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II. — EXCITATIONS ÉLECTRIQUES DES NERFS

Procédés pour l'excitation électrique des nerfs (2). — L'excitation électrique des nerfs peut se faire soit par les courants constants, soit par les courants induits, soit par les décharges d'un condensateur.

A. Courants constants. — Pour ce mode d'excitation les appareils suivants sont nécessaires : 1° des éléments de pile présentant la plus grande constance possible (élé-

(1) La loi de Du Bois-Reymond est cependant en contradiction avec certains fait§ (action du courant constant sur les nerfs sensitifs, action tétanisante du courant cons-r tant, etc). /

(2) Les nerfs sont moins bons conducteurs de l'électricité que les muscles: c'est du moins ce qui est admis par la plupart des observateurs, sauf Ranke. D'après Ilarless, les nerfs conduisent environ I.S fois aussi bien que l'eau distillée. Hermann a trouvé que la résist tance au passage de l'électricité était 5 fois plus grande dans le sens transversal que dans le sens longitudinal.

ments de Grove ou de Daniell ; 2° uti rhéocoi'de pour graduer l'intensité du courant; Fleischl a imaginé un 'mslvument, Vorthorhéoiwme, qui permet de graduer de zéro à une valeur déterminée l'intensité du courant de façon que le graphique de cette intensité soit représenté par une ligne droite ; il permet aussi de faire varier alternativement le sens du courant. Fuhr et v. Kries ont construit aussi des rhéocordes pour les variations linéaires du courant [Rlu'ochorcle de Fulir; Rhéonome à ressort de v. Kries); 3° des commutateurs pour changer le sens du courant; 4° des appareils métalliques ou à mercure pour fermer et ouvrir le circuit (levier-clef de Du Bois-Ucymond, interrupteur à mercure, etc.) ; 5" des interrupteurs pour rendre le courant intermittent; 0° des électrodes et autant que possible des électrodes impolarisables pour mettre en contact avec le nerf qu'on veut exciter: 7° un myographe ou tout autre appareil permettant d'enregistrer l'elfet produit par l'excitation du nerf. Tous ces appareils sont décrits dans le chapitre de la Technique physiologique. Au lieu d'éléments voltaiques, on peut employer, connue source d'électricité, les piles thormo-électriques.

B. Courants induits. — Puur l'excitation par les courants d'induction il faut, outre les appareils mentionnés ci-dessus, un appareil d'induclion, et le plus usité de ces appareils est l'appareil à glissement de Du Bois-Reymond (voir : Technique physiologique t^out sa description et son usage). Les appareils maguéto-faradiques s'emploient surtout pour l'usage médical.

C. Électricité statique. — Marcy en France, Tiegel en Allemagne, ont substitué aux courants induits les décharges de condensateurs. Le condensateur employé dans le laboratoire de Mareyse compose d'un grand nombre de feuilles d'étain de 20 centimètres de côté, isolées entre elles par dos feuilles de tafletas gommé de même largeur. Ce con-

Fig. 181. — Excitation des nerfs par le condensateur (Marey).

densateur est disposé de la façon suivante (fig. 181) : un des fils de la pile P, fil positif, se rend à l'armature supérieure du condensateur représenté théoriquement en i: delà ce fil continue son trajet et se termine par la boule b. Sur un point de ce fil positif est disposé le nerf. Du pôle négatif de la pile part un fil qui se termine dans la boule b'. Enfin de la face inférieure du condensateur part un fil terminé par une pièce oscillante o qui peut se porter tour à tour contre les deux boules b et b'. Quand la pièce oscillante est au contact de b\ le condensateur se charge; quand elle touche 6, le condensateur se décharge et cette décharge traverse le nerf sur le trajet du lil négatif (Marey, Méthode graphique, p. 517).

Au lieu de ce condensateur qui se recommande par la simplicité de sa construction, on peut employer un condensateur, dit micro- farad divisé en dixièmes.

La disposition employée par Tiegel est la suivante : le condensateur, dont le modèle a été donné par Gergeus {Arch. de P/liiger, t. XllI, p. 02), se compose de deux disques de zinc de 25 centimètres de diamètre qui peuvent être plus ou moins rapprochés comme dans le condensateur ordinaire (condensateur d'OEpinus). Le courant fourni par un ou deux éléments de Grove se rend dans la bobine inductrice de l'appareil de Du Hois-Reymond. Un des pôles de la bobine induite est mise en communication avec le sol; l'autre est relié à un des disques du condensateur; l'autre disque est relié au nerf, et le nerf lui-même est mis en communication avec le sol. Pour les dispositions particulières à donner à l'appareil, je renvoie au mémoire original, V. Frey et Wiedemann ont employé la machine deUoltz pour l'excitation des nerfs.

PHYSIOLOGIE DU TISSU NERVEUX

l>. Courants électro-capillaires. — Tiogcl a cniployi-, pour oxcitor les nerfs, les couranlsriectra-rapillaircs: en laissant du mercure s'écouler sous de l'acide sullurique étendu par un tube capillaire verlicai et en faisant communiquer le nerf moteur d une part avec le mercure du tube, de l'autre avec le mercure situé an fond du vase rempli d'acide sulfurique, on a une contracti/ju à chaque goutti' dv. mercure qui se détache, et si les gouttes se succèdent avec assez de rapidité, le tétanos nmsculaire se produit.

