CHAPITRE IV
DE LA BESPIRATION.
LXVI.PakmiIcs changements que le sang éprouve nen parcourant nos divers organes , il n'en est point ede plus essentiels et de pl us remarquables que ceux Bqae lui imprime l'air qui entre et sort altcrnalivc- Mncnt des poumons pendantl'acte respiratoire. Nous ♦avons déjà fait connaître la nature et la composition *du sang ; nous rappellerons ici que le sang que les «pyeines rapportent au cœur , et que le ventricule r4roil envoie dans l'organe pulmonaire, estrougo xfoncé , qu'il contient de l'acide carbonique , que si on l'abandonne à lui-même, il se coagule lenlctmeul , et laisse séparer une grande proportion do fjérosilé. Celui que les veines pulmonaires rappor-
IPIRATION.
tent aux cavités gauches du cœur, et qui est porté dans toutes les parties du corps par le moyen des artères, est au contraire d'un rouge vermeil; il contient plus de globules, d'hématosine , de fibrine et moins d'albumine; sa température est plus élevée d'un degré ( 32° Réaumur ) ; sa capacité , pour le calorique, et sa pesanteur spécifique , sont un peu au-dessous de celles du sang veineux ; enfin il est plus facilement coagulable , et laisse séparer une moindre quantité de sérum. Toutes ces différences, qu'il est si facile d'apercevoir , tiennent aux modifications qu'il a éprouvées en se mettant en contact avec l'air atmosphérique.
LXVII. De V atmosphère, La masse d'air qui , sous le nom d'atmosphère , enveloppe de toutes parts le globe , exerce sur tous les corps une pression proportionnée à leur surface. Celui de l'homme (1) s'en trouve chargé d'un poids d'environ trente-six mille livres. En outre, l'un de ses principes constituants est absolument nécessaire à l'entretien de la vie, dont il est un des principaux agents.
Les variations dans la pesanteur de l almosphère ont, en général, très-peu d'influence sur l'exercice des fonctions ; néanmoins, lorsque, gravissant les sommets des plus hautes montagnes, l'homme s'élève à quelques mille toises au-dessus du niveau des mers , la diminution très-notable du poids de l'air en rend l'effet plus sensible; la respiration devient pénible, haletante, le pouls accéléré ; on ressent un malaise général , joint à une faiblesse extrême; des hémorrhagies se déclarent : mais tous ces symptômes dépendant à la fois de la pression diminuée , et de la moindre quantité d'oxigène que contient un air plus rare. (Saussuke, Voyageait Mont-Blanc.)
Le corps humain résiste sans effort à la pression atmosphérique, parce qu'elle s'exerce en tout temps et dans tous les sens. Mais si une partie de sa surface y est momentanément soustraite , elle sp gonfle, les humeurs s'y portent en abondance, les téguments éprouvent une distension qui menace d'aller jusqu'à la rupture. Tels sont les phénomènes qui résultent chaque jour de l'application des ventouses.
La pression que l'air exerce sur toute la surface du globe est nécessaire à l'existence des corps dans l'état sous lequel ils s'offrent à nous. Plusieurs liquides très-volatils , tels que l'alcool cU'éther, se métamorphoseraient en gaz sous une moindre pression atmosphérique ; l'eau , pour entrer en ébuUilion , n'aurait pas besoin de 80 degrés de chaleur ; des corps solides pourraient se liquéfier d'euxmêmes. En un mot, une diminution très-considérable dans la pesanteur de l'atmosphère aurait absolument les mêmes résujtats qu'une élévation très-grande de la température , qui , changeant la face de l'univers , convertirait en fluides élastiques tous les liquides , elles remplacerait sans doute par des corps solides liquéfiés.
Les variations de pesanteur , appréciables par le baromètre , sont très peu importantes pour I« physiologiste , j'oserais même dire, pour le méde-
(1) La surfacn du corps est csliiiioc (jiiinze à seiie pieds carrés pour uii homme de inoycnrve sluUirc.
ÉLÉMENTS DE l'Il YSIOI.OGIE.
cin, malgré l'altenlion ininulieusc avec laquelle certains observateurs tiennent compte de l'état baroradiriquo, thcrnioinétrique , hygrométrique, électrique ctmagnéliqiie de l'atmosphère, lorsqu'ils ont à rendre compte d'une maladie ou d'une expérience sur laquelle ces diverses circonstances n'ont aucune inQuence apparente et certaine. L'atmosphère, comme tous les fluides, tend sans cesse à l'équilibre : de là l'irruption de l'air, soit dans lo poumon , et dans tous les lieux où sa quantité diminue par les combinaisons dans lesquelles il entre , soit dans ceux cii la chaleur , en le raréfiant, le rend plus léger. C'est ainsi qu'on explique la formation des vents, soit réglés , soit irréguliers.
