‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 2)Chapitre 118 sur 329 · H20 = CO · texte numérisé non relu

H20 = CO

AzH— CO Ac. allanturique.

AzH2 Urée.

AzH 2

+ CO

AzH2

Urée.

CO.OH Ac. glyoxylique.

CO.OH

CO.OH Ac. oxalique.

AzH2

CO

Urée.

CO.OH

Ac. glycolique.

CO.OH Ac. glyoxylique.

plus importants de ces corps seront étudié plus loin.

PRODUITS DE DÉSASSIMILATION.

Réactions caractéristiques de Tacide urique. — 1° Mettre un peu de la suh- ^^tance à examiner dans un verre de montre, jijouter deux gouttes d'acide nitrique, chauffer et évaporer à siccité. Si la substance est de l'acide urique, elle se dissout dans l acide nitrique et donne par l'évaporation un résidu jaune, puis rouge, qui devient rouge pourpre si on y ajoute une goutte d'ammoniaque caustique, et bleu violet si on ajoute de la soude ou de la potasse {réaction de la mia-exide). — 2° Dissoudre la substance à examiner dans un peu de solution de soude, et liltrer ; ajouter au liquide du chlorhydrate d'ammoniaque en excès ; il se fait un précipité d'urate d'ammoniaque qui, par l'addition d'acide ohlorhydrique, laisse déposer des cristaux d'acide urique. — 3° Une solution alcaline d'acide urique ou d'urates réduit le nitrate d'argent; si on met sur un papier imprégné de nitrate d'argent une goutte de liquide contenant de l'acide urique, il se forme une tache jaune ou noire (fi. <ie Hchiff). — 4» Si ou ajoute à une solution iodée d'hypochlorite de sodium un peu de solution d'acide urique, il se produit une coloration rosée qui disparait par un excès de soude {R. de Dietvich). —5° En chauffant avec la liqueur de Barreswill (voir : p. 136) une solution alcaline d'acide urique ou d'urates, il se précipite de l urate d'oxydule de cuivre blanc et de l'oxydulc de cuivre rouge; ce précipité peut être confondu avec celui que donne le glucose avec la même liqueur. — 6° Examen microscopique des cristaux.

Dosage de l'acide urique. — On précipite l'acide urique par l'acide chlorhydrique concentré, on recueille le précipité et on le pèse. Fokker et Salkowski ont modifié ce procédé. Le procédé de Fokker est basé sur l'insolubilité de l'urate acide d'ammoniaque. Celui de Salkowski, le plus exact de tous, mais uu peu long et délicat, a pour principe la précipitation de l'acide urique à l'état d'urate double d'argent et de magnésie. Je renvoie pour ces deux procédés aux mémoires originaux.

Synthèse de Tacide urique. — Horbaczewski a réalisé la sj'nthèsc de l'acide urique en chauffant à 220» un mélange de glycocolle et d'urée ; une molécule de glycocolle s'unit à trois molécules d'acide cyanique (formé aux dépens de l'urée) avec perte de deux molécules d'eau : C^H'iAzOi + 3CAzOH = CSH-Az-O^ + 2H20.

Constitution et formule de l'acide urique. — On peut considérer l'acide urique, en se basant sur ses produits de décomposition, soit comme une uréide, c'est-à-dire un dérivé de l'urée, soit comme une cyamide, c'est-à-dire comme un dérivé de la cyanamide CAz.AzH-. La première hypothèse explique mieux tous les faits. On a proposé de nombreuses formules de constitution de l'acide urique; je me contenterai de donner les principales :

CO.AzH.CAz

CH.OH

CO.AzH.C.Vz Biiever.

Az— CAz— AzH— CH2 CO— AzH— CAz

AzH CO

CO HCAz = C = AzH

I I AzH CO

CO

AzH— CO

Sti-ecker.

AzH CO

CH— OH

-CO CO— AzH— CAz Kolbe.

AzH C-

CO

AzH-

CH.Az^

-CO

CAz

Erlenmayer.

AzH-

Mulder,

AzH

^CO ^CO ÀzH

FiUig.

Les dernières formules d'Erlcnmayer, Mulder et surtout de Fitlig expliquent assez bien tous les faits. Mais la suivante, proposée par Médicus, et admise par Wislicenus, Grimaux, etc., parait répondre encore mieux aux réactions de l'acide urique. On le considère comme contenant un noyau tricarboné avec deux restes d'urée un diwéide : '

—CD AzH AzH— CO

— C— AzH Noyau tricarboné. Reste d'urée.

CO C— AzH\

I II >co

AzH— C— AzIK Ac. urique.

