I. Absorption des aliments dans les végétaux
Les organes au moyen desquels les végétai plongés et implantés dans les aliments eux-méme ,*â absorbentles matières qui peuvent servir à la non ''|| riture , sont assez connus. Les racines des plani *|f^ cellulaires, de plusieurs mousses , de quelques "'jp' chens et champignons, sont des prolongements fil ^ formes ou capillaires, parfois rameux , qui, i**p même que la plante entière, sont composés di^ tissu cellulaire contenant souvent des cavités « 't»! forme de sac, dans lesquelles monte le liquide ^i*»
sorbé. Dans les racines des plantes vasculaire;
(1) On peut établir deux divisions parmi les herbivore ceux qui vivent d'un grand nombre de plantes, et ccuJ q ne se nourrissent que d'une seule espèce. Cependant premiers dédaignent, suivant la remarque de Linné , r sieurs plantes d'un genre ou d'une famille. Ainsi \eD<t ne touche ni aux labiées , ni aux véroniques ; le chcv ^ij^ laisse de côté presque toutes les cracifères ; les chcTreJ % les bœufs, les brebis et les cochons ne mangent prejq" ' cune solanée , tandis qu'ils sont fort avides des gramme' des légumineuses et des composées. La plupart des in»e tes ne se nourrissent que d'une seule espèce , ou ""^ j
de plantes appartenant à un genre ou a une
lamille-
GÉNÉRALE ET COîlP.VRKE.
iculièrement des dicotylédonées , on distingue orps , avec ses rainiOcalions et appendices. t les graminées , on aperçoit nn nœnd d'où parles filels radicaux. Le corps de la racine est com- ! de bois et d'écorce. Le premier , qui, chez cer- >s plantes, renferme de la moelle , résulte d'un mblage de lissn cellulaire et de vaisseaux. Iques analomistes, Duhamel, Comparetti, Bell, . et autres, disent avoir aperçu dans la partie L'Use de véritables vaisseaux en spirale , dont slence est niée par d'autres. L'écorce contient coup de tissu cellulaire, ainsi que les vaisseaux riciersnécessaires à l'accroissement des racines, ■s-ci sont dépourrties d'épiderme proprement tant dans les monocotylédonées que dans les lylédonées, d'après les recherches de Kieser î L.-C. Trevirauus. Les Gbrilles radiculaires , la plupart de forme cylindrique, ont leurs ravalions les plus déliées garnies d'appendices caires ou spongieux , que Treviranus a trouvés )osés de tissu cellulaire seulement. Suivant les riences faites par Senebier, Carradori et Deolle , ce sont principalement les dernières exilés iO ces appendices qui accomplissent l'acte absorption. Ou n'a point encore aperçu d'oriû- )U de pores par lesquels le liquide pénètre. S'il xisle , ils doivent être infiniment petits, puisd'après les expériences de Sprengel et de Link, brilles radiculaires ne s'emparent que des mas colorantes Irès-divisées et dissoutes dans , sans toucher à celles qui sont en molécules >ières. Ces dernières ne sont absorbées que d les racines ont reçu quelque atteinte, résulte des expériences de Labaisse , Haies, bier et autres , que l'absorption par les racines \ d'une manière très-vive, surtout au printemps, ques physiologistes ont attribué à ces organes cullé de faire un choix dans les substances li- 3s avec lesquelles ils entrent en contact , et de rendre que celles qui peuvent servir à la nu- •n. C'est une erreur , que de nombreuses expées récentes ont suffisamment réfutée. Th. de iure a trouvé que des plantes absorbaient du sel n , du nitrate de chaux , du sulfate de potasse, :1 ammoniac, de l'acétate calcaire, du sulfate iivre, du sucre, de la gomme arabique , etc. Jaeger a constaté l'action délétère de l'arsenic es plantes dont les racines plongeaient dans de contenant une petite quantité seulement do substance : elles se fanèrent et périrent. •F. Becker , Schreibers et Goeppert ont vu le hydrocyanique produire un effet pareil. Nous ns à Marcel jeune des expériences inléressant nombreuses , d'où il résulte que des plantes ibsorbé diverses substances minérales dissoutes ' leau, comme acide arsénieux , sublimé cor- . sels de cuivre et de plomb , ainsi que les ex- 5 d'opium , de belladone , de noix voraiqne et 'g"ë, l'eau distillée de laurier cerise, l'acide ocyauique, l'alcool , etc. , et que cette absorpa exercé une influence délétère sur elles. Des riences semblables ont été faites par Macairesep . ainsi que par Schucblor et Zcller , avec le 'e résullal.
