompe sera pratiqué d’après le procédé suivant, dit de Politzer. Le malade est assis en face fin médecin qui peut également être assis ou rester debout. La tête du malade sera appuyée contre le dossier d’une
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
chaise, contre un meuble, ou maintenue par un aide. Le malade doit préalablement se moucher : la fosse nasale sera nettoyée et anesthésiée à l’aide d’un stylet portetampon imbibé d’une solution de cocaïne à 5 p. 100; le tampon sera maintenu 4 à 5 minutes contre le paviUon de la trompe.
Ceci fait, le médecin relève le lobule du nez avec le pouce de la main gauche, et tenant de la main droite la sonde d’Itard comme une plume à écrire, il l’introduit dans la narine le bec en bas et la fait cheminer lentement dans cette situation sur le plancher de la fosse nasale; en même temps qu’il pousse la sonde, il la relève horizontalement. La sonde est ainsi poussée jusqu’au contact de la paroi postérieure du pharynx; si la contraction du voile du palais fait obstacle à ce dernier mouvement, on engagera le malade à respirer lentement ou à faire un mouvement de déglutition. Le contact bien ressenti, on fait tourner un peu en dehors le bec de la sonde et on le met en contact avec le paroi externe du pharynx. On la retire alors lentement, vers soi, en maintenant ce contact de manière à sentir, après un trajet de 1 centimètre à 1 centimètre et demi, le bourrelet postérieur du pavillon de la trompe. On éprouve un ressaut assez net qui indique qu’on a franchi le bourrelet et que le bec de la sonde est à hauteur de l’orifice de la trompe ; on fait alors décrire à l’instrument un mouvement de rotation de un quart de cercle, qui porte le bec en haut et en dehors et le fait pénétrer dans l’orifice tubaire.
On est assuré de la pénétration exacte, si la sonde n’est pas déplacée par les mouvements de déglutition.
Les déformations'de la cloison et du plancher des fosses nasales peuvent être un obstacle au cathétérisme et il faut toujours s’assurer, avant l’opération, de l’état de perméabilité de la fosse nasale par l’examen rhinoscopique.
La sonde une fois placée, on injecte soit des liquides médicamenteux, soit de l’air ou des vapeurs médicamenteuses.
a. Injections liquides. — On fait d’abord deux ou trois insufflations d’air, comme il est indiqué plus bas, pour chasser les mucosités, puis on adapte sur le pavillon de