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Propriétés physiques des tissus épithéliaux

La consistance du tissu épilhélial, très variable pour les diverses formes de ce tissu, auguiente en général à mesure que l'épithélium est plus exposé aux influences extérieures et principalement à la pression; aussi, c'est à la surface de la peau que cet épilhélium acquiert le plus de dureté, comme on le voit dans les ongles, l'épiderme du talon et, accidentellement, dans les callosités qui se produisent dans la paume des mains chez les hommes astreints aux travaux manuels. L'épithélium intestinal, au contraire, ofl*re une mollesse très grande et se détache par le raclage de la muqueuse sous forme de gelée filante.

La cohésion des lissus épithéliaux est en général assez faible, sauf pour le tissu corné; les ongles, les poils, présentent une assez grande résistance à la distension ; mais cette résistance à la distension est bien plus faible pour l'épiderme oulané ; aussi le voit-on se fendiller quand la distension de la peau est portée trop loin, comme dans la grossesse ou les cas de tumeur abdominale. La résistance à la pression est plus marquée; ainsi l'épiderme du talon supporte tout le poids du corps sans diminution notable de son épaisseur.

V élasticité des tissus épidermiques, comme les poils et les ongles, les seuls pour lesquels on puisse l'apprécier, est très imparfaite. Cependant, dans certaines régions, dans la vessie par exemple, les cellules épilhéliales paraissent douées d'une certaine élasticité et s'accommodent ainsi aux variations de distension de la muqueuse vésicale.

Les tissus épithéliaux sont transparents et laissent passer assez facilement les rayons luniineux : celte propriété optique acquiert une importance exceptionnelle dans le cristallin et sera étudiée avec la vision.

Us sont mauvais conducteurs de la chaleur et de l'électricité, et constituent à ce point de vue une véritable barrière qui diminue la déperdition de chaleur par le rayonnement qui se produit à la surface de l'organisme. Les poils surtout jouent un rôle très important sous ce rapport, surtout chez certaines espèces animales.

Les tissus épithéliaux sont aussi le siège d'une production d'électricité. On a constaté sur la peau et les muqueuses de la grenouille l'existence d'un courant allant de la surface à la profondeur, et les mêmes courants ont été aussi constatés chez l'homme et les mammifères. Ces courants ne dépendent pas exclusivement des glandes, car ils existent aussi sur la peau dépourvue de glandes des poissons (Hermann). Ils paraissent être plutôt une propriété générale du protoplasma.

La capacité d'imb/bition des tissus épidermiques est assez marquée, à moins que ces tissus ne soient recouverts d'un vernis gras, comme sur presque toute la surface cutanée; on sait avec quelle facilité l'épiderme de la paume de la main ou de la plante des pieds (dépourvues de glandes sébacées) se gonfle dans un bain, et l'emploi du cheveu dans l'hygromètre de de

PHYSIOLOGIE DES ÉPITIIELIUMS. ^•''^

Saussure prouve immédiatement le pouvoir hygroscopique des tissus épi- • théliaux.

Les lois physiques de Vendosmose, applicables (ou à peu près), comme on l'a vu plus haut, aux membranes connectives, ne le sont plus exactement aux membranes épithéliales. C'est qu'en elTct, ici, un facteur nouveau intervient, l'activité spéciale de la cellule épithéliale, qui modifie les phénomènes de tiltralion et d'osmose. Il semble y avoir une sorte d'action élective par laquelle certaines substances sont arrêtées au passage, tandis que d'autres traversent facilement les membranes épithéliales. Comme ces membranes forment une couche limitante à la périphérie de l'organisme, cette action élective a la plus grande influence sur l'introduction et l'élimination des substances qui se trouvent en contact avec l'épithélium, soit du côté de l'organisme, soit du côté du milieu extérieur.

Les expériences de Kiiss, Susini, etc., ont montré que les membranes épilliéliales fraîches, vivantes, ne se coinportenl pas de la mènie façon dans les phénomènes de lîltration et d'osmose que les membranes dont l'épithélium est altéré. Ainsi Kuss, Susini, Ségalas, Cazeneuve et Livon ont constaté que la muqueuse vésicale saine est, pendant la vie, réh-actaire à l'absorption de l'iodure de potassium, ou de substances toxiques (1). Matleucci et Cima avaient déjà constaté des faits analogues.

Les niC'nies observateurs ont remarqué que, pour les membranes épithéliales, niucpieuses de l'estomac, vessie de bœuf, peau de grenouille, d'anguille et de torpille, les phénomènes endosmotiques variaient suivant le côté de la membrane tourné vers l'eau pure. Ainsi dans la peau de grenouille, par exemple, le courant est plus intense quand la face extérieure est tournée vers l'eau pure que lorsque l'eau est en contact avec la face interne. Tout en n'acceptant qu'avec réserve les résultats de Matteucci et Cima dont quelques expériences sont passibles d'objections, il n'en reste pas moins acquis que le sens dans lequel la membrane est disposée peut avoir de l'influence sur les phénomènes osmotiques. Ranke et Hallenke, Schmidt et Reinhart ont répété une partie des expériences de Matteucci et Cima, et il semble résulter de leurs recherches que les phénomènes sont dus en grande parlie à la différence de tension de la couche épithéliale suivant le côté de la membrane que l'on applique sur l'endosmomèlre.

Bibliographie. — M. Bayliss et R. BriAnroHD : On the eleclrical phenomena accompanij'uKj sécrétion, etc. (Journ. of physiology, t. VU, 1880) (2).

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