I. Mouvements pro(iuitt par des mv$çles
Les animaux exécutent leurs mouvcnients les plus manilesles et les plus énergiques au moyen de la chair ou des muscles. Ceux-ci, comme je l'ai dit plus haut , ont pour base un tissu d'espèce particulière, la fibre musculaire. Le tissu cellulaire réunit les fibres en fascicules , et ceux-ci en faisceaux, dans l'intervalle desquels des vaisseaux sanguins et des nerfs d'un gros calibre se réduisent en ramifications des plus déliées , chez la plupart des animaux. Pendant la vie, tant que les muscles sont nourris , tant qu'ils communiijuent librement avec les systèmes vasculaires, san^^uin et nerveux, ils possèdent la propriété de se raccourcir dans le sens de leurs fibres , ou de se contracter , sous certaines influences qu'on appelle stimulus, après la cessation desquelles ils s'alongent de nouveau et re- Tiennent à leur situation primitive.
Les influences excitatrices de la contraction musculaire offrent de grandes différences quanta leur nature. Tantôt ce sont des excilalious nerveuses, ou des manifestations d'activité produites dans l'appareil nerveux vivant, et qui, transmises au moyen des nerfs entrant dans la composition des muscles, déterminent ceux-ci à se contracter , cas dans lequel se trouvent les mouvements que les animaux accomplissent par des actes de leur volonté, comme ceux des membres, des organes des sens, des parties de la bouche, des organes masticateurs, de ceux de la déglutition et de ceux de la voix. Il y a encore d'autres mouvements provoqués par l'influence nerveuse qui ne sont pas soumis à l'empire de la volonté dans les circonstances ordinaires, mais s'exécutent d'une manière automatique et rhythmique, tels que ceux qui accompagnent la respiration, qui renouvellent les milieux respiratoires dans les organes de la respiration ou leurs alentours. Tantôt ce sont des liquides de différente espèce qui, par la stimulation qu'ils exercent, déterminent la contraction d'organes creux et extérieuremeut recouverts de couches musculaires. Ainsi, le sang que les troncs veineux versent dans les cavités du cœur pendant l'expansion des parois musculeuses de cet organe , est le stimulus qui l'excite à se contracter. Les sucs digestifs sécrétés dans le sac alimentaire, la salive, le sac gastrique et intestinal , la bile, le suc pancréatique , occasionant une excitation dans sa membrane muqueuse , le provoquent à entrer en contraction. L'urine qui s'amasse dans la vessie est le stimulus sous l'influence duquel ce réservoir se contracte. Des corps introduits du dehors dans des organes creux pourvus de muscles , déterminent également ceux-ci à se mouvoir. A cette catégorie appartiennent les aliments et boissons qui pénètrent dans le canal alimentaire , ainsi que l'air qui s'introduit dans les poumons et les trachées. La lumière qui entre dans l'œil doit être rangée aussi parmi les excitants du dehors, puisqu'en agissant sur les nerfs elle provoque des mouvements dans l'iris. Il en est de même du son qui. en stimulant le tympan, excite à se contracter les fibres musculaires entrant dans la composition de cette membraDC.
Lorsqu'on met de» muscles à découvert snron animal vivant , ou qu'on les examine au moment où ils viennent d'être détachés d'un corps joui|. sanl de la vie , leurs faisceaux , disposés parallèle! ment les uns aux au\res , paraissetrt droits. M«|| aussitôt qu'une excitation quelconque , une action mécanique , l'impression d'agents chimiques o« l'afflux de l'électricité les fait entrer en activité, i|| se contractent. Les faisceaux et les fibres de cei organes qui représentent des masses solides fixées à des os , à des coquilles ou à d'autres parties , |« raccourcissent , s'infléchissent sur eux-mémet forment des lignes onduleuses , et le muscle, coo. sidéré dans son ensemble, apparaît ridé, raccourci, plus épais et plus dur à sa partie moyenne. Lei muscles creux, comme le cœur , et ceux qui cob* ^litiient des expansions membrauiformes , comin« la tunique membraneuse du canal alimentaireet de la vessie, se contractent, quand on les stimalt, dans le sens de leurs fibres, de manière qnc lear cavité s'efface plus ou moins complètement. Quand les excitations cessent d'agir sur les muscles, eei organes tombent dans le relâchement et s'éleiideot; ils deviennent mous , les ondulations etcourbarei des fibres disparaissent, les extrémités de ccllet^d s'éloignent l'une de l'autre , et elles reprennent leur situation primitive. Les muscles creux s'étendent en circonférence. Tout muscle qui aélémii pendant quelque temps en contraction, par raclîot permanente d'un agent stimulant , finit égalemod par se relâcher.
La question de savoir si , en se contractant par suite de l'application d'une cause excitante, lel muscles changent de volume et de densité, a foDmf le texte de nombreuses controverses. Quelqoei physiologistes prétendent qu'ils augmentent de volume ; d'autres , au contrai r((, disent qu'ils dcvieanent moins gros en augmentant de cohésion etde pesanteur spécifiqi:*, d'autres encore veulent <pw ni l'un ni l'autre de ces effets n'ait lieu , et pensent que les muscles ne gagnent en épaisseur , dani leur contraction , que ce qu'ils perdent en longueur. Lorsque je traiterai en détail des manifestations de la vie dans les muscles de l'homme , je reviendrai sur l'examen des expériences qui servent d'appui à ces diverses opinions. Il est vmiscm blable que la contraction des muscles s'accompagne d'un véritable accroissement de cohésion ,el l'un des principaux arguments en faveur de cette hypothèse, c'est que les muscles contractés sont capables de porter, sans se déchirer , des fardeaux plus pesants que les muscles morts. La cohésion de ces organes paraît diminuer, au contriiire, quand ils tombent dans le relâchement et qn'ill s'étendent.
Ualler, fort de ses expériences instructives, t érigé la faculté qu'ont les muscles vivants de contracter sous l'action des stimulants , en no« force organique d'espèce à part, qu'il appelait irrilabilité. D'autres physiologistes ont donné à cell» force le nom de myolililé ou de conlractililé musculaire. Ses effets diffèrent de tous les mouvements provoqués par une cause mécanique ou chimifl"** Les partisans de l'école iatromathcmalique le» ont souvent confondus avec ceux de l'élasticilc, «I"'
GÉSÉRAIE BT COMPARÉE.
lanifeste par une simple réaclion en sens ine conlro une action mécanique exercée sur un (8 élastique , et dont le produit n'est jamais sueur à la cause quil'a mise en jeu. La contraction culaire offre des résultats bien différents, nd l'excitation qui la provoque est mécanique, et surpasse de beaucoup la cause, et il n'existe it entre eux de rapport physique semblable à i que nous observons dans les phénomènes de sticilé. Le moindre contact d'un muscle avec •ointe d'une aiguille produit souvent des coulions plus énergiques qu'une grande violence rieure. Un autre argument plus fort encore re cette doctrine se tire de ce que les effets les considérables sont produits dans les muscles i nulle cause mécanique, comme l'allesle l'in- Qce des excitations nerveuses et chimiques, uanlà ce qui concerne les conditions dansleslles l'irritabilité musculaire entre en jeu , voici je l'observation et les expériences ont appris ; ce rapport :
' Il faut que les muscles soient nourris , ce qui DOse le libre afflux du suc nourricier vers eux; " Il faut qu'ils soient en connexion avec le syse nerveux ;
' Il faut qu'ils rencontrent des stimulations ex- 3ures à eux.
