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FUMIGATIONS

Le caoutchouc vulcanisé, en feuilles, le taffetas gommé, la gutta-percha laminée servent à l’application de cette méthode ; chez les enfants à peau fine, le caoutchouc détermine souvent de l’irritation et doit être remplacé par le taffetas imperméable. On emploie ces tissus sous forme de calotte, masque, gants, etc., suivant la forme de la région à envelopper. On les place immédiatement sur la partie malade, sans intermédiaire et sans exercer de compression; chaque jour, on les enlève, on les nettoie à l’eau savonneuse et on les fait sécher avant de les réappliquer.

L’action thérapeutique produite est due à l’occlusion, à l’uniformité de la température, à l’hypersécrétion cutanée avec accumulation sur place des liquides : c’est un véritable bain permanent.

% III. — Fumigations, inhalations, pulvérisations

1. Fnmigatioiis. — Elles s’emploient sèches ou humides et sont locales et générales.

Fumigations sèches. — Elles se pratiquent soit, mais très rarement, avec de l’air chaud, soit le plus souvent avec des principes médicamenteux volatilisés par la chaleur; elles sont bien supportées jusqu’à la température de 55 à 60® centigrades.

Pour administrer une fumigation générale ou étuve médicamenteuse^ on peut procéder de la manière suivante ; au moyen d’une boîte de tôle divisée en deux compartiments superposés et séparés par une plaque de même métal découpée à jour, on détermine la volatilisation de la substance médicamenteuse (copeaux résineux, etc.), à l’aide d’une lampe à alcool à trois becs; cette lampe est placée dans le compartiment inférieur et la substance médicamenteuse est disposée dans le compartiment supérieur sur une grille qui est elle-même supportée par une brique en terre réfractaire d’épaisseur moyenne, destinée à empêcher la combustion de la substance lorsque la plaque de séparation vient à rougir. Le malade, dépouillé de tous ses vêtements, est assis sur une chaise en bois à claire-voie et entouré d’une couverture sous laquelle on dispose l’appareil. Si le principe médicamenteux doit être

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PANSEMENTS

inhalé en même temps, il est facile au malade, en écartant légèrement la couverture fixée autour de son cou, d’aspirer à volonté la vapeur.

En adaptant un tuyau à l’appareil ci-dessus, on peut donner la fumigation au malade couché dans son lit.

Fig. o3. — Appareil à fumigation de Duval.

L’appareil de Duval (fig. 53) est un des mieux appropriés à ce genre de fumigation.

Au lieu du réchaud précédent, on peut se contenter à la rigueur d’une pelle rougie sur laquelle on projette par fragments la matière à volatiliser.

Pour localiser les fumigations à une région du corps, ce qui est spécialement le cas dans les fumigations de cinabre jadis si employées, le patient est assis sur une chaise en bois et enveloppé d’une couverture qui se fixe

INHALATIONS, PULVÉRISATIONS loi

au-dessus du point que ne doit pas dépasser l’action médicamenteuse, et qui a pour but d’empêcher la diffusion des vapeurs; sous cette couverture, on introduit avec précaution une pelle rougie sur laquelle on projette le cinabre à la dose moyenne de 1 gramme.

La pratique qui consiste à faire dégager des vapeurs sèches, médicamenteuses, dans une chambre, afin d’en déterminer l’aspiration, a reçu aussi le nom de fumigation ; c’est à la fois une fumigation locale et une inhalation. On fait brûler la substance soit directement en l’enflammant sur un récipient quelconque (papier nitré, trochisques divers, mélange de térébenthine et de goudron), soit en la projetant sur des charbons ardents ou une tôle rougie.

2" Fumigations humides. — Les fumigations humides sont presque toujours générales et ont reçu le nom de bains de vapeur simples ou médicamenteux. On les donne à l’aide d’une caisse spéciale en bois, qu’il est inutile de décrire, et dans laquelle le malade est assis de manière que sa tête seule sorte de l’appareil ; la vapeur est produite ou amenée dans cette caisse qui peut servir aussi pour des fumigations sèches.

