‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 2)Chapitre 212 sur 329 · I. — DIFFUSION DES LIQUIDES · texte numérisé non relu

I. — DIFFUSION DES LIQUIDES

Procédés. — Quand il s'agit de deux liquides do densité différente, on place dans une épi'ouvette le liquide le plus léger et ou fait arriver au fond de l'éprouvette le liquide le plus lourd avec une pipette terminée par un long tube fin. Grahani employait aussi un autre procédé; il mettait le liquide à étudier dans un petit vase cylindrique, et le plaçait ensuite dans un réservoir plus grand dans lequel il versait de l'eau pure de façon qu'elle dépassât légèrement le bord supérieur du petit vase. Beilstein a employé un procédé un peu différent. — Pour suivre le processus de diffusion, on recueille avec une pipette le liquide dans les différentes couches à des intervalles déterminés. Pour éviter toutf agitation de liquide, Ludwig remplace le fond du vase le plus grand par un bouchon dans lequel sont engagés des tubes étirés et soudés à leur partie inférieure; ces tubes atteignent par leur extrémité supérieure à des hauteurs différentes de façon à correspondre aux diverses couches qu'on se propose d'examiner, il n'y a alors qu'à briser à un moment donné l'extrémité inférieure fermée du tube pour recueillir le liquide dr telle ou telle couche. Au lieu d'employer ces tubes étirés et soudés, on pourrait employer des tubes munis de robinets ou de pinces comme les burettes de Mohr, ce qui permettrait de recueillir plus facilement et n'importe à quel moment le liquide des ditférentes couches. — Pour étudier les diff'érences de densité des diverses couches liquides Fick et Bcez se sont servis de sphères ou de triangles de verre d'un poids déterminé et attachés au bras d'une balance; la densité du liquide se déduisait des poids qu'il fallait ajouter sur l'autre plateau pour faire équilibre au petit appareil. — Hoppe-Seyler emploie pour les substances douées de pouvoir rotaloire (sucre, albumine, gomme, etc.) un appareil n(nq)osé d'une cuve carrée en verre dans laquelle on peut explorer, à Vakh' d'un sacchariniL'tre qui peut s'élever ou s'abaisser, chacune des couches liquides du mélange et mesurer son pouvoir rotatoire (11.

Uuaiid deux liquides miscibles sont eu contact immédiat, ces deux liquides se mélangent peu à peu au bout d'un certain temps.

Les conditions de la diiïusion des liquides ont été surtout bien étudiées par Graham. Les conditions principales qui influencent la diflusion sont les suivantes ; 1° Nature des substances; les acides diffusent très rapidement, les sels acides plus rapidement que les sels neutres, les sels alcalins, le glucose plus lentement, la gomme, l'albumine, les colloïdes beaucoup plus lentement encore;

2° La chaleur accélère la diffusion spécialement pour les substances peu difïusibles ;

(I) Hoppe-Seyler : Physiol. Chemie, p. 145.

PHYSIOLOGIE DES TISSUS GONNECTIFS. 'i'^O

3° Pour une même substance, la diffusion est à peu près proportionnelle à la quantité de cette substance que contient la solution employée; quand deux solutions sont en présence, plus leur dififérence de concentration est grande, plus la ditfusion est intense ;

4° La répartition de la matière ditlusée dans les différentes couches se fait en général d'une manière assez uniforme; d'après Graham, la concentration des couches diminue en progression géométrique avec la hauteur de ces couches. Pour Fick, la diminution a heu en progression arithmétique et la répartition du sol (chlorure de sodium) pourrait se représenter par une ligne droite. Hoppe-Seyier a trouvé une courbe diiférente pour le sucre ;

o" L'addition à une substance peu diilusible d'une substance très diiîusible ralentit la vitesse de dilfusion de la première;

6° Quand deux solutions peu concentrées diffusent l'une vers l'autre, la diffusion de chacune d'ehes se fait à peu près aussi vite que dans l'eau pure;

7° Quand une partie constituante d'une combinaison chimique diffuse plus vile que l'autre, il y a une décomposition partielle ; ainsi, pour l'alun, par exemple, le sulfate de potassium ditluse plus vite que le sulfate d'alumine.

Du reste, la ditfusion n'est pas une simple opération mécanique, Graham, Scheurer-Kestner avaient déjà cité des faits de décomposition chimique et Berthollet avait prouvé que l'eau, dans certains cas, exerce une action chimique proportionnelle à sa quantité; ainsi la solution de bisulfate de potassium est un mélange de bisulfate de potassium, de sulfate de potassium et d'acide sulfurique ; ainsi pour lalbumine du sérum, la diffusion lui enlève son carbonate de soude (A. Kossel).

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