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II. Absorption chez les animaux

Les animaux, qui ne sont pas, comme les plantes, plongés et fixés au milieu de leurs aliments , les introduisent dans le canal intestinal par la bouche principalement. Parvenues dans cet organe , les substances alimentaires se mêlent avec les liqueurs qui y sont sécrétées, et dont l'action les fluidifie, quand elles sont solides. Ainsi, chez les animaux, l'absorption des aliments se fait à leur surface interne, ce qui suppose des manifestations préalables d'activité d'une espèce particulière , tandis que chez les plantes elle s'opère à la périphérie. Cependant beaucoup d'animaux absorbent , en outre, par leur surface , parla peau; mais celle absorption suffit rarement pour soutenir leur existence.

A l'égard des parties qui accomplissent l'absorption des matières alimentaires déjà liquides par elles-mêmes, ou fluidifiées par l'action dissolvante des sucs du canal intestinal, il paraît que celle fonction appartient principalement au tissu cellulaire faisant la base du sac alimentaire, et qui a la propriété de s'imbiber de liquides. On trouve des vaisseauxparliculiers, les lymphatiques, dans la membrane muqueuse du canal intestinal des animaux composant les quatre classes supérieures, les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons. L'existence de ces vaisseaux a élé parfaitement démontrée , depuis la découverte qu'en a faite Aselli , par les recherches de Vesling , Th. Bartholin, Slenon, Rudbeck, Pecquet et beaucoup d'autres. Ils ont été vus dans le canal des oiseaux, par Ilewson, Al. Monro jeune , moi et lout récemment Breschet et E.-A. Laulh. Les deux premiers de ces analomisles, Cruikshaiik et surlout Fohmann, les ont aperçus chez les reptiles elles poissons. Ces vaisseaux, qui tirent leur origine de la membrane muqueuse du sac intestinal, se réunissent en rameaux et en branches et par leurs anastomoses avec les lymphatiques provenant d'autres organes, produisent des Ironcs qu'on appelle canaux thoraciques. Ceux-ci s'ouvrent dans les veines sous-claviéres ou dans d'autres gros Ironcs vei-

neux, au voisinage du cœur. Indépondammcni,! 1 abouchement des lymphatiques avec lesgiosgj veines , ils se réunissent aussi , de dislance endi tance , avec les veines du canal inlesliual, anask mose qui, chez les mammifères, a lieu surtout dan les glandes du mésentère , comme l'a démouir l'ohmann. On aperçoit aussi , chez les poissons les reptiles et les oiseaux, un grand nombre é communications entre les lymphatiques du cand j intestinal et d'aulres parties du corps et des veine r diverses, sans compter celles qu'établissent lesci il naux Ihoraciques. Les lymphatiques du canal inlei i linal sont principalement remplis , chez ces au) in maux, d'un liquide abondant qui, chez les niamnij m fères, aune couleur laiteuse, lorsqu'ils ont inirodujii des aliments dans le canal inteslinal. On doitdoiliii admettre qu'ils attirent de la membrane niuqueuliii du sac alimentaire les aliments devenus liquideJfu les introduisent dans leur cavité, et les charriejitt vers le système vasculaire sanguin.

Ou a trouvé des lymphatiques , chez les ma mifères , non-seulement dans le canal inleslina! mais encore dans tous les organes dont l'inlcrieii est tapissé d'une membrane muqueuse, ^ommel if poumons, les organes urinaires et ceux de lagén l'I ration. On en a vu aussi à la face interne des tégi m menls communs ou de la peau, aux branchies è poissons , dans les membranes séreuses et synovi ^ les, dans les différentes glandes, dans le lissu o lulaire qui enveloppe la substance musculaire nerveuse, à la face externe di>8 os, etc., cnuQin partout où il y a du tissu cellulaire. Des pbcnom im nés d'absorption d'humeurs sécrétées, et d'à f» 1res liqueurs mises en contact avec ces divers m parties, ayant éléobservés un grand nombre de If; nous sommes en droit d'admettre que la fonclic de l'absorption appartient principalemenf à c ^Ig vaisseaux.

Chez les autres animaux pourvus de vaisseai sanguins, les mollusques, les crustacés, les arac f^^^ nides , les insecles, les annélides et les radiain , dans le corps desquels on n'a pu découvrir jusqc ii |j présent de vaisseaux lymphatiques, l'absorpliond ^ii matières alimentaires à la surface du canal inles -ji, nal est exécutée, soit par des veines qui jouisse de la facullé de l'absorber, soit peul-éirc cga "!!^ ment par des lymphatiques qui se jettent sur-1 V|, champ dans des veines. A la vérité , il est diffici \ ^ de démontrer comment les choses se passent iVi-j réalité , tant à cause de la petitesse des aiiimM que parce que leur sang n'est point rouge , si ^ ^, n'est dans les annélides , et qu'en conséquence, s tft j, existe des lymphatiques qui ne tardent point à 'tj^ réunir avec les veines , on ne pourrait les disU '» », guer de ces dernières par la couleur du liquide (1 Très-probablement on parviendra à découvrir d vaisseaux lymphatiques chez les animaux sans T< tébres. ' 'v^

