QUANTITÉ PAU KH.OGR. DE GLANDES
QUANTITÉ
de
sécrétion.
QUANTITÉ
do parties solides.
QUANTITÉ
de matières organiques.
QUANTITÉ
de sels.
gr-
gr.^
Glandes mammaires.
Glandes salivaires. . .
fis
On voit, par ce tableau, quelle différence il y a, à poids égal, entre l'activité des diverses espèces de cellules glandulaires.
La quantité de la sécrétion varie suivant certaines conditions étudiées pour chaque sécrétion en particulier, et ces variations sont plus marquées pour les sécrétions du premier groupe que pour les autres.
Aux variations de la quantité totale de la sécrétion correspondent des variations de quantité des divers principes qui la constituent; mais tous ces principes ne varient pas dans le même rapport. L'eau d'abord, et en seconde ligne les principes salins, y contribuent beaucoup plus que les substances albuminoïdes; aussi, en général, quand une sécrétion augmente, elle devient en même temps plus aqueuse et plus pauvre en substances solides, surtout en albuminoïdes.
Il y a une certaine corrélation entre les différentes sécrétions, et principalement entre les sécrétions par filtration, au point de vue de la quantité ; ainsi, quand la quantité de la sueur augmente, celle de l'urine diminue. Il y a donc une sorte de balancement entre la peau et les reins; et ce balancement existe non seulement pour la quantité totale de la sécrétion , mais pour la quantité des divers principes et surtout de l'eau et des sels; les deux surfaces épithéliales peuvent se suppléer dans de certaines hmites.
Mécanisme des sécrétions. — On ne connaît encore que d'une façon très incomplète le mécanisme de la sécrétion ; cependant des recherches récentes, faites spécialement sur les glandes salivaires et sudoripares, ont permis d'analyser plus profondf'ment le phénomène. Auparavant, on croyait que la pression sanguine avait le rôle principal dans la sécrétion; que, sous l'influence de cette pression, le plasma sanguin transsudait à travers les parois des capillaires et était modifié au passage par l'épilhélium glandulaire. Mais il est prouvé aujourd'hui que la circulation sanguine n'a qu'une influence indirecte sur la sécrétion. Ludwig, en effet, par une expérience célèbre, démontra que la pression dans les conduits saUvaires pouvait
PHYSIOLOGIE DES ÉPITHÉLIUMS. ^01
être supérieure à la pression du sang artériel de la glande ; en outre, la sécrétion salivaire peut continuer sur une lète coupée, malgré la vacuité des vaisseaux et en l'absence de toute pression sanguine. Enfin, fait accessoire, mais utile à mentionner, la température du liquide sécrété peut Olre supérieure à celle du sang artériel qui entre dans la glande, preuve que celle-ci est le siège d'un travail chimique assez actif. Toutes ces données autorisent à concevoir le phénomène de la sécrétion de la façon suivante :
Une sécrétion se compose de deux actes ou deux phases distinctes, et jusqu à un certain point, indépendantes.
10 Une filtratmi du plasma sanguin à travers les parois des capillaires ; ce plasma s'épanclie dans les lacunes lymphatiques qui entourent les acini glandulaires, et c'est dans cette lymphe que les éléments glandulaires prendront les éléments de leur sécrétion. Cette flltration est sous l'intluence de la pression sanguine et varie en intensité suivant toutes les conditions qui font varier cette pression; c'est là, à proprement parler, l'acte accessoire de la sécrétion ; cette filtration atteint son maximum au moment môme de la sécrétion, et le liquide filtré entraîne ainsi les substances produites par l'activité des cellules glandulaires;
2" Une activité des cellules glandulaires qui prennent dans la lymphe les matériaux nécessaires pour la sécrétion et les modifient plus ou moins; cette phase est l'acte essentiel de la sécrétion ; il est sous la dépendance immédiate de la précédente, en ce sens que la filtration fournit le liquide dont ont l)esoin les cellules glan^lulaires et le renouvelle si la provision en est épuisée ; sans cela la sécrétion s'arrêterait faute d'aliments; mais il en est indépendant d'une façon immédiate. Celte activité des cellules glandulaires atteint en général son maximum pendant le repos apparent de la glande. C'est en effet au moment où la glande ne sécrète pas que les cellules glandulaires préparent les substances spéciales à chaque sécrétion et particulièrement les ferments, comme la ptyaline, la pepsine, etc.
