I. Sécrétion dans les végétaux
Les sécrétions des végétaux se distinguent en externes et internes. Les premières , qui sont iei plus nombreuses, consistent principalement danil l'éjection d'une matière vaporeuse par les feuilles I pour contribuer à l'assimilation de la sève. En oui des matières excrémentielles liquides de dive espèce sontéliminées par des glandules et des polljj On peut encore compter au nombre des sécrétioog externes , celles des liquides générateurs et nectaires des fleurs. Quant aux sécrétions intemei elles sont relatives à des humeurs qui se versentl dans des espaces en forme de sacs , dans ce qu'on appelle les réservoirs des humeurs. Considéré d'une manière générale , les sécrétions des taux n'ont trait qu'à la préparation du sucnourride et à l'acte de la génération.
Les principaux organes de l'excrétion vaporen» sont les feuilles, ainsi qu'il a déjà été dit en trailand de la respiration des végétaux. Mariotte, HalejJ Duhamel, Bonnet , Martino, Woodward , Knight, L.-C. Treviranus et autres, ont démontré celte excréj tion par des expériences; mais ils en ont très-diver-j sèment évalué la quantité dans les espèces végéti-f les (1). Ce qu'il y a de certain , c'est que la trat ration est entretenue par l'influence de la lumif et qu'elle n'est jamais plus active que quand il pèreune absorption abondante de liquides au moyed des racines, par un temps chaud et aux rayons dfl soleil. Elle se rattache étroitement à raccroissemenj et à l'énergie des plantes , sur la vie desquelles ell^ exerce une influence essentielle. Lorsqu'elle ( trop abondante, elle arrête le développement épuise la vie ; si elle vient à être supprimée , il l résulte des maladies.
La matière de la transpiration des feuilles exf sées à la lumière, se compose d'oxigène etd'e D'après les observations de Chevallier, le chef dium vulvaria exhale aussi de l'ammoniaqutfjl G. Sprcngel dit avoir remarqué que certaines pW tes croissant au bord de la mer, laissent échappe^ du chlore. Plusieurs arbres vénéneux , Vantia ioxicaria , Vhippomane biglandulosa et autres eiH phorbiacées, fournissent des exhalaisons acres, oi| même exercent une action narcotique. Lavini trouvé, dans la matière de la transpiration du 4iM toxicodendron , recueillie pendant la nuit, àapi hydrogène carboné, avec un principe âcre. L«0"l tière de la transpiration, celle surtout qui s'cxbalt
(1) Haies dit avoir observé qu'un soleil liant de tro* pieds et demi transpirait environ seize onces en iouV heures , pendant le jour ; un petit cep de vigne , cinq; *! petit pommier, neuf ; un citronnier, six ; un cboumoyelj trois. Marlino évalue la quantité de transpiration d'un cho à vingt-trois onces dans l'espace de vingt-quatre l""?^ celle d'une jeune mûrier à dix-huit onces; et celle*'" pied de maïs à sept gros.
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
soleil , se précipite aussi quelquefois sous la me (le gouUeleltes , phénomène auquel est duo osée des feuilles.
Les feuilles de certaines plantes sécrètent aussi l'eau sous forme liquide ; c'est ce qui arrive quelfois à celles du pisang, d'après les observations Miller et de Bierkander. Muntiug a vu la même )se sur les feuilles d'un arum , Habenicht sur les du calla œthiopica, et L.-C. Treviranus, sur les du ludolfia glaucescens. Dans quelques espède nepenthes, de sarracenia et de cephalotus, il ait constamment une sécrétion abondante d'eau pide et douce dans les appendices des feuilles, ont la forme de sacs et sont souvent couverts n opercule, ainsi que Grimm et Rumph l'ont ervé dans les nepenthes distillatoria phyllam- )ra. Les recherches de L.-C. Treviranus ont ap- ? que les parois du sac terminant la feuille de la mière de ces plantes , contiennent un grand nbre de véritables vaisseaux en spirale, avec de iles élévations glanduliformes qui ont des oulures déliées, et il croit probable que la sécréide l'eau est opérée par ces organes. J.-F. Smith Elliotadmettentégaleraentquel'eau qu'on trouve !s les feuillescreuses des sarracenia, est sécrétée elles. L'opinion de Brown est aussi que l'eau , saveur douceâtre, qu'on rencontre dans les utries du cephalotus, exsude en partie des parois de ricule. Enfin, L.-C. Treviranus a observé une rétion d'eau dans l'épi floral de Yamomum zenbet; le liquide contenait un peu de mucus, avec i matière analogue à la fibrine. Une sécrétion iblable a lieu de même dans les boutons à fleurs nicandra physaloides.