> facuUé absorbante appariicnl aussi aux fcuil-
les. Ce qui prouve que les plantes absorbent des liquides au moyen de leurs feuilles, et dans l'intérêt do leur nutrition , c'est l'action bienfaisanlo qu'exercent la rosée , la pluie et l'arrosemenl des feuilles avec de l'eau , circonstances qui toutes favorisent leur accroissement. Beaucoup de végétaux dont les racines se réduisent presqu'à rien, mais dont les feuilles sont épaisses et succulentes, par exemple les cactus, se conservent principalement par l'absorption qu'accomplissent celles-ci, qui se conservent même pendant quelque temps fraîches , après avoir été détachées de la plante. Beaucoup de plantes celluleuses, les algues marines, les ulves, les conferves, les champignons, les lichens et les mousses surtout, attirent abondamment les liquides parleur surface entière , et quelques-unes même, comme la plupart des lichens , qui n'ont pas de racines proprement dites , semblent se nourrir par absorption exécutée à la surface. Haies a prouvé par des expériences que les végétaux augmentent de poids dans l'air humide. Mariette, Duhamel , Merret et surtout Bonnet ont également mis hors de doute l'absorption exercée par les feuilles. Ce dernier a remarqué que les feuilles étendues sur l'eau non-seulement se conservaient elles-mêmes , mais encore étaient capables d'entretenir la vie dans les branches et rameaux qui les supportaient. L'absorption des liquides paraîtse faire par les deux faces des feuilles dans les herbes , et principalement par l'inférieure dans les arbrisseaux et les arbres. Il est probable que ce sont surtout leurs pores alongés qui président à l'absorption, comme l'admettent Humboldt, Kroker, Sprengel, Schrank, G. -R. Treviranus et L.-C. Treviranus. Cependant, chez les plantes celluleuses, qui n'ont point de pores, cllealiea sans cela.
Un problème se présente ici à résoudre, celui de savoir si l'introduction des matières alimentaires liquides dans l'intérieur des plantes est un pur résultat de l'action capillaire de corps poreux, qui fait qu'un tube de verre fort étroit qu'on plonge au sein d'une liqueur attire celle-ci dans son intérieur jusqu'au-dessus de son niveau, ou bien si l'absorption n'est pas plutôt un phénomène vital particulier. Beaucoup de physiologistes, Malpighi, Grew, Borelli, Delahire, Bradley et autres , ont admis la première hypothèse , et considéré les radicules comme des tuyaux capillaires chargés de pomper et de faire cheminer le liquide nourricier par leur force aspirante. Il est possible que cette force contribue, pour sa part, à la production du phénomène; mais elle ne saurait en être l'unique cause, ainsi que le démontrent les motifs suivants. L'absorption du liquide nourricier varie suivant l'état des plantes, les périodes de leur développement et de leur accroissement, et les époqiies de l'année. Pendant la période de la formation et de la crue des feuilles , l'absorption et la progression de la sève marchent avec d'autant plus de vitesse que la feuillaison est elle-même plus rapide. D'ailleurs, c'est au temps de la floraison et de la formation des fruits et des graines que les plantes puisent le plus de nourriture dans le sol. On sait aussi que l'absorption et
TBAITÉ DE PIIYSIOLOGIE
la progression du liquide absorbé dopondeiit do l'inllucnce exercée sur les piaules par la chaleur et la lumière; de sorte qu'en général l'absorption est plus active au printemps et en élé qu'à loule autre époque, diminue en aulomuo, et se réduit presqu'à rien, si même elle ne s'arrête loul-à fait, en hiver. Tous ces phénomènes ne peuvent point être considérés comme de purs effets do l'action capillaire , celle-ci n'étant modinéo ni par les saisons, ni par l'influence de la chaleur. Enfin , il y a encore celte différence entre l'absorption capillaire et celle des plantes, qu'un tube capillaire ne rejette point par sou orifice supérieur les liquides qu'il a pompés , tandis que le liquide absorbé par les végétaux s'écoule des vaisseaux , quand on fait une blessure à ces derniers. Ce sont là des motifs suffisants pour nous obliger à suivre l'opinion deSenebier, Saussure, Desfontaines, Decandolle et autres , qui regardent l'absorption des végétaux comme un phénomène organique ou vital.