C'est cette formule de Medicus qui explique le mieux la synthèse de l'acide urique aux dépens du glycocoUe et de l'urée.

Existence dans l'organisme. — L'acide urique se trouve dans l'urine, en grande partie à l'état d'urates alcalins, et surtout à l'état d'urate acide de sodium qui constitue presque en entier les sédiments rougeâtres de l'urine (ûg. 43). Une petite quantité d'acide urique libre paraît aussi exister dans l'urine, et peut se déposer à l'état cristallin (fig. 44). Dans les excréments des oiseaux, l'acide urique est en grande partie à l'état libre. L'acide urique et les urates se rencontrent encore dans la gravelle, les calculs urinaires, les dépôts goutteux articulaires, etc. On a constaté aussi la présence de traces d'acide urique (probablement à l'état d'urates alcalins) dans le sang, les reins et quelques organes, rate, poumons, foie, cerveau, suc musculaire, et dans un certain nombre de sécrétions (salive, mucus nasal, pharyngé, bronchique, utéro-vaginal ; Boucheron).

Origine et mode de formation. — L'origine et le mode de formation de l'acide urique sont encore entourés de beaucoup d'obscurités. On sait, à n'en pouvoir douter, qu'il est un produit de désassimilation des substances albuminoïdes (1); mais desquelles provient-il? Quels sont les produits intermédiaires? Dans quels organes se forme-t-il ? Autant de questions auxquelles il est à peu près impossible de répondre. Je vais passer successivement en revue les différentes hypothèses faites sur ce sujet.

1° L'analogie de formule que l'acide urique présente avecla xanthine, lasarcine et la guanine a fait supposer qu'il provenait de ces substances par oxydation. En effet la guanine et la sarcine se transforment en xanthine si on les traite par l'acide nitrique, et si la transformation de la xanthine en acide urique n'a pu être encore obtenue artificiellement, on a obtenu la transformation inverse; Rheineck en traitant l'acide urique par l'amalgame de sodium a obtenu, par réduction, de la sarcine et de la xanthine (2). Du reste les produits d'oxydation de ces corps, acide parabanique, acide oxalurique, urée, sont les mêmes que ceux de l'acide urique. Il semblerait donc que, dans ce cas, ces corps représentent des degrés successifs d'oxydation qui aboutiraient finalement à l'acide urique (voir : Xanthine, Sarcine, etc.).

2° Les amides-acides de la série grasse, leucine, glycocolle, asparagine, l'acide aspartique se transforment en acide urique chez les oiseaux (v. Knieriem). On verra plus loin dans quelles conditions paraît se faire cette transformation.

3° W. Schrœder a vu que chez les poulets le carbonate et le formiate d'ammoniaque sont utilisés pour la formalion de l'acide urique, tandis que quand on leurfait ingérer l'ammoniaque à l'état de sulfate ou de chlorhydrate, le sel ammoniacal reparaît tel quel dans les excréments et dans l'urine. Cette intervention de l'ammoniaque dans la formation de l'acide urique ne peut se comprendre que comme

^l) K. B. Hofmann cite à ce propos le fait suivant : sur un cadavre enterré depuis deux mois, la peau de la face, le foie et la muqueuse de l'estomac étaient couverts de taches hianches constituées par des cristaux d'acide urique. {Lehrbuch der Zoochemie, 1879, p. 519.)

(2) Il y a des réserves à faire au sujet de cette expérience exécutée dans le laboratoire de Strecker en 18(54, et dont le résultat n'a pas été confirmé depuis. (Voir : Henninger, Des îiréides, thèse, 1878, p. 78.)

PRODUITS DE DÉSÂSSIMILATION. 251

im processus synlhétique. 11 faudrait donc admettre dans ce cas deux stades dans la formation de l'acide urique aux dépens des albuminoïdes, un stade d'oxydation, un stade de synthèse.

4° Chez les oiseaux, l'urée manque presque complètement dans l'urine et est remplacée par l'acide urique. Un fait remarquable constaté d'abord par C. Cech et vérifié depuis par H. Meyer et M. Jaiïé, c'est que, si on donne à des poulets de l'urée, celte urée ne se retrouve pas dans les excréments; Meyer et Jaffé ont constaté en outre que chez ces animaux la quantité d'acide urique était augmentée après l'ingestion d'urée. Il semble donc que, chez les oiseaux du moins, l'acide urique puisse provenir, en totalité ou en partie, de l'urée formée dans l'organisme, soit directement, soit après sa décomposition en acide carbonique et ammoniaque, ce qui paraît moins probable.