.es feuilles de plusieurs arbres, de l'érable, du eul, du peuplier, du saule, de l'olivier, etc., sétent, dans les saisons chaudes de Tannée, quand r est très-sec et le soleil ardent, une matière vis- >use, contenant du mucus et du sucre, que l'on igne sous le nom de miellée {melligo). Autrefois attribuait cette sécrétion à des pucerons; mais recherches de L.-C. Treviranus onlétabli qu'elle t être regardée principalement comme un prot des feuilles. Il faut aussi ranger dans la même igorie , la sécrétion de la manne dans les pays luds. EnQn on compte également parmi les sétions liquides des feuilles, la matière résineuse populus balsamica, ella cire du myricacerifera. :st digne de remarque que les végétaux qui ont orbé par leurs racines diverses matières organes ou inorganiques capables de leur nuire , forcent de les éliminer par les feuilles, ainsi ! Schueblcr et Zeller l'ont reconnu dans leurs lériences sur plusieurs sels.
Parmi les organes destinés à la sécrétion de liîiirs d'espèce très-différente , se rangent cerlaii parties, ordinairement composées de petites celés pressées les unes contre les autres , et la plut du temps pénétrées par des vaisseaux , que les anistes désignent sous le nom de glandes. On it citer pour exemples les petites élevures char- 38, et sécrétant une humeur visqueuse, qui se lentsur le pétiole des feuilles du cerisier et d'au- 9 amygdalées et rosacées, elles élévations en ;nc de verrues de la glaciale {moscmbryanthQ-
mum crystallinum). Fréquemment les glandes ont des connexions avec des poils , qui sotil souvent articulés , résultent d'une ou plusieurs cellules élevées au-dessous de la surface du végétal , et logent un canal le long de leur axe. Il y a deux sortes de poils sécréloires , ceux dans lesquels existent des glandules {pili glanduUferi), et ceux qu'on ne peut considérer que comme des conduits excréteurs de glandes {pili excretorii) . A la première série appartiennent les pili cupulati, représentant de petits filaments qui se terminent par une glande concave, comme les poils du pois chiche. Ceux-là sécrètent, d'après Deyeux, un suc aigre composé d'acides acétique, malique et oxalique. Cependant il n'est pas rare qu'on n'y rencontre point ce dernier acide, suivant les recherches de Dulong d'Astafort. La même série renferme encore \es pili capitati, siinples filaments avec un renflement glandulaire globuleux, comme dans \e diclamus albus, ei les pili polycephali, dans lesquels chaque filament branchu se termine par une petite tête glanduleuse, comme dans le croton penicillatum. Au nombre des poils qui sont des conduits excréteurs de glandes situées à leur base, on compte ceux des orties et du malpighia urens ; l'humeur est acre, elle contient vraisemblablement un acide végétal très concentré, et elle ne parait au-dehorsque quand les glandes viennent à être stimulées, touchées ou comprimées par un corps étranger. Il est probable qu'on doit aussi ranger dans cette classe les poils de Vhieracium amplexicaule, du madia viscosa , du nicotiana glutinosa , de Vhibiscus, etc. , qui versent des liquides visqueux et oléagineux.
