SUSPENSOIRS ET BOURSES
responclante de la bande ; on transforme ainsi Tàngle supérieur en un trou pour le passage de la verge (fig. 149,2).
Application. — On l’applique de manière à envelopper le scrotum et que le pénis passe par l’ouverture a. Les chefs supérieurs sont placés horizontalement autour du bassin et les inférieurs (ou sous-cuisses) vont s’enrouler chacun d’un côté sur les cuisses, en les contournant d’avant en arrière et de dedans en dehors pour venir se fixer en avant sur la partie horizontale du bandage.
Usages. — Excellent pour maintenir des topiques ; mais les suspensoirs en tissu léger, mieux conditionnés, qu’on trouve chez les fabricants, sont préférables lorsqu’il s’agit de soutenir les testicules.
Boulle a décrit dans les Archives générales de médecine, en 1887, un bandage composé destiné à exercer une compression sur le scrotum en cas d’orchite.
Ce bandage se compose ; 1" d’une compresse de 0 m. 50 de long sur 25 à 30 centimètres de large ; 2» de deux bandeslongues. de 1 m. 50 à 2 mètres ; > de deux bandes de 0 m. 70 devant servir de sous-cuisses. Chacune des bandes est cousue à plat, par son milieu, le long des petits bords de la compresse. Dans la moitié supérieure et médiane de la compresse, on pratique, sans intéresser le bord, une fente longitudinale de 12 à 15 centimètres : à un travers de doigt au-dessous de cette fente, on coud les sous-cuisses.
Application. — On fait passer bourses et verge à travers la fente dont les bords sont garnis de ouate. On fixe la ceinture autour du bassin et on y attache les souscuisses comme pour un suspensoir ordinaire. Les bourses et la verge se trouvent placées et maintenues en avant du tablier. Le scrotum étant entouré d’une épaisse couche de ouate qu’on peut recouvrir d’un taffetas gommé, on relève, par devant, l’extrémité inférieure de ia compresse et on la fixe à la ceinture au moyen de la bande transversale qui y est cousue.
Enfin, on rapproche latéralement les bords de la compresse l’un de l’autre et on les réunit par des épingles. On termine en dégageant la verge par un coup de ciseau donné dans la partie relevée de la compresse.
BANDAGES
Ce bandage, inspiré de ceux de Langiebert et de Horand (de Lyon), exerce une douce compression, mais, en somme, un caleçon de bain bien ajusté permet, avec de légères modifications d’arriver au même résultat.
§ VI. — Sixième variété : Liens, lacs et nœuds divers
Les liens sont des pièces de tissus divers, toile, ruban de fil, cuir, caoutchouc, etc., garnies ou non de boucles à une de leurs extrémités et servant à fixer les pansements et appareils. Le mot « lacs » est souvent employé
comme synonyme de lien; cependant, on le réserve habituellement aux liens disposés d’une façon spéciale autour d’un membre pour y exercer une traction ou bien pour y maintenir les pièces d’un appareil à fracture (fig. 150).
Les liens et les lacs se fixent souvent en unissant
Fig. 151. — Nœuds divers.
1. Nœud simple. — 2. Nœud double. — 3. Rosette simple. — 4. Nœud de cliirurgien. — 5. Nœud d’emballeur. — 6. Nœud étranglant. — 7. Nœud coulant.
leurs extrémités par des nœuds, dont il existe un assez grand nombre ; nous signalerons seulement les plus
Fig. 150. — Lacs à boucle.
FIXATION DF LACS EXTENSEURS
utiles et les plus employés, représentés figure 151, préférable à toute description : nœud simple (1) ; nœud
double (2) ; 3^ rosette simple (3) ; 4*^ nœud de chirurgien (4) ; nœud d'emballeur (5); 6® lacet ou nœud étranglant (6) ; nœud coulant simple (7) ; 8*^ nœud d’allonge (fig. 161,1).
Procédés de fixation des lacs extenseurs.
Traction élastique.
On emploie assez fréquemment des bracelets en cuir matelassés, qui se bouclent ordinairement autour des
Kainal-Freres
Fig. 152. — Fixation des lacs extenseurs par un bracelet de cuir.
membres et sur lesquels se fixent perpendiculairement, au moyen de boucles ou d’anneaux, des courroies, soit en cuir, soit élastiques, sur lesquelles on exerce la traction (fig. 152). On peut aussi se servir d’anneaux en caoutchouc fixés automatiquement autour du membre, comme dans l’appareil à extension de Galante (fig. 153).
