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CHAPITRE PREMIER

SANG

Procédés pour recueillir le sang. — Chez l'homme, on se procure facilement du saufr, soil par des picpircs dans divers points de la peau (doigts (1); coude, oreille, etc.), si l'on n'en veut que de petites quantités pour l'e.Kamen microscopique, soit, si l'on en veut de plus grandes quantités, par l'application d'une ventouse, d'une sangsue artificielle, ou par une saignée. Chez les mammifères et chez les oiseaux, on peut en recueillir de la même façon; mais il vaut mieux, après avoir fixé l'animal, mettre à nu une artère ou une veine et y introduire une canule. Le chien et le lapin peuvent supporter, sans que la mort s'ensuive, une perte de sang du cinquantième de leur poids. Pour les amphibies, grenouilles, tritons, salamandres, etc., on fixe l'animal sur une planchette en position dorsale, on enlève la paroi thoraciqui- antérieure pour mettre à nu le cœur et on incise cet organe en recueillant le sang qui s'écoule dans une capsule ; il fjiut avoir la précaution d'essuyer auparavant l'animal avec un linge et d'absorber l'humidité de la peau avec du papier à filtrer. Un procédé plus expédilif est de décapiter simplement l'animal. Poui' les grenouilles, on peut déjà avoir une certaine quantité de sang en incisant la grande artère cutanée qui naît du troisième arc aortique avec l'artère pulmonaire et se trouve derrière le tympan. Le sang des poisso7is s'obtient par la simple inci.sion des branchies. Pour les crustacés et les mollusques, il suffit de mettre à nu et d'inciser le cœur. On peut aussi se procurer quelques gouttes du sang des insectes, en prenant quelques précautions; il faut être prévenu que, comme on le verra plus loin, le sang, chez beaucoup d'animaux inférieurs, n"a pas la coloration rouge ([u'il a chez les vei'léhrés.

Procédés pour constater la réaction alcaline du sang. — Comme la présence de la matière colorante du sang empêche de constater sa réaction quand on le met dii'ectement en contact avec le papier de tournesol, il faut prendre des précautions indispen-

(1) La piqûre doit ôtre faite près de l'ongle sur la face dorsale, comme le recommande Malassez; pour avoir une plus grande quantité dt^ sang, on applique un petit cordon de caoutchouc autour de la racine du doigt pour faire aftluer le sang dans l'extrémité. On peut obtenir ainsi près de 2 centimètres cubes de sang.

SANG

sables. La teinluro de tournesol doit être préparée de façon à avoir le maximum de sensibilité. I^lusieurs procédés ont été employés pour rechercher la réaction du san;?. Kïihne le soumet d'abord à la dialyse dans une sorte de petite capsule de parchemin végétal. Liebreich emploie des lames poreuses de gj'pse ou dargile imprégnées de teinture de tournesol rouge et en enlevant par un courant d'eau les globules qui restent sur la lame, ou constate la présence d'une tache bleue. Au lieu de lames poreuses, Zuntz emploie du papier de soie imbibé de tournesol et d'une forte solution neutre de chlorure ou de sulfate de sodium; il laisse tomber une goutte de sang sur ce papier et enlève le sang au bout de quelques secondes avec du papier à filtrer. On a employé, pour titrer l'alcalinité du sang, racid(> phosphorique (Zuntz) ou l'acide tartrique (Lassar, Lépine).

Procédé pour constater la densité du sang. — Le procédé suivant a été imaginé par Roy. Il dépose avec une pipette une goutte de sang dans un mélange de glycérine et d'eau de densité connue; si la goutte reste en place sans monter ni descendre, c'est qu'elle a exactement la densité du mélange. En essayant ainsi successivement avec des mélanges de densité différente et détenninée d'avance on peut apprécier facilement la densité d'un sang donné.

Anatomiqiiemeni le sang est un liquide tenant en suspension des globules ou un tissu de globules avec une substance intercellulaire liquide. Pkysiologiquement, il est l'intermédiaire entre les tissus superficiels (épithéliaux) et l'extérieur d'une part, et les tissus profonds de l'autre (ûg. 87); il reçoit dans son sein les matériaux de nutrition et les matériaux de déchet et porte les premiers des tissus superficiels aux tissus profonds, les seconds des tissus profonds aux tissus superficiels.

Le sang est un Hquide alcalin, d'une couleur rouge qui varie du rouge vermeil au rouge foncé, d'une odeur spéciale, d'une saveur salée, fade et nauséeuse; il se coagule plus ou moins rapidement après sa sortie des vaisseaux; son poids spécifique est de 1,045 à 1,075.

Valcuîimté du sang répond à celle d'une solution titrée de soude à 0,2 — 0,4 p. tOO. Elle peut diminuer dans certains étals pathologiques. Elle est plus faible dans le sang veineux que dans le sang artériel (Lépine). Elle peut augmenter légèrement par l'ingestion continue de fortes doses de soude. Lloyd Jones a étudié la densité du sang par le procédé de Roy. C'est à la naissance que le sang a son maximum de densité ( 1 ,066) ; cette densité diminue ensuite pour remonter à partir de la deuxième année jusqu'à la vieillesse sans cependant jamais atteindre le maximum de la naissance. La densité est plus faible dans le sexe féminin ; elle diminue par l'alimentation, par l'exercice musculaire (sauf dans le cas de sueurs trop abondantes. Elle est plus grande dans la grossesse).

Le sang est constitué par les parties suivantes :

1° Parties solides ou globules.-! ^

( globules blancs, \ cailloL;

2" Partie liquide ou plasma. . . . * ^'l'"''"'' P^'^^'' coagulable )

( sérum,

3° Gaz du sang.

Beaunis. — Physiologie, 3c édition.

Article I". — Globules.

§ l*"^. — Cilobule.s rougres.

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