E. Téléphone. — Le telcphone peut aussi être employé pour e.Kcitor les nerfs nuisculaires. Si ou intercale dans le circuit du téléphone nu nei-f moteur et qu'on parle à haute voix devant la plaque du téléphone, le muscle se contracte avec plus ou moins d'intensité suivant le son émis. Le même phénomène se produit si on place la bobiue inductrice de l'appareil de Du liois-Reymoud dans le circuit du téléphone, le nerf étant mis en rapport avec la bobine iuduite. Hogycs a fait construire récennnent, sur le principe du téléphon.% un inducteur magnétique pour rexcitalion des nerfs et des muscles. Dans l'excitation téléphonique du nerf, les voyelles a et o sont les plus actives ; / au contraire est à peu prés dépourvu d'effet.

Mortes d'excitatioa des nerfs. — L'excitation des nerfs peut être médiate ou m??médiate. Dans Vexcitotion iinmrdiale les électrodes sont appliquées dii'ectement sur le nerf mis à nu, et ce mode d'application permet de localiser exactement l'excitation électrique et de réduire au minimum son point d'application. Les diverses espèces d'électrodes employées dans ce but et les précautions à prendre sont décrites dans la Technique physiologique. Daus Vexcitaiio/i médiate les électrodes sont séparées du nerf qu'on veut exciter par une épaisseur plus ou Tnoins considérable de tissus, soit que les électrodes soient api)liquées sur la peau qui recouvre le nerf, soit que le nerf soit placé sur les électrodes en le laissant entouré d'une sorte de gaine musculaire, ce qui dans certaines expériences peut présenter de réels avantages.

Que l'excitation soit médiate ou immédiate, elle peut être bipolaire ou unipolaire.

L'excitiitton bipolaire, la plus employée généralement, consiste à mettre en rapport avec le nerf les deux pôles, positif et négatif, du courant, en les plaçant à une distance variable l'un de l'autre. Daus ce cas le nerf est traversé par un courant qui va du pôle positif vers le pôle négatif; il entre par le pôle positif ou anode et sort par le pôle négatif ou cathode. Ou peut faire varier la position de ces deux pôles par rapport au nerf; ainsi pour un nerf moteur par exemple, si le pôle positif est le plus rapproché dos centres nerveux et le pôle négatif plus rapproché du muscle, on aura dans le nerf un courant allant dans le sens de la transmission motrice; le courant est dit alors direct ou descendant ; il sera mi'erse ou ascendant dans le cas contraire (voir les figures 183 et 184). Pour éviter les courants dérivés, on peut aussi employer une autre disposition imaginée par Rousseau; le rhéophorc négatif est bifurqué (Qg. 182) et le rhéophore positif se trouve entre ces deux bifurcations.

L'excitation unipolaire (qu'il ne faut pas confondre avec les faits de contraction d'induction unipolaire observés avec les appareils d'induction) a été imaginée par Chauveau. Dans ce procédé d'excitation une seule électrode est en rapport avec le nerf; l'autre est représentée soit par une large surface humide, soit par un bain d'eau salée dans lequel plonge une partie de l'animal; on peut aussi placer une des électrodes sur un nerf, l'autre sur un nerf éloigné. L'action du courant se localise ainsi dans une région très circonscrite du nerf et on peut facilement isoler l'action de chacun des deux pôles, llermann a dans ces derniers temps adressé à la méthode de Chauveau la critique suivante : d'après lui l'excitation serait en réalité bipolaire connue dans le mode d'e.xcitation ordinaire ; en effet un des pôles correspond à l'électrode appliquée sur le nerf; mais il y a en outre à l'endroit où le nerf pénètre dans le muscle une variation brusque de la densité du courant et par conséquent un poiut qui représente véritablement une deuxième électrode de signe contraire. La critique d'Hermanu ne me paraît

(*) a, fil de laiton; — i, tube de verre ; - c, Imuchon ; — dd, tige de verre horizontale ; — c, coude à angle droit des (ils de laiton ; — f, eau acidulée dans des godets en vorro : — (y, pil,..

Fig.

— Appareil à rhéophore bifurqué {*).

pas fondée en ce sens que, même en admettant cette condensation de l'électricité au point d'entrée du nerf dans le muscle, cette condensation n'approche pas de celle qui a lieu au point d'application de l'électrode; en outre on peut parfaitement, en laissant le nerf en contact avec les tissus au point d'application de l'électrode, empêcher cette condensation de l'électricité en tout autre point du nerf.

A. Action du courant constant sur les nerfs. — J'étudierai d'abord l'action du courant constant sur les nerfs moteurs.

Quand on fait passer un courant constant à travers un nerf moteur, on n'a de contractions qu'à la fermeture ou à l'ouverture du courant; on n'a pas de contractions pendant tout le passage du courant, sauf dans certains cas exceptionnels qui seront étudiés plus loin. Ces contractions de fermeture et d'ouverture se répartissent de la façon suivante {loi de Pflûger ou loi des secousses), suivant le sens et l'intensité du courant :

INTENSITÉ

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