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Rôle de l'épithélium dans l'absorption

Les épithéliums constituent, comme on l'a vu plus haut, une membrane continue recouvrant toute la périphérie de l'organisme; ^ow/ ce qui entre, tout ce qui sort , doit les traverser ; ils peuvent donc servir à la fois à l'absorption et à l'élimination, être traversés par un courant allant de l'extérieur à l'intérieur ou par un courant de sens inverse. Supposons un instant que ce courant soit de l'eau; que cette eau vienne du dehors et pénètre dansl'organisme, ou qu'elle vienne de l'organisme et soit éliminée à l'extérieur, il est évident à priori, et l'expérience l'a confirmé, que les phénomènes qui se produisent au moment où le courant traversera la membrane épithéliale n'en seront pas modifiés (1); si la surface épithéliale laisse passer au dehors l'eau provenant de l'organisme, elle laissera passer l'eau de dehors en dedans avec la même facilité; il y a parallélisme absolu entre l'absorption et l'élimination. Un exemple en est fourni par la muqueuse puhnonaire; à l'état physiologique, elle absorbe de l'oxygène et élimine de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau; de même on peut dire qu'elle absorbera les substances volatiles et les éliminera avec la même facilité; l'absorption et l'exhalation des corps volatils marchent parallèlement et /)«n' pa.ssu; étant donnée une surface épithéliale, à l'élimination facile d'une substance par cette surface correspond l'absorption facile de cette substance, et vice versa.

1° Absorption des gaz et des substances volatiles par les épithéliums. — La surface pulmonaire, dont l'épithélium si fragile et si délicat se rapproche tant des endothéliums (Buhl, Debove), occupe la première place à ce point de vue, tant pour l'absorption physiologique de l'oxygène dans la respiration que pour l'absorption accidentelle des gaz et des substances volatiles. La peau, qui, même chez l'homme, est le siège d'une respiration rudimentaire, parait, d'après les recherches les plus récentes, qui confirment en ce point l'opinion de Bichat, pouvoir absorber les substances volatiles. Pour la muqueuse intestinale, oîi la respiration est plus rudimentaire encore, cette absorption est probable, sans qu'elle soit démontrée d'une façon positive.

2° Absorption des liquides et des substances solubles. — C'est surtout dans l'absorption des liquides et des substances solubles que se montre le mieux

(1) Voir plus haut (page 493) les rései'ves à faire au sujet des expériences de Matteucci et Cima.

PHYSIOLOGIE DES ÉPITHÉLIUMS. *^ '

la spécialité d'action des surfaces épithéliales. Si l'on s'en tient à 1 eau et aux principes que l'eau peut dissoudre, on voit certaines muqueuses, comme la muqueuse pulmonaire, l'absorber en quantité presque illimitée, tandis que l'épitliélium vésical paraît presque réfractaire à l'absorption. La muqueuse intestinale, qui absorbe si rapidement la glycose et les peptones, n'absorbe qu'à peine ou très lentement certaines substances toxiques et les virus. Enûn l'absorption cutanée ne se fait que lorsque l'enduit sébacé de la peau a été enlevé par différents moyens chimiques ou mécaniques.

3° Absorption de la graisse. — Le mécanisme de l'absorption de la graisse dans l'intestin sera étudié plus tard (voir: Absorption digestivé). Partout ailleurs, sauf peut-être la peau dans des circonstances particulières, l'épithélium, imprégné d'eau, est réfractaire à l'absorption graisseuse (voir, pour les détails, le chapitre Absorption de la physiologie spéciale).

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