L'air s'unit à l'eau ; sa température augmentée accroît sa force dissolvante, qui diminue lorsqu'il refroidit. La formation de tous les météores aqueux dépend des divers états de la propriété dissolvante atmosphérique: est-elle considérable, l'atmosphère est chaude , sèche , et l'air serein ; des nuages se forment lorsqu'elle est saturée: la rosée, les brouillards et la pluie naissent d'une diminution de la faculté dissolvante, comme la neige et la gréle d'un refroidissement qui coïncide avec la précipitation du liquide. Les différents degrés de sécheresse ou d'humidité de l'air, mesurés par l'hygromètre, n'influent d'une manière sensible sur le corps de l'homme qu'autant qu'il est long-temps soumis à celte influence.
Chimiquement considéré , l'air atmosphérique , long-temps regardé comme un corps simple , est composé d'environ 0,21 oxigène , 0,79 azote , selon MM. de Humboldt et Gay-Lussac (1). L'exactitude que ces savants ont mise dans leur analyse nous porte à en adopter les résultats. Quelques millièmes d'acide carbonique viennent se mêler à l'air et en altérer la pureté. Celte partie de la physique, que l'on nomme eudîométrie , ou mesure de la pureté de l'air, est loin encore de réaliser ce que son nom promet, elles espérances qu'onen availconçues. Les instruments eudiométriques ne peuvent nous instruire que des proportions de l'oxigène que contient l'atmosphère : or, sa salubrité , sa respirabilité , ne sont point proportionnées à la quantité do ce principe. Les débris volatilisés des substances , soit végétales, soit animales , pulréOées , divers gaz méphitiques, s'y mêlent et en altèrent la pureté. L'analyse comparée de l'air pris sur les Alpes et dans les marais de la Lombardie, y démontre une égale quantité d'oxigène; et cependant ceux qui respirent le premier jouissent d'une santé robuste, tandis que les habitants des plaines marécageuses de la Lombardie , moissonnés par des maladies épidémiques , sont pâles, hâves, défaits, et traînent habituellement une vie languissante.
Quoique 0,21 au moins d'oxigène soient nécessaires à la rcspirabililé de l'air, la proportion peut diminuer jusqu'à 7 et 8 centièmes; mais alors la respiration est pénible, haletante, suffocalive ; enfin l'asphyxie survient , lors même que l'air contient encore une grande proportion d'oxigène dont le poumon ne peut entièrement lo priver. Si
(1) Mémoire sur Panalysc de l'Air atmosphérique. Paris ) an xiu.
l'homme elles mammifères meurent dans un air dépouillé de sept à huit centièmes d'oxigène, il n'en est pas de même des reptiles : une grenouille y vil encore, parce que chez elle il n'est besoin que d'une faible quantité d'oxigène pour agir sur la petite portion de sang qui passe au travers des poumong. Toutes les fois qu'une grande quantité d'hommeg est renfermée dans un espace clos , où l'air ne peut être facilement renouvelé , la quantité d'oxigène diminue rapidement, celle de l'acide carboniqae augmente; celui-ci, en vertu de sa pesanteur spéciûque, gagne les endroits les plus bas, cl frappe de mort les êtres vivants qu'il enveloppe. De deux bougies placées sous la même cloche , la plus courte s'éteint la première , parce que l'acide carbonique résultant de la combustion se porte toujours dans la partie inférieure. C'est aussi parcelle raison qae leparquetdes sallesde spectacle est lelieu le moins salubre, lorsqu'une assemblée nombreuse, en y passant plusieurs heures, a privé l'air d'une grande partie de son oxigène.
