ANESTHÉSIE LOCALE PAR LE CHLORURE D’ÉTHYLE
à drainage ou un simple ruban de fil; pour les membres, on arrive au même résultat en appliquant lejtube d’Esmarch.
Chlorure d'éthyle. — Le chlorure d’éthyle, appelé aussi chloréthyle, kélène, a été préconisé par Kedard (de Genève). On le trouve dans le commerce tout prêt à être employé, renfermé soit dans des ampoules de verre de la contenance de 10 grammes dont une extrémité se termine par un effilement capillaire, parfois recourbé à angle droit, dont on brise la pointe au moment
de s’en servir, soit dans des tubes un peu plus gros fermés par un système à ressort, (fig. 537). On tient le tube verticalement dans la main dont la chaleur suffit pour donner un jet de 15 à 20 centimètres que l’on dirige linéairement sur la surface à insensibiliser; il faut éviter de diriger le jet par inadvertance sur les yeux du patient, ce qui détermine de la cuisson sans avoir, cependant, de conséquence fâcheuse. La peau rougit d’abord, puis blanchit, et l’anesthésie est très rapide : une demi-minute à une minute; elle dure deux minutes. Les peaux délicates seront recouvertes d’un corps gras (vaseline, glycérine). Les téguments sont durcis par l’anesthésie et offrent de la résistance au bistouri.
M. Godde a inventé un appareil, dit narcogène, constitué par un cylindre en cuivre dans lequel est contenu le chlorure d’éthyle. Ce corps s’échappe du récipient, en partie pulvérisé ; à l’aide d’une double poire en caoutchouc on mélange de l’air au liquide dont la pulvérisation est ainsi complète. La quantité de chlorure nécessaire ne dépasse pas un gramme et l’anesthésie est obtenue en quelques secondes.
Pour obtenir Vanesthésie dentaire, Crignier conseille d’insensibiliser d’abord la muqueuse à l’aide d’une solution de cocaïne et de pulvériser ensuite le chlorure
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
d’éthyle dont l’action n’est alors plus pénible à supporter. Bardet a recommandé l’emploi d’une solution de 2 à 4 p. 100 de cocaïne dans le chlorure d’éthyle dont l’action est ainsi accrue. Le mélange est contenu comme d’habitude dans des ampoules fermées. On l utilise soit en pulvérisation sur la gencive si le point à anesthésier est peu profond, soit en imprégnant un tampon qui est ensuite appliqué de chaque côté de la gencive.
On a également proposé l’emploi d’un mélange’de chloréthyle et de chlorure de méthyle, sous le nom de coryl, d’anesthyle.
2® Éther. — L’éther agit par réfrigération, en vertu de sa grande volatilité. Simpson et Nunneley, en 1848, ont les premiers recherché l’anesthésie locale par les applications d’éther. Ensuite Richet et Guérard, en activant à l’aide du soufflet l’évaporation de l’éther versé goutte à goutte, marquèrent un grand progrès; mais c’est grâce à l’invention de l’appareil de Richardson, en 1865, que la méthode s’est généralisée.
L’éther employé doit être chimiquement pur. Richardson a conseillé, comme agissant plus rapidement, un mélange de 25 centigrammes d’acide phénique pour 25 grammes d’éther anhydre.
L’éther est projeté en pulvérisation avec l’appareil de Richardson (flg. 538) sur la partie à inciser. La pulvérisation doit être faite rapidement. L’extrémité du tube sera tenue à environ 10 centimètres de la peau; au moyen d’un petit mécanisme spécial, on peut régler le jet I à volonté.
La sensation éprouvée par le patient est fort variable, ^ généralement plus ou moins douloureuse, mais d’autant j moins que l’anesthésie est plus rapide. 11 faut souvent j dix à quinze minutes avant d’obtenir l’insensibilité, quel- \ quefois davantage, parfois même elle est incomplète, ce qui provient soit de ce que l’éther est mal rectifié, soit de ce que le tégument, surtout s’il est vascularisé par l’inflammation, est pour ainsi dire réfractaire. Dès que l’anesthésie se produit, on voit la peau pâlir brusquement sur toute l’étendue frappée par la pulvérisation. Vidal, pour accélérer l’anesthésie, a recommandé de placer sur la région un petit morceau de ouate dont le bord est
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assez floche pour laisser un libre passage à l’éther ; le jet du pulvérisateur sera dirigé sur le bord de la ouate qui ne tarde pas à se recouvrir de cristaux de glace. En pulvérisant alors plus directement sur la peau, on la
voit presque immédiatement blanchir et arriver au degré voulu. En piquant ou en incisant légèrement la peau, suivant le procédé de Letemandi et Cardenal, on précipite aussi l’arrivée de l’anesthésie.
30 Chlorure de méthyle. — Debove (1884) l’a introduit le premier dans la pratique médicale pour l’anesthésie des troncs nerveux superficiels (sciatique, sus-orbitaire), affectés de névralgie rebelle. Bailly (de Chambly) a décrit un procédé permettant de s’en servir pour obtenir rapidement l’anesthésie locale de la peau. Les résultats obtenus sont fort satisfaisants.
Ce corps, gazeux à la température ordinaire, ne peut être employé que liquéfié soit sous pression, soit par un moyen réfrigérant artificiel. Il bout à 23» centigrades et produit, en s’évaporant, un abaissement de température pouvant atteindre 40*. Son emploi nécessite des appareils spéciaux que les fabricants d’instruments de chirurgie mettent tout préparés à la disposition des médecins.
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a. Pulvérisateur de Debove (fig. 539). — Cet appareil se présente sous la forme d’un tube métallique enveloppé de caoutchouc, à l’extrémité inférieure duquel se trouve
Fig. 539. — Appareil de Debove en action.
une ouverture filiforme par où s’échappe le jet de chlorure de méthyle.
Pour l’employer on le tient la vis en bas, comme l’indique la figure (si on le tenait en sens inverse, on n’aurait que du gaz). Après avoir enlevé le bouchon qui bouche le trou filiforme, on tourne le bouton à gauche