V. — RIÎGÉ.NÉHATIOX
La régénération n'est qu'un cas particulier de l'accroissement. Seulement, l'accroissement succède à l'ablation d'une partie de l'organisme et se localise en un point pour remplacer la partie enlevée. A l'état normal, cette régénération est continuelle pour certains éléments, cellules épilhéliales, globules sanguins, etc., et elle n'est qu'une des formes de la nutrition. Mais cette régénération peut encore se faire même pour des éléments chez lesquels, à l'état normal, le renouvellement est moléculaire et non total; telles seront, par exemple, une fibre musculaire ou une fibre nerveuse. La régénération n'est pas limitée à la reproduction de cellules ou d'éléments analomiques simples; elle peut être portée plus loin et aboutir à la reproduction d'organes et de membres entiers, être identique par conséquent aux phénomènes de développement de l'organisme, comme dans la vie embryonnaire. Chez les animaux inférieurs, cette puissance réparatrice est considérable : un fragment d'hydre reproduit un animal complet; il en est de même chez certains vertébrés inférieurs, et tout le monde connaît les faits de reproduction d'un membre, de la queue, d'un œil, chez les salamandres aquatiques (triton). Chez l'homme même, des faits semblables ont été observés chez le fœtus; Simpson a vu plusieurs cas de reproduction incomplète d'un membre à la suite d'amputation spontanée, et, chez l'enfant, on a constaté la reproduction d'un doigt surnuméraire après son ablation. Chez l'adulte, la puissance régénératrice est bien plus limitée, mais elle est encore assez prononcée, comme le prouvent les recherches des chirurgiens et en particulier les expériences d'Ollier sur la régénération périostique des os. On
PHYSIOLOGIE GENERALE DE L'ORGANISME
peut dire, en somme, que toute la science chirurgicale est basée sur cette puissance réparatrice de l'organisme.
A la régénération peuvent être rattacliés les phénomènes de tr (implantation or- 'janique. Quand une cellule est détachée de l'organisme auquel elle appartenait, elle n'en continue pas moins de vivre pendant quelque temps, et, dans certains cas môme, elle peut se multiplier et conserver toutes ses propriétés. Si, à cet état, on la place dans des conditions convenables en contact avec un organisme, elle continuera cà vivre sur cet organisme dont elle fera désormais partie intégrante, elle sera greffée sur lui comme un bourgeon se gretfe sur une plante. Cette persistance de la vie après la séparation se montre non seulement sur des éléments simples, mais sur des lambeaux de tissus et sur des organes; ainsi Vulpian a vu des queues de têtard, détachées de l'animal, continuer à se développer pendant plusieurs jours : on conçoit qu'il sera possible alors de transplanter d'un organisnie à l'autre des parties on des organes détachés du premier : ces expériences de grefl'e animale, d'aboi'd simples expériences de curiosité, puis étudiées scientifiquement (P. Bert), ont trouvé bientôt leur application en chirurgie (greffes cutanées et épidermiques pour la cicatrisation des plaies, transplantations périostiques, essais de transplantation de la cornée, transplantation des dents, des cheveux, etc.). Ces faits de greffe animale ont leur analogue dans un fait physiologique, la greffe de l'ovule sur la muqueuse utérine dans les premiers temps de la période embryonnaire (1).