Un moyen simple de donner une fumigation générale à un malade couché dans son lit est le suivant, employé dans les hôpitaux militaires : l’appareil nécessaire se compose d’une lampe à alcool à trois mèches, de la contenance d’environ 200 gr., et d’un tuyau coudé dont la coudure verticale a 0™,70 de long et la coudure horizontale 0'“,30 à 0‘^U40. On dispose sur le plancher, au pied du lit, la lampe allumée et on place au-dessus l’extrémité libre de la portion verticale du tuyau, qui est entaillée à son pourtour et assez large pour laisser passer l’air extérieur; l’extrémité de la portion horizontale aboutit sous les couvertures maintenues soulevées par un grand cerceau. Afin d’éviter de brûler la literie, le tuyau horizontal est entouré d’un manchon en bois. 11 est facile de modérer l’intensité de la fumigation en allumant tout ou partie des mèches.

Les fumigations humides locales se pratiquent en général soit sur les yeux, soit dans les cavités et conduits de l’oreille. Pour les yeux, il suffit de diriger sur

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eux des vapeurs dégagées dans un flacon à ouverture convenable.

Les fumigations de la cavité de l’oreille moyenne sont des douches médicamenteuses et seront décrites ultérieurement.

IL Inhalatious. Pulvérisations. — L’inhalation ou aspiration de vapeurs médicamenteuses se pratique soit sur les vapeurs dégagées par l’élévation de température d’un liquide médicamenteux ou par la combustion de substances spéciales, soit sur les liquides pulvérisés au moyen d’appareils spéciaux ; c’est un moyen de pansement des cavités respiratoires. Nous avons traité, à propos des fumigations, de la combustion immédiate des substances médicamenteuses.

Inhalation de vapeurs et de gaz. — Le procédé le plus simple consiste à chauffer au bain-marie ou à l’aide d’une lampe à alcool le liquide contenu dans un vase à goulot suffisamment grand : un cornet en papier fort, ouvert à ses deux extrémités, ou un entonnoir, est placé au-dessus du vase et recueille les vapeurs, qu’on respire ainsi facilement. L’inhalateur de Moura, celui de Nicolaï (fig. 54) sont des plus simples ; on verse le liquide bouillant dans un récipient et on l’inhale à l’aide d’un entonnoir de forme spéciale.

Landry a imaginé pour ces inhalations un petit appareil (fig. 55) constitué par une chaudière M, munie d’un long tuyau de dégagement D, une lampe à alcool et une embouchure en verre H. Pour faire fonctionner l’appareil, on dévisse le tube de dégagement D, on introduit dans la chaudière le liquide médicamenteux, puis on revisse le tube et on chauffe sur la lampe à alcool. Dès que la vapeur sort par l’embout E, le patient se place en

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face de l’appareil en tenant l’embouchure du verre entre les lèvres et respire longuement.

On emploie, aussi, dans certains cas, un flacon à trois tubulures : la tubulure médiane sert à l’introduction du liquide et est fermée par un bouchon; des deux tubulures latérales, l’une porte un tube qui plonge dans le liquide par une de ses extrémités et est relié par l’autre bout à une poire à insufflation ou à un soufflet à main;

l’autre tubulure livre passage à un tube court, n’atteignant pas le niveau du liquide, et portant à son extrémité extérieure un appareil à embouchure dans laquelle le malade aspire la vapeur entraînée par la poire à insufflation ; le flacon sera chauffé au bain-marie.

Les inhalations d’oxygène se font au moyen d’appareils spéciaux parmi lesquels nous signalerons les appareils de Limousin, de Dupont, etc. Le gaz est livré dans un sac en caoutchouc muni d’un tube à robinet : ce tube aboutit à une tubulure d’un flacon laveur dont l’autre tubulure porte un tube en caoutchouc terminé par l’embouchure dhnhalation.

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2® Inhalation de liquides 'pulvérisés. — Elle nécessite l’emploi d’appareils spéciaux dits pulvérisateurs dont le nombre est considérable. dis sont basés sur la pulvérisation des liquides produite soit par l’arrivée d’un courant d’air projeté par une soufflerie, soit par un jet de vapeur.

Les pulvérisateurs par projection d'air sont pour la plupart d’une construction assez analogue à celle de l’ap-

pareil de Richardson employé pour l’anesthésie locale ; d’autres présentent une disposition un peu différente (fig. 56).

