IV. — EXCtTÀTIOîVS CHIMIQUES DES NERFS
D'une façon générale les excitants chimiques agissent avec moins d'intensité sur les nerfs que sur les muscles, probablement à cause de l'épaisseur du névrilème qui les entoure. Un grand nombre de substances chimiques agissent connme excitant en enlevant de l'eau au nerf; ainsi la dessiccation
PHYSIOLOGIE nu TISSU NERVEUX.
seule du nerf produit d'abord des contractions rii3rillaires, ensuite un tétanos permanent; il sul'titpour cela de placer le nerf d'un muscle dans une cloche avec de l'air très sec ou de le recouvrir de poudre de sucre, en évitant la dessiccation du muscle. D'après Birkncr, les contractions se produisent quand la perte d'eau atteint 4 à 8 p. 100 du poids du nerf. Ilarless croit que îa perte d'eau agit non pas comme excitant, mais simplement en augmentant l'excitabilité du nerf. L'eau distillée, qui agit avec tant d'intensité sur les muscles, n'a aucune action sur les nerfs. Les sels neutres, chlorure de sodium (4 à 30 p. 100), les alcahs, les acides libres, la glycérine, l'alcool, la créosote, l'acide phénique, l'urée, la bile et les sels biliaires, etc., déterminent l'excitation des nerfs. Cependant malgré les recherches faites sur ce sujet par un grand nombre d'observateurs, llumboldt, Eckbard, Kïihne, etc., il reste encore beaucoup d'incertitudes et il est difficile d'éliminer, dans cette action chimique, ce qui revient à la dessiccation du nerf, à sa destruclion, à son augmentation d'excitabilité, etc. Kiihne et Jani ont essa^'^é l'action des gaz et des vapeurs; mais ils n'ont obtenu aucun résultat, sauf avec le sulfure de carbone.
Pour les nerfs sensilil's et excito-réllexcs, les résultats sont encore incertains. Ainsi pour Grûtzner, le sel marin serait sans action sur les nerfs centripètes et il a constaté là l'inverse de ce qui a lieu pour les excitations thermiques. Les recherches de Sestchenow seront vues à propos des actions l éllexes (voir aussi, pour les excitants chimiques, pages 025 et 6:26).
Dans un certain nombre d'expériences faites sur ce sujet, je n'ai obtenu aucun résultat. Avec les acides acétique, nitrique, sulfurique, lactique étendus ou concentrés, je n'ai pu avoir aucune contraction, soit en appliquant l'acide sur le nerf dont la continuité était respectée, soit en sectionnant le nerf et trempant le bout sectionné dans le liquide. Le nerf se détruisait, se recroquevillait sous l'influence de l'acide, mais sans déterminer de contraction. Même résultat négatif avec les nerfs sensitifs [Rech. sur l activité cérébrale, p. 102 et 110).