I. Nutrition des plantes
a nutrition des végétaux se manifeste par l'acsscment en grosseur , ainsi que par la formaet le développement de parties sur la planqui sort du germe. L'activité de chaque plante ur but , dès le premier moment de son appari- , de la grossir, de former des parties nouvelles, e les développer en conformité de l'espèce quelle elle appartient. L'accroissement de voe a lieu en longueur et en épaisseur. Celle en rueur se lait suivant deux directions opposées, la radicule de la plante qui germe , fuyant l'iniice de la lumière , se plonge dans la terre ou 5 l'eau , pour y produire la racine, tandis que lumule, croissant du côté de la lumière , s'élève > la forme de tige. La tige des plantes vasculaiqui a de la tendance à prendre la direction icale, pousse de nouveaux rejetons qui, tantôt, ime dans les végétaux annuels, se forment les sur les autres à de courts intervalles , et tantôt , 'me dans les plantes vivaces , les arbres et les isseaux, naissent dans une série d'années. Le eloppement et l'accroissement des plantes anlles est achevé quand une fois les feuilles, les rs , [es fruits et les graines se sont formés. Les
arbres et arbrisseaux, auconlraîro, produisent do nouveau chaque année des organes de cette sorte. La racine, plongée dans la terre ou l'eau, croît également en longueur. L'accroissement s'opère constamment aux dernières extrémités, où s'appliquent de nouvelles masses , ce qui fait que les fibrilles radiculaires s'alongent et s'enfoncent plus profondément dans le sol , comme Duhamel, Meyer , Knight, Decandolle et autres, l'ont prouvé par leurs expériences.
L'accroissement en épaisseur se fait, dans les arbres et les arbrisseaux, qui sont celles des plantes sur lesquelles ou l'a le mieux observé, aux dépens d'un liquide que le suc nourricier ou formateur descendant dépose entre l'écorce et le corps ligneux. L'épanchement de ce liquide coagulable et susceptible d'organisation, que Grew et Duhamel ont appelé cambium, s'effectue principalement sur la fin de l'été et en automne. D'après les recherches de Mirbel, il parait d'abord en lui des globules et des fibres, qui prennent l'apparence d'un jeune tissu. Du cambium se forme, comme l'ont démontré Senebier, Mirbel, Miislel, L.-C. Treviranus, Rudolpbi, Colla, Dutrochet, Decandolle et autres, de nouvelles couches composées de tissu cellulaire et de vaisseaux , qui s'appliquent les unes à la face externe du corps ligneux, pour y constituer l'aubier, les autres, à la face interne de l'écorce, pour y donner iiaissanceau liber ; delà résultent les cercles aunuels du bois et les nouvelles couches corticales. C'est aussi le liquide déposé entre l'écorce elle bois, qui paraît produire les nouveaux bourgeons à feuilles et à fleurs. Dans la lige des rnonocolylédonées arborescentes , particulièrement celle des palmiers, il se dépose, le long de l'axe du tronc, uue nouvelle substance molle , qui est analogue à l'aubier, et qui se développe de dedans en dehors, en sorte que du sommet de la plante sortent les rejetons de nouvelles feuilles et fleurs.
D'après ces phénomènes, qui viennent d'être indiqués en peu de mots, nous sommes fondés à admettre dans les végétauxune nutrition en vertu de laquellecbaque plante, non-seulementaugmente de masse et produit les parties qui se forment pendant le cours de son développement , mais encore se maintient durant quelque temps en possession des qualités qui lui sont propres , sous le rapport de la composition, de l'organisation et de la vitalité. Le liquide au sein duquel les tissus végétaux qui se nourrissent, se développent et s'accroissent, puisent des matériaux qu'ils font entrer dans leur masse et leur trame organique , est le soc propre à chaque espèce de piaule , que les vaisseaux nourriciers mènent aux parties. Il est pompé dans lo monde extérieur , au moyen de l'absorption , sous la forme de sève. Les matériaux qui existent en lui sont engagés dans des combinaisons organiques do l'espèce la plus simple; celles-ci sont transformées à leur tour , par les actes de l'assimilation et de la respiration , sous l'influence de la chaleur, de l'air et de la lumière, en combinaisons organiques d'un ordre supérieur ou plus compliquées. Le suc formateur contient tous les matériaux qui sont nécessaires pour la nutrition , la formation et l'accroissemeut des diverses parties des plantes , à la vérilé
TUAlrÉ DE PHYSIOLOGIE
non encore organisées, mais susceptibles do le devenir par le concours do manil'eslalions d'aclivito qui oui lieu durant le travail do la nalrilion. Les parties qui se l'ormenl et qui s'accroissent s'approprient les produits obtenus des aliments par l'assimilalion, la matière sucrée , la gomme, la lécuie lalbumine végétale, le gluten, etc., les converlissenlcn leur propre composition, parle moyen de leur activité , et les font pénétrer ainsi dans leur tissu et leur trame organique.