(i) Yiviani {de jjhospJiorcsccntia maris, Génps, l8t ^«'1 in-4°, p. l i) a TU, dans le SuhelLa naispiro , Ciiv. (^j h \ royi-ajjJiis SpalLunzanii , Yiv. ) , indépcndammenl < deux Ironcs vaseulaiics du canal inteslinal cliarri»nt ^\ sang rouge , uu troisième vaisseau, rempli «l'un liq"' jaune, qu'il appelle vus lymphuiicum. Est- ce là un f lymplialique ? VM^

GÉNÉRALE ET

nfm, dans les animaux qui n'onlmèmo pas de icaux sanguins, tels que les enlozoaircs, les uses et les polypes , le tissu cellulaire est seul gé d'absorber el d'enlever les matières aliincns du canal intcsiinal.

lez tous les animaux à peau nue , il se fait aussi absorption de liquides à la surface de cet or- !. Les expériences de Leeuwenhoek , Baker , lana et Spallanzani , ont prouvé que les infusoiles rolifères , les vibrions , etc. , absorbent de I. Une vive absorption a lieu également parla chez les polypes, les méduses , les radiaires i vers. Les entozoaires qui vivent plonges dans mmeurs animales , les absorbent aussi par la ,à ce que prétendent Zeder etRudolphi. Spalini a trouvé que les limaçons absorbent beau- 1 d'eau, parce que leur poids augmente rapideî lorsqu'on les plonge dans ce liquide. Jacob- 1 fait lotit récemment des expériences sur la lé absorbante du limaçon des vignes : une dis-iion de prussiate de potasse , qu'il versa sur la ice d'animaux appartenant à cette espèce, fut rbce avec rapidité , et passa dans la masse du . Celui-ci peut en prendre une quantité telle , ( isuiteil acquièreunecouleurbleuefoncéequand ajoute du sulfate de fer. L'absorption de l'eau , chez les grenouilles, les crapauds, les salaraana lieu parla peau, et surtout par celle de la face ieure du corps , est démontrée par les précieuxpériences'de R. Townson , d'où il résulte que iiimaux peuvent absorber par cette voie une tilé d'eau équivalente au poids de leur propre 5. Enfin , Edwards a également constaté , par imbreuses expériences , qu'uneabsorption trèse a lieu par la peau chez les grenouilles , les luds et les lézards. Quand ces animaux ont u beaucoup de leur poids par un long séjour à , où la transpiration est fort active chez eux, et 1 les plonge ensuite dans l'eau , il s'opère une ■plion si rapide qu'elle ne tarde pas à couvrir iificit qu'ils avaient éprouvé. L'absorption eau a lieu plus rapidement au chaud qu'au

land nous voulons nous rendre compte del'acqui, chez lesanimaux, accomplilTabsorplion, rencontrons la même difficulté que celle qui a déjà arrêtés en parlant de l'absorption dans égétaux. Plusieurs physiologistes , Blainville et ra , regardent l'absorption comme un pur effet capillarité , et ils attribuent au tissu cellulaire, qu'aux tissus animaux , la propriété de s'imbiles liquides à la manière d'une éponge. Assuint le tissu cellulaire , les membranes muqueul séreuses , les téguments communs , et , suiles recherches d'iimmert et de Lebkuchner, arois des vaisseaux , ont la propriété d'admetn eux les liqueurs avec lesquelles on les met intact, ou d'être perméables pour elles , point equel nousreviendrons en traitant de l'absorpchez l'homme ; mais cette propriété ne constipoint encore l'absorption , et elle n'explique la pénétration dans les tissus. L'absorption se ifeslc aussi par la réception des liqueurs dans ispaces déterminés , savoir , chez les animaux juatre classes supérieures , dans les artères , el

par l'impulsion qui leur est donnée dans des directions également déterminées.

Le tissu cellulaire, les membranes muqueuses et les membranes séreuses jouissent de cette pénétrabilité aussi bien après la mort que pendant la yie; mais il n'en est point ainsi de la progression imprimée aux liquides. En outre, comme nous voyons que l'ingestion et la propulsion des liqueurs pendant la vie varient beaucoup suivant les manifestations d'activité ou de vie des animaux, que l'absorption se fait d'une manière plus active pendant le jeune âge que dans l'âge avancé , et qu'enfin diverses iuQuences et stimulations sont capables de la modifier, nous devons la considérer, aussi bien que la propulsion des liquides , comme un phénomène vital , el il ne nous est pas possible de la ranger parmi les effets purement mécaniques de la capillarité des tissus.

Faculté absorbante.

Il résulte de ce qui précède que tous les corps vivants, les piaules comme les animaux, ont la propriété d'absorber des matières alimentaires et d'autressubstancesliquides.Nousne pouvons pas considérer l'absorption comme un effet de l'action capillaire , parce qu'elle est tantôt plus et tantôt moins énergique, suivant l'état des individus vivants et les influences auxquelles ces êtres sont exposés, circonstances qui n'apportent aucun changement dans l'atlraclion capillaire des corps privés de la vie. Nous devons donc la considérer comme une manifestation de la vie , et comme dépendant d'une qualité ou force spéciale des corps vivants, attendu que jusqu'à présent il nous est impossible de l'expliquer par aucune des autres forces dont le jeu se déploie dans ces corps. Celte manifestation spéciale sera désignée provisoirement sous le nom de force ou faculté absorbante , tant que nous ne l'aurons point ramenée à une autre force organique. Ses effets seront exposés en détail lorsqu'il s'agira de l'absorption dans l'homme.

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