Mais les hommes rassemblés et renfermés dans un petit espace se nuisent, non-seulement en dépouillant l'atmosphère de son élément respirable , mais surtout en l'altérant par le mélange de toutes ifi les matières qu'exhalent leurs corps. Ces émanations animales volatilisées se putréfient au sein de l'air, et, portées dans le poumon par la respiration, elles deviennent le germe des maladies les plus funestes. C'est ainsi que naît , se développe et se propage la fièvre des hôpitaux et des prisons , qui épargne un si petit nombre de ceux qu'elle atteint. Un air sec et tempéré , qui contient 21 parties d'oxigène et 79 d'azote , le moins altéré possible par le mélange d'autres gaz ou de diverses substances volatilisées, est celui qui convient le plus à la, respiration. Il est néanmoins certains étals maladifs où celle fonction s'accomplit mieux avec un air moins pur. C'est ainsi que les phthisiques préfèrenll'air épais et humide des lieux bas à l'air vif et sec des montagnes , que les femmes vaporeuses recherchent celui dans lequel brûlent des substances animales , comme des cornes ou des plumes. L'atmosphère, surchargée d'électricité à l'approche des orages , rend très-pénible la respiration det(> certains asthmatiques : en un mot, il en est de (i l'air comme des aliments ; ses qualités doivent être ( appropriées à l'état des forces vitales dans les pou raons, comme celle des aliments à la sensibilité dc|^ l'estomac.
Réduits , dans cet article , au rôle ingrat de compilateur, nous nous hâtons de le terminer en ren-j voj ant, pour une histoire plus ample de l air, con-j sidéré sous ses rapports physiques et chimiques, | aux ouvrages de MM. Fourcroy , Haiiy , IJrisson, ! Thénard ; à cchii de M. Guyton de Morveau , sur les moyens de désinfecter l'air, lorsque, par divers mélanges, il est devenu incapable do servir à la respiration.
LXVIIL La fonction de la respiration est peut-' être un des phénomènes les plus généraux des» corps organisés. Quelque dillcrents, en efrol,quc soient les moyens à l'aide desquels cette fonction s'opère, l'acte essentiel qui la constitue, c'est-àdire, le contact de l'air atmosphérique avec les llui-
DE LA RESPIRATION
Ul
les (lu corps organisé, d'où l'altération vivifiante le ces Iluides, cet acte se retrouve dans tous les Ures du règne organique.
Les végétaux respirent, absorbent l'air atmosphérique, etpar laface supérieurede leurs feuilles, ■tpour quelques-uns, le cactus, par exemple, par la partie verte de leur écorce ; de là naît le cam- )ium , le liquide nutritif des végétaux.
Tous les animaux respirent; quelques-uns paraissent faire exception à celte règle : ainsi les hydaides, les vers intestinaux, qui sont entièrement k'nués d'air respirable; mais il paraît que, par le onlact de leur sang avec celui de l'animal dans lequel ils vivent, la transformation vivifiante de leur suc nutritif est opérée , de même que le sang du l'œtus est animalisé par celai de samère dans le placenta.
Si nous jetons un coup d'oeil sur la physiologie comparée de cette fonction, nous voyons que dans les animaux les plus inférieurs, les zoophytes, la respiration s'opère par la surface du corps tout entière , et non par des vaisseaux particuliers ; l'air atmosphérique, de même que l'aliment ^ pénètre l'épaisseur de leurs tissus, et agit sur les humeurs dont leur corps est en partie composé.
Dans un degré plus élevé, les insectes, on trouve que leur corps est traversé par un grand nombre des petits conduits que l'on nomme trachées, par lesquels l'air s'introduit pour venir se mettre en contact avec les liquides nourriciers. Selon Spreni:el, les orifices de ces trachées seraient munis d'un tissu conlraclile.
Dans les classes plus élevées, on trouve des organes plus compliqués, et qui sont modifiés selon le milieu dans lequel vit l'animal. Ceux quirestent dans l'eau respirent par des branchies, petites lames jilacées de chaque côté, à la partie postérieure et latérale delà tête, recouvertes par un couvercle mobile auquel les naturalistes donnent le nom d'opercule. L'eau que l'animal avale passe , lorsqu'il le veut, à travers les parois du pharynx, percées de plusieurs fentes assez larges, arrose les branchies t'I les vaisseaux pulmonaires qui s'y répandent, puis sort par les ouvertures auriculaires lorsque l'animal f ferme la bouche et élève les opercules. La petite ' quantité d'air qui se trouve dissoute dans l'eau vient seule vivifier le sang pulmonaire. L'on peut asphyxier un poisson en bouchant exactement le vase rempli d'eau dans lequel il est renfermé. On obtient le même résultat en mettant le bocal sous le réci- ! pient de la machine pneumatique , dans lequel on fait ensuite le vide le plus complet. Les poissons meurent encore dans les eaux saturées d'acide carbonique ou d'un autre gaz non respirable, Priestley et Spalianzani avaient déjà reconnu que les poissons respirent l'air (])qui est dissous dans l'eau. M. do Humboldl , dans le second tome des Mémoires delà Société d' A rcueil, a démontré par des expériences
(1) Il est pl.,8 riche en oxîgène que l'air atmosi.liùri-
genc
décisives qu'ils le respiraient exclusivement , c'està-dire qu'il n'y avait aucune décomposition de l'eau dans l'acte respiratoire des animaux qui y vivent plongés. L'exemple des carpes que l'on conserve et que l'on engraisse dans de la mousse humide, prouve qu'il suffit d'empêcher que les branchies se dessèchent, pour qu'elles puissent remplir leurs fonctions et agir sur l'oxigène atmosphérique. D'ailleurs, tous les poissons ne respirent pas exclusivement aux dépents de l'air que renferme l'eau. Les expériences d'IIermann ont prouvé que plusieurs viennent à la surface du liquide avaler l'air atmosphérique, qui est alors respiré, et peut-être absorbé par les organes digestifs.
