OBSERVATIONS
(;Lycoof;NE p. 100.
i;i.vc.U(;f;NE p. 100.
AC. I.ACTIQllK p. 100.
Analj'sé 8 heures après (A).
PRINCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME. 127
Dans la troisième expérience Taniinal (chai) avait été soumis préalablement à trois jours d'inanition, pour diminuer la quantité de glycogùne des muscles. Or malgré la faible proportion de glycogène, la quantité d'acide lactique produit est aussi forte que dans les deux, autres expériences. 11 semble donc prouvé que l'acide lactique provient ou peut provenir d'autres substances que de la substance glycogène.
Rôle physiologique de la substance glycogène. — La quantité totale d<' substance glycogène existant dans l'organisme peut être évaluée à 300 ou 400 grammes. Quel est le rôle de cette substance ?
Le rôle du glycogène ne paraît pas être celui d'une subsia7ice constituante entrant d'une façon permanente dans la constitution des éléments et des tissus. Une cellule hépatique, une tibre musculaire ne perdent pas leurs caractères spécifiques quand le glycogène en disparait. 11 semblerait plutôt appartenir aux substances de passage^ comme la graisse, par exemple, qui se forment et se détruisent plus ou moins facilement et qui peuvent sous certaines conditions s'accumuler dans les tissus comme matières de rései've. A ce point de vue le glycogène pourrait être rapproché de l'amidon végétal, il s'accumule dans le foie comme ce dernier s'accumule dans les graines et les tubercules de la plante, seulement tandis que dans la plante la transformation de l'amidon en glucose et l'utilisation de ce glucose par la plante ne se fait qu'à certaines époques déterminées de la vie du végétal, chez l'animal celte transformation en glucose est incessante et ce glucose incessamment utilisé pour produire, ou du moins tout porte à le croire, de la chaleur et du travail musculaire. 11 y a donc dans l'organisme animal et particulièrement dans le foie et dans les muscles une véritable réserve hydrocarbonée toujours disponible. Cette réserve permet de maintenir constante la proportion de glucose du sang quelle que soit du reste la consommation de ce glucose par l'organisme.
On a aussi considéré la substance glycogène comme un simple produit accessoire formé dans l'accroissement de certains tissus (épiderme), dans certaines sécrétions (bile) et qui se déposerait alors dans les tissus, soit pour être utilisé de la façon indiquée plus haut, soit pour être employé à régénérer la molécule d'albumine (l'illiger).
Ce qui est certain en tout cas, c'est que tout ce qui ralentit les dissociations dans l'organisme (riche alimentation, spécialement d'hydrocarbonés, défaut d'exercice, etc.) favorisent son accumulation.
OiliIio<;rnpliic. — B. Litiisinyif.h : Xolizen znr P/if/siolor/ic r/es Glijkogens (Arch. de Pllu.trrr, 1S78'. — II. BoKii.M et F.-A. IIoi-kman : IJcbcr die Elnwirkun// vo)i f/c/i/jrinirlcn Ulule aiif Clijkofjenlosunrien (Arrli. lïir cxp. l>af., t. X, 1878). — : neilviiçje zur KeiDiliils.s (les G/i/l;or/en.s\ oie. — M. v. ViiNTjsciiG.vu et M. J. Dikti, : Weilere Mit-
llieiliuigen uher die Einwirkunr/ von Kalilosunf/en uiif Giykof/en (Arrh. de PlUirror t. XVII, 1878).— K. M.\Yi)i, : Vebev die Ahstummiing des Glijkogens Ç/A'it. l'ur phys. Ch.' t. III, 1870). — R. Roi-iiM : Ueber dus Verhallen des Glyvogens und der Milchsdure inl Muskel/leisc/i (Arcli. de Plliiger, t. XXIII, 1880). — E. et A. RoHNiHAnicH : Ueber
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Dextrine (C«H»'>08)2?
Caractères. — La dextrine est une substance amorphe, transparente, d'aspect gommeux, trt's liygrouiétriijue, soIuIjIc dans l'eau, peu soiubie dans l'alcool faible, iusoluble dans l'alcool fort et dans l'éther. Elle dévie à droite le plan de polarisation.
