I. — Qualités dn chloroforme anesthésique
Le chloroforme a été découvert par Soubeiran en 1831 ; Floiirens. en expérimentant sur les animaux, montra en 1847 ses propriétés anesthésiques, mais c’est Simpson qui, la même année, l’employa lé premier chez l’homme.
Le chirurgien doit toujours vérifier ou faire vérifier avec soin les qualités du chloroforme qu’il destine à l’anesthésie. Malgré les divergences d’opinions qui se sont produites lors de la discussion à l’Académie de médecine sur le plus ou moins d’influence qu’aurait l’état de pureté de cet anesthésique, nous croyons qu’on ne saurait se départir de cette règle afin de réduire à leur minimum les chances d’accident ; il est, du reste, reconnu que le chloroforme bien rectifié, absolument pur, détermine plus rarement des vomissements. On doit toujours préférer le chloroforme récemment distillé.
Le chloroforme, outre la purification insuffisante qu’il peut
CHLOROFORMISATION
avoir subie, se décompose graduellement sous l’influence des radiations de la lumière et dégage alors des vapeurs acides et chlorées très irritantes.
Le professeur J. Regnauld a donné des règles très précises ])Our s’assurer de la pureté de cet agent : le bon chloroforme, incolore, limpide, de saveur sucrée, d’odeur suave de pomme reinette, doit avoir une densité de 1,48, à la température de 10", et son point d’ébullition entre 60 et 61». Agité avec de l’eau distillée il reste transparent, ce qui démontre l’absence d’alcool : il ne doit ni rougir, ni décolorer le papier de tournesol, ni donner de précipité ou de trouble avec une solution de nitrate d’argent à 1 p. 100, et dans le cas contraire il renferme de l’acide chlorhydrique ou tout autre et du chlore libre ;• il ne doit pas se colorer par son mélange avec son volume d’acide sulfurique à 1,84, à la surface duquel il nagera, réaction qui prouve l’absence de matières organiques ; enfin, quand il est privé d’aldéhyde, il ne brunit pas en chauffant 1 à 2 centimètres cubes avec une solution concentrée de potasse ou un fragment de pierre à cautère dissous dans quelques gouttes d’eau. Le chloroforme pur, dont on verse quelques gouttes sur une feuille de papier blanc, dans le creux de la main ou dans un verre de montre, s’évapore en gardant jusqu’au bout son odeur suave caractéristi([ue et sans laisser de traces : s’il est impur, les dernières vapeurs ont une odeur désagréable, irritante. Altéré par la lumière, il exhale une odeur acide de chlore, vive et pénétrante, et ronge alors les bouchons de liège. On conserve le chloroforme dans des flacons colorés, ou mieux dans des tubes scellés à la lampe. On doit rejeter tout flacon déjà en vidange.