EFFETS DES ANESTHÉSIQUES
anesthésiques irrite les muqueuses et détermine du larmoiement, du crachotement et de la toux; par suite de cette irritation locale, le malade s’agite, cherche à repousser la compresse ou à se lever sur son séant; les muscles, surtout ceux du thorax et du cou, sont le siège de contractions toniques, d’où parfois suffocation. Ce temps est d’autant plus marqué qu’on a donné d’emblée de fortes doses de chloroforme.
Dans le second temps, excitation secondaire, les phénomènes dépendent de l’action de l’anesthésique sur les hémisphères cérébraux et le cervelet ; la sensibilité est exaltée, il se produit des bourdonnements dans les oreilles, de la congestion de la face ; les yeux, d’abord fixes, se convulsent bientôt en haut; la pupille, qui reste parfois très dilatée, présente, en général, des alternatives de resserrement et de dilatation ; le thorax s’immobilise par intermittence avec tétanisation des muscles respiratoires, d’où des stases veineuses ; la respiration est irrégulière, le plus souvent accélérée, et le pouls suit ses irrégularités, devenant irrégulier, rapide. Il y a parfois un resserrement spasmodique de la glotte et un grand nombre d’observateurs admettent que la langue se rétracte en arrière. On observe assez souvent, dans cette période, des nausées et des vomissements; l’excitation cérébrale amène l’ivresse chloroformique, fréquemment accompagnée d’une grande loquacité avec incohérence des idées exprimées, de larmes et de rires, et de mouvements désordonnés des membres.
Cette période est fort variable suivant l’anesthésique employé et suivant les sujets ; l’éther détermine une excitation plus grande que le chloroforme et l’excitation est portée à son plus haut degré chez les alcooliques et les hystériques.
2*^ Période d'anesthésie chirurgicale (tolérance anesthésique de Chassaignac). Bientôt les phénomènes précédents se calment, le pouls devient lent, un peu plus mou, quelquefois déprimé, la respiration est plus régulière, large, ralentie, parfois stertoreuse, ronflante, la résolution musculaire est complète et la sensibilité est abolie. On reconnaît le moment d’agir lorsque la conjonctive reste insensible aux excitations mécaniques qui ne déter-
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
minent plus de contraction réflexe des paupières (réflexe palpébral). La pupille est alors contractée et immobile, le visage décoloré et souvent couvert d’une sueur froide. J* endant l’acte opératoire, on voit se produire fréquemment, quand on opère sur l’abdomen, des nausées ou même des vomissements au moment où le bistouri ouvre le péritoine.
3*^ Période d'anesthésie organique ou de coUapsus. — C’est une période k laquelle on ne doit jamais atteindre, car il faut suspendre l’emploi de l’anesthésie dès l’établissement de la période précédente. La respiration se ralentit de plus en plus, il se produit une sorte de râle trachéal, les battements du cœur faiblissent, le pouls devient mou, très lent, la pupille se dilate brusquement; le patient est en danger de mort si l’on n’intervient pas énergiquement.
Le réveil du malade s’opère lentement après l’anesthésie et sa durée est proportionnelle à la durée de la narcose. On observe assez fréquemment, dans la journée, des vomissements attribués à l’influence de l’anesthésie et aussi, par un certain nombre de chirurgiens, à l’emploi d’un chloroforme impur.
I IL — Anesthésie par le chloroforme