M. Rengade a proposé un pulvérisateur dit à réactions {fig. 37), composé de deux flacons a et 6 juxtaposés, dans lesquels on verse des liquides différents : le mélange des vapeurs produites par la poire à soufflerie G forme par leur combinaison un médicament à l’état naissant.

Parmi les autres pulvérisateurs de cette catégorie, nous mentionnerons encore ceux de Saies-Girons, Fauvel et Laurès, l’inhalateur électrique d’Imbert de la Touche.

Les pulvérisateurs et vapeur sont basés sur un mécanisme identique à celui que nous avons indiqué à propos

INHALATIONS, PULVERISATIONS

du pulvérisateur antiseptique qui en est dérivé. Un des plus anciens et des plus répandus est celui i de Siègle (fig. S8) :

Fig. 57. — Pulvérisateur à réactions, de Rengade.

A l’aide d'une mesure spéciale, on remplit par la tubulure A la <;haudière avec de l’eau ordinaire qu’une lampe à alcool, placée dans le bas de l’appareil, porte à l'état de vapeur; cette vapeur sort par le tube horizontal effilé à son extrémité et détermine l’as-

PANSEMENTS

cension et la pulvérisation du liquide médicamenteux contenu dans le vase en verre qui sert de pied à l’appareil.

Galante, sur le même modèle, a construit un pulvérisateur permettant d’utiliser directement une bouteille d’eau minérale d’un quart de litre dont le contenu vient automatiquement alimenter le pulvérisateur (fig. 59) ; la température de la pulvéri-

Fig. 38. — Pulvérisateur de Siègle.

sation peut varier entre 15 et 30<> centigrades. Il est inutile de décrire ici les pulvérisateurs installés dans les établissements thermaux.

Quel que soit l’appareil employé pour l’inhalation, le malade sera assis, la tête légèrement inclinée en arrière, respirant naturellement, mais avec des inspirations profondes et en évitant la respiration nasale; la bouche sera placée à environ 2 à 3 centimètres en avant du tube à pulvérisation; la durée sera de 12 à 13 minutes par séance.

La pulvérisation au moyen de ces appareils ou de celui

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de Lucas-Championnière peut être appliquée à toutes les régions du corps. On a cependant construit des appa-

Fig. 39. — Pulvéï’isateur de Galante.

reils à embout spécial pour les pulvérisations nasale, laryngée, etc.

§ IV. — Irrigation continue

L’irrigation continue, érigée en méthode par Bérard et .losse (d’Amiens) en 1635, consiste â faire arriver sur une partie du corps un filet d’eau tiède ou froide d’une manière continue. Cette méthode est aujourd’hui bien délaissée, surtout pour le traitement des plaies; elle ne

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s’adresse guère qu’aux contusions. Cependant, faite avec des liquides autiseptiques, elle trouve encore des indications, mais elle sort alors de son but primitif, car elle est simplement destinée dans ces casa mettre les plaies en contact permanent avec l’antiseptique et à enlever leurs sécrétions.

Les moyens de pratiquer l’irrigation sont assez nombreux; nous nous bornerons à indiquer quelques manières fort simples d’improviser un système à irrigation pour les membres.

Le lit du malade est protégé par une toile cirée disposée de façon à conduire l’eau dans un récipient placé sur le parquet, près du lit; la partie à irriguer doit aussi être mise dans une situation telle que l’eau n’ait pas de tendance à aller mouiller le reste du corps. Cette dernière condition, difficile à remplir, borne l’emploi de l’irrigation à la main et à l’avant-bras, au pied et à la jambe.

On dispose ensuite près du lit du patient, à une hauteur suffisante, un vase quelconque, de dimensions convenables, placé sur un meuble ou un escabeau, ou fixé à un clou fiché dans le mur, etc., etc. Mathias Mayor a conseillé de percer le fond du récipient d’un ou plusieurs trous destinés à recevoir autant de bouts de ficelle d’un volume un peu moindre. Le liquide introduit dans le vase glisse le long de ces cordons jusque sur les parties malades; plus la ficelle est filiforme, plus le courant augmente de volume. Si le récipient a une canule à robinet, on obture en partie celle-ci avec une ficelle ou bien on l’entoure avec une bande ou une lanière de tissu aboutissant à la région malade. Lorsque le vase n’a pas de robinet et qu’on ne peut y percer des trous, on établit un siphon métallique ordinaire. Thiersch recommande l’emploi d’une bouteille dont on perce le fond et dont on ferme le goulot au moyen d’un bouchon foré d’un trou pour le passage d’une ficelle. ou d’un tuyau de caouchouc.