Les animaux vertébrés qui vivent dans l'air respirent à l'aide de poumons , organes vésiculeux, à larges ampoules , dans les animaux à sang froid, à cavités petites et innombrables, dans les mammifères et les oiseaux. Considérés sous le rapport de la respiration, ces derniers animaux tiennent le premier rang parmi les êtres. Chez eux, non-seulement les poumons se prolongent dans l'abdomen par divers sacs membraneux ; mais, outre ces appendices , les os eux-mêmes sont percés de cavités qui communiquent avec les poumons ; et com.me l'étendue de la respiration est proportionnée à la grandeur de ce réceptacle pneumatique, les oiseaux sont, de tous les animaux, ceux qui consomment une plus grande quantité d'oxigène.
LXIX. Dans l'homme et dans tous les animaux à sang chaud, dont le cœur a deux ventricules et deux oreillettes, le sang qui a été porté dans tous les organes par les artères, et rapporté par les veines au cœur, ne peut y retourner sans avoir préliminairement traversé les poumons.
MayoTvadouné la plus juste idée de l'organe respiratoire, en le comparant à un soufflet dans l'intérieur duquel serait une vessie vide, dont le goulot , adapté à celui de l'instrument, donnerait entrée à l'air lorsqu'on écarterait ses côtés. L'air , en effet, n'entre dans les poumons que lorsque la poitrine se dilate et s'agrandit par l'écartement de ses parois. Les puissances actives dans la respiration sont donc les muscles qui meuvent ces parois, formées de parties dures et molles, de manière qu'elles réunissentà une solidité proportionnée à l'importance des organes que la poitrine renferme, une mobilité nécessaire à l'exercice des fonctions qui leur sont confiées.
Pour que la respiration s'exécute, il faut donc que la poitrine s'agrandisse (c'est à cette dilatation active de la cavité que l'on donne le nom d'inspiration), et qu'elle se resserre pour expulser l'air qui était entré durant la première période. Ce second mouvement se nomme expiration.
Les parois de la poitrine sont formées en arrière par la colonne vertébrale, en avant par le sternum, et latéralement par les côtes , arcs osso-cartilagineux obliquement placés entre la colonne vertébrale immobile , et qui devient l'hypomochlion ou point d'appui de leurs mouvements, et le sternum, qui jouit d'une certaine mobilité. Les espaces vides qui les séparent sont remplis par des plans musculaires qui ont peu d'épaisseur : ce sont les muscles intercostaux externes et internes , dont les fibres
ont uno tlircclion opposée. Kn ouiro , plusieurs muscles recouvrent l'extérieur du thorax , et se portent des côtes aux os voisins, tels que les sousclaviers, les grands et petits pectoraux, les grands dentelés, les très-larges du dos, les scalènes , les longs dorsaux , ]cs sacro-lombaires , et \cs petits dentelés postérieurs, supérieurs ol inférieurs. Mais , de tous les muscles qui entrent dans la composition des parois do la poitrine, il n'en est aucun aussi important que le diaphragme, cloison charnue et tendineuse , horizontalement placée entre la poitrine et l'abdomen qu'elle sépare l'un do l'autre , attachée aux cartilages des fausses côtes ainsi qu'aux vertèbres des lombes , et percée do trois ouvertures pour le passage de l'œsophage et des vaisseaux qui se portent de l'abdomen dans la poitrine , ou descendent de cette dernière cavité dans le bas-ventre.