Les fleurs sécrètent des matières vaporeuses et liquides. Quand elles sont exposées à la lumière , elles absorbent du gaz oxigène et exhalent du gaz acide carbonique, d'après les expériences de Saussure. Du gaz hydrogène et du gaz azote ne sont point excrétés, comme l'admettent quelques physiologistes. Chez la plupart des végétaux , la matière de la transpiration des fleurs répand en même temps une odeur particulière, provenant vraisemblablement d'une huile essentielle, qui tantôt s'évapore avec le pollen , et tantôt est sécrétée par des verrues ou des lacunes glanduliformes des pétales.
Parmi les sécrétions liquides des fleurs, se range, indépendamment des liqueurs génératrices, sur lesquelles nous reviendrons plus tard , un suc contenant du sucre, qui est sécrété dans des organes glanduliformes appelés nectaires.il résulte des observations de Soyer-Willcmet que des organes semblables, mais plus ou moins prononcés, existent chez tous les végétaux pourvus d'élamines et de pistils. Ils affectent des formes très-différentes, celles de petites glandes arrondies , de tubercules , de fossettes , de poi es , de rainures , etc., sur l'ovaire , sur le calice, à la base des pétales ou des étamines. Le suc sécrété par eux contient du sucre, souvent en quantité telle qu'il cristallise, comme Odhelius l'a remarqué dans les fleurs de la balsamine, et Gr, Jaeger dans celles du rhododendron ponticum. La sécrétion de cette humeur est si abondante chez certaines plantes, telles que le bananier et le hoya carnosa , qu'elle s'écoule des fleurs. On ignore encore si elle joue un rôle dans l'acte fécondateur des plantes, comme
tRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
C-C. Sprengol(l), Perrolcaii , Smilh , Soyer- Willemet et antres ont cherché à le prouver , ou si elle n'a aucun rapport à celle l'onclion, ainsi que Desvaux l'a conclu de ses expériences sur les effels de la destruction ou de l'ablation des nectaires. Il paraît que le suc sécrété dans ces nectaires , et qui est d'autant plus abondant que l'air est plus chaud el plus sec, a pour usage d'hunoecler les parties génitales par son évaporalion , et de les maintenir ainsi dans un état où il est nécessaire qu'elles se trouvent pour que l'acle de la fécondation ait lien, Peul-èire aussi est-il le véhicule à l'aide duquel la vapeur du pollen agit sur le stigmate.
Parmi les sécrétions inlernes, celle de l'air naérile d'être examinéela première. Plusieurs végétaux présenlent, dans l'élat adulte, des espaces pleins d'air queGrew a décrits sous le nom de cavités médullaires, Mirbel sous celui de lacunes, elRudolphi sous celui de vaisseaux aériens. Là se rangent les excavations tubuleuses, partagées par des cloisons et tapissées d'une pellicule sèche, qu'on trouve dans la tige des graminées. On en rencontre aussi, de différentes formes el grandeurs, dans la moelle des arbres et des arbrisseaux. Il y en a également dans la lige herbacée, les pétioles et les pédoncules d'un grand nombre de dicolylédonées, par exemple dans la tige des ombellifères, les pédoncules du pissenlit, les pétioles des mimosa , etc. Ils sont surtout considérables dans les liges, les pétioles et les pédoncules de plusieurs plantes aquatiques , des nymphœa, des potamogeton , du trapa natans , etc. Tous ces vides existants dans le tissu cellulaire ne se voient point encore chez les jeunes plantes , parce qu'à cette époque de la vie le tissu cellulaire est gorgé de sucs. C'est seulement à un certain âge que les sucs disparaissent, el sont remplacés par de l'air dans les cellules, qui acquièrent en même temps plus d'amplitude. On ignore si les réservoirs d'air se forment uniquement par suite de l'extension et du déchirement des cellules qu'entraîne l'accroissement des plantes, ou si leur production et l'accumulation de l'air dans leur intérieur se rallachent aux actes de la nutrilion el du développement. Nous ne savons pas non plus si l'air s'y introduit du dehors , ou s'il esl sécrété par des vaisseaux. Malpighi pensait qu'il y était conduit par les vaisseaux en spirale ; d'autres adraeltenl qu'il est le résultat delà décomposition des liquides contenus dans le tissu cellulaire. Les espaces pleins d'air ou les conduits inlercellulaires , de certaines plantes à tissu cellulaire peu serré, conliennent dansleur intérieur de petits corps durs el adhérents à leurs parois, que Decandoile appelle raphides. Sprcngei a trouvé de ces corpuscules dans le tissu cellulaire du piper magnoliœfolium; T\udo]ph\, dans les vaisseaux aériens du tradescantia el du musa;
(1) Bas cnldcckte Gcheimniss im Bnu viid in dcr Bofruvhtunij d.r Blumen, Berlin , 1793 , in-4''. Il pensait que le »iic sécrété dnns les nectaires contribue à la fécondalion des pliinlc», en atlirant des iiiRectes, comme abeille», iiiipillons , ocriains dipléics, etc., qui s'en nourrlsieiil, cl qui , Cil U: siiçunl , potleni le po:lBU sur le [liatil. Kurt Sprcngei u soutenu aussi celle opinion.
