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Myographie

Myographie. — On appelle myographie l'étude de la contraction musculaire à l'aide ilc^ appareil? enregistreurs : le muscle, en se contractant, fournit lui-même le gral)lii(iue de son mouvement. Les appareils enregistreurs de la contraction musculaire ont reçu le nom de Myogvaphes. Comme le mouvement d'un muscle se décompose eu deu.v mouvements secondaires, un raccourcissement et un gonflement, les appareils se divisent en deux classes suivant fpi'ils enregistreront le premier ou le second mouvement.

A. Appareils enregistreurs du raccourcissement musculaire. — 1° Myor/rnpfic d'Ilc/iiihulz (lig. lli)). — Ce myographe, le j)reini('ren date, consiste en un cadre niétalliqu(Miiol)ile autniir d'un pivot liorizuntal et étiuililiré par un contre-poids. Au unlieu de ce cadre s'attachent par un crochet le tendon du muscle en expérience et une

Fig. 119. — Mijographe d'IIelmholtz.

balance qu'on peut charger de poids variables. A l'extrémité opposée à son axe de rotation, le cadre supporte une pointe écrivante dont la disposition se voit sur la figure et qui trace le mouvement d'ascension et de descente du muscle sur un cylindre enregistreur vertical. Le défaut principal de cet instrument était sa trop grande masse. Le myographe d'Ht^lmhoItz, qui est très employé en Allemagne, a subi un certain nombre de modifications et de perfectionnements (Du Bois-Reyniond, Sanders-Ezu, Kronecker, Tiegel, etc.). Pflriger a remplacé le cylindre tournant par une plaque de verre qu'on fait marcher à la maii^ ou à l'aide d'une vis (I). La plupart de ces myographes sont munis d'une chambre humide destinée à préserver le nerf et le muscle du dessèchement dû à l'évaporation. Le myographe d'Helmholtz a été modifié pour pouvoir s'appliquer sur l'homme (Cyon, Meth'odih, Pl. L, fig. 4).

2° Myographe simple de Marey (hg. 120). — La pièce principale de l'appareil est constituée par une plaque métallique horizontale mobile le long d'une tige verticale. Cette plaque supporte l'axe d'un levier enregistreur très léger de 12 centimètres de longueur environ, qui se meut dans un plan horizonlal ; sur ce levier glisse une coulisse numie à sa partie supérieure d'un bouton auquel s'attache par un fil le tendon du muscle en expérience (ordinairement le gastro-cnémien de la grenouille), de sorte qu'en approchant

(1) On trouvera les descriptions et les figures de ces divers myographes dans les mémoires spéciaux.

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ou écartant cette coulisse de l'axe du levier, on amplifie plus ou moins ses mouvements. Sur le pivot qui sert d'axe au levier enregistreur s'enroule un fil qui, après avoir passé sur une pt>tite poulie, supporte un plateau qu'on charge de poids (15 à 20 grammes pour un gastro-cnémien de grenouille) pour graduer le travail du nmscle. Ce plateau remplace le ressort élastique qui se trouvait dans les anciens myograplies. Cette plaque du myographe supporte en outre une lame de liôge sur laquelle se fixent la greuouille et l'excitateur électrique, comme on le voit dans la ligure. En outre, une disposition particulière permet de l'abaisser ou de la soulever légèrement pai- un sinq)lo mouvement de l»ascul(>, de façon que, sans rien déranger aux pièces de l'appareil, on pont, dans le cours de l'expérience, interrompre le contact du levier écrivant avec le cylindre enregistreur Pour avoir des graphiques de longue durée et en imbrication o])lique, tout l'appareil est placé sur le chariot qui se meut sur le chemin de fer parallèlement au cylindre enregistreur. (Voir la figure.) La préparatiou de la grenouille consiste, après l'avoir fixée sur la planchette de liège, à mettre à nu le tendon du gastro-cnémien qu'on détache de son insertion au calcanéum, api'ès l'avoir attaché au fil du levier enregistreur; puis ov isole

Fig. 120. — Mijographe simple de Marey.

le nerf dunuiscledans une certaine longueur etonleplace sur les deux électrodes de l'ex- ••itateur électrique recourbés en crochets. Pour empêcher les mouvements volontaires du tram postérieur, on sectionne la moelle de l'animal avant l'expérience. Le myographe de .Marey est aujourd'hui un des instruments les plus employés dans les laboratoire*; de physiologie.

