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CEINTURES ET BANDAGES A PLAQUES

On a également fabriqué des ceintures à pelote pour maintenir les reins mobiles (fig. 193), pour l’entéroptose (Glénard, Robin) (fig. 194).

Pour le rein mobile, on a aussi conseillé une ceinturecaleçon maintenant toute la paroi abdominale.

Les ceintures hypogastriques doivent prendre point

Fig. 195. — Ceinture cardiaque de A. Deschamps.

d’appui sur le bassin, au-dessous de iS crête iliaque, comme les bandages herniaires. Leur emploi est assez souvent combiné avec celui des pessaires.

3*^ Ceinture cardiaqae de A. Descliamps (fig. 195). — Cette ceinture est destinée à comprimer méthodiquement la région cardiaque chez les malades atteints d’affection du cœur, en particulier dans l’asthénie cardiaque avec hypotension artérielle.

Elle se compose d’une pelote de forme trapèzoïde, concave, qui s’applique sur la région cardiaque comme centre, et est maintenue par une ceinture en tissu élastique et par une bretelle.

BANDAGES

I V. — Cinquième variété : Bandages et appareils

CONTENTIFS DE l’uTÉRUS ; PESSAIRES

Les pessaires sont des appareils destinés à maintenir l’utérus dans sa position normale, après qu’on a réduit ses déviations ou son prolapsus. Leur nombre est si considérable que nous avons dû faire un choix et nous borner à signaler ceux dont l’emploi est le plus général, renvoyant pour plus de détails aux traités de gynécologie.

Les substances employées dans la confection des pessaires sont rébonite ou caoutchouc durci, le caoutchouc vulcanisé seul ou entourant des ressorts métalliques, la gomme élastique, sorte d’étoupe ou de feutre recouverts d’huile siccative, le buis, la porcelaine émaillée, l’aluminium, l’ivoire, l’or, etc., etc. ; parfois un simple tampon de coton suffit. La forme de ces appareils est des plus variables ; les pessaires à anneaux, introduits dans la pratique par Hodge et Meiggs, sont actuellement les plus employés, car ils présentent l’avantage de ne pas presser sur le col de l’utérus et d’éviter ainsi les ulcérations.

Nous les diviserons, d’après les indications qu’ils sont destinés à remplir, en : 1® pessaires pour les déviations utérines; pessaires pour le prolapsus de l’utérus. Les uns, et c’est le plus grand nombre, tiennent dans le vagin sans support extérieur; d’autres, dits pessaires à tiges, sont soutenus par un support extérieur avec courroies périnéales; nous laisserons de côté les pessaires intrautérins, dont l^emploi est des plus rares, pour ne nous occuper que des pessaires vaginaux.

I. Pessaires pour les déviations utérines. — Nous les classons en : a. pessaires applicables indifféremment aux diverses variétés de déviation; b. pessaires pour l’antéversion et l’antéflexion ; c. pessaires pour la rétroversion et la rétroflexion.

a. Pessaires pour les diverses déviations

Pessaires extemporanés. — Le plus simple est celui qu’on prépare avec un tampon de ouate, imprégné de vaseline antiseptique, de glycérine ou de toute autre

PESSAIRES

substance médicamenteuse et retenu par un fil; il doit être renouvelé tous les ours, mais il est souvent insuffisant

Guéheau de Mussy recommande de se servir, au lieu de ouate, d’une éponge convenablement taillée qu’on imbibe d’abord d’une solution alunée, et dont on plonge le tiers inférieur dans la cire jaune fondue, les deux tiers supérieurs, destinés à porter sur le col utérin, conservant leur souplesse et leur expansibilité.

2*^ Pessaires en caoutchouc à réservoir d’air de Gariel (fig. 196). — Ce pessaire est constitué par une pelote de

Fig. 196. — Pessaire de Gariel, insufflé.

caoutchouc, de forme variable, munie d’un tube à robinet qui permet de l’insuffler au moyen d’une poire à air; il agit plutôt en soutenant l’utérus qu’en le redressant. On l’introduit replié sur lui-méme, lubrifié avec de l’huile ou de la vaseline, puis on le distend une fois en place et on ferme le robinet; il n’est pas toujours bien supporté et remplit souvent incomplètement son but.

