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PANSEMENTS DIVERS

miasmatique de l’infection purulente à prémunir les plaies contre le contage des germes. La ouate, que les expériences de Pasteur et de Tyndall avaient montrée comme un filtre excellent de l’air, lui parut remplir toutes les conditions désirables pour atteindre son but. Outre son action de filtrage de l’air, cette substance permettait d’exercer une compression élastique, d’entretenir sur la plaie et le membre une température constante, et de revenir aux pansements rares, c’est-à-dire d’assurer le repos des plaie’s.

A. Guérin et ses disciples obtinrent, avec ce pansement, des résultats remarquables à une époque où la méthode listérienne était inconnue. Bien que ce mode de pansement puisse se transformer facilement en pansement aseptique par la stérilisation de la ouate, il a été abandonné par les chirurgiens parce que son application, assez méticuleuse, nécessitait l’emploi de très grandes quantités de Fig. 5 1. — Pansement d’À. Guérin ouate et de bandes, et aussi pour amputation de cuisse,

parce qu’ils obtenaient des succès plus constants avec l’antisepsie. Du pansement de Guérin, il est resté l’emploi de la ouate comme complément des pansements antiseptiques et aseptiques. La figure 51 montre le pansement ouaté d’A. Guérin appliqué pour une amputation de cuisse; on voit que l’enveloppement du membre et du bassin y est opéré comme avec les pansements actuels.

IL — Pansement ouvert ou a découvert. — Cette méthode, qui est l’absence de tout pansement, consiste à laisser les plaies accomplir à l’air libre leur évolution naturelle vers la guérison. Elle a été employée avec quelques bons résultats et 'en particulier pendant la guerre russoturque, et on a pu parfois obtenir ainsi la réunion]primitive.

PANSEMENTS

Il s'agit là d’une méthode d’exception qui peut rendre des services, si l’on se trouve dépourvu de tout moyen de pansement. Les sécrétions de la plaie sont conduites par un morceau

Fig. 52. — Pansement à découvert pour l’amputation de la cuisse.

de taffetas imperméable dans une capsule quelconque placée au-dessous d’elle et contenant un liquide désinfectant (fig. 52).

III. Pansement par occlusion de Chassaignac. — Le pansement de Chassaignac, modifié par quelques précautions antiseptiques, est susceptible de rendre de bons services dans certaines plaies contuses des extrémités, et dans certains ulcères.

Les plaies, désinfectées par un liquide antiseptique et saupoudrées d’iodoforme, sont recouvertes de bandelettes de diachylon qui s’imbriquent, se croisent en X, en formant une cuirasse dépassant notablement les limites de la lésion sans jamais entourer le membre circulairement pour éviter l’étranglement.

Sur les membres, on dirige alternativement les bandelettes en deux sens obliques opposés de manière à les croiser en X et à former ainsi deux couches emplasliques superposées.

Pour les doigts, on prend des bandelettes très étroites que l’on pose d’abord dans le sens longitudinal de façon à recouvrir tout le doigt comme une cloche (d’où le nom de pansement en cloche) ; puis on applique d'autres bandelettes, un peu moins étroites, par-dessus les premières, en les dirigeant obliquement de haut en bas et les entre-croisant avec les autres.

Sur la cuirasse, on dispose de la gaze enduite d’une pommade iodoformée ou boriquée, et un gâteau d’étoupe purifiée ou de coton hydrophile. Le corps gras a pour bul d’entretenir la souplesse du diachylon et de permettre l’issue facile des sécrétions de la plaie.

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