'afflux du suc nourricier vers les muscles est i-é, chez tous les animaux pourvus d'un système alaire sanguin, par des vaisseaux nombreux se ramiflentdans ces organes. Chez les animaux és de système vasculaire , le liquide nourricier lit être conduit aux muscles par le tissu celluî. Les artères qui se rendent dans les muscles , ■ji leur apportent le sang artériel, se divisent i le tissu cellulaire répandu entre les faisceaux rnus, et se résolvent en réseaux très-doliés, lurant les Cbres musculaires, dont la manière e comporter à l'égard de ces dernières n'a point )re été reconnue , à cause de leur ténuité. Tout iUe nous pouvons dire, c'est que les muscles nts se nourrissent du sang qui leur arrive, par activité propre, en attirant à eux des parties slituantesde ce liquide qui se combinent avec ibres musculaires, dont elles prennent les caères , et que pendant t e travail le sang artériel lent du sang veineux. La grosseur desarlères et janlité de sang apportée aux muscles sont proionnées à la masse de ces derniers , ainsi qu'à rce et à la durée de la contraction qu'excitent itimulations agissant sur eux. Les veines raraèl des muscles le sang qui a été luoditié dans sa position.
'afflux du sang artériel est d'autant plus néces- 3 à la persistance de la faculté qu'ont les muscles e contracter sous l'influence des stimulants, que organes s'en nourrissent par l'effet d'une acé spéciale, et que de celte manière ils se mainnenl dans les conditions de composition et d'or- •salion qui les rendent aptes à exercer leurs lifestations propres d'activité. Le sang artériel lit aussi rétablir dans les muscles ce qui a été )gé en eux par le fait de la contraction. Si un aclc s'oppose à ce qu'il y afflue librement, si aisseaux dos muscles viennent à être licsou cou-
pés, ils ne tardent pas à perdre la faculté de se contracter sous l'influence des stimulants, comme l'ont établi les expériences de Slenon, Haller, Fowler et autres , ce qui prouve que cette faculté est sous la dépendance de la nutrition.
Comme la préparation du sang artériel nécessaire à la persistance de l'irritabilité musculaire dépend de l'intussusception des aliments, de la sécrétion des sucs digestifs, de l'assimilation des aliments dans les organes de la digestion , de l'absorption des matières alimentaires fluidifiées et assimilées , de la respiration et de la circulation , toutes ces fonctions participent indirectement à la conservation de la faculté vitale qu'ont les muscles de se contracter lorsqu'un stimulus agit sur eux. Si les aliments manquent à un animal, si par conséquent il n'est point préparé ni absorbé de suo nourricier chez lui, la quantité du sang diminue, ce qui a pour résultat l'apauvrissement de la nutrition des muscles, la diminution et enfin l'épuisemenl de leur contractilité , comme on l'observe chez les animaux qui meurent de faim.
Si des animaux sont placés dans des circonstances telles qu'il y ait interruption ou suppression de la respiration , que ce soit par la destruction des organes respiratoires, ou par leur occlusion, ou par la soustraction des milieux respiratoires , ou enfla par l'immersion dans des gaz irrespirables , la formation du sang artériel s'arrête, et la faculté contractile vivante s'éteint dans les muscles. La vigueur et la durée des mouvements sont, chez les animaux , en raison directe de l'artérialité du sang, du degré de développement de leurs organes respiratoires, de la quantité d'oxigène qu'ils consomment par la respiration , et de celle du gaz acido earbonique qu'ils exhalent.
Si l'on sousliail à des animaux leur sang en ouvrant les troncs vasculaires , ou qu'on leur arrache le cœur, ou qu'on interrompe la libre communication des divisions de l'arbre vasculaire indispensable au maintien de la circulation , la force musculaire ne tarde également pas à s'éteindre. Celte force s'anéantit aussi lorsque la composition spéciale du sang nécessaire au maintien de la nutrition vient à être détruite par des poisons.
Nous voyons donc que la contractilité musculaire est dépendante de l'hématose et de toutes les fonctions qui y prennent part.
Les muscles de tous les animaux dans lesquels on a découvert jusqu'à présent un système nerveux, tels que les mammifères, les oiseaux , les reptiles, les poissons, les crustacés, les arachnides, les insectes, les mollusques et les annélides , contiennent des nerfs. La même chose parait avoir lieu dans plusieurs cnlozoaires et radiaires. Chez les actinies seulement il est douteux queles fibres , analogues aux muscles, qu'on trouve dans leur peau, soient pourvues de nerfs , attendu que jusqu'à ce jour on n'a point encore découvert de système nerveux chez ces animaux. Les nerfs passent entrele» faisceaux des muscles , s'y ramifient , et s'y réduisent en filets très-déliés, qui s'entre-croisent avee les fibres musculaires. Les ramifications les plus déliées paraissent ne point être libres à l'extrémité , mais s'anastomoser en arcade les unes avec les au-
TRAirÉ DE PHÏ8I0I,0GIE
ti'cs , ol former par là des anses , ainsi que Prévost «l Dumas l'ont reconnu dernièrumcul avec le secours du iiiici-oscopo.
De violentes discussions ont eu lieu sur la qiicstion de savoir quelle purl les nei l's ailuul aux muscles prennent aux mouvements, cl s'ils contribuent d'une manière essentielle au maintien do la faculté rontraclile. llaller et ses disciples, Tontana, Melz^ ger , Bichat et autres, regardaient celte l'acuité comme étant de nature à pari, inhérente aux fibres iuusculaires vivantes, loul-à-fail indépendante do î inDuence nerveuse, el soumise seulement dans les muscles régis par la volonté à l'action des nerls, qui là servent de conducteurs au stimulus destiné à |)roYoiiuer la contraction. Ils appu;yaienl leuropi^ ïiion sur ce que la force musculaire est lout-à-l'ail différente de celle des nerfs vivants, dans ses manifestations , lesquelles consislejtl en oscillations el mouvements manifestes et visibles, qu'on n'aperçoit point dans les nerfs, comme au§si sur ce qu'après la destruction du cerveau eldelamoelle t'pinièro , ou après avoir été mis hors decommunication avec le système nerveux, comme il arrive soil quand on lie ou coupe leurs nerfs, soil même quand on les sépare du cor|)s , les muscles continuent quelque temps encore à se contracter sous l'influence des stimulants divers à l'action desquels on les soumet.
D'autres phy siologistes, Whjd, Monro , Unzer, iprochaslia, Legallois, elc,, qui regardaient la force nerveuse comme le principe suprême de la vie des animaux et de tous leurs mouvements, ne voyaient pas dans la contractilité musculaire une force à j)arl .existant par elle-même, mais la croyaient dépendante de l'influence du ç;ystérae nerveux , et communiquée aux muscles par les nerfs. Ils pen> «aient cire autorisés à penser ainsi, parce qu'il entre (les nerfs dans la composition de tous les muscles , tant de ceux qui obéissent à la volonlé que de ceux qui , soustraits à sou empire , agissent d'une ma- 3)ièie purement automalique , que les muscles se contractent tout aussi bien quand on se contente d'irriter les nerfs que quand la stimulation porte sur eux-mêmes, que la contraclilité musculaire s'éteint après l'emploi des narcotiques et auUes substances destructives de la force nerveuse , entîn qu'après la destruction du cerveau el de la moelle épiniére , après la section et la ligature de leurs nerfs, les muscles cessent de se contracter sous l'empire des excitations.
Dans cette discussion , les deux partis sont allés chacun trop loin, et la vérité parait se trouver entre les deux opinions contraires , autant que les observations el les expériences permettent d'en juger, llaller el ses adliérenls se trompaient en allri- ]}uanl aux muscles , contre l'idée de l'organisme , dans lequel toutes les manifestations d'activité et les forces s'enchaînent mutuellement, une faculté tout-à-fail indépendante de l'inlluencc du système nerveux. Mais ses adversaires commettaient la faute de nier l'existence d'une force spéciale inhéienio aux muscles , qui les détermine à se contracter sous l'empire des stimulations , d'attacher trop d'im|)orlance au rôle que la force nerveuse joue dans les phénomènes de la contractilité musculaire , el do
considérer comme cauee de la contraction des Oncles ce qui n'en est qu'une simple condition.