Myographe double ou comparatif de Marey. - Pour comparer la contraction musculaire uormale a la contraction musculaire modifiée sous l'innuence de divers agents ichaleur, froid, etc.) .Marey, a imaginé le myographe double qui ne diffère du myographe ordinaire que par l'adjonction d'un deuxième levier, de sorte que les deux gastro-cné miens de la grenomlle sont reliés chacun à un levier; les deux leviers sont superposés et les deux graphiques se juxtaposent sans se confondre, ce qui permet d'apprécier très facilement leurs différences de forme et par suite les différences de la contraction mus' culaire des deux côtés.

i" Myographe à transmission de Marey {Rg. 121). - Ce myographe réalise une «rande simplification dans la myographie eu permettant d'inscrire les courbes musculaires au moyen (lu ta7nbour à levier dont remploi a été si heureusement généralisé par Marev (Voir : fechmque physiologique). Le tendon du gastro-cnémien est relié comme on le voit dans la figure, au levier du tauibour mis en conmiunication avec un tambour ins- Bbal'nis. — Physiologie, r é;]itioii. 34

criptc.ur, de façon que chiuiue raccourcissement du muscle, en pressant le levier contre la membrane du tambour, expulse une certaine qufintité d'air dans tambour

Fig. r?l. — Mijographe à tnmsmission de Murcij.

inscripteur On peut ainsi inscrire à distance les mouvements d'un musr]. cl placer l'amnuil dans outes les conditions possibles d'expérimentation mieux qu'avec le mv graphe sunple. * ^ * ^)

Fig. 122. — Myographe de Cyon.

50 Myographe de E. Cyon {Rg. 122). - Le myographe de Cyon peut être appliqué sur 1 vivant. Le long dune tige de fer, A, se meut verticalement une tige horizontale, B, qu

qui

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se fixe à volonté à l'aide d'une vis de pression, G. A la tige B se trouve suspendu un ressort à boudin, D, en laiton, qui se termine inférieuremcnt par une gouttière métallique, E, destinée à recevoir le pouce. Ce ressort communique avec un système do leviers K, K, auxquels se transmet chaque traction exercée sur lui, mouvement qui va s'écrire 5<ur le cylindre enregistreur. Le bras est placé dans un moule en plâtre qui le fixe et ne permet que les mouvements de l'adducteur du pouce. La contraction de ce dernier muscle se fait par l'excitation du nerf cubital.

G" Myograp/te d'Atwood. — Harless, et plus récemment Jendrassik, ont employé des myographes construits sur le principe de la mactiine d'Atwood pour les lois de la chute des corps. Mais ces myographes ne présentent aucun avantage sur les précédents.

1° Myogrup/ie à pendule. — Vick le premier, puis Hehnholtz, Wundt et quelques autres physiologistes, utilisèrent, pour inscrire les tracés musculaires, le mouvement d'un pendule par lequel était supportée une plaque oscillante. Dans ces graphiques, la ligne des abscisses est une circonférence dont les rayons représentent les ordonnées; mais ils sont d'une lecture difficile, à cause des vitesses dittérentes de la plaque à chaque i)oint du tracé (1).

8° Myographe à ressort de Du Bois-Reyiuoud. — Cet appareil est surtout destiné ;'i mesurer le temps qui s'écoule entre le moment de l'excitation et le début de la contraction musculaire, bien plutôt qu'à donner le graphique de cette contraction. Ce myographe consiste essentiellement en une plaque de verre mue par la détente d'un ressort à boudiu, absolument connue dans certains jouets d'enfants (2). Vintschgau et Dietl ont construit un myographe à ressort dans lequel un cylindi'e remplace la plaque de Du Boislleymoud. Krédéricq a modifié heureusement l'appareil de Du Bois-lleymoiid et en a fait un myographe très commode et très pratique pour l'étude du temps perdu du muscle.

Il existe encore d'autres modifications des myographes, modifications qui, pour la plu- I)art, portent sur le mode d'enregistrement et pour lesquels je renvoie à la technique physiologique. Je ne mentionnerai ici que la toupie myographique de Rosenthal dans laquelle un disque de verre lourd est mis eu mouvement par un mécanisme identique à relui de la toupie et le myographe de Klunder dans lequel le tracé musculaire s'inscrit sur un plaque attachée à une branche d'un diapason vibrant (Voir : Physiologie du pouls). Ch. Bohr a décrit un appareil permettant de photographier la contraction musculaire.

