II. Nutrition des animaux
Chez les animaux, comme chez les plantes, il s'o< père une formation et un accroissement de partiei dans le germe fécondé.L'embryonquise forme noui montre ses différents organes et appareils qui pa raissent dans un certain ordre,dans une certaine suc cession, augmentent de masse, et atteignent un car lain degré de développement. Après même que h fœtus a quitté les enveloppes de l'œuf, le développe ment de son corps continue sans interruption jus qu'au point culminant de la vie. Durant tout c( temps, les animaux transforment les aliments qu'il prennent en leur liquide nourricier, etcelui-cipass( dans la composition et la trame des organes en for malien et en accroissement, dont il acquiert les pfO priétés vitales. La nutrition se manifeste aussi j arde! changements rapides ou lents qui ont lieu dans le ma tériel des organes. Certains matériaux de ces der niers deviennent, par suite de leurs manifestation! d'activité, inaptes à demeurer plus long-lcnipi dans la trame organique. Ils quittent l'élat solide pour retourner à celui de liquide, et sont reprif par l'absorption. D'un autre côté , les organes vil 1 vants puisent dans le suc nourricier qui leur arri>a 1* des matériaux nouveaux qu'ils incorporent dans leuij texture.
Les actes de formation, de développement e d'accroissement des organes el du corps entier de animaux , comme aussi les changements de com position matérielle qui ont lieu dans chaque ori gane particulier , l'intussusceplion elle rejet aller natifs de matériaux qu'ils exécutent, leur solidifi cation et Uuidification , en un mol , la formalione la déformation qui s'opèrent sans interruption dau! les tissus et les organes du corps animal, constitoen l'opération vitale qu'on désigne sous le nom de nutrition animale, el qui fait que chaque organe, que l'organisme entier , sont susceptibles , les circon- f
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
ices extérrcures étant favorables, de se maintependant un certain temps en jouissance de leurs iiii'estalions propres d'activité, i l'égard des moyens, des instruments et des acilont la iiature se sert pour accomplir la nutrition, is observons sous ce rapport, dans les divers groud'animaux, des différences nombreuses , dont déjà été parlé au sujet de la digestion, de la resilion et du mouvement du suc nourricier. Les .areils pources fonctions sont d'autant plus cornues , et les fonctions elles-mêmes semblent itant plus complexes , que les manifestations de particulières à chaque animal sont plus diversi- ^ et plus énergiques. Chez les animaux les plus •rieurs ou les plus simples , les infusoires , il paquc la matière alimentaire puisée dans l'eau par orption à la surface du corps, se convertit imniétement en leur substance , de sorte que l'inlus- L-eption , l'assimilation et la transformation de iment en masse organique , se confondent en un I et même acte vital. La nutrition des infusoires prouvée par l'observation que Nitzsch a faite 'accroissement des bacillaires, comme aussi par igmentation rapide des paramécies, des bacillai- , des vibrions, desvolvoces, ei autres, suscepes de se partager à plusieurs animaux qui ne tarit pas à acquérir leur grosseur complète , ainsi il'ontreconnu Spallanzani, Saussure, O.-F.Muel- , Gœze et autres. Chez les animaux pourvus d'ua alimentaire simple, les poljpes,les actinies, etc., iquide préparé aux dépens des aliments et induit dans le corps par l'absorption , tantôt se isforme immédiatement en leur masse analogue a tissu cellulaire, avec laquelle il se combine, tôt est conduit, par des appendices rameux et culiformes du sac alimentaire , aux diverses pari, avec lesquelles il s'identifle , comme dans les duses, lespennalules, plusieurs entozoaires, etc. respiration nécessaire pour l'assimilation s'exée à la surface du corps. C'est un fait connu que s ces animaux croissent et augmentenlde masse ne manière rapide.
Zhez les animaux dont l'organisation est plus Qpliquée, les radiaires , lesannélides, les molqucs, les insectes , les arachnides , les crustacés, poissons , les reptiles, las oiseaux et les mamfères , on trouve un appareil qui , après avoir u les aliments , y ajoute certaines liqueurs pour fluidiûer , les assimiler et préparer le chyle. Ces maux sont pourvus en outre d'organes respirares, au moyen desquels le chyle absorbé se nsformeen sang sous l'influence de l'air atmolérique. Knfin, dans tous ces êtres , il y a un sysne vasculaire qui contient le fluide destiné à la trition et à l'accroissement. Le sang forme des □rants continuels dans les diverses sections de ce 'tème , et dans les carrières circulairement fériés qu'il parcourt. Après s'être mêlé avec le chyle, )arvicnt dans les organes de la respiration, où Jst converti en sai/j artériel. Celui-ci conduit suite à la trame intime de tous les organes , qui puisent les matériaux nécessaires à leur nulri-
n. Le sang altéré dans sa composition par les les de la nutrition , qui a perdu une {.grande partie
ses principes coagulables, et qui a subi un chan-
gement de couleur, revient de nouvean aux organes respiratoires, où il reprend les qualités dont il jouissait auparavant.
Le sang artériel , en sa qualité de liquide nourricier proprement dit, contient les matériaux de l;i nutrition de tous les tissus et organes , matériaux avec lesquels se forment le tissu cellulaire, les membranes, les vaisseaux, les nerfs, les muscles, les glandes , les os , les cartilages et les ligaments. Il n'est pas démontré que les globules qui existent en abondance dans ce sang , se combinent avec l«s parties pendant le travail de la nutrition , et eu prennent la texture organique, comme l'adraellent quelques physiologistes modernes (1). S'il en était ainsi , il faudrait que le sang contînt, pour la nutrition des différents tissus , des globules divers , dont l'existence n'est pointprouvée. De quelque manière que les choses se passent à cet égard , on ne peut point admettre que les vaisseaux qui se ramifient au dernier point dans le parenchyme des organes , se bornent à y déposer ou sécréter les matériaux de la nutrition ) lesquels ne feraient alors que se combiner par juxta-posilion , ou d'après les lois do l'agrégation , avec la trame organique , à mesure qu'ils seraient mis en liberté. Chaque tissu et organe parait au contraire attirer, en vertu d'une activité propre , les molécules qui ont le plus d'afûuité
(1) Dulrochet dit (loc, cit., p. 214) : « Ce qne non* venons de voir touchant la similitude de la composition, organique des solides et des fluides du corps vivant , pourrait faire penser que les globules vésiculaires contenus dans le sang s'ajouteraient au tissu des organes et s'y fixeraient pour les accroître et les ré[)arer , en sorte que la nutrition consisterait dans une véritable inlercalation des cellule» toutes faites , et d'une extrême petitesse. Cette opinion , tout étrange qu'elle puisse paraître , est cependant trèsfondée ; car l'observation parle en sa faveur. J'ai vu plusieurs fois les globules sanguins sortir du torrent circubttoire , s'arrêter et se fixer dans le tissu organique. J'ai été témoin de ce phénomène, qne J'étais loin de soupçonner, en observant le mouvement du sang au microscope dans la queue fort transparente des jeunes têtards du crapaud accoucheur. Des artères formant des courbures nombreuses se répandent dans la partie transparente de la queue des têtards j ces artères sont immédiatement continues avec les veines , en sorte qu'il n'existe ici aucune distinction , aucune ligne de démarcation entre les deux circulations artérielle et veineuse ; le sang , dont on aperçoit parfaitement les globules , qui sont assez gros, offre un torrent , dont le mouvement n'éprouve aucune interruption depuis son départ du cœur jusqu'à son retour à cet organe. Entre les courbures que forment les vaisseaux, il existe un tissu fort transparent , dans lequel on distingue beaucoup de granulations de la grosseur des globules sanguins; or, en observant le mouvement du sang, j'ai vu plusieurs fois un globule seul s'échapper latéralement du vaisseau sano-uiu et se mouvoir dans le tissu transparent, avec une lenteur qui contrastait fortement avec la rapidité du torrent circulatoire dont ce globule s'était échiippê ; bientôt après le globule cessait de se mouvoir , et il demeurait fixe dans le tissu transparent. Or, en le comparant aux granulations que contenait ce même tissu , il était facile de voir qu'il n'en dilTérait en rien , en sorte qu'il n'était pas douteux que ces {jranulalions transparentes ne fussent aussi des globules sanguins précédemment fixés. Par quelles voies ces globules sortent-ils du torrent circulatoire ? C'est ce qu'il n'est pas facile de déterminer. » Uœllingcr dit avoir observé des phénomènes analogues. »
TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
avec les combiaaisons organiques entrant dans sa composilion, ainsi que liuffon en a fait la remarque exacte (1).