Nous devons certainement , avec llaller, regar der la faculté qu'ont les libres musculaires de m contracter comme une force spéciale . inhéreulel pes fibres , mais dont le maintien dépend de la i,^, trition el de l'influence nerveuse, ainsi que Gaml^,' Scarpa , Hildebrandl , Plalfet autres ont cberchéî le démontrer , puisqu'il entre des nerfs dam |, composition de tous les muscles, tant de ceux qu| obéissent à la volonté que de ceux qui agitteat sans son impulsion; on peut déjà conclure de U que le rôle des nerfs ne se réduit pas à coudait» les stimulations qui doivent exciter la conlracliot comme dans les muscles soumis à l'empire de h volonté, mais qu'ils sont encore une condition e». sentielle pour les manifestations vitale» elles-mèm» de ces organes. Cotte condition consiste sansdoate en ce que les nerfs qui se ramifient dans les nain, des leur communiquent l'aptitude à être alfeel^ par les excitations , à se montrer excitables par elles, ou bien en ce que les stimulations qui itnpressionuenl les muscles , et les déterminent à M contracter, agissent immédiatement sur leurs nerfiç et ne provoquent la contraction des fibres muscv* laires qu'au moj'en d'une action de la part de cet derniers. Peul-ctre aussi les nerfs prennent-ils Dm part essentielle à la nutrition des muscles aux dépens du sang artériel , el est-ce là ce qui les rea4 vne condition nécessaire au maintien de la conlracr tiUté musculaire.
En faveur de la première part attribuée aux nerfa dans l'excitation de la contraction des muscles, on peut alléguer que, quand les stimulations sont portées immédiatement sur les nerfs qui se raniiOest dans les muscles, elles déterminent des convulsion tout aussi bien , et même la plupart du temps avao plus de force encore, que quand elles agissent (Ut les muscles eux-mêmes. Dans ce dernier cas l'action des nerfs paraît également ne pas pouvoir être exclue , parce que ces organes se divisent en fdels des plus déliés dans la substance musculaire, etqot par conséquent ils doivent être affectés par le slh mulus agissant sur les muscles rois à nu. Comme un stimulus qui agit sur la surface d'un nmscle, sonvent le plus léger contact avec la pointe d onc ai-> guille produit une contraction rapide de tous le» faisceaux et de toutes les fibres , mais que cclleg-ei sont seulement situées les unes à côté des autres, qu'elles ne forment pas un loul continu, et qu elle» ne tiennent ensemble que par les nerfs el les vai»seaux sanguins, il est vraisemblable que les nerft sont le véhicule de la prompte propagation du stimulus. En outre, les stimulus qui déterminent contractions dans les muscles soustraits à l'eDip"'* de la volonté, les humeurs, n'agissent point imaiediatement sur la substance musculaire elle-même, mais sur une membrane qui tapisse à l'intérieur le* muscles creux : dans le cœur, c'est la membrane ^ revêt le système vasculaire sanguin ; dans le alimentaire, la vessie el autres organes creux, ce» une membrane muqueuse. D'après cela il présumer que l'action des humeurs, exerçanloB» stimulation sur les fibres musculaires, est prot*^ quée immédiatement par les fibres nerveuse» »'*
GÉHÉHAIE ET COMPARÉE.
«S do CCS memtranes , et qu'elle produit dans libres un changemenl qui a pour résultat la action des muscles. Enfin on peut alléguer , i a>eur de cette opinion , que les substances 1 otiques et beaucoup d'autres poisons , qui ; ntissenl la force nerveuse , détruisent aussi 1 leulté qu'ont les muscles de se contracter f l'influence des stimulants , lorsqu'on vient ; «ment à tremper les nerfs mis à nu dans ces I des.
1 conséquence il est vraisemblable que les ex- < ons qui provoquent des contractions dans les 1 les agissent d'abord sur les nerl's, et qu'un sèment dans ceux-ci précède les raouvemenls onvulsions des fibres musculaires, ou que les . communiquent aux muscles la faculté d'être i essionnés par les stimulants , et que ceux-ci ent par l intermède des nerfs. Mais quoique les s musculaires contractiles paraissent avoir m de l'influence nerveuse pour entrer en ac- , on ne saurait cependant pas leur refuser une té spéciale de se contracter , et considérer la raction comme un pur effet de la force nere, car les nerfs vivants ne peuvent leur com- 1 iqucr une faculté qu'eux-mêmes n'ont pas.
opinion que les nerfs coutribuent peut-être en- ( an maintien de la contractililé musculaire en rainant la nutrition des muscles aux dépens ing artériel, s'appuie snr ce que les muscles I les nerfs ont été coupés ne tardent pas à se r, à diminuer de masse, et qu'en même temps i manifestations de contraclilité s'affaiblis'
3us reviendrons sur cette controverse quand il question de la contraclilité musculaire chez unie, et nous discuterons plus ao long les ar- »}j|L'ents pour et contre qui- ont été invoqués de
' et d'autre.
loiquc la durée et la persistance de la faculté it les muscles de secontractcr,sous l'influence xcilations, dépendent de leurs connexions avec slème vascjulaire sanguin, du libre afflux du
1 artériel , comme aussi de leur liaison avec le me nerveux et de l'influence nerveuse, cepenon reconnaît que celte propriété persistequeliemps encore, bien qu'aflaib-lie, dans les mnsqoi ont été séparés du corps d'un animal. Le • arraché de la poitrine, des lambeaux du canal entaire et des mnscles détachés ,.se contracsous l'influence d'excitations de nature diverse. >ffet a lieu , soit qu'on irrite immédiatement nusdes, soit qu'on applique les excitants sur ) nerfs, après avoir mis ceux-ci à découvert. I nombre de ces excitations se rangent: L'attouchement d'un muscle ou de ses nerfs la pointe d'une aiguille ou d'un scalpel, l'acde le piquer ou celle de le pincer.
Si l'on mouille un muscle ou SCS nerfs avec ôfc
•I Dol, des éthers, des acides, des al.'alis, des sels, oxides métalliques, et diverses autres substanégélaVes ou animales, il se contracte.
L'air même qui entre en contact avec un ;lo tout récemment mis à découvert, excite ent en lui des oscillations.
La chaleur, en agissant sur les mascies ou
sur leurs nerfs, les détermine également à se contracter.
5" L'électricité, tant celle qne développe le frottement que celle qui résulte du contact, est un des plus puissants excitants qui mettent les muscles en action. Si l'on fait écouler, au moyen d'un fil métallique, le fluide électrique d'un muscle ou de ses nerfs mis à découvert, ou qu'on fasse tomber une étincelle électrique sur ces organes, le muscle so contracte soudainement. Si l'on met les deux pôles d'une pile galvanique en rapport , soit avec dent pointsdif'férentsd'un muscle, soitavec la substance musculaire et ses nerfs , immédiatement ou par l'intermédiaire d'un corps conducteur, des contractions violentes s'établissent. L'électricité excite la plupart du temps les muscles à se contracter , lorsque d'autres stimulants ont cessé d'agir sur eux.
La durée de la faculté contractile vivante, dans les muscles séparés du corps , varie suivant les classes d'animaux et selon les muscles euxmêmes. Cette faculté s'éteint plus tôt chez les animaux à sang chaud , les mammifères et leâ oiseaux , que chez ceux à sang froid , les reptiles, les poissons, les crustacés, les insectes, les mollusques et les vers , chez lesquels elle persiste souvent plusieurs heures. Parmi les diveré mnscles d'un animal, la contraclilité subsiste généralement plus long-temps dans le cœur, le canal alimentaire et le diaphragme, que dans les muscles fixés au squelette. La durée de cette propriété varie aussi en raison de l'âge et des états de vie de^ animaux, de même qu'en raison des saisons , de la température et d'une foule d'autres influences qui agissaient sur les animaux et modifiaient leurs conditions de vitalité. Les muscles des jeunes animaux se contractent plus long-temps que ceux des vieux, quand on les irrite. Les animaux épuisés par là faim perdent leur faculté contractile plus tôt que ceux qui sont bien nourris et dans le plein exercice de leurs forces. Qnand un animal a péri dans deà gaz irrespirables, dans l'acide carbonique, l'azole, le gaz oxide de carbone, la vapeur du soufre, etc., sci muscles ne se contractent que faiblement, ou n'exécutent même point de contractions, lorsqu'on vient ensuite à les irriter. Certains poisons anéantissent totalement aussi la contractililé musculaire. La durée de celle faculté est changée également par un grand nombre d'influences, qui agissent même sur les muscles séparés dn corps. Elle persiste plus long-lemps dans l'air médiocrement chaud que dans celui qui est très-échauffé ou froid. Les muscles restent pins long-temps conltaciilçg^ dans l'air atmosphérique et dans le gaz oxigénôi que dans les gaz irrespirables. Les alcalis causti-. ques, les «cides concentrés, les substances narcotiques, les fortes décharges électriques, qu'on fait agir sur les muscles ou sur leurs nerfs, anéantissent très-promptement en eux la puissance de se contracter quand on les irrite. Ainsi, la persistance de la contraclilité musculaire varie beaucoup en raison de circonslances diverses.