3® Anneau-pessaire de Dumontpallier (fig. 197 et 198). — Il est composé par un ressort élastique recouvert d’une couche épaisse de caoutchouc, et agit surtout en tendant les parois relâchées du vagin; il en existe de différents numéros (1 à 9) suivant le diamètre de l’anneau. On le place après lui avoir donné une forme allongée

BANDAI lES

d’arrière en avant et en le glissant le long de la paroi postérieure du vagin, et on le dispose horizontalement, de façon qu’il porte dans les culs-de-sac antérieur et pos-

Fig. 197. — Anneau pessaire Fig. 198. — Pessaire de Dumont-

de Dumontpallier. pallier, prêt à être introduit.

térieur du vagin, en ayant soin de s’assurer que le col est mobile dans l’anneau et qu’un repli de la muqueuse n’est pas comprimé entre le segment cervical et le bord

Fig. 199. — Pessaire sigmoïde de Menière.

interne de la circonférence; l’anneau ne doit pas ap* puyer sur les branches descendantes du pubis. Le pessaire sigmoïde simple de Menière (d’Angers), analogue au précédent, remplit les mêmes usages (lîg. 199).

PESSAIRES 297

4° Nous nous bornerons à mentionner le pessaire de Fowler et le pessaire passe-partout de Landowski.

h. Pessaires pour l’antéversion et l’antéflexion

D’après de Sinéty et Thévenot, les pessaires les mieux appropriés à ces déviations sont ceux do Gaillard Thomas et de Graily Hewitt.

Le pessaire de Gaillard Thomas (lig. 200) est en caoutchouc durci et se compose de deux parties, constituées

Fig. 200. — Pessaire à levier de Gaillard Thomas.

Tune par un anneau-pessaire sigmoïde, Tautre par un demi-anneau articulé sur le précédent.

Pour Tintrodiiire, on repousse la pièce mobile en arrière contre la partie postérieure de l’anneau principal. Dès que le pessaire est arrivé au fond du vagin, on accroche avec un doigt la partie postérieure du grand anneau, qu’on fait glisser dans le culde-sac postérieur. La pièce mobile vient s’insinuer dans le culde-sac antérieur et est redressée, s’il le faut, avec un fd, de manière à repousser l’utérus en arrière.

E. Frankel se sert de pessaires de ce genre soit en caoutchouc durci, soit en fd de cuivre flexible et enduit de celluloïd, alors très modelables.

2° Pessaire de Graily Hewitt (fîg. 201). — Il représente deux demi-anneaux en caoutchouc durci, tantôt continus entre eux de manière à former un seul anneau coudé, tantôt réunis par une plaque légèrement concave.

- On l’introduit perpendiculairement, la plaque ou l’angle des anneaux regardant en haut, en suivant la paroi vaginale posté-

Fig. 201. — Pessaire à anlcvcrsion, de Graily Hewitt.

BANDAGES

rieiire jusqu’au cul-de-sac correspondant. On le fait alors basculer de telle sorte que la plaque ou le point d’union des deux anneaux s’engage dans le cul-de-sac antérieur et repousse l’uté-

Fig. 20:2. — Pcssaire sigmoïde à antéversion de Menière.

rus, tandis (pie l’anneau postérieur entoure le col et que l’antérieur ou vertical s’appuie sur le pubis.

Nous signalerons encore le pessaire sigmoide de Menière constitué par un ressort entouré de caoutchouc dont l’arc postérieurest bifurqué (fig. 202),

c. Pessaires pour la rétroversion et la rétroflexion Le pessaire de Hodge (fig. 203), en aluminium ou en

caoutchouc durci, présente la forme d’un U à branches parallèles, courbé sur le plat pour s’accommoder à la forme du vagin. La branche

Fig. 204. — Pessaire de Sims.

transversale de l’U est poussée en arrière du col de l’utérus, la partie ouverte tournée en avant.

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2'' Pessaire de Sims (fig. 204). — Sims a modifié la courbure du pessaire précédent, bien qu’il le trouve excellent, et en a fait un anneau sigmoïde complet. On le modèle préalablement avec de l'étain malléable, puis on le fait fabriquer en aluminium. Ce pessaire peut être utilisé avec l’antéversion en modifiant sa forme suivant le cas. On le place soit avec les doigts, soit avec une pince spéciale dite porte-pessaire.