Kieser, dans le calla œthiopica elYaloe verruco$a' Decandoile père, dans le Iritoma uvaria , le littoe^ geminiflora et le crinium latifolium; Decandoile fils , dans le nyclago jalappa cl la balsamine. Ce sont vraisemblablement de petits cristaux qui ge forment au sein des humeurs.
Les sécrétions internes liquides offrent une grande diversité. Elles comprennent les huileg grasses et volatiles qu'on trouve dans dilCérente» plantes , la gomme , les baumes , el les résine» qu'on a souvent confondus avec le suc nourricier des végétaux. On les trouve toujours au miliea d'espaces logés dans le tissu cellulaire, quienconslilue les parois , comme l'ont démontré Mirbel et L.-C. Treviranus. La forme de ces réservoirs n' pas la même partout. Tantôt ce sont de petites cet lules , des bourses ou de pelils sacs ; tantôt ils oatj la forme de tubes , de conduits ou de petites pockei jilus au moins alongés el terminés en cul-de-»ae. Des sacs, cellules ou vésicules arrondies, contcnanlj une huile volatile ou grasse, sont situés sous l'é^i piderme, dans le parenchyme des feuilles de mjik tes, des auranliacées , des metrosideros , des meltH leuca, des conifères et de beaucoup d'autres pli les, comme aussi dans l'écorce des fruits de l'i ranger el du citronnier. C'est dans de pareilles cellD' les des feuilles du laurus camphora, que le camphri se prépare. Des tubes courts, fermés aux exlrémi' tés, el remplis d'une huile volatile , se voient d les enveloppes de la graine d'un grand nom! d'ombellifèrcs, du cumin , de l'anis el du fenonil.l Les vaisseaux qui sécrètent la gomme représentent} l r des canaux. On en trouve dans la moelle des lil-i^ ''"^ leuls , la moelle et l'écorce des malvacées, la li| de Vatroma angusta, les pétioles des hybiscus, pareils conduits contenant de la gomme se rencon trent dans les espèces de rhus, de cacalia, d'a/oe, e( - Ou trouve des liquides balsamiques et résioti-i dans de longs sacs ou tubes , formés d'un tissa lulaire très-condensé, que Grew appelait vaiss à térébenthine, au milieu de l'écorce des pi\ larix,juniperus, thuya el pis tacia.
Toutes ces humeurs paraissent être sécréléei suc nourricier dans les réservoirs qui les ren' ment , a6n de l'entretenir à l'état de composilli qu'il doit avoir pour que le travail de la nulrilloi puisse continuer à se faire. Là elles ne se meavi ni par elles-mêmes, ni par aucune impulsion cIté gère. Elles ne semblent pointêlreconsomraéesd* l'acte de l'accroissement. Elles ne subissent non plus de changements essentiels. Par les pi grès de l'âge des plantes, elles perdent leurs lies aqueuses, el finissent par se dessécher.
ta
an
•Il
mi nntliii