Les matériaux attirés par les tissus et organes en ■vertu de leur activité spéciale, sont incorporés, toujours par l'aclion de ces mêmes organes, à leur propre composilion et trame organique. C'est précisément dans ce choix des matériaux convenables , au milieu du sang artériel conduit aux parties, cl dans la conversion par elles de ces mêmes matériaux en leur propre texture et composilion, que consiste à proprement parler l'acte de la nutrition, qui diffère entièrement de tous les effets mécaniques, chimiques et physiques, tels qu'on les observe dans les corps privés de la vie ou inorganiques. Dans les circonstances ordinaires, chaque tissu, chaque organe, lant qu'il est uni au corps entier , tant que les conditions extérieures et nécessaires de la vie existent, tant qu'il n'est point exposé à des irritations normales , se maintient, par la nutrition qu'il exerce , en possession de la composition, de l'organisation et des propriétés vitales qui lui sont propres, et subit par elle, pendant toute la durée de son existence, les changements particuliers à ses diverses périodes de développement et d'âge. La nutrition offre donc, dans chaque organe, une modification spéciale, qui est la source des qualités propres à ce même organe. On peut donner le nom de vie propre au mode particulier de celte fonction quia lieu dans les divers organes, et qui détermine les propriétés vitales qu'on observe en eux.
Les opérations intimes qui accompagnent la formation et la nutrition se sont jusqu'à présent soustraites à nos sens , et sont encore totalement inconnues. Nous ne jugeons que de leurs effets, d'après l'accroissement et la diminution des parties, d'après les changements de leur forme et de leur composition ; mais nous ne savons ni quels sont les changements qu'éprouvent les matériaux du sang attirés par les organes vivants , ni comment ces matériaux ■viennent à être organisés et doués des propriétés vitales appartenant aux organes. On ignore de quelle manière ils se convertissent, dans la nutrition, en muscles, nerfs, os et viscères. La nutrition ressemble, comme disait Entt, à un acte générateur continué dans chaque être vivant et dans toutes ses parties , sur lequel là nature a étendu le voile le plus épais. Si nous pouvions soulever ce voile, les secrets de la vie nous seraient en grande partie révélés.
La durée des animaux et de l'exercice de leurs manifestations d'action que nous appelons vie , s'accompagne en même temps d'un changement continuel du matériel de leurs parties solides. Les mcitériaux qui constituent la trame organique des
(1) nist. nat., t. II , p. ^3. « Comme toute la masse rlu sang passe plusieurs fois dans toute l'Iiubilude du corps, je conçois que , dans ce mouvement de circulation continuelle , chaque partie du corps attire à soi les molccuîes organiques les plus analogues, et laisse aller cilles qni le sont le moins. De cette façon , toutes les parties se développent et se nourrissent, non pas, comme on le dit ordinairement, par une simple addition de parties et par une augmentation superficielle, mais par une pénétration intime , produite par une force qui agit dans tous les points de la masse. »
diverses parties , changent de composition l'exercice de la vie , et deviennent incapables d' rester plus long-temps. Ceux qui sont tombés hoi do service , qui ont perdu leur forme et sont rev( nus à l'élat liquide, sont absorbés, ce qui a lieu chez les mammifères.par les vaisseaux lymphatiqnei Ils repassent dans le système vasculaire sanguin d'où ils sont ensuite éliminés par les organes excn te urs. A la place de ces molécules en quelquesorl usées par les fondions des organes, en arrivent nouvelles, que l'acte de la nutrition forme avec! matériaux attirés du sang artériel. Nous somnii fondés àadmeltre un pareil renouvellement de tu stance , un mouvement intime non interrompu, gi continuilé de formation et de déformation dansli organes, d'après les changements que nous obtei vous dans toutes les parties et dans le corps eotJi d'un animal pendant son existence. La grandeur, masse , la consistance , la composition , la configi ration , la structure de la texture du corps animal de toutes ses parties, du tissu cellulaire , desmei branes des vaisseaux, des nerfs, des muscles, d cartilages, des os , des tendons, des ligaments, etc subissent des changements continuels, plus ou moi rapides. Touslesjinimaux vivent dans un cerclem interrompu de formation, de transformation, destruction et de reconstruction. On peut encoi alléguer en faveur d'un changement et d'une usu: des parties ayant lieu dans les organes, que la masi du corps aniujal diminue rapidement de poids, que nous voyons disparaître des parties lorsque 1 auimaux se trouvent placés dans des circonslanci au milieu desquelles ils ne peuvent point prend d'aliments. La diminution de leur corps s'accompi gne d'un épuisement de leurs forces , qni finisseï par s'éteindre lout-à-fait. Si les animaux reçoivei des aliments après en avoir manqué , leur poi augmente avec rapidité , les organes reprenne! leur ancien volume , et les forces se rélabUsseï Rapportons quelques lois relatives au renouTd! ment du matériel de l'organisme.
La rapidité du renouvellement des malériai dans les parties solides , qui accompagne la vied animaux , est en raison directe du degré de compl cation de leur structure, et de la variété de len manifestatious vitales., qui dépend de celle derniéi circonstance. A l'appui de celle proposition, peut alléguer les phénomènes de l'ingestion des a! menls, de la digestion , de la respiration, du œoj vemenldusuc nourricier , et de la sécrétion .qm rapportent à la préparation du liquide nutritif, 9i\ qu'à l'acte de la nutrition et du renouvellemenld matériaux. Les animaux, comme je l'ai fait voirp' cédemment, prennentd'autantplus d'alimcnls, ils éprouvent le besoin à des intervalles d'autant pl rapprochés, el leur vie dépend d'autant plus de ce' ingestion, que leur organisation est plus coniplc' que leurs manifestations de vie sont plus mol pliées, qu'ils croissent plus rapidement, et que leuj fonctions animales s'acconiplissenl avec plus à nergie. Chez ces animaux, les organes digestifs oi une disposition telle que les aliments qui s y inlr| duiscnt peuvent être promplemenl atténues par Oi mouvemcnls, dissous, assimilés par l'addition^ sucs divers , et convertis en chyle. Ces anlm»'
GÉKÉRALE ET COMPARÉE.