Ces phénomène» vilaux des muscles détachés du corps doivent être considérés comme les conséquences des conditions particulières d'organisation Cl do composition desquelles dépend laconlracii<
TRAITE ne pnySIOLOGIK
yiiô musculaire, cl qui persisleul encore pendant un court laps do tenips. Halleret ses disciples les ont allégués comme la principale preuve en fa- ■veurde leur doctrine que les muscles sont doués d'une force spéciale , indépendante du reste du corps et du système nerveux. En cela ils partaient d'une assertion dépourvue de toute preuve, savoir que les nerfs qui sont mis hors de connexion avec le système nerveux entier, notamment avec le corveau et la moelle alongée, perdent sur-le-champ l«ur propriété vitale de se montrer impressionnables parles excitations. Cependant il est vraisemblable que les nerfs qui entrent dans la composition des muscles conservent leur impressionnabilité pendant quelque temps, tout aussi bien que les fibres musculaires leur contractililé; il l'est également que, dans les muscles séparés du corps, les stimulations agissent, par le moyen des nerfs, sur les fibres musculaires, qu'elles déterminent ainsi à se contracter. Une autre circonstance encore nous autorise à conclure que l'impressionnabilité subsiste dans les nerfs qui se distribuent aux muscles, après leur section et leur séparation du corps, c'est qu'il suffit du simple attouchement ou d'une stimulation par des agents chimiques exercée sur ces cordons , pour déterminer des convulsions dans les muscles. On peut alléguer de même l'action des substances narcotiques et d'un grand nombre de poisons, qui anéantissent la puissance nerveuse. Si l'onplonge dans une dissolution d'opium OU dans de l'acide hydrocyanique les nerfs mis à nu des muscles détachés du corps d'un animal vivant et jouissant encore d'une grande irritabilité, il devient ensuite impossible de faire naître des convulsions, quelque irritation qu'on exerce immédiatement sur les muscles. Nous devons donc admettre que les convulsions qui s'aperçoivent dans les muscles séparés du corps tiennent à la persistance pendant quelque temps , tant de la contractililé dans les fibres musculaires que de l'impressionnabilité dans les nerfs qui se distribuent aux muscles.
En poursuivant l'élude du mouvement musculaire, nous nous trouvons conduits aux questions suivantes : D'où dépend la propriété qu'ont les muscles de se contracter quand on les irrite, ou quelle est la cause de la coulractilité musculaire ? Quels sont les changements intimes qui s'opèrent dans les muscles lorsqu'ils se contractent, et comment agissent alors les excitations? Malgré les efforts multipliés d'habiles physiologistes , et malgré les hypothèses nombreuses qu'on a imaginées, ces questions ne sont point encore résolues. Ici , où mon but est seulement d'esquisser à grands traits les manifestations de la vie dans les muscles, je ne puis me permettre d'exposer ces hypothèses et de les soumettre à la discussion, ce que je ferai en traitant de la conU-aclilité musculaire chez l'homme. Je me bornerai à faire connaître l'opinion en faveur de laquelle se réunissent le plus de faits , et que je regarde comme étant la plus vraisemblable.
La propriété qu'ont les muscles de se contracter pous l'indueuce des excitations , dépend sans doute immédiatement de la constitution matérielle particulière des fibres musculaires vivantes , de leur
composition chimique et de leur organisation, co ditions dans lesquelles la nutrition les mainiieru' ainsi que le reste du corps dont elles fout paru ' On peut alléguer à l'appui d'une connexion intimé entre l'état matériel des muscles et leur propriéié contractile , que toutes les inûuences qui modiûent leur composition chimique et leur organisation an. portent aussi des changements dans les effetf ^ la contractililé.
Toute contraction d'un muscle suppose une excitalion , qui parait produire d'abord une manifetij. tion d'activité dans ses nerfs, et qui détermine, dani la substance musculaire vivante , un changement dont une contraction est la conséquence. La seule idée exacte que , dans l'état actuel de nos coonaig. sauces, nous puissions nous faire des phénomènei de la vie dans les muscles, c'est que le changement qui survient dans le muscle irrité s'accompagne d'un rappi'ocheraent ou d'une contraction des particules constituant les fibres musculaires , rappro. chement qui diffère, dans ses phénomènes et tei causes, de tontes les autres espèces d'attractioa , telles qu'elles se manifestent dans les matières inorganiques et privées de vie. La grande énergie avec laquelle les muscles irrités se contractent, et la pesanteur des poids qu'ils peuvent soulever en cet état, tandis qu'après la mort un fardeau peu conii» dérable les déchire aisément, rendent probableqae le raccourcissement des fibres au moment où ellei agissent est la suite d'une augmentation de cohésiog, de densité et d'attraction des particules qui les constituent.
Quoiqu'il soit prouvé que le système nerveoxproduise les stimulations excitatrices de la contraction des muscles soumis à l'empire de la volonté, elqaliy ait des raisons plausibles pour admettre que cellet des muscles soustraits à cet empire agissent également au moyen des nerfs,cependant on ignore encore comment et par quel agent les nerfs changent les fibres musculaires, et les déterminent à se contracter. On nesaitpointsilesnerfs,lorsqueparleuriDQuenM ils provoquent un changement en elles, dépo8eDt| dans les fibres musculaires quelque matière particn-i |t lière, pondérable ou impondérable, ou si le change-| i nient qui a la contraction pour suite ne s'opère que) i par une réaction mutuelle des nerfs et de la snb-l 1 stance musculaire nourrie. Il est vraisemblable qoei |r les nerfs fournissent un agent impondérableàlasnb-| ^ stance musculaire , ou peut-être qu'ils opcrenl sariji les muscles une décharge électrique , par laquellejj se trouve produit le changement nécessaire à traction. Si nous ignorons la manière d'agir def|nerfs sur les muscles, nous ne savons pas davantage quels sont les changements qui surviennent dans derniers organes quand ils se contractent. Onpe" présumer, ou que la fibrine qui fait la base dci bres musculaires est amenée par l'influence V veuse à un état de plus grande densité, ou que peo être une matière coagulable , l'albumine , pas* sang dans ces fibres , et y prend l'élat de c<"P" lion. A l'appui de cette hypothèse, on P^"^*^^^, que le sang , lorsqu'il se coagule , offre des pDWi mènes de rapprochement et de condensation « parties coagulablcs , et que beaucoup f ' qui délerminenl la coagulation de ce liqu««.'
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lent anx excitalions qui provoquent des contons dans les muscles vivants. Mais comme les les qui se contractent reviennent à l'état d 'exon après l'éloignement du stimulus, il faut que leur composition raalérielle s'opère aussi un eau chaiigementopposéà celuiquiadétcrminé nlracliou , et qui fasse cesser l'état provoqué influence excitatrice de cette dernière. Or, c'est i point sur lequel règne encore une obscurité jnde.
résulte de ce qui précède que , par le mot de • musculaire, nous désignons la cause inconnue icnomènes connus, cause qui est inhérente à
matériel particulier des muscles vivants et ris. La persistance de cette force dépend et ictesde la nutrition par lesquels les muscles se (tiennent, aux dépens du liquide nourricier, leurs conditions spéciales de composition et ;anisation , et de l'influence nerveuse qui leur uunique l'aplilude à être changés et mis en vement par les excitalions.
