OUATE. LINT
M. Gaujot, après avoir longuement expérimenté ce produit, est arrivé aux conclusions suivantes : préparé avec soin, le coton hydrophile est une substance blanche, soyeuse, légère, élastique, se laissant facilement et rapidement imbiber par toutes les solutions aqueuses, alcooliques ou antiseptiques, etc., et s’imprégnant également bien des produits de sécrétion organique, pus, sérosité, etc. Il se prête à toutes les formes exigées poulies pansements : gâteaux, plumasseaux, etc. Son contact est très doux pour la surface des plaies et les téguments excoriés ; cependant, lorsqu’une plaie marche vers la guérison, il est parfois un peu trop irritant. On l’utilise aussi sous forme de tampons en guise d’éponge, pour nettoyer le pourtour des plaies ou une région à opérer; il est bon, dans ce cas, de l’envelopper d’un morceau de gaze fixé par un fil. Employé sec, il est compressible et jouitd’une assez grande élasticité, mais, sous cette forme, il offre l’inconvénient de se durcir au contact de la plaie par la coagulation et la dessiccation des liquides sécrétés ; aussi faut-il interposer entre lui etla plaie quelques feuilles de gaze absorbante. Il ne peut remplir tous les usages du coton ordinaire. Il doit être parfaitement blanc, tenace, constitué par des filaments de trois centimètres au moins.
D'après M. Gay, la texture d’un bon coton absorbant doit être homogène à la lumière transmise, sans ombre ni nœuds. La ténacité s’apprécie en en saisissant une mèche entre le pouce et l'index de chaque main ; la mèche doit oj)poser une résistance assez forte à la rupture. Une mèche allumée par son extrémité doit s'enflammer instantanément sur toute sa surface ; on l'éteint rapidement et la surface brûlée doit aiiparaitre blanche et non pas noire comme avec les cotons insuffisamment dégraissés. La macération doit être neutre dans l’eau distillée. Le j)oids des cendres ne doit pas dépasser 1.50 p. 100. La sensation de cra- (piement est due à l'introduction d'une petite quantité d’acides gras qui en augmentent la blancheur; il ne doit pas y en avoir plus de 1 p. 100,
I IV. — Lixt
Le lint ou tissu-charpie, charpie anglaise, est une sorte d’étoffe composée de fibres de coton, de lin ou de chanvre,
PANSEMENTS
lâche, épaisse et moelleuse, dont une des faces est généralement lisse et gommée, l’autre rendue tomenteuse par le cardage ; parfois il est tomenteux sur ses deux faces. On le trouve en longues pièces roulées, comme la ouate, dans lesquelles on taille avec des ciseaux des morceaux de la grandeur nécessaire. C’est une bonne matière à pansement, très employée en Angleterre.
i V. — Lix
Makuschina et Medwedew ont proposé le lin comme matière à pansement. Pour le rendre hygroscopique, on le cUvise en petites bandes, on le cuit pendant 3 heures dans une lessive de cendres et on l’y laisse macérer 8 ou 10 heures, puis on le lave six à sept fois à grande eau, on le sèche et on le carde. Le produit obtenu est blanc, doux et très hydrophile. Outre son prix peu élevé, il aurait, sur le coton hydrophile, l’avantage de ne pas adhérer aux plaies et de se laisser imprégner très facilement par les sécrétions.
§ VI. — Étoupe ; oakum ; étoupe purifiée ; ramie
L’étoupe brute, renfermant beaucoup de brins de tiges de chanvre ou chènevottes, est impropre aux pansements et ne convient que comme moyen de remplissage.
Pendant la guerre de Sécession, les chirurgiens américains, sur la proposition de Sayre, utilisèrent sous le nom à'oakum l’étoupe fabriquée avec de vieux cordages goudronnés ou calfat et n’eurent qu’à se louer de son emploi.
Le seul produit employé aujourd’hui est l’étoupe purifiée ou hydrophile préparée suivant le procédé de Weber et Thomas.
Préparation de l’étoupe hydrophile ou purifiée. — Préparer d’abord les solutions suivantes : 1° une solution de soude caustique marquant 5° à l’aréomètre Baumé, obtenue en mélangeant 12 kg. de carbonate de soude avec 4 kg. 800 de chaux vive et en ajoutant suffisamment d’eau pour avoir lUü litres de solution ; — 2“ une solution d’hypochlorite de soude préparée en épuisant 5 kg. de chlorure de chaux sec à 85o chlorométriques par