5» On a vu phis haut que la synthèse de l'acide urique a été obtenue en mettant en présence du glycocolle et de l'urée. On peut se demander si un processus analogue ne se passe pas dans l'organisme et si le glycocolle et l'acide glycocholique ne doivent pas être regardés comme des prédécesseurs de l'acide urique. Il faut cependant remarquer que jusqu'ici aucun fait expérimental ne vient à l'appui de cette opinion.

S'il y a, comme on le voit, tant de doute sur le mode de formation de l'acide urique, on est un peu mieux au courant sur les conditions qui influencent en plus ou en moins sa production, et les causes qui en déterminent l'augmentation dans les cas pathologiques sont aujourd'hui assez bien connues. Au point de vue expérimental on a obtenu aussi quelques résultats intéressants. Schultzen a vu chez des poulets l'ingestion de la sarcosine empêcher la formation de l'acide urique qui se trouve remplacé alors par des produits plus solubles. 11 y a là un fait intéressant au point de vue physiologique et qui, s'il se confirme, pourra devenir susceptible d'applications. L'acide benzoïque, l'acide quinique, l'acide salicylique au contraire augmentent la proportion d'acide urique (Meissner). Les inhalations d'oxygène (Eckhard, Rilter) et de protoxyde d'azote (Rilter), le sulfate de quinine (Ranke), le 7'égime végétal, etc., diminuent la proportion d'acide urique. Un régime fortement aiiimalisé, une alimentation abondante, augmentent sa quantité dans l'urine. Pour l'intluence du mouvement musculaire, voir : Influence du mouvement musculaire sur la nutrition.

En résumé, d'une façon générale, tout ce qui diminue l'activité des oxydations avorise la production de l'acide urique; aussi regarde-t-on ordinairement l'acide urique comme un produit d'oxydation incomplète des matières albuminoïdes, les oxydations n'étant pas assez actives pour aboutir au dernier terme de la désassimilation des albuminoïdes, l'urée. La présence de l'acide urique dans les excréments des reptiles vient à l'appui de cette théorie; mais elle est en contradiction avec ce qui se passe chez les oiseaux, chez lesquels Turée est remplacée par l'acide urique et qui se distinguent pourtant par l'activité de leurs oxydations intra-organiques. Du reste Frânkel et Senator, en déterminant chez le chien une respiration insuffisante, n'ont pas constaté d'augmentation correspondatite de la quantité d'acide urique. Cazeneuve a observé aussi chez les oiseaux que les variations dans l'intensité de la respiration n'influençaient pas les rapports réciproques de l'acide urique, de l'urée et de l'ammoniaque.

Lieu de formation de l'acide urique. — Le lieu de la formation de l'acide urique est encore indéterminé, quoique des expériences récentes aient donné sur ce point quelques indications assez précises. On l'a placé succès-

sivement dans le rein, le foie, la rate, les globules blancs, les tissus connectifs, etc. J'examinerai successivement les principales hypothèses.

1° Rein. — Zalewski a cherché à soutenir cette opinion par une série d'expériences sur les oiseaux et les reptiles. Après la ligature de l'uretère, il se forme des dépôts d'acide urique dans le rein et dans d'autres organes, tandis qu'après la néphrotomie ces dépôts sont très peu prononcés; en outre, d'après lui, on ne trouverait pas d'acide urique dans le sang de ces animaux à l'état normal. Mais Meissner a montré que cet acide urique y existe en réalité, seulement il faut prendre des quantités de sang plus considérables que celles qu'avait essayées Zalewski, et l'analyse chimique est très délicate. PawlinofT, d'autre part, a constaté qu'après la ligature des vaisseaux du rein, les dépôts d'acide urique continuent à se faire dans les autres organes et que le rein en est tout à fait exempt, preuve certaine que le rein n'est pas le Heu de formation de l'acide urique et ne sert qu'à éliminer cet acide à mesure qu'il lui est apporté par le sang. Les mêmes dépôts se produisent après l'extirpation du rein (Schrôder), la ligature de l'uretère (Colasanti), contrairement aux assertions de Zalewsky. Cependant Garrod admet encore que l'acide urique est formé dans le rein à l'état de sel ammoniacal et dans des cellules spéciales.

2° Foie. — Meissner place le siège principal de la formation d'acide urique dans le foie pour les oiseaux et les reptiles, tandis qu'il formerait de l'urée chez les mammifères. Cette opinion de Meissner trouve un appui dans les expériences de 0. Minkowski sur les oies. Après l'extirpation du foie chez ces animaux, il a constaté dans l'urine une diminution de l'azote et de l'acide urique et une augmentation d'ammoniaque. L'acide urique, qui à l'état normal représente 60 à 70 p. 100 de l'azote total de l'urine, n'en représentait plus que 3 à 6 p. dOO chez les oies à foie extirpé, et il en conclut que la plus grande partie de l'acide urique éliminé se forme dans le foie.