L grande majorité des mouvements des ani- X , tant ceux du corps entier et des membres ceux des organes intérieurs et des liquides cons dans des cavités , sont produits par des raus- Quoiqu'en les excitant, ceux-ci se contractent raccourcissent, cependant le mécanisme par 3l le mouvement s'opère varie en raison de leur iguration et de leur mode d'application. Les îles, qui'représentent des masses épaisses dont lisceaux décrivent des lignes droites les unes lé et au-dessus des autres, sont la plupart du )s en connexion avec des parties solides, diverînt conformées et articulées ensemble de ma- ? à pouvoir se mouvoir comme autant de le- 5. Tantôt les muscles sont appliqués à l'extér de ces parties , ainsi qu'il arrive pour les os uammifères, des oiseaux , des reptiles et des sons; tantôt, comme chez les crustacés et les 2tes, ils sont situés au-dedans de parties calcai- )U cornées et creuses ; tantôt enfin ils s'insèrent les coquilles terreuses, comme dans les raolues bivalves et multivalves. On distingue dans nuscles une tête, une partie moyenne ou corps îe queue. La tête et la queue sont toujours fixées ux ou plusieurs parties osseuses , calcaires ou lées , différentes, tandis que le corps passe par us une ou plusieurs articulations. Lorsqu'un cle de celte espèce entre en contraction par une talion de la volonté au moyen de son nerf, la et la queue se rapprochent l'une de l'autre , et )arlies mobiles qui leur servent d'insertion se ivent également l'une vers l'autre, si elles reentent des masses égales. Mais si la partie d'où muscle tire son origine est fixe et immobile, ou le a une masse supérieure à celle de la partie
laquelle le muscle se termine, celle dernière )0rle, pendant la contraction, vers l'aulre , qui moins mobile ou immobile. Dans ce cas la parà'où naîl le muscle est appelée le point fixe, et e à laquelle il se termine , le point mobile. )'autres muscles tirent leur origine de parties des ou d'o8 , et s'insèrent h des parties molles nobiles , comme ceux des lèvres , du voile du ais, du pharynx, de la langue, de l'exléricurdu
nez, de l'oreille externe, du globe oculaire , et des organes génitaux. Quand de pareils muscles entrent en action, les parties molles , qui sont mobiles , se rapprochent des parties dures, qui ne lo sontpoint.
Tous ces muscles sont en antagonisme les uns avec les autres, c'est-à-dire que quand il y en a un dont la contraction opéi o le mouvement d'un membre ou d'une partie dans un sens, il en existe un autre qui, par sa contraction, meut le membre dans une direction contraire. Les muscles antagonistes se comportent en sens inverse l'un de l'autre, sous le rapport de leur activité. Quand un muscle vient à se contracter sous l'influence de la volonté , soa antagoniste est dans le relâchement et l'extension. Les mouvements des animaux et de leurs membres offrent d'autant plusdc diversité et de complication que le nombre des articulations est plus grand , que la forme de celles-ci les rend plus mobiles en sens divers, et que le nombre des muscles antagonistes est plus considérable.
Les mouvements sont produits d'une autre manière par les muscles creux et étalés sur la membrane interne du système vasculaire, ainsi que sur les membranes muqueuses. Parmi ces muscles, les uns , comme le cœur, résultent d'un assemblage de plusieurs couches de fibres charnues, qui se dirigent et s'entrelacent en long , en travers et obliquement ; d'autres sont formés d'une couche de fibres longitudinales et circulaires, comme la membrane musculeuse du sac alimentaire, de la vessie , des oviductes et des vésicules séminales. Quand ces muscles entrent en action, les contractions ont lieu dans toutes les directions de leurs fibres constituantes , et l'organe creux devient plus court , en même temps que son diamètre transversal diminue. Une conséquence de cette contraction , c'est que le vide intérieur disparait , et que le liquide remplissant la cavité, ou toute autre substance qui s'y trouve contenue , est chassé au dehors. Après cette expulsion, lorsque par conséquent le stimulus qui déterminait la contraction n'existe plus , les couches musculaires reviennentà l'étald'extension, et leur cavité se remplit de nouveau. Ces muscles n'offrent pas , dans leur disposition , un antagonisme semblable à celui qu'on observe dans les muscles qui sont mis en jeu par l'influence de la volonté.
Il reste encore à faire connaître l'importance pour l'économie animale des mouvements accomplis par des muscles , et à montrer jusqu'à quel point la persistance de la vie , dans les animaux, dépend du mouvement musculaire. Les parties musculeuses que la force plastique produit , dans un certain ordre de succession, chez l'animal naissant, et qui sont douées d'une faculté contractile vivante de nature particulière, exercent, par les mouvements qu'elles accomplissent , une influence nécessaire sur la conservation de la vie. D'abord ces mouvements sont importants pour lesfonctions nutritives, la digestion, la respiration , la circulation , la nutrition elle-même et la sécrétion. A l'aide des muscles qui garnissent leur bouche et leurs mâchoires , les animaux saisissent leurs aliments , et les atténuent, quand ils forment des masses solides.
TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
Ce sont dos muscles qui opèrent la déglutition et la progression des matières alimentaires dans lo Sac digestif. Le besoin d'alimentation, qui se manifeste dans le systc^^me nerveux , donne primitivement l'impulsion à ces mouvements, quoique plus tard ils puissent aussi être produits à volonté. Les aliments parvenus dans le canal alimentaire y excitent la sécrétion des sucs digestifs, et provoquent le mouvement vermiculaire de l'estomac et du canal intestinal , ce qui fait qu'après s'être mêlés avec les sucs digestifs , qui exercent sur eux une action dissolvante, ils sont mis en mouvement ■vers la surface absorbante du sac alimentaire. Ce sont aussi des muscles qui expulsent les résidus indigestes des aliments , sous la forme d'excréments. Ainsi la digestion et la chylification, cette fonction indispensableàlaconscrvation delavie,sonlsous la dépendance du mouvement musculaire. La conversion en sang du chyle absorbé dans le canal intestinal suppose la respiration. Celle-ci, chez la plupart des animaux , s'accompagne de mouvements exécutés par des muscles , qui renouvellent les milieux respiratoires dans les poumons , dans les trachées et aux alentours des branchies. Le stimulus qui met en jeu les muscles des organes de la respiration s'engendre d'une manière automatique dans le système nerveux. Cependant les animaux peuvent aussi, à volonté, accélérer ou ralentirles mouvements respiratoires, suivant leurs besoins. Comme la respiration, cet acte nécessaire à la conservation de la vie, s'accompagne de mouvements musculaires chez la plupart des animaux , le maintien de la vie paraît donc avoir aussi de ce côté ces mouvements pour condition.
Le mouvement du sang dans les ramifications du système vasculaire est principalement déterminé , chez tous les animaux pourvus d'un cœur, par la contraction de l'expansion des parois musculeuses de cet organe. Les cavités du cœur, en se dilatant, reçoivent le sang des troncs veineux , et ce liquide produit sur elles une stimulation qui les porte à se contracter, phénomène dont le passage du sang dans les artères est le résultai. Le cœur , qui , pendant toute la vie, exécute des mouvements continuels et assujettis à un rhylhme, est une des conditions du maintien de la vie , parce qu'il envoie à tous les organes le liquide nécessaire à la nutrition, et dans lequel ces mêmes organes puisent les matérianx nécessaires à la conservation de leur composition, de leur organisation et de leurs propriétés vitales. L'élimination des humeurs du sang , dans les organes sécrétoires , suppose aussi l'afflux du sang vers ces organes , déterminé par les mouvements du cœur. En outre le cœur ramène aux organes respiratoires le sang veineux , mêlé avec le chyle et la lymphe, pour qu'il y soit de nouveau converti en suc nourricier. De la sorte le maintien de la vie des animaux dépcnddesmouvements du cœur musculeux.
Il est clair, d'après tous ces détails, que le mouvement musculaire prend indispensabletnent part à la conservation de la vie chez les animaux pourvus de muscles , puisque sans lui les fonctions nutritives ne sauraient s'exercer.
