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CHOIX DE L’ANESTHÉSIQUE

risations (4 177 éthéris.), 1 mort sur 6046 anesthésiées par le bromure d’éthyle. Poucet (de Lyon) a eu une seule mort (un enfant) sur 29 000 éthérisations; Ollier aucune sur 40 000.

Le chloroforme offre l’avantage d’étre beaucoup plus actif, de ne nécessiter aucun outillage spécial, et d’avoir des contre-indi: cations moins nombreuses que l'éther. Les progrès accomplis dans la technique de son administration ont sensiblement diminué ses dangers ; mais on ne saurait cependant accepter sans restriction les aphorismes de Sédillot et de Gosselin, « que le chloroforme pur ne tue jamais, que le chloroforme bien administré ne donne jamais la mort ».

En chirurgie de guerre, le chloroforme doit tenir la première place en raison de la simplicité de son administration, de la rapidité avec laquelle il amène l’anesthésie et de la faible quantité nécessaire.

L’éther, s'il paraît moins dangereux et ne produit pas la mort par syncope initiale, agit à doses plus considérables, détermine une période d’excitation très intense, cause plus souvent des vomissements que le chloroforme, et nécessite un appareil spécial pour son administration. On le préférera comme moins redoutable, dans les cas de choc, de débilitation considérable par les suppurations prolongées ou les hémorragies.

H est contre-indiqué, à cause de son pouvoir irritant, chez les malades atteints d'une inflammation aiguë ou chronique des bronches ; chez les enfants jeunes, le chloroforme semble préférable. Horsley le repousse clans la chirurgie cérébrale, car il congestionne les vaisseaux qui saignent abondamment. Gerster y est opposé lorsque les reins sont malades, car il semble avoir une action particulièrement irritante sur ces organes. On ne peut guère l’utiliser dans les opérations sur la face et le cou, à cause de l’emploi du masque ; il est vrai qu'on peut l’administrer alors à l’aide d'un long tube de caoutchouc dans lequel une double soufflerie fait pénétrer les vapeurs (Kocher). Il offre encore le grave inconvénient d'étre inflammable et par conséquent incompatible avec les opérations au thermo et au galvanocautère ; on doit également l’abandonner dans les locaux étroits, mal aérés, avec lampe et feu, qui pourraient provoquer l’embrasement des vapeurs qui rasent le sol. Dans tous les cas précédents, on lui préférera le chloroforme.

L’anesthésie mixte par l’éther et le chloroforme, l’éther étant donné en premier lieu, ne présente aucun avantage ; l’anesthésie mixte commencée avec le bromure ou le chlorure d’éthyle et continuée avec le chloroforme ou l’éther, ne paraît pas offrir plus de sécurité que l’anesthésie simple et n’a que des indications très limitées.

Le protoxyde d’azote pur n’a aucune application pratique en

OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE

chirurgie ; les dentistes même cherchent à se soustraire à son emploi par l’anesthésie locale ou par l’ânesthésie générale au bromure ou au chlorure d’éthyle.

I IX. — Accidents produits par les anesthésiques

Les irrégularités et les incidents qui peuvent survenir pendant l’administration des anesthésiques ont été étudiés plus haut ainsi que la manière d’y remédier; il ne sera donc question dans ce paragraphe que de l’accident le plus redoutable, la syncope.

La syncope est cardiaque ou respiratoire; la première est la plus dangereuse et la plus fréquente, malgré l’avis de quelques physiologistes, qui, d’après leurs expériences sur les animaux, considèrent la syncope respiratoire comme étant d’observation plus commune.

On a observé la syncope mortelle à toutes les périodes de l’anesthésie; assez souvent, quand elle s’est produite, les débuts de la chloroformisation avaient été pénibles et la période d’agitation violente.

a. Syncope dans la narcose incomplète. — Celle qui se produit au début de la chloroformisation a reçu de Duret le nom de « syncope cardiaque laryn go-réflexe ou primitive » ; il y a arrêt brusque du pouls, puis du cœur, le visage devient pâle ou blanc bleuâtre, la respiration ne tarde pas â s’arrêter après être devenue superficielle ou bien après quelques respirations profondes et bruyantes. Cette syncope, presque toujours mortelle, due à l’irritation réflexe de la membrane laryngée trangmise au bulbe (action inhibitoire) et de là au pneumogastrique et sur le cœur (paralysie du centre de coordination des mouvements du cœur) proviendrait, d’après Gosselin, de ce que, ne tenant pas compte de la tolérance du sujet, on a administré trop de chloroforme à la fois. Elle ne se produit pas avec l’éther.

A un moment plus avancé dans la narcose, mais toujours dans la période d’excitation, il peut se produire une syncope respiratoire ; le sujet cherche à se dresser sur son séant, entre en contraction musculaire tétanique avec la face congestionnée, il est pris de spasme de la glotte, puis tombe à la renverse, mort; ici les mouvements respiratoires thoraciques sont abolis avant qu’on ait perçu des troubles cardiaques, et le pouls cesse de battre bientôt après. 11 y a paralysie du centre respiratoire.

A la fin de cette période, la mort par asphyxie peut survenir

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