ceux qui respirent aux inlei valics les moins ^nés, qui consorament la plus grande quanlilô igène, qui exhalent le plus d'acide carbonique, '. lesquels la conversion du cliyle et du sang icux en sang artériel s'opère avec le plus de nptilude, et dont la vie enfin dépend à un haut ë de la continuité non interrompue de la reslion. Leur système vasculaire sanguin est disen outre, de telle sorte que le sang artériel ve d'autant plus pur et d'autant plus rapideit aux organes, que l'intensiié de leurs manifes- • ns d'activité rend plus nécessaire un prorapt luvelleraent de substance matérielle, afin que onservation de leurs propriétés vitales puisse opérée par l'acte de la nutrition. Le nombre organes excréteurs et l'abondance des diverses •étions des animaux sont également en raison rte du degré de complication de leur texture e la somme des manifestations d'action qu'ils implissent. Lorsque ces dernières deviennent énergiques , l'activité des organes sécrétoires )uble aussi, et les matières excrétées sont plus idantes. L'inverse a lieu dans l'état de repos et sction. Évidemment ces phénomènes annon-
que le renouvellement de matériaux qui acpagne les manifestations d'activité des parties les, s'opère avec d'autant plus de rapidité,
les animaux, que la somme de ces mêmes lifestations est plus considérable , et qu'elles ercent à la fois avec plus d'énergie et d'une mae plus continue.
a rapidité du renouvellement des matériaux de ;anisme est étroitement liée encore à la nature u nombre des impressions extérieures dont les iiaux ont à subir l'influence. La chaleur, l'air, 1, les aliments, la lumière, le son, l'électricité, substances odorantes et sapides, et des impress mécaniques de diverse nature, agissent sur '.nimaux, et les portent à entrer en action , ce les a failappeler stimulants ou incitants (stimuli, tamenti). Le nombre et la nature des stimulants agissent sur les animaux varient en raison du ur qu'habitent ces derniers. Ceux qui vivent 5 l'air sont exposés à des incitations bien plus liplices que ceux qui passent leur vie dans u. Les incitants qui agissent sur les premiers lent en outre beaucoup sous le rapport du degré le la force, comme il arrive à la chaleur, à la lure, à l'électricité, et ces variations sont le réat des changements de situation de notre pla- 3 par rapport au soleil, durant ses révolutions uelle et journalière. Voilà pourquoi les anijx aériens, qui sont exposés à des incitations s multipliées et plus fortes, ont aussi des maniations vitales plus rapides que lesanimauxaquales. Toutes les influences extérieures qui agist sur les animaux paraissent produire des chanicnts dans le matériel de leur organisme, par «pression qu'ils font sur les organes vivants, et la réaction àlaquclle ils donnent lieu de lapart ces derniers. Le renouvellement de matériaux accompagne l'exercice de la vie, est manifestent plus accéléré chez les animaux qui vivent is 1 air, que chez ceux qui font leur séjour habi- I dans l'eau. Les premiers consorament davan-
tage d'aliments, leur vie est plus sous la dépendance de l'ingestion d'aliments nouveaux à des distances plus rapprochées , leur digestion est plus vive et leur respiration plus fréquente ; ils décomposent l'air avec plus de rapidité, et leur existence se rattache davantage à la continuité non interrompue de la respiration, le mouvement du suc nourricier se fait chez eux avec plus de vélocité, et ils éliminent plus de matières excrémentilielles, que les aniraaux aquatiques. Par conséquent, la rapidité du renouvellement des matériaux des parties solides, qui accompagne l'exercice de la vie des animaux, paraît être proportionnel à la somme et à l'énergie des incitations qui agissent sur ces corps, et qui les déterminent à déployer des manifestations d'activité.
Enfin, la rapidité du renouvellement des matériaux organiques, dans les différents groupes du règne animal , est en raison du degré de développement et de déploiement de leurs appareils pour l'exercice des manifestations de la vie animale, des organes des sens, du système nerveux et des organes du mouvement volontaire. Le système nerveux d'un animal éprouve des incitations d'autant plus multipliées et variées, que le nombre et la délicatesse des sens sur lesquels agissent les diverses influences du dehors, sont plus considérables. Plusle système nerveux, particulièrement le cerveau, comme foyer des sensations, est développé, plus les manifestations d'activité qu'il peut produire, soit à la suite des impressions provenant des sens, soit par l'effet de sa propre spontanéité, sont nombreuses, diversifiées et énergiques. Le degré de développement des organes locomoteurs est proportionnel aussi à celui du système nerveux et au nombre des sens. Par les mouveraents qu'ils produisent volontaireraent , les aniraaux réagissent sur le monde extérieur, afin de s'exposer plus long-temps à l'action des choses qui les affectent agréablement, et de rechercher ces objets, ou de se soustraire à l'impression nuisible qu'ils pourraient éprouver de leur part, et de les fuir. Enfin, le degré de développement des organes des sens, du système nerveux et des organes locoraoteurs , et la multiplicité, l'énergie de leurs manifestations d'activité, sont dans un rapport intime avec la structure et la disposition des appareils chargés d'accomplir les fonctions nutritives et le renouvellement des maiériaux de l'organisme.
Si maintenant on demande quels sont les changements qui se passent dans le raatériel des organes durant l'exercice de leurs manifestations vitales, nous sommes forcés d'avouer que les opérations qui accompagnent ce travail sont encore entièrement hors de la portée de nos observations et de nos expériences. Il ne nous est g^ermis que de hasarder des conjectures sur cet acte le plus intime et le plus occulte de la vie. Les physiologistes de l'école iatromalhématique pensaient que le changement des organes consistait dans l'usure mécanique de leurs molécules par le mouvement. Sans compter que le matériel de l'organisme change continuellement aussi dans des organes qui n'offrent pas de mouvements sensibles consistant en contraction cl expansion, comme les nerfs, les os, les cartilages, les ligaments, etc., on ne saurait concevoir comment
TUAITÉ DK PHYSIOLOGIE
les combinaisons organiques qui fontla base des organes pourraient changer à Ici point, par l'effet du simple frottement, qu'elles devinssent incapables de rester plus long-temps dans la trame organique.
