CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — ANTISEPSIE ET ASEPSIE
ün pansement, dans la plus large acception du terme, est Tapplicatioii' méthodique des moyens propres à amener la guérison d’une lésion organique ou traumatique et à la protéger contre les violences extérieures. Restreignant dans une certaine mesure le sens absolu du mot pansement, afin de lui donner une signification plus précise, acceptée du reste aujourd'hui par la majorité des chirurgiens, nous le définirons « V application méthodique des moyens propres à amener la guérison d'une plaie en la protégeant contre l’accès ou le développement des germes infectieux et contre les violenees extérieures ».
Le pansement d’une plaie comporte : 1® l’application de matériaux désignés sous les noms de matières, substances et tissus à pansement, destinés à protéger la plaie, à en absorber les sécrétions et à servir, dans un assez grand nombre de cas, d’excipient à des topiques médica-
PET. CHIRURGIE, G“ édil
PANSEMENTS
menteux antiseptiques ; 2*^ l'emploi de moyens de fixation : ces derniers, en raison de leur importance et des indications fort diverses qu’ils sont appelés à remplir, seront décrits dans une partie spéciale de cet ouvrage.
Tout pansement doit être exécuté suivant les principes de la méthode antiseptique que nous considérons, avec Ghauvel et Bousquet, comme « un ensemble de mesures ayant pour but de metti’e les plaies à l’abri des germes », c’est-à-dire de réaliser l’asepsie. Cette méthode est d’origine récente, mais on doit reconnaître que l’emploi des substances aujourd’hui regardées comme douées de propriétés antiseptiques, c’est-à-dire capables de détruire les germes infectieux ou d’entraver leur développement, remonte à la plus haute antiquité (vins, alcoolatures et teintures, baumes, camphre, etc.) ; toutefois les procédés d’application étaient absolument empiriques et ne donnaient que des résultats nuis ou médiocres, car les chirurgiens ignoraient les véritables causes de la putridité du pus et des accidents des plaies. 11 faut arriver aux travaux de Pasteur sur les fermentations et la putréfaction, pour trouvei^le point de départ de la doctrine rationnelle sur laquelle s’est fondée la méthode antiseptique. S’inspirant de ces découvertes, le chirurgien anglais Lister institua, dès 1865, une série de recherches sur le traitement des plaies le plus apte à les prémunir contre les germes causes d’infection, et aboutit, en 1871, à la création de la méthode antiseptique qui a révolutionné la chirurgie et lui a imprimé un essor prodigieux. A côté de Lister, se place A. Guérin qui, conduit par sa théorie miasmatique de l’infection purulente, mit à profit les qualités filtrantes du coton démontrées par Pasteur et Tyndall, et inventa, en 1871, le pansement ouaté, remarquable progrès de la thérapeutique chirurgicale; ce mode de pansement est aujourd’hui abandonné, mais l’emploi de la ouate est resté comme un complément classique des pansements antiseptiques et aseptiques.
Le pansement de Lister, après avoir régné en maître absolu, a également disparu de la pratique chirurgicale pour faire place à des procédés plus efficaces dans la lutte contre les germes, mais sa doctrine est restée intacte dans son essence et dans ses principes.