EAU »— > C. ALCOOL
Fig. 111. — Théorie de V endosmose.
pores qui traversent la membrane (fig. \ H). Si la membrane n'avait pas plus d'affinité pour l'eau que l'alcool, le pore se remplirait d'un mélange d'eau et d'alcool dans lequel s'établiraient de simples courants de diffusion de sens contraires ; mais grâce à l'affinité de la membrane pour l'eau, les parois ab, cd, se recouvrent d'une couche d'eau pure plus ou moins épaisse P, tandis que la partie centrale G, limitée par les lignes ponctuées e/, y/i, contient un mélange d'alcool et d'eau. Dans celle couche centrale, les courants de diffusion s'établissent entre l'alcool et l'eau comme si ces deux liquides étaient en contact immédiat, et il y a deux courants, l'un de l'eau vers l'alcool, l'autre de l'alcool vers 1 eau. Dans la couche pariétale, au contraire, l'affinité de la membrane pour l'eau détermine un courant d'un seul sens, allant de l'eau vers l'alcool. La résuUante totale sera donc un courant principal allant de l'eau vers l'alcool. Si la membrane avait, au contraire, une plus grande affinité pour l'alcool, comme par exemple, une membrane de caoutchouc, le courant principal serait dirigé de l'alcool vers l'eau. Le courant ceniral est soumis aux lois ordinaires de la diffusion ; le courant pariétal est soumis aux lois de l'imbihilion et de la (iltralion. La grandeur relative des deux courants peut varier en outre suivant l'épaisseur de la couche centrale et de la couche pariétale ; si l'affinité de la membrane pour un des liquides est très forte, si les pores sont très étroits, la couche centrale peut même manquer et le courant se faire dans un seul sens.
Il ne peut entrer dans le cadre de ce livre de reprendre un à un tous les fails d'osmose pour voir comment ils peuvent s'expliquer dans cette théorie; mais ce qui est certain, c'est que jusqu'ici elle est encore celle qui en donne la meilleure interprétation. On a fait à la théorie de Brûcke cette objection que les membranes
(1) D'après J. Béclard le liquide qui a la plus forte capacité calorifique se dirige vers* l'autre fiquide et forme le courant prédominant. Mais, pour deux mêmes liquides, le sens de l'osmose peut varier suivant la nature de la membrane.
animales ne sont pas en réalité des membranes poreuses en comprenant le mot pores dans le sens ordinaire, et Robin fait remarquer justement la continuité anatomique des éléments qui constiluent les membranes traversées par des liquides. Mais les molécules de ces membranes sont toujours séparées par des interstices d'étendue variable dans lesquels les liquides pénètrent, comme ils pénètrent dans les pores des membranes poreuses et auxquels peut s'appliquer, avec une légère modification, la théorie de Hriicke. Dans l'hypolhèse de Briicke, la notion de l'é- ({uivalent endosmotique perd de sa valeur, puisqu'il n'y a pas en réalité de rapport essentiel entre les deux coui-ants, aussi s'explique-t-on facilement les variations, et le peu de fixité que présentent les équivalents endosmoliques.
Un point qu'il importe de ne pas perdre de vue dans l'élude des phénomènes d'endosmose, c'est que jamais on n'a affaire à des membranes parfaitement homogènes; on a vu plus haut que des parties voisines d'une môme membrane fournissaient des résultats diiîérenls ; les membranes connectives que nous employons et à plus forte raison celles qui sont pendant la vie le siège de l'endosmose sont formées de couches et d'éléments différents, non seulement au point de vue anatomique, mais encore au point de vue chimique ; les interstices moléculaires de ces membranes présenteront donc dans les divers points des diamètres très différents et les expériences de Traube ont montré en effet que les phénomènes d'endosmose se présentent sous une tout autre forme que dans les expériences ordinaires, quand on emploie des membranes parfaitement homogènes, comme celles qu'il produit aitiliciellemenl (Voir page 378).
Les lois de l'osmose gazeuse seront étudiées à propos de la respiration.
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PHYSIOLOGIE DES ÉPITllÉLIUMS.