LIVRE TROISIÈME
— PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE
§ 6. — électricité musculaire.
Procédés pour l'étude du courant musculaire. — On peut employer pour l'étude et la déiuoiislralion du courant nuisoulalrc un certain nombre de procédés que je décrirai sncccssivcuient. Ces procédés sont : le galvanomètre, l'électrométre de Lippmann, le téléphone, la patte galvanoscopiquc et le procédé chimique.
1" Galvanomètre. — La figure 154 représente la disposition gi-nérale de l'expérience. Deux vases en verre, V, V, contiennent une solution de sulfate de zinc; dans ces vases
Fig. 154. — Appareil de Du Bois-Reymoiul pour démontrer les courants nerveux et
musculaires.
plongent : 1° d'une part, des lames de zinc, r, portées par des supports isolants, s, et reliées par des fils avec les deux bornes d'un galvanomètre, G ; 2« d'autre part, des coussinets de papier à filtrer, p, sur lesquels on place le nmscle ou le nerf en expérience, comme dans les figures 155 et 156. Le courant qui traverse le muscle ou le nerf de a en courant indiqué par la direction de la llèchc, traverse le circuit du galvanomètre et produit une déviation de l'aiguille, dont le sens indique la direction du courant (Du Bois-Reymond).
Fig. 155. — Muscle à surface naturelle Fig. 15G. — Muscle à surface artificielle placé sur les coussinets. placé sur les coussinets.
Au lieu du galvanomètre ordinaire, on emploie en général aujourd'hui la boussole à mij'oir (voir : Technique physiologique et Chaleur animale).
Dans ces expériences qui appartiennent aux plus délicates de la physiologi , il importe de prendre un certain nombre de précautions qui en assurent le succès et sur lesquelles je donnerai quelques brèves indications, renvoyant pour de plus amples détails aux travaux originaux mentionnés dans la bibliographie et spécialement aux ouvrages de Du Bois-Rcymond.
La préparation des muscles et des nerfs demande des soins particuliers, la moindre lésion de ces parties pouvant altérer les résultats. Ordinairement on choisit, pour démontrer le courant musculaire de la grenouille, spécialement les muscles droit interne,
PHYSIOLOGIE DU TISSU MUSCULAIRE
grand adducteur, dcmi-mouihranoux; le triceps et le gastro-cnénuen conviennent moniiv à cause de Tirrégularité de leursA libres. Dans ces préparations on évite autant que possible de se servir d'instruments métalliques pour isoler les nerfs et les muscles et on emploie des baguettes de verre et des pinces à bout d'ivoire.
La préparation une fois faite et avant d'intercaler le umscle dans le circuit du galvanomètre, ou s'assure que, ce circuit étant fermé, il n'y a pas de courant. S'il y a un courant
Fig. Iô7. — PciHe f/aloanoscopique.
ou le compense en envoyant un courant correspondant à l'aide d'une pile deDaniell (voir plus loin. Procédés pour l\Hude de la variation négative). Pemlant tout le cours de l'expérience, la préparation doit être garantie de la dessiccation et placée dans uiu" chandjre humide.
2" Électromètre de Lippmann. - I/électrométre capillaire de Lii)pmann a été
Fig. — Courant musculaire de la grenouille {').
employé par Marcy pour traduire les variations de l'état électrique du cœur au moment de sa contraction (voir : Physiologie du cœur) et peut, grâce à sa sensibilité, remplacer le galvanomètre. L'éleclromètre de Lippmann a été modilié par plusieurs auteurs pour les recherches physiologiques.
(*) Fig. 1. Tivuiçoii de cuisse de grenouille; l;i ])eau est enlevée; a, surface extérieure ou longitudinale du muscle ; /), surface transversale ou coupe du muscle. Le courant est dirigé de a, surface positive, en surface négative. — Fig. 2. Le nerf de la patte galvanoscopique est applique lentement de la surface positive à la surface négative ; pas de contractiou. — Fig. 3. Le nerf de la patte galvanoscopique est soulevé en c par un crochet de verre et appliqué sur le muscle de façon que le bout touche la face positive a, et l'anse la face négative b; contraction à l'entrée du courant. — l' ig. 4. Le neif touche la surface négative h par son extrémité et la surface positive a par son anse : contraction à l'entrée et à la sortie du courant; la contraction d'entrée manque souvent à cause de la fatigue du nerf. Naturellement toutes les pai'ties doivent être parfaitement isolées (d'nprcs Cl. Bernard).