Les physiologistes de l'école ialro-chimique moderne admettent qu'il s'opère, dans les organes vivants, une sorte d'acte d'acidification ou de combustion, dans lequel le principe comburant, l'oxigéne, quittant le sang artériel , s'unit avec l«s combinaisons organiques des parties, et excite en elles une espèce de combustion. La nature des matières excrémentitielles semble bien annoncer qu'il s'exécute dans les organes une opération eu vertu de laquelle les combinaisons organiques supérieures, ou plus compliqiié(fs , sont converties en combinaisons inférieures plus simples , ou même en combinaisons inorganiques. Ainsi , une grande quantité d'acide carboniquë est continuellement exhalée par les organes respiratoires et par la peau. L'excrétion liquide qui se fait par la peau de certains mammifères, ou la sueur, contient de l'acide acétique libre , du chlorure de sodium , un peu de phosphate calcaire , du phosphate de fer, et une matière animale. Les combinaisons ternaires qui appartiennent en propre à la bile, la résine biliaire et la cholestérine , sont comme matières excrémentielles du sang , expulsées par le canal intestinal, en même temps que plusieurs sels divers, avec les résidus indigestes des aliments. Le liquide excrémentiel le plus composé est l'urine, dans laquelle, indépendamment de deux matières organiques particulières, très-riches en azote, l'urée et l'acide urique , on trouve un grand nombre de sels différents. Il paraît donc, d'après cela, que les combinaisons animales compliquées , que le travail de l'assimilation prépare avec les matières reçues du dehors , cl que l'acte de la nulrilion porte dans la trame organique , sont décomposées par les manifestations vitales des organes, et converties ainsi en combin aisons organiques de la dernière classe, ou même en combinaisons inorganiques. Cette opération semble consister en un acte spécial , analogue à la combustion. On doit aussi en considérer comme un résultat, la production de la chaleur animale qui , chez les animaux, est exactement proportionnée à la rapidité du renouvellement des matériaux de l'organisme. Enfin, il n'est point hors de vraisemblance qu'un agent engendré dans le système nerveux prenne une grande part à celle opération.
Cette différence existe entre les végétaux et les animaux, relativement à la nutrition, que, chez les premiers, il n'y a que formation et application de nouvelles substances, et accroissement de celles qui existent déjà , les organes une fois produits n'étant plus soumis à un renouvellement de matériaux, et conservant pendant quelque temps , sans changement , leur composition et leur texture. Du moins n'a-t-on point observé jusqu'à présent de changement continuel dans le matériel de la racine, du bois et de l'écorce. Ce quia élé une fois formé ne repasse plus à l'état liquide , pour être résorbé, Chezles animaux, au contraire, un renouvellement non interrompu et plus ou moins rapide de matériaux a lieu dans leurs parties solides,
et ils subissent des changements continuels vertu de leur activité. Cette différence tient sa doute à ce que les animaux ont des manifestalio d'activité qui produisent des changements dans matériel des organes, cas dans lequel l'aclioD d nerfs parait être.
FOnCE PLASTIQUE, FOBCE DE NDTKITION.
Les phénomènes de manifestation première formation . d'accroissement et de nulrilion lesquels les corps vivants se distinguent de lo les productions naturelles privées de la vie et tous les produits de l'art, ne sont pas de purs i physiques, mécaniques ou chimiques, tels que t. qu'on observe dans lescorps sans vie. L'acte den" sance, de formation et de nutrition, ne consist en une précipitation, d'après les lois delà leur, des molécules organiques contenues dang liquide générateur féioudé et dans le suc noi cier , ni dans une attraction et une coordinati mécaniques de ces particules, ni enfm dans simple affinité et combinaison chimique , co dans les matières inorganiques qui cristallisent, actes sont fort supérieurs à toutes les opératio mécaniques et chimiques qui ont lieu dans les tières privées de la vie , et on ne saurait les ex" quer, même à peu près , par des causes mécaniq ou chimiques. Tous les efforts des iatro-mécanici et des iatro-chimistes pour parvenir à ce dern résultat ont échoué ; il a élé reconnu que de i blables théories étaient insuffisantes et erroné Nous sommes donc obligés de les considérer co« des effets d'une espèce à part , comme des phé mènes vilaux, dépendants d'une force propre et hérenle aux corps organiques.
Des physiologistes et des médecins distingués tous les temps ont accordé aux corps vivants force particulière , considérée par eux comme cause de la formation et de la nutrition. Ils ont. signé celte force sous des noms différents. Les ciens , Galien surtout, l'appelaient facilitas fo~ trix, nutrix, auctrix. Vanhelmont lui donnait thèle de blas alterativum. Bacon la désignait s celle demotus assimilationis, ou viotus générât' simplex. C'était la facullas vegetativa de Harv Vanima vegetativa de Stahl , la puissance dumo intérieur de lîuffon (1). Elle a été nommée vis sentialis par C.-F. Wolf , et nisus formalivus Blumenbacb. Des physiologistes modernes l'appj lent force de nutrition, force de formation , force\ reproduction ou de végétation. Quelque différ
(1) IJist. 7iat., t. II, p. 41. « Le corps d'un animil d'un végétal est une espèce de moule intérieur dans leq la matière qui sert à son accroissement se modèle et mile au total. Il nous paraît certain que le corps de 1'* mal ou Tégétal est un moule intérieur qui a une formée stan'te, mais dont la masse et le volume peuvent auginw proporlionnelleraent , et que l'acroissemenl , ou , «i 1 veut , le développement de l'animal ou du végétal ne se : que par l'extension de ce moule dans toutes ses directij extérieures et intérieures , que celle extension se fil* l'inlussiisccption d'une manière accessoire et étrangè qui pénètre dans l'intérieur , qui devient semblable * forme et identique avec la matière du moule. »
GÉNÉRALE ET COMPAUÉE.
' soieot et les dénominations choisies par les biologistes et les médecins pour désigner cette . 0 , et les idées qu'ils y attachent , cependant s s'accordent sur ce point essentiel qu'ils la reient comme chargée de maintenir pendant un lin laps de temps les corps vivants entiers et tes leurs parties en possession de la composi- ! , de l'organisation et des propriétés vitales qui sont propres, et de mellre ces corps en état, .'.nt une certaine période de leur existence , de i.,duire des êtres de la même espèce qu'eux , lésais, semblables sous ce rapporta ceux qui les II. engendrés , sont renfermés dans un cercle dégainé de forraalion et de développement , et (■ent des phénomènes identiques. Rapportons les isqui parlent en faveur de cette hypothèse. |E)'n corps vivant, considéré comme ol)jet d'un len chimique , est, d'après les expressions de ïélius , un laboratoire dans lequel s'accomplisl beaucoup d'opérations chimiques , ayant pour ^hltat final de produire tous les phénomènes t nous désignons l'ensemble sous le nom de et de conserver le laboratoire lui-même de î sorte qu'il se développe pour ainsi dire dc- 5 un atome jusqu'à la plus haute perfection dont Loit susceptible , après quoi il rétrograde et finit |tse détruire. On ne peut disconvenir que la vie Stsoit accompagnée de changements continuels ts la composition. Cependant ces changements feîërent, par rapport à leurs causes et à leurs efdes opérations chimiques qui ont lieu dans corps sans vie. La chimie peut bien, comme je Idéjà fait remarquer précédemment, résoudre |r combinaisons organiques en leurs éléments, I s il lui est impossible de les reproduire avec ces koiers. Or , ce qui précisément, chez les corps Itmts , retient les matières élémentaires dans les |t)binaisons organiques nécessaires à la continuade leur existence , et détermine les change- |tits particuliers de composition qui accompa- I nt la vie , est une force spéciale, totaleinent difinte des affinités chimiques agissantes dans les ms inorganiques.