En effet, on peut abolir isolément chacun des deux processus sans enrayer l'autre. On a vu plus haut que la sécrétion continue sur une tête coupée, et il en est de môme si on interrompt la circulalion dans la glande; la salivation continue pendant un certain temps. D'un autre côté, on peut arrêter la sécrétion, tout en laissant la filtration sanguine se produire; si, par une injection de carbonate de soude dans le conduit salivaire, on détruit l'activité des cellules glandulaires et qu'on augmente la pression sanguine par l'excitation de la corde du tympan, la filtration sanguine continue à se faire, mais la glande ne sécrétant plus, le liquide transsudé s'accumule dans les lacunes lymphatiques et la glande s'œdématie (Gianuzzi).
Le rôle des nerfs dans les sécrétions est en rapport avec le mécanisme qui vient d'être exphqué. A chacun des deux actes de la sécrétion correspond une catégorie spéciale de nerfs: à la filtration, des nerfs vasculaires, qui règlent la circulation glandulaire et la pression sanguine ; à la sécrétion proprement dite, des nerfs glandulaires, qui agissent directement sur les cellules épithéliales des acitii (voir : Nerfs glandulaires).
L'indépendance de ces deux actes n'empêche pas qu'il ne marchent en général ensemble et du même pas; habituellement, quand la filtration s'exagère, la sécrétion s'exagère aussi, et vice versâ. En effet, une sécrétion intense suppose un renouvellement plus fréquent de la lymphe périglandulaire et une activité plus grande de l'acte préparatoire de la sécrétion; c'est là ce qui explique le fait observé par Cl. Bernard, que le sang veineux des glandes en activité est rouge clair et non rouge foncé, par suite de l'accélération de la circulation glandulaire. Les sécrétions sont excitées par le jaborandi, la muscarine, enrayées par l'atropine, la morphine, etc.
302 LIVRE TROISIÈME. — PHYSIOLOGIE GÉiNÉRALE.
D'après les recherches de L. Hermann, les glandes, spécialement les glandes sudoripares, sont le siège d'un courant qu'on peut constater par le galvanomètre. Ce courant de repos change de sens au moment de l'aclivité de la glande. Cependant la variation au lieu d'élre négative peut être positive sans qu'on puisse en déterminer les conditions. En tout cas la réaction de la sécrétion ne parait avoir aucune influence (Bayliss).
Rôle des sécrétions. — Les sécrétions ont tantôt un rôle mécanique comme la sécrétion sébacée qui protège la surface cutanée, comme la salive dans la mastication; tantôt un rôle chimique, comme la plupart des sécrétions digeslives qui opèrent des transformations chimiques des substances alimentaires; d'autres fois, elles ont un rôle plus spécialement limité, comme la sécrétion spermatique. D'autres enfin n'ont qu'un rôle de dépuration et d'élimination, comme l'urine, et ne servent qu'à déverser à l'extérieur les déchets provenant de l'usure des tissus ou de l'oxydation des aliments absorbés ; ce sont les sécrétions excrémenlUielles .
Une fois leur action produite, les liquides sécrétés ne sont pas tous et en totalité éliminés de l'organisme ; les pertes seraient alors beaucoup trop considérables et épuiseraient le corps trop rapidement. Une grande partie des principes sécrétés sont repris par d'autres surfaces épithéliales et repassent dans le sang, tels sont la salive, le suc gastrique, etc. ; quelques-uns y repassent en entier ; d'autres restituent seulement quelques-uns de leurs principes, comme la bile. On a donné aux premières le nom de sécrétions récré/neni27îe//es, aux secondes celui de sécrétions excrémento-réo'émentit telles ; les sécrétions excrémentitielles, comme l'urine, sont éliminées en totalité.
ISiliIio^rraphie. — Langley : On the strucluve of secretovy cells (Procced. Cambi'idg. phiL Soc, t. V, 1883) (1).