Les animaux se meuvent spontanément et librement dans les milieux qu'ils habitent. Ceux même
neg,
qui . comme les huîtres , les lepas , les halei vent fixés au fond de la raer.surdes rochers ou autres
cuter des mouvements de leur corps en diyer
cet.
corps . et qui sont à la vérité privés du pouvoirT changer de place, ont cependant la faculté d o 7 cuter des mouvements de leur corps en diy directions, changements qu'ils produisent et sent par leur activité propre. C'est d'aprèsde parïï mouvements que nous sommes dans l habiludeî! dire qu'un corps organisé est un animal. Le nû! grand nombre des animaux sont pourvus d'oroT spéciaux pour le mouvement, qui consistent enmo** des, lesquels tantôt s'attachent aux téguments coi^ muns. à la peau , comme dans certaines médui^ les radiaires, les entozoaires, les annélides el la pl^ part des mollusques ; tantôt s'insèrent aux partîât cornées ou calcaires confondues avec la peau^ articulées , comme dans les insectes , les arachnidft et les crustacés; tantôt enfin prennent leur aliaij^ aux os cachés dans l'intérieur du corps et mobit6 dans les articulations , comme chez les poissonl les reptiles , les oiseaux et les mammifères. L'ao»! tomie comparée nous apprend que la structure d«i organes locomoteurs offre, suivant les classes , li ordres, les genres et les espèces , une variété infinlj dans sa disposition , et que le mécanisme qui m rattache au mouvement correspond d'une manién admirable à la constitution physique des milieè dans lesquels vivent les animaux. Là encore c'est la force plastique qui produit et maintient la disposition harmonique des organes du mouvemenlchei les divers animaux.
Chaque espèce de monvementexécuté par les animaux , la station , la marche, la course, le saut , la reptation, l'action de grimper , celle de fouir, le vol el la natation , suppose une structure parlicolière,elune disposition mécanique spéciale des organes locomoteurs , dont Borelli ,Mayow, Barthez et autres ont soumis les effets à une élude approfondie et au calcul mathématique. Ces mouvemenls, dont l'analyse sort du but des considérations générales auxquelles je me livre actuellemenl, sont de la plus haute importance pour la conserti; tion de la vie des animaux. Avec leur secours ci ci se procurent les conditions nécessaires à I existence, vont à la recherche de leurs alimenU s'en rendent maîtres. Par eux ils se maintiennenl dans les circonstances qui rendent la prolongatiWj de la vie possible, en fuyant les influences el I pressions qui affeclent leur système nerveux d' manière désagréable el douloureuse , ou metl leur existence dans le danger, en résistant auxagr sions de leurs ennemis , et en se procurant les cl ses capables de les faire subsister. Par eux enfr les animaux réagissent sur le monde extérieur, é-,. modifient suivant leurs besoins
On observe , en outre, dans les organes des s de la plupart des animaux, des mouvemenisac plis par des muscles , qui ont pour but de fav la réception des impressions, ou de les exclu de les écarter. Beaucoup d'animaux sont mis a par des mouvements qu'exécutent des muscl en état de produire dans l'air , durant l'expiralioB des changements d'où naissent divers Ions , doti ils usent pour se communiquer muluelIemeH leur états intellectuels et moraux.
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
lUs ces mouvements sonl imporlanls à plus d'un
1 pour la conservation de la vie des individus.
il y en a d'autres encore , accomplis de même I es muscles , qui sont indispensables à celle des
es. Ici se rapportent les mouvements qui ac-
)agnenl l'exercice des fonctions sexuelles. Dans 1 les animaux chez lesquels ces organes sonl i lus à des individus différents, le rapproche- : L des individus , qui suppose la locomotion , est
ssaireàTaccompIisseraenlde l'acte générateur. ., it que les organes de l'accouplement soient mis t )ntacl l'un avec l'autre par des mouvements. { ont des mouvements qui, durant l'acte de la ( lalion , produisent dans les parties génitales J Rangements par suite desquels les liquides gé- 1 'eurs s'épanchent hors de leurs réservoirs. La
L" du sperme hors des conduits séminifères et . vésicules séminales, la progression dans les I jctes des ovules détachés de l'ovaire , la ponte ( parturition , sont accomplies par des mouve- 1 is de muscles. Les réceptacles que les animaux 1 quent pour leurs oeufs, les nids, lesconstruc-
et les divers tissus nécessaires à la maturation < germes , sont également mis à exécution par I uouvements musculaires.
■louvements. produits par le tissu cellulaire et autres tissus.
)us les mouvements des animaux ne sont pas uits par des muscles. Il existe une foule d'ani- X qui sont uniquement composés de tissu mu- IX ou cellulaire , chez lesquels on ne peut dérir , avec le secours du microscope, ni Obres :ulaires , ni autres analogues à celles-là , et qui imoins se meuvent. Tels sont les infusoires, olypes , la plupart des radiaires et quelques enaires. Les animaux plus compliqués eux-mêmes ml des mouvements dans leur tissu cellulaire, les membranes formées parce tissu, et dans rents autres tissus non musculaires. Examinons ord les mouvements des animaux gélatineux, s quoi nous ferons connaître ceux des tissus animaux supérieurs qui ne sont pas de nature 3ulaire.
3s plus simples des infusoircs, les monades nas termo, alomus , punctum) , qui représenseulement de petits globules arrondis, se meu- . vivement dans l'eau en diverses directions, sberg, O.-F. Mueller, Spallanzani , Scbranck Jtres , n'ont aperçu en eux, pendant ces mou< ents , ni changement de forme, ni contraction xpiinsion de substance. Les volvoces [volvox '0(or, punctum, conilictor , granulum, socialis , ulus , etc. ) exécutent aussi des mouvements di- ; ils nagent, tournent sur leur axe, font la >ute et s'évitent les uns les autres. Cependant l'a point observé de contraction ni d'expansion ux ; mais MuUer a vu se mouvoir les petits glo- :3 dont ils sonl composés, es infusoires plats , les cyclidies , les paramé- , les colpodes , les (jonium , rampent pour la tari lentement en ligne droite, mou vement qu'ils cutent en se tournant tantôt d'un côté , tantôt autre, s'ctendanl et se raccourcissant, subissant
des changements dans leur conGguralion. C'est ce qu'on aperçoit bien distinctement surtout dans les infusoires que Muller rapporte au genre protée, et qui se montrent tantôt ronds, tantôt anguleux. Ici des contractions et des expansions paraissent avoir lieu dans les diverses parties du corps. Parmi les infusoires cylindriques et filiformes , les uns rampent au fond de l'eau par des contractions et expansions alternatives de leur corps, comme les enchelis ( e. gliscens, deses, punctifera) et quelques vibrions {vibrio vermicularis , truncatus , tripunctatus); les autres nagent par des ondulations de leur corps , comme les trachelius et quelques \ibrion8 [vibrio lineola, fluviatilis , serpentulus , aceti). Les mouvements des infusoires plats et des cylindriques se voient simultanément dans les cercaires (cercaria inquiéta, lemna, ephemera, minuta), d'après les observations de Nitzsch. La partie la plus épaisse du corps de ces animaux , dont la face inférieure offre un suçoir, leur sert à ramper, et ils nagent au moyen des ondulations de leur queue.
Les rotifères , qui sont également composés de tissu cellulaire, et dont le corps ovale est garni an^ térieurement d'une partie surmontée d'appendices ou de franges, nagent en agitant ces appendices de la manière la plus vive. Il n'est nullement prouvé que ces mouvements soient accomplis par des fibres musculaires , ainsi que le pense Dutrocbet.