^es changements particuliers de composition qui ■ lieu dans les corps vivants, sont le résultat de ^iorce de nutrition ou d'assimilation, qui domine iiffinilés chimiques des substances puisées dans Kaonde extérieur, et les soumet à ses propres . Les diverses matières alimentaires, consistant ^iào, substances organiques et air, sont tellement Ses, dans leurs rapports chimiques, par la s:e de formation qui se manifeste d'une manière iiîiale dans chaque corps vivant, qu'elles se trou- |<t converties en les combinaisons organiques par- |iilières de son suc nourricier. Comme nous rei.naissons, en outre , que les plantes et les anil'x produisentavec les aliments les combinaisons iniques si variées qui leur sont propres , telles l'albumine, la fibrine, la gélatine, le mucus, le P»en, la fécule, la gomme, le sucre , etc., que 8 ne saurions toujours démontrer comme telles 8 leurs substances alimentaires , nous sommes ■lés à admettre que cette force a la puissance do |.Dger tellement les éléments des aliments, dans £ associations et leurs proportions respectives,
qu'ils peuvent passer d'une combinaisons à une autre. De là résultent la grande variété des combinaisons organiques, leur multiplicité et leur variabilité dans les actes de l'assimilation et de la nutrition. Enfin , il est plus que vraisemblable que les corps vivants , notamment les plantes , ont la faculté de convertir des combinaisons inorganiqueff ou binaires en organiques ou ternaires. Il paraît même que les plantes ont pour destination principale, dans l'économie du règne organique, de transformer continuellement les matières inorganiques de la terre , de l'eau et de l'air, en combinaisons organiques inférieures, qui, prises ensuite par les animaux, à titre d'aliments , deviennent en eux des combinaisons animales plus compliquées.
La force déformation non-seulement préside à la composition des corps vivants, mais encore opère leur organisation. C'est elle qui, dans le liquide germinateur fécondé, amène les molécules des combinaisons organiques à la forme solide, et appelle à l'existence les premiers linéaments de l'embryon végétal et animal. Toutes les parties, tous les tissus qui se forment dans celui-ci, suivant un certain ordre de succession, sont des produits de la force de formation, et ils dépendent d'elle en tout ce qui concerne leur apparition, leur développement, leur agrégation, leur configuration et leur disposition. Les phénomènes qui se manifestentdans l'acte déformation d'un embryon, sont élevés au-dessusde tous les phénomènes mécaniques et chimiques qu'on observe dans les corps privés de la vie. C'est la force de formation qui produit l'accroissement de tous les organes, parce que c'est elle qui provoque l'attraction des molécules nutritives contenues dans le suc nourricier, qui combine ces molécules avec les parties déjà formées , et qui opère ainsi l'augmentation de celles-ci en grosseur. C'est elle enfin qui, dans le renouvellement des matériaux , à la place des molécules usées et mises hors de service par l'acte vital des organes , en attire de nouvelles du suc formateur, et les fait entrer dans la trame organique. Les corps vivants diffèrent de ceux qui ne jouissent pas de la vie précisément par cette attraction continuelle de molécules , et par leur conversion en la texture des organes. Les molécules de cristaux, qui, au moment de la cristallisation, s'unissent en vertu de l'affinité chimique, et qui sont retenues les unes auprès des autres par la cohésion et l'adhésion, ne se changent point d'elles-mêmes, et n'exercent point d'attraction qui agisse hors de l'agrégat dont elles font partie , comme il arrive aux organes qui, pendant toute la durée de leur existence, ne cessent d'attirer des molécules du suc nourricier, et de se les assimiler. Les actes de la formation et de la nutrition , cette cristallisation organique continuelle, comme l'appelait Rel , ne sont point explicables par les seules propriétés chimiques des combinaisons organiques entrant dans la composition des corps organisés. L'albumine, la fibrine, la gélatine, le mucus , le gluten , la fécule , la gomme , le sucre , etc. , sont les matières dont les tissus divers et les parties extrêmement variées des animaux et des plantes sont composés. De ces combinaisons organiques naissent bien, quand les circonstances cxtérieurcssont favorables, des végétaux ctdcsanimaux
THAITÉ DE PUYSIOLOGIE
de la plus simple espèce , tels que des infusoires , des moisissures . des confevves, etc.; mais jamais il n'en provient des organes semblables à ceux que nousrenconlrons dans les végétauxet animaux plus composés. Nul chimiste n'a encore réussi non plus, par aucune des opérations que l'art met en sa puissance , à faire naître une plante ou un animal do matières organiques. Par conséquent, celles ci ne sont que la substance aux dépens de laquelle les corps vivants produisent et forment leurs organes ; et cet effet a lieu au mo}en de la force de formation ou de nutrition, qui déploie une activité spéciale dans chaque espèce de végétal et d'animal. Cette même force , propre et inhérente aux corps vivants, détermine la configuration et la formation organique dans le tout et dans toutes ses parties. Elle faitentrerles matières organiques dansla trame des corps vivants, les y enchaîne et les y emploie à leurs fins. Elle conserve ces corps pendant un certain temps, malgré les influences extérieures qui tendent à les détruire.
La force de formation doit être considérée comme une force qui non-seulement produit la composition et l'organisation des corps vivants , mais encore appelle à l'existence toutes les autres forces qui se manifestent dans les êtres organisés, et rend les divers tissus , les différentes parties de ceux-ci susceptibles de déployer des manifestations spéciales d'activité. C'est ce qui résulte déjà de ce que toutes les parties douées de propriétés vitales particulières que nous voyons naître peu à peu dans la graine et l'œuf fécondés , sont des produits de la force de formation déterminée par l'acte générateur. Les manifestations d'action des tissus et des organes ont leur source dans les particularités de composition et d'organisation qui leur sont communiquées par l'acte de formation. C'est seulement lorsque les parties et tissus naissent, que se déploient leurs manifestations d'activité. Les phénomènes de l'irritabilité musculaire ne commencent à s'apercevoir dans l'embryon que quand la substance musculaire est formée. Diverses humeurs, la bile, la salive , l'urine , ne sont sécrétées qu'au moment de la production des organes chargés de les préparer. Les phénomènes de la sensibilité ne s'aperçoi- Yent point avant la formation des nerfs. Les manifestations même de la force spirituelle ne commencent à se prononcer que quand les organes qui s'y rapportent sont formés et ont acquis le degré nécessaire de développement. De cette manière , la force de formation se montre à nous avec le caractère de créatrice et de médiatrice de toutes les autres forces, puisque c'est elle qui produit les organes dans lesquels celles-ci se manifestent, et qui les rend, par le travail de formation , aptes à déployer leur activité propre.
Les parties des plantes et des animaux produites par la force de formation , avec leurs propriétés vitales particulières, sont conservées quelque temps par cette même force , qui ne cesse d'agir pendant toute la durée de leur existence, et qui, d'après cela même, les entretient continuellement dans l'aptitude à manifester leurs phénomènes de vie. C'est la force de nutrition qui les met en état d'entrer en action sous l'influence des excitants. L'aptitude des
organes à être affectés par les stimulants et à ré gir sur eux, aptitude dont quelques médecins m dernesont fait la base de la vie, en lui donna le nom d'incilabilité , ne peut être considérée qi comme un effet de la force de formation. U ( évident qu'une partie quelconque doitêire forin avant de pouvoir se montrer incitabie. Chaqueo gane se maintient, par la nutrition, en jouissance ses caractères propres, et il est rendu parla habi à produire ses effets particuliers. Les proprié vitales pénètrent en quelque sorte les maléria attirés du suc nourricier par les organes, au m ment où ils pénètrent dans la trame organique ces derniers par l'acte de la nutrition. Une c lation parfaite existe entre l'intensité des manifi talions de la vie et la nutrition. Des organes bj nourris ont la puissance d'exercer des actions ë" giques. Des organes mal nourris, au contraire, a ' sent avec moins de force et moins long-tem" lilnfin, c'est l'acte de nutrition qui rétablit dansi état primitif les organes épuisés par leurs ma-' talions d'activité. 'f La force de formation qui appelle les corp-" ganiques à l'existence dans la génération, qui duit tous leurs tissus, toutes leurs parties, av leurs propriétés vitales, dans le liquide germ' teur , qui les développe , les complète et les ent tient durant leur vie, doit être considérée coi la force primitive et fondamentale de ces co comme le créateur et le conservateur de lOB les forces qui leur appartiennent, soit dans leur talité, soit dans leurs diverses parties. Par con quent , les physiologistes et les médecins quich chenl le principe de la vie dans une autre fo qu'elle, dans l'incilabilité, l'irritabilité ou la sen bilité, commettent une grande erreur, puisque parties dans lesquelles ces dernières forces se nifeslent, ne sont que des produits de la force formation , et que ces forces secondaires ne raient entrer en jeu avant l'existence de leurs' ganes.