15. Appai'eils explorateurs du gonflement musculaire. — Ce second mode

Fig. 123. — Figure théorique du myographe inscrivant le gonflement des muscles (Marey).

d'inscription est représenté dans la figure 123: le levier du tambour explorateur muni d'un bouton métallique presse sur le muscle et l'aplatit transversalement contre une

(1) On trouvera des figures de myographes à pendule dans : Cyon, Methodik pl L fig. 3 ; Wundt, Physiologie (4<i édit. ail.) p. 555 ; Hermann, Handbuch derphysiol t î p ' ss'

(2) On trouvera la figure et la description détaillée de l'appareil dans • Du Bois-Revmond' Gesammelle Abhandl. t. I, p. 273 et dans : Rosenthal, Les nerfs et les muscles (édit fran' çaise, p. 97).

plaque do métal qui lui sert d'appui. Le gonflement musculaire peut aussi être enregistrr, comme dans la figure 1 14, par un levier qui repose sur le muscle près de son axe d<' rotation; le gonflement du muscle, au moment de la contraction, soulève le levier dont l'extrémité va tracer, sur le cylindre enregistreur, le graphique très amplifié du gonflement musculaire (Aeby, Marey).

1° Pince myographique de Marey. — Cet appareil a l'avantage de pouvoir s'appliquer sans avoir besoin de mettre le muscle à nu. Dans la disposition primitive, il se composait de deux branches articulées entre elles parleur partie médiane ; une de ces branches [)uuvait basculer sur l'autre connue un fléau de balance. A une extrémité, ces branches se terminaient chacune par un disque métallique en communication avec les p/jles d'une pile, et le muscle (adducteur du pouce) était placé entre ces deux disques. A l'extrémité opposée, la branche fixe supportait un tambour du polygraphe de Marey, la branche mobile une petite vis verticale. Quand le muscle se contractait, il écartait les deux branches ; celles-ci se rapprochaient à l'extrémité opposée, et la vis venait presser sur le tanil)Our du polygraphe; la pression se li-ansmettail alors par un tube à un second tambour muni d'un levier enregistreur. Dans la disposition nouvelle, la pince myographique peut s'appliquer à différents muscles et non plus seulement aux muscles du ponce. Les deux disques métalliques entre lesquels se place le musch; sont supportés par deux branches <|ui peuvent se ropprocher ou s'écarter par un simple glissement, comme dans le compas <ie cordonnier. Un des disques est supporté par un ressort d'acier et supporte une vis

qui, lorsque le muscle se contracte, presse sur le tambour du polygraphe comme dans l'instrument précédent. La pince myographique enregistre très fidèlement les mouvements qui ne sont pas trop rapides.

2° Myoyrapfie applicable à Ihomme de Marey (fig. 124). — Dans ce myographe, qui est préférable à la pince myographique, Marey emploie une capsule pareille à celle d'un tambour à levier à l'intérieur de laquelle on a mis un ressort à boudin qui Kig. 124. - Myorjraijlœ applicable a Ihomme f-^jj g^jnij. membrane. Sur cette

(Marey). dernière on dispose un bouton de métal

qui, relié à un fil conducteur, sert au besoin à exciter le muscle. La capsule s'applique par sa face élastique sur le muscle qu'on veut explorer, on la maintient immobilisée par un bandage roulé; enfin un tube de caoutchouc relie cet explorateur à un tambour inscripteur. Cet appareil, par sa précision et sa fidélité, est le meilleur des myographes applicables à l'homme.