Lçs polypes composés d'une masse membraneuse molle et golatiniforme , dans laquelle on ne peut apercevoir, avec le secours du microscope , que de petits grains ou globules , sans fibres musculaires , se meuvent avec plus ou moins de vivacité. Les hydres se fixent aux corps baignés d'eau , pierres , plantes , coquillages , par le moyen d'un disque suçeurqui se trouve à leur pédicule. Leur corps est mobile , aussi bien que leurs bras filiformes. Le premier s'alonge, se raccourcit, et peut se courber de tous les côtés. Les bras peuvent être alongés, retirés, et mus dans toutes les directions : c'est avec leur aide que les hydres saisissent les petits animaux qui leur servent de nourriture, et les portent à leur bouche. D'après les observations de Trembley, Roesel , Schaefer et autres, ces polypes peuvent changer de place, ce qu'ils exécutent en fixantleurs bras sur les corps voisins, dégageant leur pédicule, et le réappliquant àde nouveaux objets. Quelquefois ils se laissent aller au gré de l'eau. Les cryslatelles se comportent de la même manière.
D autres polypes, qui ressemblent aux hydres pour la structure, et qui adhèrent aux corps immergés dans l'eau douce ou la mer, ne sont pas capables de locomotion. Tel est le cas de ceux qui sont réunis par un tube mou, contractile, lequel est tantôt nu , comme dans les genres vorticelle et corine, tantôt couvertd'une enveloppe cornée, comme dans les genres sertularia cl tubularia.lci les mou- Ycmcnls se bornent en grande partie aux tentacules qui entourent la bouche. Cependant le corps peut aussi se raccourcir et s'étendre; il peut également, chez la plupart des sertulaires, rentrer dans la gaine cornée et en sortir, d'après les observations de Cavolini. Les polypes des genres lobularia, athelia, xenia et amothea, qui ont des tentacules ciliés et adhèreot à un tube commun , no sont pas non plus
TRAITÉ DK rUySIOLOGIB
capables de changer de place. Leurs mouvements consistent en contractions et expansions du corps et des tentacules. La locomobililé n'appartient également point aux tubipores , qui, suivant les recherches de Quoy et Gaimard, habitent des tubes calcaires, avec lesquels ils sont nnis par une membrane contractile. Il en est de même, d'après les observations faites par ces deux naturalistes et par Rapp , des polypes des madrépores , qui sont fixés dans les enfoncements stelliformes du polypier calcaire. Ces polypes meuyent leurs tentacules, sortent des enfoncements du polypier et y rentrent.
Les polypes produisant les coraux ramifies calcaires ou cornés , qui adhèrent aux rochers , les genres corilium , isis, jforf/oma et autres , sont épars dans une croûte épaisse qui revêt l'axe commun du polypier. Entre celte croûte et l'axe se trouve une couche mince, pourvue de vaisseaux , au moyen de laquelle les polypes sont unis les uns avec les autres. Ces animaux sont pourvus do huit tentacules ciliés et susceptibles d'exécuter de vifs mouvements. Ils peuvent sortir de la croûte et s'y retirer.
Les plumes de mer {pennatula , scirpearia , pavonaria, renila , veretillum , umbellaria) représentent une agrégation de plusieurs polypes à huit tentacules ciliés, qui reposent sur un axe symétrique commun , et qui sont unis extérieurement par une membrane contractile , intérieurement par un pédoncule calcaire. Ces animaux ne sont point fixés aux corps marins, mais ont seulement leur pied enfoncé dans le sable. Chaque polype peut mouvoir ses tentacules isolément des autres. Cependant il est digne de remarque qu'une irritation portée sur l'un d'eux se propage aisément aux autres, puisque, d'après les observations deBohadsch, il suffit d'en toucher un seul pour que tous les autres se contractent. Il parait résulter de là que tous les polypes sont des organes ou des parties d'un même individu , ainsi que l'ont admis Pallas , Cavolini, Olivi, Cuvier etSchweigger. Mais il n'est nullement prouvé que, comme l'ont prétendu certains naturalistes , ils nagent par des mouvements simultanés de leurs bras, servant en quelque sorte de rames.
Les acalèphes, qui sont formés d'une substance gélatineuse molle et promptement réductible en eau, exécutent des mouvements pleins de vivacité- Tous nagent librement dans la mer. Les acalèphes discophores , ou méduses, les animaux des genres cassiopea , rhizostoma , cephea , médusa , cyanea , pelagia , ephyra , œquorea , elc. , se meuvent au moyen du disque, plus ou moins courbé en cloche, qui représente la masse principale de leur corps. Par une contraction subite de ce disque, et surtout par la rentrée de son bord inférieur en dessous et en dedans , l'animal pèse sur la masse d'eau contenue dans l'excavation, ce qui le fait aller en avant. Comme une méduse qui se tient tranquille tombe au fond de l'eau, des mouvements réitérés du disque sont nécessaires pour maintenir le corps à une certaine hauteur dans le liquide, et ils ne sont opérés que par la contraction du tissu cellulaire. Les fibres musculaires que Gaede croyait avoir vues dans le disque des méduses, n'y existent pas,
d'après les recherches de Schweigger, Rosenth»! Escbhollz, etc. '
Les animaux de l'ordre des acalèphes cténophores, ceux qui appartiennent aux genres ce»(un," cydippe , callianira , eucliaris , mnemia , ieroj' medca, pandora, etc., nagent au moyen des iqoq' vements de petits organes foliacés, qui soulgiin^ les uns au-dessus des autres , forment d'élroitti séries le long du corps, et agissent comme dei nageoires.
Les acalèphes syphonophores , tels que Id genres eudoxia, physalia, rhizopkysa, p/ij/iiQ. phora, etc. , exécutent la natation à l'aide de prolongements membraneux de leur corps, qui for. ment des surfaces creuses. Quand ces prolongements se contractent, l'eau se trouve cbasséedet cavités , et l'animal est repoussé en arrière. Dans plusieurs animaux de cet ordre , comme daai les genres rotaria , velella et porpita , il existe des vessies pleines d'air , qui contribuent à la natation.
La plupart des acalèphes sont munis en outrede tentacules plus ou moins longs, diversement configurés , creux, pleins de liquide, très-exteusibles et fort contractiles.
Ces tentacules communiquent la plu part du temps avec des vaisseaux ou des vessies situées dans l'intérieur du corps. On aperçoit, dans les parois dei vessies et des tentacules de quelques acalèphes, dei fibres musculaires disposées en cercle et dansle sens de la longueur. Quand les vessies secontrac^ tent, le liquide est chassé dans les tentacules creux , qui se dilatent et se redressent. Lorsqoe ce sont, au contraire, les tentacules qui se cos^ tractent, le liquide rentre dans les vessies , elles appendices du dehors se raccourcissent. Les lenticules servent aux animaux pour saisir leurs aliments.
Parmi les enlozoaires, dont la plupjirt, comme les nématoïdes , les acanthocéphales et les cestoïdes, se meuvent au moyen de fibres musculaires appliquées en long et en travers à la face interné de la peau , il en est quelques-uns dans lesquels on n'a pu découvrir de ces fibres , et dont le corps est formé d'un tissu muqueux contractile , analogueà la gelée des zoophytes. C'est, d'après les observfr tiens de Rudolphi, le casdans lequel se trouvent le» vers nématodes, les animaux des genres dwfotna et amphiostoma , les scolex parmi les cestoïdes, et les echinococcus parmi les vésiculaires. Dugès na point vu non plus de fibres musculaires dans les planaires, qui ressemblent beaucoup aux dislomes pour la forme extérieure. Cependant ces animaux ont la faculté de s'alonger et de se raccourcir , de se ployer et de s'étendre en différentes directions, enfin de ramper à la manière des limaçons.
Ainsi nous voyons beaucoup d'animaux co posés d'une simple matière muqueuse, qui exe tent des mouvements. Il est digne de remarq que ces mouvements peuvent, comme ceux muscles, être excités, chcngés et suspendus des influences ou excitations extérieures. C'esio* qu'O.-F. Mueller, Wrisberg, Spallanzani et très ont reconnu dans dos iufnsoires. Ces ariim»"^ se meuvent avec vivacité à une chaleur modère».
