‹ Nouveaux éléments de petite chirurgieChapitre 6 sur 331 · GAZE OU TARLATANE · texte numérisé non relu

GAZE OU TARLATANE

deux fois sur une certaine étendue dans le sens de sa longueur (à deux ou trois chefs) ; elle sert pour protéger les chairs pendant la section des os dans les amputations.

l.es bandes seront décrites dans la partie destinée aux bandages.

§ II. — Gaze ou tarlatane

La gaze, mousseline ou tarlatane, joue un rôle important dans la pratique des pansements. Elle est plus ou moins fine et constituée par un tissu à trame lâche, en fil de coton, apprêté au moyen d’un bain d’amidon dont elle contient environ un cinquième de son poids. Elle renferme donc des impuretés et des matières fermentescibles qu’il est nécessaire de faire disparaître, quand on veut l’employer en application sur les plaies et avant d’y incorporer des substances antiseptiques. L’apprèt, au contraire, est une ressource précieuse lorsqu’on se sert de la gaze taillée en bandes ou en feuilles pour maintenir des pansements ou appareils : dans ce cas, il suffit de plonger la bande dans l’eau pure ou antiseptique au moment de s’en servir, de l’exprimer et de l’appliquer immédiatement.

La gaze est actuellement livrée par le commerce, soit apprêtée, soit privée de son apprêt ; cette dernière, seule, doit être mise en contact avec les plaies, l’autre servant à faire des bandes ou des appareils.

Préparation de la gaze hydrophile. — M. Thomas, pharmacien militaire, qui s’est occupé si soigneusement de la préparation des matériaux de pansement, a indiqué le procédé suivant pour débarrasser la gaze de son apprêt et la rendre hydrophile : plonger la gaze dans l’eau à 80° centigrades et agiter par intervalles ; la retirer au bout de vingt-quatre heures, l’exprimer et l’immerger dans une solution d’hypochlorite de soude à 2°, 5 de l’aréomètre Baumé. Après une demi-heure de séjour, la sortir de ce bain et la laver à grande eau jusqu’à réaction négative sur le papier de tournesol.

Après l’avoir exprimée de nouveau, la mettre pendant une demi-heure dans une solution d’acide chlorhydrique à 1 /20, d’où on la retire pour la laver à grande eau jusqu’à ce qu’elle ne rougisse plus le papier de tournesol; alors elle est exprimée et sus-

pendue pour obtenir sa dessiccation, qui est ensuite achevée â l'étuve.

La même préparation peut servir pour nettoyer les bandes ordinaires en toile, lin ou coton.

§ 111. — Coton ou ouate

Le coton est utilisé sous deux formes : le coton cardé et le coton hydrophile.

1° Coion cardé ou ouate ordinaire. — Le coton cardé non dégraissé s’emploie soit comme topique immédiat, dans les brûlures par exemple, dans le pansement d’A. Guérin dont il constitue la base essentielle, soit comme remplissage pour les gouttières, attelles, appareils, etc., soit comme moyen de protection des pansements et agent de compression, etc. Son action irritante sur les plaies est réelle, mais il ne faut pas en exagérer la portée.

Pour découper le coton en bandes, carrés, etc., il faut déchirer la pièce dans le sens de sa longueur ou la tailler avec des ciseaux.

Les expériences de Pasteur et de Tyndall ayant démontré la propriété que possède le coton de purifier l’air qui le traverse en retenant les germes et poussières, il est absolument nécessaire de le conserver dans des boîtes et de ne jamais le laisser traîner dans les salles de malades ou d’opérations ; on n’ouvrira les boîtes ou les paquets qu’au moment de s’en servir et on les refermera aussitôt après. Lorsqu’on applique, exceptionnellement, du coton non stérilisé, directement sur une plaie, on doit toujours rejeter une légère épaisseur de la couche qui peut avoir été en contact avec l’air.

Le coton se stérilise facilement à l’étuve sèche ou à l'autoclave.

2® Coton hydrophile. — La chirurgie est redevable de cette préparation à M. Tourainne. On l’obtient en faisant bouillir pendant quelques instants de la ouate ordinaire, de bonne qualité, dans une solution de soude à 25 ou 30 p. 100 et en l’y laissant macérer une heure ; puis on lave à grande eau et on carde après dessiccation.

Le procédé indiqué par M. Thomas pour préparer l’étoupe hydrophile donne ici d’excellents résultats.

Page 1