Jusqu'à préseul la chimie ne nous a rien appris de satisfaisant au sujet des changements matériels queles parties végétales éprouventdanslanulrition, précisément parce qu'étant des eifets de la vie, ces changements se trouvent hors du domaine de la science chimique. Tout ce que nous sommes fondés à admettre, c'est que les changements décomposition qui s'opèrent pendant la nutrition des végétaux , sont le résultat de manifestations vitales à'activilé , et non pas seulement des effets d'affmilés chimiques , comme ceux qu'on observe dans les corps inorganiques. On peut alléguer à l'appui de cette opinion le fait que des végétaux d'espèce différente , qui croissent dans un sol parfaitement semblable, fournissent des produits différents, tandis que des plantes de même espèce, attachées à des sols différents, donnent des produits identiques. Ainsi les espèces végétales conservent le caractère de composition qui leur est propre dans tous les sols , soit pareils, soit différents. Quoique ce soit une particularité des végétaux de ne point dépendre , en général , de la nature des aliments qu'ils prennent , cependant on ne peut nier que la composition du sol et de l'eau dont ils se nourrissent, n'exerce quelque influence sur les matériaux qu'on trouve en eux. La présence du sel marin et du natron dans les plantes qui croissent sur les bords de 3a mer et au milieu d'un sol imprégné de sel , est incontestable , de même que le passage du cuivre dans ces corps. Les expériences de ïh. de Saussure ont établi , en outre , l'influence du sol sur les végétaux, puisque ceux-ci présentent quelques différences dans leur composition chimique et leurs propriétés , suivant qu'ils croissent dans un terrain granitique ou calcaire.
Les précieuses expériences de DecaudoUe sur les propriétés médicinales des plantes comparées à leurs formes extérieures et à leur classiûcation naturelle, prouvent aussi que la composition de ces corps dépend de leurs forces vitales. En général , les mêmes parties ou les mêmes sucs des plantes d'un même genre produisent des effets identiques , et les mêmes parties ou les mêmes sucs des végétaux même d'une famille naturelle se ressemblent dans leur manière d'agir. Or donc , comme ou ne saurait méconnaître un grand rapport de l'organisation avec la composition et les effets médicinaux des plantes , nous sommes forcés d'admettre que ce doit être une seule et même force qui produise l'organisation et détermine la composition.
Chaque espèce de plantes paraît transformer, par une activité qui lui est propre, en combinaisons organiques de la classe la plus simple , les éléments grossiers qu'elle puise au dehors par l'absorpliou , que ces aliments soient constitués par la
substance des corps organiques à l'état de dissolu lion, ou qu'ils consistent n\ù»\c en matières iuorgani ques. Les actes subséquents de l'assimilaiiou o de la respiration transforment ensuite en combiii.ij sons organiques d'un ordre supérieur celles de ce ' ordre inférieur , qui sont extrêmement variablei f cl mobiles dans la composition de leurs éléments * Enfin ces matières , qui passent dans le suc nourri ' cier ou formateur, sont converties par les acte * vitaux de la nutrition de chaque espèce de végéta! ^ en la substance matérielle des parties solides qu ! les forment. Si donc nous ne voulons pas refusti d'admettre que les plantes vivantes ont la faculU ' de produire des combinaisons organiques inférieurci ' par une activité vitale, nous ne saurions cependan ' partager l'opinion des [)hysiologistes et des obi mistesqui ont pensé que les végétaux vivants soin en état de produire , avec l'eau seule ou l'air seul sous l'influence de la lumière, et par l'effet d'um ! force vitale , des substances que la chimie consi dère comme simples ou élémentaires, telles que h ' carbone, les terres et les métaux. Les expérience! I faites par A'^anhelmont, Boyle, Tillet, Crell, Schra j' der, Einhof, Braconnol et autres, ne prouvent nul lemeut qu'une production semblable ait lieu. I