La force de formation se montre active danst tes les parties et tous les points des corps vivan A l'égarddes solides, c'est elle qui, parla nutriti détermine l'attraction des matériaux du suc no ricier en eux, qui convertit ces matériaux en I trame organique , et qui leur communique mêmes propriétés vitales qu'à eux. Elle se m feste même dans les sucs formateurs par la prod tion des matériaux organiques de la forme , globules. Nous devons donc considérer l'activité préside à ces divers actes comme une force in rente à toutes les parties des corps vivants, et iln est impossible, soit chez les végétaux, soit les animaux, d'admettre qu'elle soit limitée à tissu ou appareil quelconque. Toutes les d'une plante, les racines , la tige, les bran les feuilles , les fleurs, le bois et l'écorce, se no rissent. La nutrition a lieu dans tous les lissBS organes des animaux , dans le tissu cellulaire, membranes, les nerfs, les vaisseaux, les m des, les ligaments, les tendons, les carlil» les os et les viscères. La tendance continuelle celle force à la conservation de l'individu et toutes ses parties , forme le caractère princip*!
GÉRÉRALE ET COMPARÉE.
vie individuelle, et se montre à nous comme condition intime la plus importante do la . Cette force ne convertit pas seulement les islances alimentaires puisées au dehors en lides nourriciers doués de propriétés spéciales et elle assimile ; elle les introduit aussi dans le ule organique solide, elle détermine et règle composition, l'organisation et la vilalilé des lies, elle les maintient en possession de leurs Uités vitales. Tout corps vivant est exposé à des iuences extérieures qui tendent à sa destruction; composition change dans le conflit avec ces in- >nces, qui le sollicile à des manifestations d acti- '.Cependant tous persistent dans leur forme, leur uposilion et leur activité , au milieu de certaines constances extérieures sur lesquelles nous rendrons plus tard. Ce quia élé changé dans le maiel des corps vivants , par les impressions et exilions extérieures, ou par les manifestations clion et les réactions de leurs organes mêmes , rétabli de nouveau par la force de nutrition ou formation. Cependant certaines impressions exicures , de nature mécanique ou chimique, et erses matières organiques, les poisons végétaux animaux , peuvent anéantir cette force, ce qui r.raîne la mort des corps vivants sur lesquels k'te leur action, a force de formation qui conserve les individus dant un certain. laps de temps, s'épuise peu à j par le fait même de sa propre action. Son exiclion a pour résultat la mort et l'anéantissement I l'individu. Cependant elle donne de la durée s espèces végétales et animales , en produisant, e'époque delà plus haute activité des individus , ^ germes ou les linéaments d'êtres nouveaux de la aime espèce, et créant les conditions au milieu ■squelles ces derniers peuvent se développer de miéce à produire de nouveaux individus. La cède formation des individus s'épanche en quele sorte dans leurs produits, les germes, et état la souche d'êtres nouveaux , dans lesquels elle rianifesle ensuite de la même manière. Les corps .uellement vivants ont fait partie d'autres corps lOblables , dont ils se sont détachés pour conlir leur existence comme individus distincts. C'est orce de formation de la génération précédente me espèce végétale ou animale qui a fondé l'exisice des générations actuelles, et ainsi de suite remontant dans le passé, dont le commencent nous est inconnu. Lq courant de la vie émane ne source que nous ne connaissons pas, et s'é-> inchc à l'inûni de génération en génération, îst par la génération , par cet acte de la force islique qui produit des êtres nouveaux de la *me espèce, dans lesquels la même force se ma- "este ensuite de la même manière que dans les lividns générateurs , que se conserve et se main- ■nt la force de formation des espèces. La goutte de liquide de la vésicule gerrainalrice 'e la graine fécondée contient , en puissance , et ■n en acte, un être de la même espèce, doué de tateg les mêmes qualités décomposition, de forme « dévie, sans excepter la possibilité d'engendrer jour, que l'individu qui l'a appelé à l'existence, force de formation produit, dans le germe fécon-
dé, les divers tissus et les différentes parties, avec toutes leurs propriétés; elle règle leur configuration et leur conformation, elle détermine lemode et l'époque de l'apparition des organes, en conformité de l'espèce des corps générateurs. Elle produit les organes pour l'absorption, l'assimilation, la respiration, le mouvement du suc, la sécrétion, les mouvements, le sentiment et la génération, et les met dans l'état nécessaire d'action réciproque. C'est ainsi que la force créatrice de formation se maintient dans l'espèce, tandis que, dans les individus, elle se montre seulement un phénomène passager et périssable.
C'est la force de formation, qui, après l'extinction de la vie individuelle des corps organisés , rend les matières organiques détachées de leur organisation par la fermentation et la putréfaction , susceptibles , lorsqu'elles n'ont point été réduites à leurs éléments par des actions physiques ou chimiques extérieures, d'admettre de nouvelles formes organiques plus simples, et de se transformer, par ce qu'on appelle la génération spontanée, en infusoires , conferves , moisissures , etc. , suivant la diversité des influences extérieures , telles que la chaleur, la lumière, l'eau, etc., qui les déterminent à prendre ce nouvel état. D'après cela, cette force paraît être une propriété inhérente aux matières organiques en général, qui les rend aptes, une fois détachées de la combinaison des corps vivants , à prendre d'autres configurations plus simples. Ce sont aussi, dans l'acte d'assimilation et de nutrition des individus , ceux des matériaux organiques des aliments doués de l'aptitude à la formation et la vie, qui sont déterminés , par la force plastique de chaque individu , à contribuer à son augmentation eu volume , à l'accroissement et à la conservation de son corps , et qui sont employés à la sécrétion des liquides assimilateurs et générateurs.
C'est encore la force plastique qui détermine le cours de la vie, les périodes vitales des corps organisés, et les changements de composition, d'organisation et de manifestation d'activité dont ces périodes s'accompagnent. Elle fonde la possibilité de la durée de la vie , qui présente tant de différences chez les êtres organisés. C'est elle qui procure la réunion et la guérison des parties lésées ou détachées , et elle a même la puissance d'en produire de nouvelles à la place de celles qui ont été perdues. C'est elle enfin qui remédie aux troubles des fonctions des organes et des appareils, survenus en diverses circonstances, c'est-à-dire , aux maladies, et cet effet de sa part tient à ce qu'elle détermine et règle les réactions en vertu desquelles le cours normal des manifestations de la vie se trouve rétabli , tendance des corps organisés que les médecins ont désignée sous le nom de force médica- Irice de la nature.