Variétés. — On distingue plusieurs espèces de dextrincs qui diffèrent par leur pouvoir réducteur sur la liqueur cupro-potassique, par leur pouvoir rotatoirc, par leur coloration avec l'iode et par la facilité avec laquelle la diastasc les transforme en glucose.
1" Erythrodexlrine. — Elle se colore en pourpre par l'iode; elle est très attaquable par la diastase ; elle ne réduit pas la liqueur cupro-potassicpie. Pouvoir rotatoire = -f 215. (Elle forme la majeure partie de la dextrine commerciale) (2).
2° Achroodexlrine a. — Se colore à peine par l'iode ; moins attaquable que la précédente par la diastasc. Pouvoir réducteur — 12 (le pouvoir réducteur du glucose étant égal à 100). Pouvoir rotatoirc = + 210.
3° Achroodexlrine p. — Ne se colore pas par l'iode ; inattaquable par la diastase. Pouvoir réducteur = 12. Pouvoir rotatoire = 190°.
(1) A consulter : Pelouze, !^ur lamalière glycogi'ne (Comptes rendus, t. I, 1857 i; Schifl", De la nature des granulations qui remplissent les cellules hépatiques (Comptes rendus, 1859); Cl. Bernard, Leçon sur ta matière glycogène du foie (Union méd., 1869) ; A. Sanson, Sur l'existence de la matière glycogène dans tous les organes des herbivores (Journ. de la physiol., t. II, 1859); S. Weiss, Ueber die Quelle des Leberglycogens (Akad. d. Wiss. zu VVien, 187:}) ; Luchsinger, Ueber Glycogenbildung in der Leber (Arch. de Pfluger, t. VIII, 1873); Salouion, Ueber die Bildung des Glykogens in der Leber (Arch. de Yirchow, t. LXI, 1874); id., Der Glykogengehall dcr Leber bein neugebornen Kinde (Centralbl., 1874).
(2) Beaucoup d'auteurs identifient l'érythrodextrine et l'amidon soluble. Ce dernier s'obtient en maintenant à 100" l'amidon ordinaire ou par l'action des acides sur l'amidon. D'après Musculus et A. .Meyer, c'est un mélange d'amidon soluble et de dextrine pure.
PRINCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME-
40 Achroociexirine y. — Ne se colore pas par l'iode; inattiiquable par la diastase ; ne se sacoharilic que très leiiteuient par l'acide sidl'urique. Pouvoir rédueteiir = 28. Pouvoir rotaloire = + 150°. (Existe liahitufliriucut dans le ^jlucose du eouiuierce.)
BroNvu et Héron, d'après les transl'oruiatious produites sur l'amidou par l'extrait de malt à (lill'éreules teuqtèratures admettent neuf espèe(>s de dexfriues, distinctes parleur pouvoir réducteur et leur j)ouvoir rotatoire et (|ui constitueraient autant d'inti-nnédiaircsentre l'auiidon soluble et le nialtose. Toutes ces dextriiies seraient des polymères qui en partant de l'amidon, 10 (C'-ll-0()'f), perdraient successivement 1 (C'-ll^ooio) q,,] ,.11 prenant de l'eau se transforme en nuiltose, de façon à arriver à la neuvième dextriiu; constituée par I (Ci^H-fO'") qui se transforme en maltose, terme linal de la réaction. La dextrine ordinaire serait représentée [)ar le liuilième terme de la série 2 (C'^H-o()"*).
Propriétés chimiques. — Les acides étendus et houillants transforment la dextrine en glucose. — Elle si' comporte à peu près comme l'amidon sous l'inlluencc de la chaleur et des acides. — Par le hrome puis l'oxyde d'arf,'ent humide, il se produit de Yucide (lextronifjiie. — La dextrine se produit quaiul on maintient de l'amidon à la température de IGO". Elle si- forme aussi jwr l'action de l'or^fc j^ermée sur l'amidon.
Fermentations. — D'après 11. Maly, la dextrine fermente au contact de la muqueuse stomacale en donnant un mélauf^e d'acides lactiqui; et sarcolacti(|ue. — D'après ZaAvilsky lu pepsine pure, minn acide, transformerait en glucos;' l'érylhrodextrine et l'aciu'oodextriue.