La poitrine renferme les poumons dans deux cavités séparées. Ces deux -viscères, mous, spongieux, d'une pesanteur spéciflque , inférieure à celle de l'eau commune, recouverts par la plèvre qui se réfléchit sur eux , sont toujours contigus à la portion de cette membrane qui tapisse l'intérieur du thorax : il se trouve point d'air entre leur surface , habituellement mouillée par une sérosité qui trans sude de la plèvre, et celte membrane elle-raérae , comme on peut s'en assurer en ouvrant dans l'eau la poitrine d'un animal , sans qu'aucune bulle d'air s'en dégage.
LXX. Le tissu pulmonaire , dans lequel l'air se trouve attiré chaque fois que la poitrine augmente de capacité, est formé non-seulement par des vaisseaux aériens, qui ne sont que des rameaux plus ou moins considérables des deux conduits principaux qui résultent de la division de la trachée-artère , et par le tissu lobulaire , dans lequel ces canaux déposent l'air auquel ils donnent passage ; on y trouve encore une grande quantité de vaisseaux sanguins et lymphatiques , desglandes et des nerfs : le tissu cellulaire unit ensemble toutes ces parties , et en forme deux masses recouvertes par la plèvre , d'un volume presque égal(l), suspendues, dansla poitrine, aux bronches et à la trachée-artère, et partout contiguës aux parois de la cavité, excepté vers leur racine , endroit par lequel y pénètrent les nerfs et les vaisseaux de toute espèce.
L'artère pulmonaire s'élève de la base du ventricule droit , et se divise en deux artères , une pour chacun des deux poumons. Arrivées dans la substance de ces viscères , elles se partagent en autant de branches que les poumons ont de lobes principaux. De ces branches naissent des rameaux qui, se divisant à leur tour, produisent des ramifications; celles-ci se subdivisent jusqu'à ce que, devenues capillaires, elles se terminent en se continuant avec les radicules de veines pulmopaires.
Ces vaisseaux , nés des extrémités de l'artère, se réunissent, et forment des troncs qui , successive-
(1) Personne n'ignore que le poumon drnil est un peu plus volumincuxqiie le poiiraon gauche; qu'il est divisé en trois lobes principaux, tandis que le gaucbc n'en préseotc que deux.
ment grossis , sortent des poumons, et s'ouvrenii] au nombre de quatre dans roreillelle gauch^ Outre ces gros vaisseaux, par le moyen desquelB les cavités droites du cœur communiquent avec sel cavités gauches, les poumons reçoivent de l'aort^ deux ou trois rameaux artériels, connus sous llf nom d'artères bronchiales : celle-ci se répandealf dans leur tissu, en suivant la distribution des au^ très vaisseaux, et se terminent en produisant le$^ I veines bronchiales, qui vont s'ouvrir dans la veine-jR ' cave supérieure , ou ses premières divisions. Ce^; vaisseaux bronchiques suffisent à la nutrition d(^ l'organe pulmonaire , dont la masse réelle est bieif li inférieure au volume apparent, comme on peu| . s'en convaincre en l'examinant après en avoir re-f tiré l'air par le moyen d'une pompe aspiratitqi» adaptée à la trachée-artère. :
Le plus grand nombre des physiologistes regarde) les artères bronchiales comme les vaisseaux nour-t i riciers des poumons. Selon eux, le sang qui coula i dans les branches de l'artère pulmonaire, sembla-» ble au sang veineux, est impropre à la nutrition d^ ces organes, et il devenait nécessaire qu'ils reçus-* sent des artères venant de l'aorte un sang analogue» à celui qui coule dans toutes les parties. En admel-r} tant que le sang veineux rapporté de toutes les parties du corps, et distribué dans le poumon par soo|| artère principale, ne puisse servira l'entretenir dansK son économie naturelle, ce sang est propre à cetU usage, quand, devenu chaud et rutilant, par l'absorption de l'oxigène atmosphérique, il retourne! par les veines pulmonaires dans les cavités gauchesj du cœur.