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
j, aa froid, leurs mouvements deviennent
lents et finissent par s'arrêter. Spallanzani a les animalcules infusoires qu'il avait exposés
exhalaisons du camphre, ee mouvoir d'une lière plus vive et se retirer au l'oud de l'eau : id les exhalaisons étaient très-fortes , les moulents cessaient, et les animaux périssaient. L'adm d'acides , de sels , d'alcool , dans les infus, suspendait également les mouvements de ï-ci et les faisait périr. Le même effet a lieu ii , d'après les expériences de Spallanzani , ni on expose les infusoires à la vapeur de l'es-
e de térébenthine, à la fumée de tabac, à la 3ur du soufre. Gruilhuisen a trouvé que l'assa Ja ajoutée à une infusion mettait les infusoires s une agitation extrême pendant plusieurs mies, qu'ensuite ils redevenaient peu à peu plus iquilles , et qu'ils continuaient à vivre. Une inon saturée d'écorce de châtaignier sauvage pro- ;it le même effet sur eux. Une infusion de tabac ipagne changea leur mouvement ordinaire en
rotation rapide sur leur axe longitudinal , qui les empêchait pas de rester toujours fixés au :ne point. Cette rotation cessait au bout de Qze à vingt minutes , et les animaux se remelnt à nager en tous sens , comme par le passé, j goutte de dissolution de camphre versée dans
infusion pleine d'animalcules , les tua tous en Iques minutes, après les avoir fait tournoyer eux-mêmes. La teinture d'opium étendue les )pait de stupeur , et leur faisait faire la culbute, laudanum pur leur causait la mort en peu de jndes. Des rolifères vécurent long-temps dans ; dissolution d'opium : ils tombèrent bien dans tupeur , mais revinrent bientôt à eux , quand on r donna de l'eau fraîche. Les acides , le sel ma- , les dissolutions d'alcalis , le sucre, le sirop, cool , l'infusion de noix de galle, tuent rapident les infusoires.
.orsqu'on fait passer un courant électrique à rers une infusion , les animalcules ne périssent ut ; mais ils sont tués par une forte étincelle, ume l'ont observé Saussure , Moscati et Spalzani. Gruithuisen a vu les infusoires chanceler is leurs mouvementsaprès qu'il eutdéchargé une iteille de Lejde dans une infusion. Il a trouvé si que ces auimaux périssaient dans des gouttes au au milieu desquelles étaient plongés les pôd'une pile galvanique , surtout lorsqu'ils se raptchaienl de l'un ou de l'autre pôle. Ils termient leur vie en sautillant et faisant la culbute, st un fait connu , et prouvé par des expériences nbreuses, que les mouvements des polypes, i méduses , des enlozoaires qui ont été indiqués 18 haut , et des planaires, peuvent être excités ^ la chaleur, par des stimulations mécaniques "himiques de diverse espèce , et par l'électricité , t ordinaire, soit galvanique.
Mais comme ces animaux se meuvent aussi d'une liiière spontanée, que leurs mouvements ne it point uniquement excités par des influences dehors, et que la direction de ces mouvements réglée par eux-mêmes , il faut bien que des sti- ■ lations internes soient également capables d'en oduire. Cependant on n'a pas plus reconnu ,
chez ces animaux , de système nerveux que de fibres musculaires. Les physiciens admettent que la substance nerveuse s'y trouve encore disséminée ou fondue dans le tissu muqueux. Nous ignorons comment sont produites là les stimulations excitatrices des mouvements.
On ne connaît point encore les changements qui s'opèrent dans le tissu muqueux pendant la production des mouvements. Il est vraisemblable qu'ils consistent en une condensation et une augmentation de cohérence opérées par la stimulation. Mais on ignore comment ou par quoi cet effet peut résulter de stimulations externes ou internes. Il parait que , dans la contraction du tissu muqueux , un liquideque ce tissu contient, soit dans sa trame, soit dans des conduits spéciaux, se trouve poussé vers les parties non contractées, dans lesquelles il détermine une intumescence , que nous avons eu occasion d'observer à un degré si prononcé dans les bras ou tentacules des polypes et des raédnsaires. Dans les médusaires , et aussi les actinies , qui cependant offrent déjà des fibres musculaires , on rencontre également un système vasculaire plein de liquide , communiquant avec les tentacules , comme je l'ai découvert dans les astéries , les oursins et les holothuries, et par le moyen duquel s'exécutent le redressement et l'intumescence des pieds de ces auimaux. Les recherches des physiciens n'ont rien appris encore sur la question do savoir si Ja propriété qu'a le tissu muqueux de se contracter sous l'influence d'un stimulus est identique, pour l'essence, avec la coniraclililé des fibres musculaires des autres animaux, ou si elle en est seulement une modification , ou enfin s'il faut la considérer comme une force d'espèce particulière. Peut-être les stimulations excitatrices des mouvements produisent -elles , dans les atomes de la masse du lissu muqueux , une condensation semblable à celle que l'influence nerveuse détermine dans les globules de la fibre musculaire des autres animaux. Ce qu'il y a de certain , c'est que la contractilité du tissu muqueux est mise en jeu par des excitations, comme la contractililé musculaire, et que ces deux phénomènes vitaux sont entièrement différents des effets de l'électricité et de tous les autres mouvements mécaniques.
Les physiologistes se sont livrés à de longues controverses sur la question de savoir si le lissu cellulaire qui entre dans la composition des autres animaux pourvus de muscles est doué d'une faculté vitale de contraction. On ne peut disconvenir que le tissu cellulaire des animaux vivants n'ait la propriété de se contracter et de se condenser, quoique souvent avec lenteur et d'une manière à peine sensible. Se trouve t-il dans l'état de distension , est-il plein de liquide , et la cause qui détermine son expansion vient-elle à être écartée, ou le liquide à cire éliminé , il revient peu à peu sur luimême, et reprend la position qu'il occupait précédemment. Il offre aussi des phénomènes de resserrement dans les plaies. Ou en observe également dans les membranes formées de tissu cellulaire, les séreuses, les synoviales et les muqueuses, mais principalement dans les conduits excréteurs des glandes, dont les liquides sécrétés procurent la dis-
TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
lonsion, et qui, après l'cvaciialion de ces humeurs, reviennent sur eux-mêmes el diminuent do calibre. Les phénomènes de la contraclilitc ne sont pas moins manifesles dans le tissu de la |>eau. On les observe de même dans les parois des artères , des veines et des lymphatiques j le diamètre de ces vaisseaux dépend du degré auquel ils sont remplis de liquides; si ces derniers viennent à être évacués pendant la vie, les canaux se rétrécissent et se conlraclent; quand on les coupe en travers, les deux bouts s ecartenten sens opposé et avec plus de force qu'après la mort. Ces phénomènes de contraction, que l'on remarque dans un grand nombre de tissus non musculeux, ont été regardés par quelques physiologistes comme des effets purs de l'élasticité. Mais ce qui prouve qu'on ne doit pas les rapporter à une pareille cause, c'est qu'ils disparaissent au moment de la mort, ou peu da temps après. D'autres physiologistes ont vu. en eux des effets de la contraclililé musculaire. A cetteautre hypothèse on peut objecter que la contraction n'est point déterminée par les mêmes slimutations que celles qui la provoquent dans les muscles vivants, et qu'elle n'est point accompagnée, comme dans ce dernier cas , d'oscillations suivies d'une extension bien prononcée. Plusieurs physiologistes qui distinguaient les mouvements qu'on aperçoit dans ces tissus , tant des effets de l'élasticité que des mouvements produits par des muscles , les regardaient comme des phénomènes "vitaux d'espèce à part, et leur donnaient le nom de mouvements toniques: ils appelaient ton , tonicité, ou conlraclilité organique insensible, la force qui les produit. J'examinerai amplement ce point de doctrine lorsqu'il sera question des manifestations de la vie chez l'homme. Tout ce que je puis dire ici, c'est que le tissu cellulaire, les membranes qui en sont formées, et les parois des arlères , des "veines, des vaisseaux lymphatiques et des conduits excréteurs des glandes , sont également doués d'une faculté contractile qui diffère de l'élasticité. L'analogie vient à l'appui de cette assertion , puisque c'est par une faculté semblable que se meuvent les animaux uniquement composés de tissu muqueux.