Production artificielle par synthèse. — iMusculus en dissolvant, à froid, du fflucose tians l'acide suliuri(iue et ajoutant de l'alcool a vu se précipiter, au bout de trois^ semaines, une substance ayant les caractères de ïacfiroodextrine y. Grimaux et Lefevre ont obtenu aussi par déshydratation une dextrine synthétique appartenant à la famille des achroodextrines et ne se colorant pas par l'iode. Le galactose leur a fourni de même une r/ulacto-dextrine.
Existence dans Torganisme. — La dextrine a été trouvée dans le sang, dans l'urine des diabétiques, dans le tissu musculaire. Mais son existence et ses proportions y sont très variables. Musculus et V. Mering en ont rencontré dans le ibie à côté du glucose et du maltose. Dans le règne végétal, on l'a trouvée dans la manne du frêne et dans quelque végétaux.
Cette dextrine provient évidemment de la dextrine produite dans l'intestin par la digestion des aliments féculents. Le sang des animaux nourris exclusivement de viande n'en contient pas (Poiseuille et Lefort).
Dans le sang la dextrine se transforme lentement en glucose.
Sucre de canne Gi-'H^^qh.
Caractères. — Le sucre de canne est très soluble dans l'eau, insoluble dans ralcoor absolu froid et dans l'éther. D= 1,G0G. Il dévie à droite, le plan de polarisation. Sou pouvoir rotatoire = + "S^S.
Propriétés chimiques. — Chauffé à 100° il fond sans altération ; mais eu le maintenant longtemps à celte température, il se décompose en glucose et lévulosane, C'^HioO^.
C12H22011 = C6II12()6 ^ CtilI'OO".
L'amalgame de sodium le transforme en mannite en présence de l'eau.
Ci2H220it + IPU + 411 = 2C6H»*06 (Mannito.)
Par l'oxydation le sucre de canuc donne à peu près les mômes produits que le glucose. — Avec les alcalis, à froid, il donue des sacchurates ou sucrâtes, (saccharate de chaux, etc). — 11 se combine avec certains sels, comme les chlorures de sodium et de potassium. — Les acides étendus à chaud le transforment en sucre interverti, mélange à parties égales de glucose et de lévulose
0121122011 ^ iiîQ ^ CfilIiaO" + C8II12O8 Sucre de caime. Eau. Glucose. Lévulose.
Ce sucre hiterverti dévie à (lauche le plan de polorisation, la lévulose ayant un pouvoir rotaton-e a gauche plus élevé que le pouvoir rotatoire à droite du glucose ; cette trans- Bkaims. — Physiologie, édition. I 9
formation f^t précédée d'un stade dans lequel le surrc interverti est optiquement inartif {Sucre neiifre). A la température oi'diiiaire l'opération est plus longue, il faut sept lieures pour l'aride clilorliydriiiue ; cette transformation si' fait même avec l'acide car])onique, mais il faut l)eaucoup plus longtemps (cent cinquante jours; Lippmann). — Le sucre de caiiiii' fiUMMe avec les acides orfranlipies des éthers {sacrh(irosi(/('.s.)
Réactions. — Le sucre de canne se distingue' du glucose parce qu'il ne brunit pas par les alcalis et qu'il ne réduit pas la liqueur cupro-polassicpie. Celle-ci est au contraire réiluit.' |iar le sucre interverti.
Fermentations. — Un certain nonjhre de ferments produisent l'inversion du sucre de canne et le transfitmieiit en ,siicn' inleiTerti, de même fjue les acides dilués ; tels sont la levure de bière, le penicilliinn f/laticu>n, Vuspercfilliia nic/er (très actif), le bacUlus bulylictis et le Imcillits annjlohacler. Tous ces ferments figurés ne produisent l'inversion que parce qu'ils sécrètent un ferment stduhie {invc.rl'nie de Hertlieltd, siicrase de Duclaux) auipiel est due cette pnqiriété. Cette inversion, étudiée par Duclau.v sur l'asperf/illnti vir/er, marche d'ahord très rapidement, puis se ralentit au liout <le quel(|ue temps. En se plaçant dans des conditions favorables, la sucrase peut transformer 4 ODO fois son poids de sucre ; stui maxiumni d'action se trouve un peu au delà de ôG".