Quelques-uns ont pensé que le sang qui coule dans les vaisseaux bronchiques, exposé à l'action de l'air, comme la portion de ce fluide qui traverse le système pulmonaire, ne perdait rien de ses qua-t lités artérielles, et que, versé par les veines bronchiales dans la veine-cave supérieure ou descendante, il était un stimulus nécessaire pour les cavités droites du cœur, dont un sang entièrement noir et veineux n'eût point réveillé la conlractililé. Mais quand bien même les expériences de Godw in n'auraient pas prouvé que les parois de ces cavités ont une sensibilité relative au sang noir, en vertu de laquelle ce stimulus suffit pour déterminer leurs contractions , l'action du cœur ne dépend point aussi étroitement qu'on l'a dit de l'impression du sang sur sa substance, puisqu'il se contracte à vide, et prolonge ses contractions pour se débarrasser du sang noir qui le remplit, quand on fait périr ; un animal par asphyxie.
Il naît de la surface de la substance intérieure des poumons un nombre prodigieux de vaisseaux lymphatiques, qui peuvent cire distingues en superficiels et en profonds. Ces der^iiers accompagnent les tuyaux bronchiques, et traversent des corps glanduleux, placés aux endroits où ces conduits aériens se divisent, mais surtout rassemblés vers la racine des poumons, cl dans l'angle qui résulte de la bifurcation de la trachée-artère. Ces glandes bronchiales , qui appartiennent au système des vaisseaux lymphatiques, ne diffèrent point des glandes de cette espèce , et ne sont remarquables que par leur nombre, leur grosseur, et la couleur
DE LA RESPIRATION
loiiâlre qui forme leur teinte habituelle. Les vaisoaux lymphatiques des poumons , après s'circ iiiiiifiés ilans ces «ïlandcs , s'ouvrent dans la partie upérieurc du canal thoraciquc, à quelques poui s seulement de l'endroit où il se termine dans la l'ine sous-clavière. Enfm les poumons , quoique e jouissant que d'une médiocre sensibilité, ont n assez grand nombre de nerfs fournis par le rand sympathique, et surtout par la huitième aire.
On a long-temps cta, d'après Willis, que le tissu érien des poumons était Yésiculaire ; que chaque imitication des bronches se terminait dans leur .ibstance en formant une petite ampoule. Suivant lolvclius , chaque tuyau bronchique se termine ans un pelitlobe, sorte d'éponge aérienne, formée ["un certain nombre de cellules qui communiquent
lies ensemble. Reisseisscn a reconnu que les iionches, à leurs extrémités, se subdivisent en me multitude de petits canaux , terminés par des uls-de-sac globuleux, dont le rapprochement préenle un aspect analogue à celui de la terminaison les rameaux du chou-tleur. La réunion de ces louiles parle tissu cellulaire forme des lobes plus ros ; ceux-ci , par leur assemblage, constituent là nasse pulmonaire.
Le tissu quiunitensembleleslobules etleslobes
[ bien différent de celui auquel viennent aboutir l s ramiOcations des bronches : l'air n'y pénètre araais, hors les cas de rupture du tissu aérien. DanS es occasions, qui ne sont point très-rares, à raison le l'extrême ténuité des lames qui forment les paois des cellules de ce dernier tissu , le poumon )ord sa forme en devenant emphysémateux. Halcr estime à un millième de pouce environ l'épaisourdes parois des cellules aériennes; et comme es dernières ramifications dés-Vaisseaux pulmolaires sont répandues dans ces parois, le sang sd rouve en contact presque immédiat avec l'air. Nul loute qu'alors l'oxigène de l'atmosphère ne puisse i<j,'ir sur le liquide, puisqu'il l'altère et le colore 1 un rouge vif et éclatant, lorsqu'on en remplit une i cssie de cochon, qu'on tient ensuite quelque temps ilongée sous une cloche remplie de ce gaz.
LXXI. Dans la fonction de la respiration , nous ivons à examiner lo les phénomènes de l'introluclion de l'air dans les poumons et de sa sortie, phénomènes appelés mécaniques , quoique plu- MBurs d'entre eux soient sous l'influence du système nerveux qui préside aux contractions musculaires ; -l'action réciproque du sang sur l'air, et les chanuemenls qu'éprouvent ces deux fluides dans le poumon sous l'influence encore du système nerveux , Iihénomcncs très-improprement appelés chimiques (le la respiration ; 3" la sensation qui annonce le i)esoin de l'entrée de l'air dans les poumons , et • elle qui sollicite son expulsion.
Au nombre des phénomènes mécaniques de la I espiration , il faut placer le transport du sang dans le poumon , son passage au travers de cet organe , et son retour par les veines pulmonaires, actes que je ne ferai qu'indiquer ici, puisqu'ils ont été décrits à propos de la fonction précédente, de la circulation dont ils font partie.