3*^ Pessaires de Schultze. — Ce gynécologiste est aussi d’avis de modeler les pessaires pour les exigences de chaque cas. Dans le but d’assurer au col une situation élevée en arrière dans la cavité pelvienne, il en a choisi deux formes : l’une en 8,. l’autre en forme de traîneau.

Fig. 205. — Pessaire en 8 pour la rétroflexioii (Schultze). Vu de face et de profil.

Ces pessaires sont confectionnés avec des anneaux en fil de cuivre mou, recuit, recouverts d’un tube de caoutchouc ; ces anneaux ont une épaisseur variant de 7 à 10 millim., et doivent être faciles à plier pour leur donner la forme voulue. Le professeur Hergott leur préfère les pessaires fabriqués en tubes creux d’étain de 1 millim. d’épaisseur, .remplis de colophane.

Les anneaux en 8 (fig. 205), de 9 millim. de diamètre, sont excellents dans le cas où le vagin n’est pas trop lâche. Le petit anneau embrasse la portion vaginale du col et doit la maintenir, ce dont on s’assure après que la vessie et le rectum auront été alternativement remplis et évacués; le grand anneau reste dans le vagin.

Si le col a de la persistance à glisser hors.de l’anneau

BANDAGES

vers un côté, il faut le fixer latéralement avec un pessaire en 8 de forme excentrique.

Chez les femmes dont le plancher du bassin n’a plus la solidité voulue pour donner au pessaire en 8 la fixité

a. Vu de face. b. Vu de profil.

Fig. 206. — Pessaire en traîneau.

nécessaire, ni l’élasticité suffisante pour le repousser, après la défécation, dans sa situation première, il faut employer le pessaire en traîneau (fig. 20d). Ce pessaire présente une saillie postérieure, plus longue, qui repose par ses deux branches sur le plancher pelvien et monte plus ou moins haut le long de la paroi postérieure du bassin, et une saillie antérieure, plus courte, dont la terminaison dirigée en arrière force le col à demeurer derrière la moitié postérieure de la cavité pelvienne.

Fig. 207. — Pessaire de Courty.

Ces pessaires ne peuvent être bien appliqués que par le chirurgien.

4*^ Pessaire de Courty (fig. 207). — Il a aussi à peu près la forme d’un traîneau et constitue, avec le précédent, un des meilleurs appareils à employer, surtout pour la rétroflexion.

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II. Descente et prolapsus de l’aterns. — La plupart ! des pessaires simples à anneau décrits dans les catégo- ! ries précédentes (Hodge, Sims, Dumontpallier, en traîi neau de Schultze) sont ceux qui conviennent le mieux i pour s’opposer au prolapsus. Ils sont préférables aux pes-

Fig. 208. — Pessaire liystérophore de Dumontpallier.

saires à tiges ou hystérophores préconisés par un certain nombre de gynécologistes, et qui, prenant point d’appui sur un bandage en T fixé à une ceinture, offrent l’inconvénient de transmettre à l’organe les secousses extérieures; un des moins mauvais est celui de Dumontpallier (fîg. 208). Lorsqu’on se sert d’un simple tampon de ouate, on peut aider à son maintien par l’application d’un bandage en T du périnée.

Les pessaires sont heureusement combinés parfois avec des ceintures hypogastriques qui empêchent le poids des viscères de peser sur l’utérus.

Application des* pessaires. — Avant d’appliquer un pessaire, on doit s’assurer que l’utérus n’est pas doulou-

BANDAGES

reux, que le col ne présente pas d'ulcération, et qu’il n’existe aucune inflammation périutérine aiguë bu subaiguë ; la vessie et le rectum seront vidés. Le pessaire sera désinfecté et on fera la toilette de la vulve et du vagin.

La femme sera couchée sur le dos, dans la position ordinaire pour l’examen au spéculum, les jambes fléchies sur les cuisses, celles-ci écartées suffisamment et fléchies sur le bassin, qui sera sur un plan un peu élevé. L’utérus étant replacé dans sa situation normale, on introduit l’index gauche dans le vagin pour déprimer en arrière le plancher pelvien, puis, lorsqu’il s’agit d’un pessaire à anneau rigide ou élastique, on l’enduit de vaseline ou de glycérine antiseptique, et on le fait pénétrer doucement, avec la main droite, dans l’axe de la vulve, c’est-à-dire de champ; lorsque le pessaire a franchi la vulve, si c’est un anneau on le fait basculer avec l’index droit de manière que la demi-circonférence postérieure soit placée aussi haut que possible dans le cul-de-sac postérieur du vagin, en arrière du col, le segment antérieur tourné

contre la face postérieure du pubis, mais sans comprimer l’urètre.