Ch. Legros et B. Anger ont eu l’idée d’exercer des tractions soutenues et élastiques, pour la réduction des
BANDAGES
luxations, au moyen de tubes en caoutchouc : on applique d’abord longitudinalement sur le membre les deux chefs d’une série de bandelettes de diachylon, de manière à constituer tout autant d’anses libres ; puis, on les fixe par des bandelettes de même nature conduites circulairement autour du membre ; les anses sont réunies en une seule sur laquelle passent, en anneaux, 5 à 6 tubes de caoutchouc suffisamment forts, qui sont ensuite fixés à un crochet planté dans le mur. La contreextension est exercée par un lacs passé en sautoir sur la racine du membre (fig. 154).
Au lieu de tubes en caoutchouc, on peut se servir de bandes solides de même tissu,
Gorre (de Brest) a proposé un appareil composé de plusieurs tubes concentriques en caoutchouc vulcanisé passés dans des anneaux munis de crochets (fig. 155); un ruban solidaire de l’appareil donne en kilogr. l’indication de l’effort exercer.
Si l’on veut créer extemporanément un appareil extenseur, on recouvre d’abord le membre, sur lequel doit s’exercer l’extension, d’une grande compresse, en matelassant les saillies avec du coton, puis on applique un bandage spiral ascendant sur une longueur de 12 à 15 centimètres, de préférence avec une bande mouillée; confiant alors la bande à un aide, on plie en cravate un linge de dimensions suffisantes et l’on
FIXATION DE LACS EXTENSEURS
en dispose longitudinalement les chefs sur deux faces opposées du membre, de manière qu’ils dépassent le bandage spiral de 12 à 15 centimètres. On reprend le globe de la bande et on lui fait décrire un spiral descendant qui recouvre et assujettit solidement les chefs de la cravate ; les extrémités libres de ces derniers sont ensuite repliées en bas sur le bandage, et on les fixe au moyen d’un spiral
Fig. 154. — Extension élastique de B. Anger et Legros.
ascendant. On obtient ainsi une anse solidement maintenue, qui permet les tractions nécessaires (fîg. 156).
Tourainne a donné le moyen suivant pour fixer des cordes destinées à l’extension et qui m’est autre que le nœud du pécheur à la ligne : « Près de l’une des extrémités d*une corde, on constitue un nœud de chirurgien, sans le serrer en passant^ deux fois le bout libre a, le plus court, dans le cercle (fig. 157,1); on a ainsi une circonférence, dont une moitié est simple, et l’autre double, par suite de la spirale décrite par l’enroulement du bout a. On rapproche alors l’un contre l’autre les points médians opposés de ces demi-circonférences, et, en les tordant l’un sur l’autre, on forme un 8 de chiffre (2) ; puis, en jux
BANDAGES
taposant les deux anneaux du 8 et en les ramenant l’un
tig. 15G. Fixation d’un lacs extenseur par un bandage spécial.
Fig. 157. — Extension improvisée au moyen d’une corde.
vers ’autre, on obtient les formes 3 et 4, c’est-à-dire un
FIXATION DE LACS EXTENSEURS
nœud constitué par deux anneaux en spirale. Le membre est passé dans l’anneau du côté opposé à b (3), l’on serre en tirant sur les chefs et on a ainsi un lacs solidement fixé. »
Tous les moyens de fixation qui viennent d’étre décrits ont surtout en vue la traction appliquée à la réduction de certaines luxations. 11 est alors, le plus souvent, nécessaire de faire cesser brusquement l’extension et pour cela on a inventé un assez grand nombre d’instruments tels que la pince à échappement de Sédillot (fig. 158), le levier-crochet à échappement de Mathieu (fig. 160). Dans les appareils Corre et Galante décrits ci-dessus (fig. 153 et 155), on fait cesser la traction en pressant sur le petit levier L, qui se trouve sur la poulie de réflexion, etc., on peut aussi improviser ce que Tourainne a décrit sous le nom de déclic de campagne : « Cet appareil se compose de deux anneaux fixes placés chacun à l’extrémité de deux cordes. Chaque anneau peut se fabriquer de différentes manières; le tout consiste à ce qu’il soit fixe, non coulant : à l’extrémité de la corde, faire un ovale en commençant comme l’indique la figure 160 (1) ; tirer ensuite dans l’ovale formé la partie ae, d’une certaine quan-tité c (2), et serrer l’ovale exactement, ce qui donne le nœud a. Avec le court bout e, faire un nœud b autour de d, long bout (2); en tirant sur d et sur l’anneau c, les deux nœuds a et 6 se serrent