3° Rate. — Ranke le fait provenir de la rate, et se base sur ce fait que la quinine, à fortes doses, diminue la quantité d'acide urique et sur les cas de leucémie splénique avec augmentation d'acide urique ; mais l'extirpation de la rate ne fait baisser en rien la proportion d'acide urique de l'urine (Cl. Bernard), et, sauf les cas mentionnés ci-dessus, l'acide urique ne se trouve pas en plus grande quantité dans l'urine dans les maladies de la rate.

4° Tissus connectif's. — La présence de l'acide urique dans les tissus périarticulaires des goutteux et spécialement dans les cartilages a fait placer son lieu d'origine d-ans les tissus connectifs sans qu'aucune expérience directe soit venue appuyer cette assertion.

5° Sang. — PawlinofT croit qu'il provient surtout des vaisseaux, ou autrement dit du sang; après la ligature des uretères, les dépôts d'urates partent des vaisseaux lymphatiques et sanguins; d'après lui, l'acide urique se trouverait dans le sang sous la forme d'urate de sodium neutre qui est beaucoup plus soluble que le sel acide ; cet urate neutre est facilement décomposé par l'acide carbonique (des tissus) et transformé en sel acide moins soluble qui se dépose. La proportion d'acide urique et d'urates dans le sang et dans l'urine serait, d'après Treskin, en rapport avec l'alcalinité du sang ; les alcalis décomposent énergiquement l'acide urique tant en solution alcaline que dans l'organisme animal; ainsi chez le pigeon, l'addition de carbonate de soude fait baisser de moitié la quantité d'acide urique des excréments; c'est chez les oiseaux dont le sérum est faiblement alcalin que l'on trouve la plus forte proportion d'acide urique, tandis que chez les herbivores dont le sang est très alcahn, il n'y a que peu ou pas d'acide urique.

Les relations de l'acide urique avec la quinine, la sarcine, la xanthine et l'existence de ces différents corps dans les glandes, les elandes vasculaires sanguines, les muscles, ont conduit aussi à voir, sans preuvss sulfisantes, dans ces divers organes, le siège de la formation de l'acide urique. Il est beaucoup plus probable, comme l'admettent Schrôder et Colasanti, que cette production a lieu dans tous les tissus et tous les organes, peut-être seulement avec plus d'intensité dans certains endroits, tels que le foie par exemple.

Décomposition de l'acide urique et son élimination. — Il est à

peu près certain qu'il se forme dans l'organisme plus d'acide urique qu'il n'en est éliminé par les urines. Une partie de l'acide urique formé est éliminé tel quel sans moditîcation à l'état d'acide urique et d'urates. Une autre partie est transformée, oxydée probablement, et éliminée sous une autre forme. Il y a donc deux questions à étudier : 1° quelles sont les transformations, quels sont les produits de décomposition de l'acide urique dans l'organisme? 2° quelle est la proportion d'acide urique transformé par rapporta la proportion d'acide urique non décomposé ?

Les décompositions de l'acide urique produites artificiellement dans les laboratoires donnent des indications précieuses sur les décompositions qu'il doit subir dans l'organisme. Les principales de ces décompositions ont été étudiées plus haut et parmi les produits de ces décompositions, il en est un certain nombre qui se retrouvent dans l'organisme, soit à l'état normal, soit à l'état pathologique, et qui par conséquent peuvent être considérés à juste titre comme pouvant provenir de l'acide urique. Tels sont l'allantoine, l'alloxane, l'urée, etc., produits qui seront étudiés plus loin (voir : Urée, Allantohie, Alloxane). Mais les termes finaux des décompositions de l'acide urique paraissent être l'urée, l'acide carbonique et l'eau. L'injection d'acide urique dans le sang ou son introduction par l'intestin chez les mammifères augmente la quantité d'urée dans l'urine (Frerichs et Wohler, Neubauer, Stokvis), et ces faits, contredits par Gallois, ont été confirmés par les expériences de Zabelin.

Quant à la dernière question posée au début de ce paragraphe : quelle est la proportion d'acide urique transformée eu égard à la proportion d'acide urique non décomposé, il est impossible d'y répondre dans l'état actuel de la science.

Rôle physiologique de l'acide urique. — Ce rôle est celui d'un simple produit de désassimilation. Quant à son rôle pathogénique, malgré son importance, il n'entre pas dans le cadre de ce livre.

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