Une compresse à laquelle aboutissent les fils ou les lanières de linge est étendue sur la plaie ou la région, de manière à disséminer l’eau uniformément. Mayor a justement fait remarquer que l’eau ne doit jamais tomber de haut, mais arriver inaperçue. Suivant l’étendue delà sur-

IMMERSION ET BALNEATION

face à irriguer, on fera arriver sur elle plusieurs ficelles ou lanières, de façon qu’elle soit humectée simultanément dans tous ses points par le liquide à une température égale.

Les avis ont été très partagés au sujet de la tem|)érature à donner au liquide, tous les blessés ne supportant pas également bien le froid ; Amussat n'employait que de l’eau de 18 à io® centigrades. On commencera avec le liquide à la température de 20 à 25“ centigrades et on le refroidira progressivement sans cependant atteindre le point oü il déterminerait de la douleur.

Suivant les cas, on se servira d’eau pure, très propre, ou d(‘ solutions antiseptiques faibles (plaies).

L’emploi de cette méthode nécessite une grande surveillance pour qu’il n’y ait pas d’intermittences et que la température de l'eau se maintienne égale, sans quoi l’on ferait courir au patient des risques de gangrène. L’irrigation sera prolongée Jusqu’à ce que toute crainte d’inflammation ait disparu, à moins que l’apparition de douleurs violentes n’oblige à la suspendre. Elle ne doit jamais être cessée brusquement : on élève d'abord progressivement la température du liquide, on diminue sa ([uantité et, pour terminer, on remplace l'irrigation par des fomentations froides avec des compresses mouillées renouvelées à des intervalles de plus en plus longs. Si l’on s’est servi d’eau tiède, l’on doit, d’après Amussat, prolonger son emploi pendant 15 ou 20 jours.

L’irrigation continue, froide, agit par soustraction de chaleur et en empêchant aussi l’afflux sanguin j)ar contraction des vaisseaux (Malgaigne) ; c’est donc un antiphlogistique. Mais, comme l’a fait observer Amussat, à cette action s’ajoutent le maintien des parties à une température constante, et, s'il y a plaie, l’entraînement continu des sécrétions.

§ V. — Immersion et balnéation

L’immersion est locale ou générale et s’administre sous forme de bains locaux ou de bains généraux. Les liquides, eau simple ou médicamenteuse, s’emploient à des températures diverses : le bain est froid à 20® centigr., frais de 20 à 25®, chaud de 25 à 35®.

I. Bains locaux. — Les bains locaux sont employés surtout pour les plaies enflammées, phlegmoneuses (nous

PANSEMENTS

laissons de côté ce qui a trait aux bains révulsifs) ; nous avons déjà indiqué l’emploi des bains locaux antiseptiques. Ils agissent par leur température, par l’enlèvement des sécrétions, et directement par l’antiseptique en dissolution.

Les récipients employés ont reçu le nom de : 1° maniiliive ou bain de la main ou de l’avant-bras ; 2° pédiluve ou bain de pied ; 3*^ bain de siège, etc. : ils sont en bois ou en

Fig. 00. — Appareil pour bain de bras.

zinc. Un système ingénieux est celui représenté ci-contre (fig. 60) : des lanières, fixées par leurs extrémités à des boutons placés sur les bords du bassin, supportent le membre de manière qu’il baigne en tous sens dans le liquide; un couvercle sert à empêcher le refroidissement de l’eau.

Lorsqu’il est nécessaire de baigner la cavité vaginale, on place la malade dans un bain de siège ou un grand bain, et on introduit dans le vagin un spéculum fenètré ou grillagé.

Dans certaines affections de l’œil, on administre un bain i local au moyen de petits appareils en porcelaine, hémi- ! sphériques, qui s’appliquent exactement au pourtour de i l’organe. |

La température du liquide employé pour les bains est i variable, généralement 30^; les bains antiseptiques sont ( donnés pendant 1 à 2 heures, et répétés deux à trois fois | dans le courant de la journée. j

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