Le pessaire en 8 de Schultze, d’après les règles données par cet auteur, est aussi introduit de champ, l’ouverture destinée au col dirigée en avant, puis mise en travers comme l’utérus ; quant à celui en traîneau, il sera saisi entre le pouce, l’index et le médius de la main droite suivant ah et ag (fig. 209), puis introduit par la saillie c en avant dans le vagin, en appuyant contre la paroi gauche de celui-ci ; l’index et le médius de la main gauche dépriment le périnée en arrière, et tiennent la . vulve ouverte, là main droite presse le pessaire de façon ‘que les segments ah, ad, ae, ah, passent successivement la vulve ; la saillie i doit se placer directement derrière

Fig. 209. — Introduction du pessaire eu traîneau de Schultze.

PESSAIRES

le col. D’après Schultze, ces pessaires peuvent rester en place une année entière, en prenant la précaution de faire de temps à autre des injections de permanganate de potasse. Cependant Sims recommande, pour un pessaire à anneau, de le retirer assez fréquemment, et même, si c’est possible, tous les soirs en se couchant; il arrive, en effet, que ces appareils s’altèrent et déterminent des lésions ulcéreuses. Le pessaire de Gariel offre l'avantage de pouvoir être introduit et retiré avec la plus grande facilité par la malade elle-même, qui l’enlèvera le soir en se couchant et le replacera le matin au lever.

Le pessaire introduit, on s’assurera qu’il remplit son but, en faisant lever la femme, en la faisant tousser, marcher pendant quelques instants. Certaines malades ne peuvent supporter aucun pessaire, pas même ceux faits avec de simples tampons de ouate ; parfois, cependant, on arrive progressivement à les habituer à la présence de ce corps étranger. La situation du pessaire doit être contrôlée fréquemment dans les premiers temps qui suivent son application.

De Sinéty ne considère pas la grossesse comme une contre-indication à l’emploi des pessaires, qui peuvent même empêcher certains avortements.

Accidents déterminés par les pessaires. — La présence des pessaires détermine assez souvent l’apparition d'accidents soit immédiats, soit consécutifs.

Les accidents immédiats sont la constipation, la dysurie, les douleurs lombaires, et parfois l’engourdissement des membres inférieurs. On prescrira le repos, les grands bains, mais on pourra être obligé, dans certains cas, de suspendre l’emploi des pessaires si les phénomènes sont très aigus.

Les accidents consécutifs sont dus à l'action prolongée exercée par le pessaire sur le vagin, le col de l’utérus et les réglons voisines ; on les observe surtout lorsque l’appareil s’incruste de sels calcaires à la suite d’un long séjour, ou lorsque sa substance subit des altérations. On a signalé la vaginite purulente, fétide, des phlegmons du ligament large, des abcès de la fosse iliaque suivis de mort, des ulcérations et de l’inflammation hypertrophique du col, des fistules vésico-vaginales qui guérissent assez souvent après l’ablation du pessaire, même des fistules rectovaginales ; il pe*it arriver que l’inflammation produise un véri-

BANDAGES

table rétrécissement du conduit vaginal, des adhérences fibreuses qui enveloppent le pessaire et nécessitent une opération pour l’extraire.

L’emploi des pessaires doit donc être surveillé. Si le pessaire s’enlève tous les soirs, la femme le nettoiera avec une solution antiseptique et pratiquera une injection vaginale après l’ablation et avant le remplacement ; si le pessaire est inamovible, c’està-dire doit rester appliqué pendant plusieurs Jours, une injection vaginale antiseptique sera faite matin et soir. Les pessaires en j aluminium et en étain s’altèrent très difficilement et après plusieurs mois sont encore intacts ; par contre, ceux en caoutchouc doivent être vérifiés de temps à autre et nettoyés toutes les 2 à 3 semaines.

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