La force de nutrition ou de formation , celle force qui se montre active dans tous les corps organisés , dans le champignon pulvérulent et la conferve comme dans le palmier et le baobab , dans l'animalcule infusoire et les polypes de même que dans l'éléphant et la baleine , offre , sous le rapport de ses manifestations , les plus grandes diversités et variélés, ainsi que le prouve assez
TRAITÉ RE PHYSIOLOGIE
l'incalculable richesse do noire planète en formes animales et végétales exlrémement différentes. Chaque espèce végétale ou animale a une conOguralion et une organisation particulières, chacune présente des actes do vie qui lui sont propres, chacune produit des germes spéciaux, chacune se développe à sa manière, chacune enfin suit dans le cours de sa vie une marche qui n'appartient qu'à elle. Ici cette force , comme le disait Kielmeyer , crée des masses colossales ,dont l'œil mesure difficilement l'étendue ; là elle se borne à de petits points qu'on peut à peine apercevoir avec le secours du microscope ; ici elle parait éternellement uniforme, et là elle se montre sous la forme d'une fée qui change à chaque instant d'aspect; ici elle dure des siècles , et là c'est une fraction de temps qui embrasse tous ses effets; ici elle brave presque toutes les causes de destruction, et là il suffit du moindre souffle pour l'éteindre. La force plastique ne se manifeste pas seulement d'une manière déterminée et particulière dans chaque espèce végétale et animale , mais chaque individu nous la montre encore revêtue du caractère de l'individualité dans sa manière d'agir.
La force plastique inhérente à tous les corps vivants offre une harmonie admirable dans ses effets, et elle procède d'après des lois dont l'homme qui réfléchit doit reconnaître la conformité avec la raison. Elle surpasse même la raison humaine sous ce rapport, ainsi que Hàrvey l'a judicieusement fait observer. Combien toutes les œuvres que l'esprit humain a pu inventer sont petites en comparaison des produits de cette force ! La formation organique est pour ainsi dire le plus grand chef-d'œuvre delà nature, celui qui a résolu le problème d'une série de corps présentant de la durée malgré la mutabilité et le caractère transitoire de leurs formes et de leurs phénomènes. Plusieurs physiciens ont appelé cette force anima vegelativa , et l'ont considérée comme une émanation de l'âme du monde de Platon , la natura naturans , la cause finale de l'univers, la force primitive absolue ou divine (1). Tout en convenant qu'à l'instar des autres forces elle procède d'une cause supérieure , nous devons cependant avouer aussi que cette émanation de la force plastique d'une existence absolue offre quelque chose d'incompréhensible et qui dépasse les
(1) Ainsi Ilarucy dit (loc. cit.): Superior ilaqiie et divinior opifcx (quam est bomo) virietur hominem fabricarc , et conservare ; et nobilior artifex (quam galliis) pullum ex ovo producere. Nempc, agnoscimusDeum , creatorcm giiinniutn alqiie omnipolentem , in cunctorum animalium fabrica ubique prtesentem esse; et in operibua suis quasi digito monslrari ; cujus,in procrealione pulli instrumenta sunl , gallus et gnilina. Constat qui|)pc, in generalione pulli ex ovo, omnia singulari providenlia , sapientia divina, arlificioque admirabili et incomprehensibili , exslructa et efformata esse. Nec cuiquam sane hsec altributa conveniunt, nisi omnipotenli rerum principio ; quocunque dcuium nomine id ipsum cppellarc libucril: sive menlem divinam , cum Aristolele, sivc cum Plalonc , aniniam mundi ; aut cum aliia, naluram naluraulem ; \cl cum Elhnicis, Saturnum , aut .Tovcm ; vcl potuis (ut nos decel) Crcatorem et l'alrcm omnium quse in cœlis et terris ; a quo animalia, eorumquc origines dépendent; cujusque nulu , sire effato , fiiint et gcnarantur omnia.
bornes do notre conception. Nous regardons, en outre, toute tentative pour dériver cette force de l'existence absolue, comme une chimère de l'ima. gination échauffée, attendu que l'esprit humain ne saurait s'élever jusqu'au savoir absolu.
La force plastique , qui procède avec tant d'baimonie dans ses actes, n'est point une force absolue. Elle est plutôt dépendante de certaines conditions extérieures, et elle a , comme toutes les forces , ses limites et ses bornes , dans le cercle desquelles elle se montre active. Les actes de la génération et de la nutrition n'ont lieu que daîi certaines circonstances extérieures, lorsque la kin pérature est à un certain degré, sous l'influence; l'air, de l'eau et de la lumière, cl en présence d'a-i . liraenis. Chaqueespèce végétale elanimale semain-t «i» tient à une certaine température extérieure, qui , à la vérité, est extrêmement différente pour I diverses espèces d'êtres vivants. Une chaleur et . ; froid excessifs limitent le pouvoir générateur, développement des germes , la nutrition, et fn: sent par les anéantir. Chaque espèce végétale animale vildans une sphère déterminée d'influeu extérieures , sur la terre , dans l'eau , dans l'air , se montre bornée à une portion plus ou mo: étendue de la surface de la terre, comme le prou la distribution géographiquedes êtres vivants. Lr:que des plantes ou des animaux viennent à être ji cés en dehors des rapports primitifs que la nal. leur a assignés, il en résulte fréquemment une limitation de leuracte générateur et de leur nutrition. Ce qui prouve, en outre, que la force déformation est susceptible de varier jusqu'à un certain poj dans ses effets , par l'action de circonstances « rieures , c'est que les races animales et végéi s'abâtardissent et dégénèrent à la suite des chi gemenls survenus dans les influences auxquel elles sont soumises. Nous observons également qm les actes de la génération et de la nutrition son' dépendants des saisons , que les temps chauds leni sont favorables , tandis que le froid les limit&,lM
suspend, ou les arrête toul-à fait. Suivant les ex lions qui portent sur les organes, leur nutrilioi change , s'active et se ralentit , ou même suit un ao tre mode, comme le témoignent les nombreux chan gemenls morbides etanormaux qui surviennentdau^ les organes , et d'où il résulte que les fonction^ de ceux-ci sont troublées. 11 y a des influences qui anéantissent rapidement la nutrition, éleignentW force plastique, et détruisent la vie : Ici est le cas des poisons. Lorsqu'il sera question des conditions extérieures de la vfe , nous verrons à quel point 1» force de nutrition ou de formation est dépendanlcj dans ses résultats , des influences du dehors.
