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ACCIDENTS DE L’ANESTHÉSIE

par suite de la pénétration, dans la trachée, d'aliments vomis par le malade.

b. Syncope dans la narcose complété. — Elle est souvent cardiaque ; le pouls devient brusquement petit et misérable, puis disparaît, la plaie cesse de saigner, la face prend une pâleur cadavérique, les pupilles sont dilatées au maximum, et bientôt les mouvements respiratoires s’abolissent.

La syncope se manifeste parfois aux premiers instants de l’acte opératoire, et est souvent due à une action réflexe sur le bulbe ; bien que Vulpian ait prétendu que l’anesthésie la favorisait, il est généralement admis, au contraire, qu’elle a plus de chance de se produire dans une anesthésie incomplète, et c’est alors plutôt une mort sous le chloroforme que par le chloroforme.

Lorsque la syncope est respiratoire, les mouvements thoraciques s’abolissent avant qu’on ait perçu des troubles cardiaques, qui ne se produisent qu’ultérieurement; la face devient livide, cyanosée.

Dans cette période, la syncope peut survenir par action directe du chloroforme sur le bulbe, par une sorte d’empoisonnement local ; la mort ainsi déterminée s’observe parfois même après que le malade a repris ses sens, et aussi dans les vingtquatre heures qui suivent la chloroformisation.

L’éther et lé chloroforme produisent ces accidents de la même manière et l’opinion que le premier agirait 'surtout sur la respiration est peu démontrée, quoique certains auteurs aient admis que la plupart des cas de mort par Téther sont le fait d’œdèmes pulmonaires aigus.

On a signalé, après l’anesthésie, des paralysies portant surtout sur les nerfs du membre supérieur et qui sont dues à des compressions des troncs nerveux par des positions vicieuses : pression de la tète de l’humérus sur le plexus brachial par une élévation prolongée avec extension des bras, position des bras sous la tète, bras ou jambes laissés pendants sur le bord d’une table, etc.

Prophylaxie et traitement. — Une administration de doses progressives de chloroforme, conforme aux règles données, permettra d’éviter la syncope du début. L’examen constant du, pouls, de la respiration et de la pupille pourra souvent avertir du danger: dès que le pouls faiblit, devient intermittent, irrégulier; que la respiration

OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE

devient difficile, se ralentit, qu’il y a pâleur marquée de la face, que la pupille se dilate, il faut immédiatement suspendre les inhalations, tirer la langue au dehors s’il y a spasme de la glotte, faire la compression rythmique du cœur et pratiquer des frictions sèches sur la base du thorax, des flagellations avec une compresse mouillée sur le visage et le creux épigastrique ; on peut aussi faire l’inversion recommandée parNélaton, c’est-à-dire renverser la tête en bas. Burral a conseillé, contre la syncope, les inhalations de quelques gouttes de nitrite d’amyle : cet agent a eu ses succès et ses revers ; Liebreich croit à l’efficacité des injections sous-cutanées de 1 milligramme et demi à 6 milligrammes de sulfate de strychnine. Les injections sous-cutanées d’éther constituent un bon moyen de traitement. Mankowski conseille une injection sous-cutanée de 1 à 2 centimètres cubes d’une solution à 1 p. 100 de liquide surrénal.

Mais il ne faut pas s'attardera ces manœuvres, souvent insuffisantes, et on doit recourir rapidement aux moyens destinés à ranimer la respiration artificiellement et les continuer avec persévérance (Voir plus loin) en les combinant avec les inhalations d’oxygène, la faradisation du pneumo-gastrique. La trachéotomie est une ultima ratio qui offre peu de chances de succès.

ARTICLE II

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