Fatigue nerveuse
La conslatation et la mesure de la fatigue nerveuse présentent de très grandes diflicullés expérimentales; en etlet, elle ne peut guère s'apprécier que par des contractions, directes pour les nerfs moteuns réflexes pour les nerfs sensitifs, et dans ces cas il est difficile de faire la part de ce qui revient à la fatigue du muscle et à la fatigue du nerf. Le fait constaté par du Bois- Reymond, que la variation négative s'affaiblit par la répétition des expériences, prouverait que la fatigue nerveuse existe par elle-même indépendamment de la fatigue musculaire. Clependant on peut tétaniser un nerf sans interruplion pendant six heures sans que le nerf se fatigue (Wedenskii). Si on cnrarise un lapin on peut exciter le nerf sciatique pendant quatre heures sans fatiguer le nerf; au bout de ce temps si l'effet du curare a disparu, l'excitation du nerf détermine des contractions (Bowditcli). 11 semblerait donc que l'excitation et la transmission nerveuses ne s'accompagnent d'aucune usure de substance nerveuse.
Bcrnstein a trouvé un procédé ingénieux pour l'étudier à part : il fait passer un courant constant à travers la partie du nerf qui touche au muscle; pendant toute la durée ilu passage du courant les excilalions portées sur la partie supéiieuie du nerf ne peuvent traverser la partie inféiieure du nerf (voir page 649), et par conséquent exciter le muscle qiù ne se fatigue pas; l'excilaliilité du nerf faligué est essayée alors avec un muscle qui a conservé toute son irritabilité : il a constaté ainsi que le muscle se fatigue beaucoup plus vite que le nerf et que le processus de réparation (rétablissement de rirrilabilité) se fait aussi beaucoup plus lentement dans le nerf que dans le muscle. Quaiul l'excitation a été trop intense, la réparation ne se fait pas. Les nerfs sensilifs se comportent au point de vue de la fatigue comme les nerfs moteurs.
Ranke a appliqué aux nerfs sa théorie de la fatigue musculaire (voir page 587); ainsi il considère les acides comme des substances fatigantes pour le nerf et, d'une façon générale, range dans cette catégorie toutes les substances qui diminuent l'excitabilité des nerfs et qui proviennent de leur désassiniilation.
On ne sait si, de même que pour le muscle, l'activité nerveuse est nécessaire pour le maintien de l'intégrité des neifs; à l'exception du nerf optique, on ne voit pas le bout central des nerfs sensitifs dégénérer après la section; Scbilf a encore trouvé, au bout de près de deux ans, les fibres du bout central intactes, et cependant elles auraient dù dégénérer par défaut d'activité; il est vrai ([ue dans ces cas on pourrait se demander si l'extrénnté du bout central n'est pas excitée incessamment par les tiraillements de la cicatrice ou par toute autre cause.
Itihliosrrapliif. — Wedknsku : Wie rasch ermûdet der Nerv. (Centralbl., 1884). — P. BowDncii : Note on tlie naluj'e of ncrve force (Journ. of pliysiol., t. VI, i885).
§ 3. — Pliciiomèiies électriques des nerfs. — Électricité nerveuse.