LES FORMES DE LA VIE
trouve d'analogies entre la vie animale et la vie végétale et plus les théories dualistes de la vie perdent du terrain. A chaque instant des laits curieux et inattendus viennent multiplier les points de contact entre les deux règnes. C'est ainsi que certains arbres, le pelo de vaca de Vénézuéla (arbre de la vache), le masaranduba du Brésil fournissent un suc qui par ses propriétés physiques et sa composition chimique se rapproche beaucoup du lait. Les plantes carnivores présentent un exemple encore plus curieux ; les recherches de Darwin et de quelques autres naturalistes ont montré que certaines plantes, et en particulier les droséracées, fournissent un suc qui a la propriété de digérer les insectes et les matières animales qui sont en contact avec leurs feuilles.
11 paraît y avoir dans ces cas, non seulement une simple dissolution mais une digestion véritable et qui semble profiter à la nutrition de la plante. Francis Darwin a fait des expériences comparatives sur le Drosera rotondifolia ; il a vu que les plantes nourries ainsi avec de la viande cuite déposée sur les feuilles étaient plus vigoureuses que les plantes à la diète et contenaient un poids de graines presque quadruple. Gorup-Besanez a constaté dans les graines de vesce, de cannabis saliva, de linum usitatissiinum, dans le malt, dans le suc des urnes de népentJws, la présence d'un ferment qui digère les albuminoïdes et serait identique à la pepsine. Du reste des recherches récentes montrent que tous les phénomènes de la digestion qui existent chez les animaux (digestion des albuminoïdes, des graisses, des hydrocarbonés) peuvent aussi se présenter chez les plantes.
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