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LES PRINCIPES DE LA PHYSIOLOGIE

Les autres, plus frappés des ressemblances et des analogies que des différences, voyant plutôt ce qui rapproche que ce qui distingue, regardent tous les êtres comme rattachés entre eux par des liens intimes et les considèrent comme construits sur un plan dont les variations innombrables ne paraissent être que les développements d'un type primordial. Et, en effet, plus la science progresse, plus les intervalles ([ui séparaient les divers groupes se comblent et se rétrécissent, et les formes de transition, négligées autrefois, mieux étudiées aujourd'hui, se multiplient de jour en jour, réunissant ainsi, par des traits d'union inattendus, les familles et les espèces qui paraissent les plus éloignées les unes des autres.

Comment expliquer maintenant cette ressemblance et ces affinités entre tous lés êtres vivants? Deux théories contraires sont en présence, l'une que j'appellerai la théorie de Videntité de type, l'autre, la théorie de ïidentilé d'origine.

Dans la théorie de Videntité de type, tous les êtres ont été créés par la cause première, mais d'après un plan unique plus ou moins diversifié. Si tous les êtres vivants se rattachent les uns aux autres, c'est d'après une loi d'harmonie universelle, la cause première ayant dans la série des créations successives répété le même type sous des formes variables. La ressemblance (les êtres vivants tiendrait à l'unité de l'idée créatrice.

Dans la théorie de Videntité d'origine, cette ressemblance ne tient pas à une simple harmonie supérieure ; elle tient à une communauté réelle d'origine : si tous les êtres se ressemblent dans de certaines limites, c'est qu'ils sont tous issus de la même souche primitive. C'est cette théorie si connue aujourd'hui sous le nom d'évolution ou de transformisme, qui, formulée par un naturaliste français, Lamark, a été reprise et développée par Darwin; c'est elle qui, dans l'état actuel de la science, me parait seule acceptable. L'exposition de cette théorie trouvera sa place dans un autre chapitre du livre; ici le seul point à faire ressortir Q?>i\d. parenté physiologique qui existe entre l'homme et les autres êtres vivants. Les phénomènes vitaux de l'organisme sont, dansleurs traits essentiels, identiques aux phénomènes vitaux qui se passent chez l'animal ; il en résulte une conclusion importante, et c'est un des principes sur lesquels s'appuie la physiologie, c'est que les conséquences tirées des observations et des expériences fuites sur les animaux peuvent être légitimement appliquées à la physiologie humaine. C'est depuis que cette vérité est entrée dans les ^esprits, que la physiologie a fait les progrès immenses qu'elle a accomplis dans ces dernières années.

En résumé, les deux lois qui viennent d'être développées, appliquées à la physiologie, révèlent les principes essentiels de cette science.

La première loi est la coi'rélation des mouvements physiques et des mouvements vitaux. On en tire ce principe que V activité vitale est toujours provoquée, jamais spontanée. Ce principe donne la méthode à suivre dans l'étude de la physiologie. Tout problème physiologique, en effet, se pose de la façon suivante : étant donné un phénomène vital, déterminer les conditions qui lui ont donné naissance; étant données telles et telles conditions, déterminer le phénomène vital qui se produira.

La seconde loi est celle de Vévohition des êtres vivants. Elle conduit à ce second principe que \ homme ne peut être isolé du reste des êtres vivants et que les actions vitales de l'organisme humain sont identiques àcellesde l organisme animal. Ce principe nous donne les procédés à employer dans l'étude de la physiologie. Le problème se pose pratiquement de la façon suivante : étant donné tel phénomène vital à étudier, choisir, pour l'observer, l'organisme qui, à ce point de vue, se rapproche le plus de l'organisme humain. (BeaUiMS : Les principes de la physiologie.)

Bibliog^raphie. — F. Ki.ih; : Les principes de la physiologie moderne [an hongrois), 1883.

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