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LIVRE TROISIEME

PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE

30 Téléphone. — Hcrmami a (Miiployé If trlrplioiio de Bell pour déiiKjntrer le courant musculaire du muscle en repos. En disposant à la façon ordinaire un nmscle sur des i^lectrodes impolarisablcs et interposant dans le circuit un téléphone et une roue interruiitrice (placée dans une chambre éloignée pour que le bruit du mouvement de rotation ne s'entende pas), on entend un son dont la hauteur correspond au nombre des interruptions. Ce son provient bien du courant musculaire, car si on retire le muscle du circuit ou si on le met en rapport avec le circuit par deux points symétriques de façon à annihiler le courant musculaire, le son ne s'entend plus. Ilermann a cherché en vain à démontrer de cette façon les courants du muscle actif. Tarchanotf est arrivé au même résultat pour le courant du muscle inactif eu remplaçant la roue interrujjtrice par un diapason de 100 vibrations par seconde; mais di' plus il a constaté aussi par ce moyen l'existence <les courants d'activité (variation néf>ative) et cela sans l'intervention du diapason; en tétanisant par l'excitation de son nerf un muscle de grenouille, il entendit distinctement un sim dans le téléphune.

4° Patte galvanoscopique ou rhéoscope physiologique (fig. 157). — On donne

ce nom à une patte de grenouille détachée du cori)s et à laquelle on laisse adhérente la plus grande longueur possible de nerf sciatique, n. On peut rcnqjlacer lapatte galvanoscopique paile gastro-cnéniieu de la grenouille, en conservant aussi le sciatique. La préparation du nerf doit être faite de bas en haut et avec des précautions particulières; si la préparation a été bien faite, il n'a pas dù y avoir une seule contraction des muscles de la patte pendant toute sa durée. Il suffit d'intercaler dans le courant du circuit musculaire (fig. Ih8, 1) le nerf de la patte galvanoscopique, de façon que le nerf touche à la fois la surface longitudinale et la surface transversa'e (dg. ir)8, ;$ et 4^ ; on a une contraction galvanoscoscopi(iue. Il vaut mieux ouvrir et fermer le circuit à l'aide d'un appareil quelconque (levier-clef, etc.) La patte galvanoscopique peut aussi servir à démontrer la variation négative qui se produit dans les muscles au moment de la contraction. Si on prend par exemple le train postérieur d'une grenouille (fig. 159) et qu'on mette en rapport le nerf de la patte galvanoscopique c avec le muscle m, on voit cette patte se contracter au moment où les muscles m *e contractent sous l'influence de la galvanisation des nerfs lombaires/, lien est de môme si ou met le nerf de la patte galvanoscopique en contact avec le cœur; à chaque battement du cœur, on voit la patte galvanoscopique se contracter et cette contraction peut s'enregistrer si on relie le tendon du muscle au myographe (Marey).

.jo Procédés chimiques. — Ou peut remplacer le galvanomètre par une solution d'iodure d(! potassium et d'amidon; l'iodc est mis eu liberté à réiectrode positif et bleuit l'amidon.

Procédés pour mesurer la force électro-motrice du courant musculaire.

— Ci'lle force électro-moirice peut se mesurer p;ir le procédé de Poggendorlf modifié par Du Bois-Reyniond, à l'aide du Compensateur, ou encore avec le galvanoDii'h-e universel de Siemens qui peut servir en même temps à mcsui-er la résistance et l'intensité. (Pour ces divers procédés voir : Ter/uiir/iie p/n/sioloç)if/iie.)

Procédés pour mesurer la vitesse et le moment de la variation négative.

— 1° Procéda d' Helmlioltz. — Un muscle de grenouille A est rattaché au levier du myographe; le nerf A' de ce muscle est excité de deux façons : 1° par la contraction d'un autre muscle B (contraction secondaire) dont le nerf B' est excité par un choc d'induction; 2° par l'excitation directe, par un choc d'induction; l'excitation directe et l'excitation secondaire portent sur le même point du nerf A'. Les deux contractions s'inscrivent successivement sur le cylindre enregistreur, et le cylindre est disposé de façon que les

Fig. 159.

Contraction secondaire.

PHYSIOLOGIE DU TISSU MUSCULAIRE

100. — Schéma des effets du r/icolome différentiel (L. Hermauu) (*).

excitations directes du nerf musculaire A' et du nerf musculaire B' aient heu an même instant de la rotation du cylindre. On voit alors que la contraction sccondan-e du muscle A retarde un peu sur la contraction directe du même muscle; en ellet, la période latente de la contraction secondaire embrasse le temps compris entre l'excitation du nert musculaire ir et la variation négative du muscle li, plus le temps écoulé entre l'excitatiou secondaire du nerf nmsculaire A' et la contraction du muscle A, temps écoule c[ui est égal à la période latente de la contraction directe. On a ainsi facilement la durée de la période latente de la variation négative du nmscle B, et par suit(î le moment où elle se produit.

2" Rhéotome différentiel de Uernstein. — L'appareil de Bernstein repose sur le prmcipe suivant : on excite à des intervalles réguliers par des chocs d'induction le muscle dont on veut explorer l'état électrique : dans l'intervalle des excitations W muscle est intercalé pendant un temps très court dans le circuit d'uneboussole àmiroir. et l'appareil permet de faire cette intercalatiou à n'importe quel moment. On peut donc ainsi explorer à chaque instant dans l'intervalle de deux excitations successives la force électromotrice du muscle en expérience (lig. 160).

L'appareU est constitué par une roue horizontale mise en mouvement par le moteur rotatif électro-magnétique d'Uehuhult/. Cette roue porte une pointe qui à chaque tour de roue vient, toucher un til métallique et déterminer l'excitation du muscle et deux pointes accnuplées dont la position par rapporta la pointe précédente peut changer et qui à chaque tour de rovie font entrer le muscle dans le circuit de la boussole (fig. iGl).

Procédés pour l'étude du courant musculaire et de la variation négative sur rhomme vivant. — Cette étude présente de grandes dii'licultés à cause de la conductibilité de la peau, des inégalités de température, des courants produits par les sécrétions cutanées, etc. Du Bois-Reymoud a cherché en vain à mettre en évidence le courant musculaire des muscles inactifs. Mais pour les muscles en contraction il a réussi de la façon suivante : deux points symétriques du

corps, les deux indicateurs par exemple, sont plongés chacun dans un vase rempli d'un liquide conducteur et en relatiou avec le galvanomètre ; tant que les nmscles sont à l'état de repos, l'aiguille est iunnobile; si ou contracte alors énergiquemeut le bras d'un côté, l'aiguille du galvanomètre dévie et le sens de la déviation indique un courant allant de la main vers l'épaule; si on contracte le bras opposé, l'aiguille est déviée en sens inverse. On peut aussi faire former la chaîne par plusieurs personnes qui contractent toutes le bras au même instant. L'électromèlre de Lippmann peut aussi être employé a démontrer le courant nmsculaire pendant la contraction.

Fig.

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