C. Myographes à, action antagoniste. — Myographe comparateur de 0. Nasse. — 0. Nasse a imaginé un instrument qu'il appelle comparateur et qui permet de mesurer la force comparative de deux muscles. L'appareil se compose d'un demi-anneau métallique qu'on peut charger de poids à volonté; il est supporté par une poulie, dont l'axe occupe son grand diamètre, et sur laquelle s'enroule un fil dont les deux extrémités vont s'attacher aux deux muscles qu'on veut comparer et qui soulèvent par conséquent le même poids. L'une des deux extrémités de l'axe de la poulie porte une aiguille qui se meut vis-à-vis d'un cercle gradué; quand les deux muscles se contractent également, la poulie reste immobile et l'aiguille au 0. Quand l'un des muscles est plus fort que l'autre, la poulie tourne, et la déviation de l'aiguille, qu'on peut facilement enregistrer, indique la dilTérence de force des deux muscles. RoUett, sous le nom d'antayonistographe, a employé un appareil fonctionnant d'après le môme principe.

A côté des myographes, je mentionnerai un appareil qui ne donne pas le tracé des mouvements des muscles, mais qui ne peut servir qu'à signaler leur contraction, appareil qui est destiné principalement à la démonstration. C'est le télégraphe musculaire de Du Bois-Reymoud. Le muscle, tendu horizontalement, est fixé à une extrémité par une pince; l'autre extrémité est reliée, au moyen d'un crochet, à un fil enroulé autour d'une poulie. Cette poulie porte une longue aiguille à l'extrémité de laquelle se trouve un disque coloré. Quand le muscle se contracte, il fait tourner la poulie et monter le disque (1).

Pour les dispositions accessoires et pour les détails de la préparation des nerfs et des muscles, voir : Technique physiologique et Physiologie du tissu nerveux.

(1) Voir la figure et la description de l'appareil dans : Du Bois-Reymond, Gesamm. Abhandlung., t. I, pl. I, fig. 9 et p. 207, et dans : Rosenthal, Les nerfs et les 7miscles (édit. franc.), p. 28.

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Mesure de la durée de la contraction musculaire et de ses périodes^ -

l'' Méthode graphique. — Ihmv iiwBurev la durée de la contraolioii musculaire, il fiiul iusciiro simultanément sur un cylindre enregistreur: 1° le graphique de la cuutractiou musculaire à l'aide du myographe; 2° l'instant où se fait l'excitation du muscle ou du nerf; 30 les temps à l'aide d'un diapason chronographe (voir pour les détails de ces appareils, la Technique physiologique). Il est facile alors de calculer, avec ces trois tracés, la durée de la contraction musculaire, la durée de chacune des périodes dont elle se compose et le retard qu'elle a sur le moment de l'excitation.

2° Méthode de Pouillet. — Helmhoitz a employé pour mesurer la durée de la contraction nuisculaire la méthode de Pouillet grâce à laquelle on peut mesurer la durée d'un courant par la déviation qu'il imprime à l'aiguille aimantée. — Dans la disposition adoptée par Helmhoitz, et perfectionnée par Du Dois-Reymond, le courant est fermé au momtMif de l'excitation et ouvert par le muscle même au début de son raccourcissement. En outre, une disposition particulière à l'appareil permet de charger le muscle (surcharges) de 0 aune limite maximum sans l'allonger et de mesurer cond)ien de temps Je nmscie met pour se contracter pour un poids donné; on peut mesurer ainsi à chaque instant ïénergie de la contraction (1) (Voir aussi : Mesure de la vitesse de la transmission nerveuse).

La myographie, grâce à ses procédés perfectionnés, a permis, comme on le verra plus loin, d'analyser et de décomposer en ses éléments constituant» l acté complexe de la contraction musculaire.

Bibliographie. — .M. Blix : En ny myograf lakar. fôrhandl., t. XV, 1880). —

M. v. ViNTSCHOAt' et M. DiETL : Ein Cylinder-Feder-Myographion (Arcli. de Pflijger, t. XXV, 1881). — J. Jendhassik : Das selbst rangirende Fallmyographimn (en hongrois: anal, dans: Hofmanns J uhr es berich te -^oviV 1881). — L. Friîdéhigq : Myographe pour l'étude de la période latérite (Arch. de biol., t. 111, 1882). — J. Rosenthal : Ueber ein neues Myographium, etc. (Arch. f. Physiol., 1883). — E. v. Fleisch ; Das chronautographium (Arch. 1". Physiol., 1883). — II. Kronecker : Ein Eleclro7nyographion {Ze\Uc^\. f. Biol., t. X.MII. 1886). — Ch. Bohr : Sur l'emploi de la photographie instantanée dans les recherches myographiques (Med. tre Tavler (en danois), I88G) (2).

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