Une autre preuve de la facilité avec laquelle W force plastique varie dans sa manière d'agir , nou^ est fournie par les anomalies que les corps orgap'j ques présentent assez souvent dans leur formai^ leur configuration , leur agrégr.lion et leur disjWj sition , par les vices de conformation , ou ce qnov, appelle les monstruosités. Chaque espèce de corpS vivant est susceptible , lorsqu'elle se développe se forme au sein du liquide gcrminaleur féconde d'offrir des variations et des changemenls, qui son contenus toutefois dans certaines limites. Tanlôlo
erve uu défaut en moins dans le de'veloppcnient iilier , et l'absence de quelque partie; laulôt, contraire , il y a surabondance dans la forina- 1. Ici des parties qui devraient être réunies, sont arées , et là , d'autres parties qui devraient être inctes,sonl confondues les unes avecles aui. Cependant à quelque degré que les monlosilés s'écartent de la règle, on y reconnaît tours l'espèce à laquelle elles appartiennent. Cette ■onstauce prouve évidemment qu'elles ne s'o- L>ul qu'en deçà des limites assignées aux lois de nation propres à chaque espèce, et qu'elles ne •ndent point jusqu'à l'infini. Nous remarquons ileurs que, quoiqu'il arrive souvent de ne plus rcevoir d'harmonie dans la disposition des par- , quand il y a monstruosité, cependant on ne sauméconnaîlre, danslaplupart des cas, un état de ses qui se rapproche de cette harmonie, et que conséquent la force plastique conserve même s un de ses caractères les plus saillants, -es considérations précédentes mènent à ce réat principal que la force de formation inhérente >us les corps vivants, et dont l'action s'exerce lie manière conforme aux lois de l'harmonie, qui transmet de génération en génération , et qui z les êtres engendrés se montre soumise dans
action à l'influence de certaines conditions et onstances extérieures, doit , si l'on en juged'as ses effets, être considérée comme une force à t et différente de toutes les autres forces cons. Autant que l'expérience nous l'apprend, elle «e manifeste que dans des matières organiques les corps composés de ces matières, lesquels dif- ;nt des corps inorganiques par leur composition, r conOguralion et leur mode d'agrégation, ainsi
par leurs propriétés. Cette force paraît donc i une force inhérente aux matières organiques, iépendanle de leur constitution matérielle spée, dont nous voyons les effets sans pouvoir rien ; touchant sa cause première et son mode d'ac- 1 (1), cas dans lequel se trouvent d'ailleurs tou-
l) BorroN , Ilist. nat., t. Il, p. 45. « Quelle peut être uissance active qui fait que la matière organique pénèe moule intérieur , et se joint , ou plutôt s'incorpore mement avec lui? Il paraît qu'il existe dans la nature forces , comme celle de la pesanteur, qui sont relatives ntérieur delà matière, et qui n'ont aucun rapport avec qualités extérieures des corps , mais qui agissent sur [larties les plus intimes, et qui le» pénétrent dans tous points. Ces forces ne pourront jamais tomber sous nos t, parce que leur action se faisant sur l'intérieur des )s, et nos sens ne pouvant se représenter que ce qui se à l'extérieur , elles ne sont pas du genre de choses que s puissions apercevoir. Il faudrait pour cela que nos X, au lieu de nous représenter les surfaces, fussent orisés de manière à nous représenter les masses du corps pie notre vue pût pénétrer dans la composition intime a matière. Il est donc évident que nous n'aurons jamais te nette de ces forces pénétrantes, ni de la manière l elles agissent; mais en môme temps il n'est pas moins ain qu'elles existent , que c'est par leur moyen que se duisent la plus grande j)artie des effets de la nature, pi on doit en particulier leur attribuer l'effet de la union et du développement, puisque nous sommes assurées 1 ne se peut faire qu'au moyen de la pénétration intime moule intérieur ; car de la même façon que la force de
tes les autres forces. Tantôt ses effets se manifestent, dans les matières organiques, d'une manière plus libre et plus indépendante, mais différente seulement en raison des influences extérieures auxquelles ces matières sont soumises , comme dans la génération équivoque ou spontanée; tantôt ils présentent des modifications particulières , et se montrent renfermés dans des bornes déterminées , comme chez les espèces végétales et animales qui naissènt par voie de propagation au moyen d'organismes antérieurs à elles, ou pargénération univoque. Si l'on demande d'où proviennent les matières organiques , comment ou de quelle manière elles se produisent, avec la force de formation qui leur est inhérente, nous sommes forcés d'avouer franchement notre ignorance à cet égard, parce que l'origine première des matières organiques et des corps vivants est tout-à-fait hors de la portée de l'expérience, comme l'est aussi celle des corps inorganiques et de la matière en général. La cause finale de l'existence de la force plastique est, de même que celle des autres forces , de l'attraction , de la répulsion et de leurs modifications, l'attraction mécanique, la gravitation, la cohésion et l'adhésion , de même aussi que celle de Taffinité chimique, un secret dont, suivant toute apparence, nous ne parviendrons jamais à sonder la profondeur, comme le disait Buffon (1), Nous sommes obligés, dans l'état et la disposition de nos facultés intellectuelles, d'admettre ces forces sans pouvoir nous rendre raison de la cause qui les fait exister et qui les produit.
La force de formation , quoiqu'étant une seule et même force primitive, paraît être modifiée peu à peu de telle sorte, dans son action, par des circonstances tenant au mode de développement do notre planète, qu'elle produit par là les différentes espèces végétales et animales, dans lesquelles elle se mauifesle toujours de la même manière, et donne naissance à des germes d'espèces semblables, aussi long-temps que les circonstances ou conditions extérieures sont les mêmes, quant aux points essentiels. Ce qui prouve en faveur de cette assertion, c'est que , si nous jugeons d'après les restes d'animaux et de végétaux disséminés dans les diverses couches de la terre , il y a eu sous ce rapport un certain ordre de succession ou de gradation, et qu'en coraparanlces débris d'un ancien monde avec les espèces aujourd'hui existantes, nous reconnaissons qu'il en a disparu un grand nombre, probablement à la suite de changements survenus dans les rapports cosmiques. Nous pouvons aussi nous convaincre que chaque espèce végétale et animale n'existe que dans le cercle de certaines circonstances extérieures, et que la nature lui a assigné
la pesanteur pénètre l'intérieur de toute matière , de môme la Force qui pousse ou qui attire les parties organiques de la nourriture , pénètre aussi dans l'intérieur des corps organisés, et les y fait entrer par son action. »
(1) Ilisl. nat., t. II , p. 3. » La faculté de produireson semblable, qui réside dans les végétaux , cette espèce d'unité toujours subsistante et qui paraît éternelle , cette vertu procréatrice qui s'élance perpétuellement sans se détruire jamais , est pour nous un mystère dont il nous semble qu'il ne nous est pas permis de sonder la profondeur, n
TKAITÉ DE PHYSIOLOGIE
un cei lain séjour sur la planète. Mais quels sont les changements que la terre a éprouvés par la suite des temps , et de quelles causes dépendent-ils? c'est un problème que les gcolojîues cherchent à résoudre. Quoiqu'ils soient parvenus à démontrer divers changements produits par le feu et par l'eau, la cause flnale de ces résolutions ne s'en perd pas moins dans le domaine des choses soustraites à notre investigation (1).
Comme nous ne sommes en état de connaître ni l'origine première de la force de formation , ni la cause finale de son action , pas plus que celles d'aucune autre force, et que par conséquent nous devons admettre qu'elle est inexplicable dans sa cause , la physiologie ne peut , en pareil état de choses, se proposer d'autre problème que celui d'étudier les phénomènes et les effets de celte force dans les différentes espèces de corps vivants , de rechercher les causes dont ils dépendent, et d'établir les lois de leur action , autant qu'il nous est permis de le faire , en suivant la voie de l'observation , de l'expérimeulatioD et d'une sage réflexion.