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Propriétés physiologiques des épithéliums

La nutrition des tissus épithéliaux est sous la dépendance immédiate de la membrane vasculo-nerveuse sous-épithéliale ; le sang fournit à l'épithélium ses matériaux de nutrition, matériaux qui arrivent aux cellules épithéliales par imbibition et de proche en proche, comme le tissu osseux vasculaire

(1) \\ est vrai que Bert et Jolyot ont constaté dos résultats contraires.

(2) A consulter : Mateucci et Cima : Mémoire sur l'endosmose (Annales de chimie et de physique, 184.'i). — Susini : Rech. sur l'imperméaf)llité de l'épithélium vésical (Journal de l'Anatomie, 18G8). — P. Bcrt : AI)sorption vésicule (Gaz. méd., 1870^. — Cazenouvc et Livon : Nouvelles recherches sur la physiologie de l'épithélium vésicai (Comptes rendus

fournit les matériaux de nutrition du cartilage intravasculaire. Cette nutrition est en général très active, sauf pour les formes pavimenleuses simples dont le rôle parait tout à fait inférieur. D'après les recherches récentes, mentionnées page 489, les espaces intercellulaires paraissent jouer un rôle essentiel dans la transmission des matériaux nutritifs jusqu'aux cellules épithéliales.

La formation de certaine principes particuliers est un des modes les plus essentiels de la vitalité des tissus épithéliaux et principalement des épithéliums glandulaires. D'autres fois, il n'y a pas production, dans l'intérieur de la cellule, de principes nouveaux, mais simplement extraction de principes formés ou existant dans le sang et dans les tissus. Les cellules épithéliales subissent fréquemment des transformations chimiques particulières; la plus fréquente est la transformation graisseuse, qui constitue un des modes de sécrétion épithéliale ; la transformation cornée se produit dans l'épidermo cutané et en général dans tous les épithéliums exposés aux influences extérieures (air, pressions, etc.) ; ou peut citer encore la transformation pigmentaire telle qu'on l'observe dans les couches profondes de l'épiderme cutané.

La multiplication des épithéliums est encore peu connue. Ce qu'on sait de plus certain, c'est que les nouvelles cellules se forment dans les parties profondes de l'épithélium; pendant ce processus de multiplication, il se passe du côté de la surface extérieure un processus inverse; les cellules tombent et sont éliminées directement à l'extérieur; il y a une mue épithéliale incessante, mue qui, chez l'homme, ne porte que sur de petits lambeaux d'épitliélium, mais qui, à l'état pathologique ou chez des espèces animales, peut porter sur des parties très étendues ou même sur la totalité du revêtement épilhélial. Cette mue épithéliale se fait non seulement pour l'épiderme cutané, mais encore pour la plus grande partie du revêtement tégumentaire interne; ainsi l'épithélium intestinal paraît tomber daus l'intervalle de chaque digestion. Cette desquamation épithéliale est précédée souvent d'une transformation chimique des cellules (surtout graisseuse). L'élimination des épithéliums est donc totale et non moléculaire comme celle des tissus profonds, et le renouvellement est total aussi; ni le sang ni la lymphe ne reçoivent, sauf certains cas exceptionnels, les déchets des tissus épithéliaux. Ceci est vrai même pour les tissus épithéliaux qui paraissent le plus profondément situés, comme les glandes dont les conduits excréteurs maintiennent la communication de la surface glandulaire avec la surface tégumentaire, c'est-àdire avec l'extérieur.

La ((ueslion de la multiplicalion des épithéliums est encore à l'étude. Deux Itiéories sont en présence; pour les uns, la mulLiplicatioii se ferait aux dépens des cellules épithéliales existantes et principalement par division; pour les autres les cellules épithéliales proviendraient du tissu connectif sous-jacent que Huckarl appelle \3i matrice des celluks épithéliales. Pagenstecher fait jouer le rôle principal aux globules coiinectifs migrateurs découverts par Recklinghausen.

Je dois dire que ce mode de multiplication est nié par la plupart des histologisles. Les expériences de Heverdin sur la greffe épidermique parlent plutôt en

PHYSIOLOGIE DES ËPITIIÉLIUMS.

faveur de l'opinion qui rattache la multiplication des cellules épitliélialcs aux cellules déjà existantes. Si l'on détache avec une lancette un laniheau d'épiderme et qu'on l'applique sur une plaie en suppuration, on voit ce lamheau d'épiderme S(î souder aux hourgeons charnus et déterminer la formation d'un îlot épithélial indépendant, et l'on peut ainsi, par la transformation de l'épiderme, hâter la cicatrisation des plaies. C'est du reste la conclusion à laquelle est arrivé Charpy ; la couche profonde de cellules cylindriques de l'épiderme cutané serait en réalité constituée, d'après lui, par des cellules de forme et de dimensions variables correspondant à des stades divers d'évolution. Le tissu épithélial constituerait donc un tissu autonome, personnel et indépendant des tissus sous-jacents. (Voir pour celte question de la multiplication des tissus épithéliaux les ouvrages et les mémoires d'histologie.)

De même que les tissus épithéliaux dont il dérive, le cristallin peut aussi se régénérer. Cette régénération du cristaUin, plus facile chez les jeunes animaux, se fait au bout de cinq à douze mois aux dépens de l'épithélium de la capsule cristalline antérieure. Ces cristallins régénérés n'atteignent jamais, du reste, la grosseur des lentilles normales (Milliot).

J. Moleschott a cherché à apprécier l'intensité de l'accroissement des tissus épidermiques. D'après ses recherches, il évalue la perte (et pai' suite le renouvellement) de ces divers tissus par jour aux chiffres suivants ; cheveux et barbe, 0,246; ongles, 0,0114; épidémie, 14,353, ce qui donne comme total une perte quotidienne de 14,6104 (soit 14 à 15 grammes) qui correspondent à 4,5 grammes d'urée et nécessitent pour leur réparation 13 grammes d'albumine. Ces chiffres n'ont évidemment qu'une valeur approximative. L'accroissement des tissus épidermiques est plus intense au printemps et en été.

La sensibilité des tissus épithéliaux est nulle, mais leur rôle dans les diverses sensations est Irès important (voir : Sc'?2saiions) ; et déplus, il peut s'interposer, entre les éléments épithéliaux purs, des éléments nerveux qui donnent au tissu épithélial une sensibilité d'emprunt, comme dans la cornée.

Itibliog^raphie. — J. Molksciiott : Ue/)er dus Wackslhum der IIo]-ngebi/de (Moleschott's Uuters., t. XII, 1879). — E. Salkowski : Bemevhunq ûbev die tagliche Grosse der Epidermisabstossiing (Arch. de Virchow, t. LXXLX, 1(S80).

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