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II. — IMBIBITION

Procédés. — Procédés de Quincke pour démontrer la dhninulion de volume dans rhnhibilion. — Ou place daus un tube à réactif de l'eau distillée purgée d'air et la substance qu'on veut étudier en prenant soin qu'il n'y ciit pas introduction de bulles d'air et on surmonte l'appareil d'un tube capillaire s'adaptant exactement au lu])e à réactif; la baisse du liquide dans le tube capillaire prouve la diminution de volume qui se fait par rimbil)ition.

Procédés pour démontrer <iuc dans /'i)nl)/bition la substance imbi/jée prend plus d'eau que de sel. — 1" Procédé de Ludwig. — On prend une solution saturée froide de sel marin ; a substance imbibée en enlevant de l'eau détermine la cristallisation du sel. — 2° Procédé de Gunninq. — On place dans un vase à précipités une solution saline étendue et des graines de Ij'copode; en plongeant un fragment de vessie bien desséchée dans les couches supérieures du liquide, la vessie absorbe de l'eau et concentre les couches supérieures ; celles-ci augmentant de densité tondieut au fond du vase et il s'établit amsi des courants rendus visibles par les graines de lycopode.

Les lois de l'imbibition des membranes connectives paraissent être à peu près les mêmes que celles de l'imbibition des corps poreux ordinaires, cependant avec quelques restrictions. En effet si l'histologie démontre dans certains tissus conneclifs de véritables lacunes et des canalicules capillaires comparables aux pores des membranes artificielles, il en est d'autres dans lesquels ces- pores sont loin d'être démontrés, II faut donc distinguer ïimbibilion capillaire, dans laquelle le liquide d"imbibition pénètre dans des espaces préforinés, et Vimbihilion moléculaire, comparable au gonflement des colloïdes dans un liquide et dans laquelle le liquide pénètre dans les espaces qui séparent les molécules de la membrane imbibée.

Les conditions de l'imbibition sont les suivantes :

1° P:ile dépend de la nature même do la membrane ou du tissu ; ainsi la cornée s'imbibe plus que le cartilage. Certains procédés d'histologie sont basés précisémont sur la capacité différente d'imbibilion de tel ou tel élément pour les matières colorantes;

2° La nature du liquide n'a pas moins d'influence. Les tissus connectifs ont une affinité très grande pour l'eau pure, moindre pour les substances dissoutes dans l'eau et cette affinité varie du reste pour chaque substance pour une membrane donnée. Il résulte de ce fait que dans l'imbihilion, la membrane prend plus d'eau que de sel et que par conséquent le liquide qui imbibe la memlirane sera moins concentré que le liquide primitif; c'est ce que démontrent les recherches de I>ud^^ig et Gunning mentionnées plus haut. C'est ce qui explique pourquoi les transsudations séreuses sont en général moins concentrées que le plasma sanguin. Il semblerait pourtant, d'après Vierordt, y avoir d'autres conditions pour les matières colorantes; mais les expériences de Vierordt ne portent que sur des lames de gélatine qui sont difficilement comparables à de véritables membranes connectives. D'après Gunning, l'imbihilion serait plus forte pour les sels de potasse que pour les sels de soude ;

3" La chaleur favorise l'imbibilion ;

4° Quand une membrane s'est imbibée d'une certaine quantité de liquide, elle ne peut plus en recevoir; dans l'organisme, la limite d'imbibition n'est jfimais atteinte, même pour l'eau ;

0° La quantité d'une solution aqueuse qui sature les membranes est d'autant plus faible que cette solution est plus concentrée ;

6° Les tissus, en s'imbibant de liquide, augmentent de volume, mais cette augmentation ne correspond pas à la quantité d'eau introduite; rimliibition s'accompagne en réalité d'une contraclion comme l'a montré Quincke (Voir plus haut, page 479);

7° L'imbibition peut s'accompagner d'un courant contraire. Ainsi une vessie de bœuf abandonne de l'albumine au liquide extérieur (Gunning).

Buff, Jûrgensen, Heidenhain, Engelmann ont vu que l'imbibition des tissus et des corps poreux s'accompagnait d'un dégagement d'électricité.

m. — FILTRATION.

Procédés. — Pour étudier la filtration, il suilit de disposer ua appareil qui permette de faire varier à volonté la pression sous laquelle le liquide qu'on étudie doit filtrer. On peut employer à cet effet les différents appareils dont le prinripe se trouve dans tous les traités de physique et de chimie et le plus simple est de faire arriver le liquide d'un flacon qu'on peut placer à des hauteurs variables au-dessus delà membi'ane filtrante. On peut faire varier la vitesse du courant à l'aide d'un robinet. Iloppe-Seyler déerit et figure dans sa Chimie p/nj.siolor/iqi/e (p. l.'^G) un appareil très simple qu'on peut employer à cet usage et dont la membrane lillranle est représentée par l'uretère.

Dans la filtration, le liquide traverse la membrane sous une certaine pression; c'est ainsi que le plasma sanguin transsudc à travers la paroi des vaisseaux sous l'influence de la pression sanguine. Naturellement la filtration ne peut se produire que lorsque le liquide peut imbiber la membrane filtrante.

Les conditions qui influencent la quantité de liquide qui filtre et la quantité des substances dissoutes qui traversent la membrane sont les suivantes :

1" Nature de la membrane. — Dans les membranes poreuses, la largeur des pores joue un rôle essentiel; dans les membranes non poreuses et en particulier dans les membranes connectives, c'est la grandeur des interstices moléculaires, et toutes les causes qui modifient cette grandeur peuvent influencer la filtration ; telles sont l'épaisseur, la tension et la nature des membranes. Un fait qu'il importe de noter et qui montre combien les causes d'erreurs sont faciles dans ces expériences, c'est que des parties voisines d'une même membrane, traitées de la même façon, peu-

PHYSIOLOGIE DES TISSUS CONNECTIFS. ''^81

vent donner «les résultais différents (W. Schmidt et Reinhart). Les mômes auteurs ont aussi constaté des différences allant quelquefois de i à 10, suivant qu'on tournait vers l'eau la face superficielle (muqueuse) ou la face profonde delà membrane (Voir plus loin les résultats de Matteucci et Cima à propos de l'endosmose et le rôle des tissus épithéliaux dans l'endosmose).

2" Nature du liquide et de la solution. — D'une façon générale, plus une membrane s'imbibe facilement, plus la fillration est rapide. Les cristalloïdes filtrent beaucoup plus facilement que les colloïdes.

3° La vitesse de la iiltration augmente avec la concentration de la solution ; cette augmentation est d'abord rapide, puis elle se ralentit; par exception, pour quelques sels, comme le salpêtre, la vitesse de filtration, après avoir baissé, augmente de nouveau à partir d'un certain degré de concenlration.

4° La température paraît accroître la vitesse do la filtration.

5° La pression augmente la rapidité de la filtration. Cette influence est une des plus importantes.

6° La vitesse de filtration augmente pendant la durée d'une expérience, probablement par l'élargissement des intci stices moléculaires.

7" En général, en filtrant le liquide, la solution se modifie; cependant beaucoup de solutions salines n'éprouvent pas de modifications; mais oi'dinairement le liquide filtré est moins concentré que la solution primitive et la difi'ércnce entre la concentration de la solution primitive et celle de la solution filtrée est d'autant plus grande que la pression est plus faible, la température plus élevée et la solution primitive moins concentrée. Enfin pour certaines substances, comme le salpêtre, en solutions assez fortes, le liquide filtré est plus concentré que la solution primitive.

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