Ce dédoublement en glucose et lévidose précède toute fei'inentation du sucre de canne. Une fois ce dédoublement acconq)li les ferments llgurés délermineut alors leur fermentation spéciale soit alcoolique, soit ])utyrique en agissant sur les deu.x. produits du dédoublement. Cette transforniiition de sucre de canne en glucose et lévulose se fait aussi dans le tube digestif et sera étudiée à propos de la digestion.
Existence dans l'organisme. — On a constaté la présence de peliles quantités de sucre de canne dans la veine porte après son ingestion avec les aliments (Cl. Bernard, Iloppe-Seyier, DrosdofT). Il est proba!)le que dans certaines conditions encore mal déterminées, une partie du sucre de canne ingéré échappe à l'inlervcrsion, est absorbée à son état naturel dans l'intestin et n'est dédoublée que dans le foie. L'existence du sucre de canne dans le sang serait donc purement accidentelle. On sait qu'il se trouve en grande quantité dans un certain nombre de végétaux (canne à sucre, betterave, carotte, etc.).
Rôle physiologique. — Dans l'organisme animal le sucre de canne n'a qu'un rôle purement alimentaire. Mais il n'est pas directement assimilable. Injecté dans le sang, comme l'a montré Cl. Bernard, il se i-etrouve inaltéré dans les urines, à moins que l'injection n'ait été faite dans les veines mésaraïqucs de façon à leur faire traverser le foie; dans ce cas il est transformé en glucose et ne reparait pas dans les urines. Il n'est pas non plus du reste directement assimilable chez les végétaux eux-mêmes. Ainsi dans la betterave il constitue une véritable réserve nutritive qui n'est employée qu'au moment où se développe l'activité de la plante (bourgeonnement, floraison) ; mais à ce moment il ne Test pas à l'état de sucre de canne ; il apparaît dans les tissus de la plante un ferment qui le transforme en sucre interverti et c'est ce sucre interverti qui est utilisé par la plante.
Sucre de lait C'^tP^Oii -f- H'^O.
Syn. — Lactose, lactine.
Préparation. — Le sucre de lait se préparc en concentrant par l'évaporatiou le petit-lait et l'abandonnant à lui-même; le sucre de lait cristallise et les cristaux sont purifiés i)ar les procédés ordinaires.
Caractères. — Le sucre de lait cristallise en prismes orthorlinmbiques durs, incolores, de saveur faiblement sucrée. Entre 130" et li(t" ils perdent leur eau de erislallisation. Il est soluble dans G parties d'eau froide et dans 2,.') parties d'eau bouillante ; par l'évaporatiou de sa solution aqueuse il se prend eu masse cristalline anhydre qui se dissout dans l'eau froide avec abaissement de température. 11 est insoluble dans l'alcool
PRINCIPES COiNSTITUANTS DE L'ORGANISME.
et dans l'éther. D = 1,534. 11 dévie à droile le plan de polarisation; son pouvoir rotatoire = + ô9'\:5.
Propriétés chimiques. — Les propriétés chimiques du sucre de lait dérivent de sa constitution; on sait en effet qu'il est constitué par l'union du glucose et du galactose avec sortie d'une molécule d'eau. — Les ac«t/e* minéi'aux dilués le dédoublent on glucose et en galactose :
Sucre de lait. Glucose. Galactose.
Par l'amalgame de sodium il fournit un mélange de mannitc (provenant du glucose) et do dulrite (provenant du gakuiose). — Chauffé avec l'acide nitrique, il donne les produits d'oxydation des deux corps qui le constituent, acide sacchari(iue (glucose), et acide mucique (galactose). Il donne en outre avec l'acide azotique ordinaire d'autres produits d'oxydation, acides oxaH(iue, tartrique, etc. — Avec, l'hydrate d'oxyde de cuivre il l'ournit les mêmes produits que le galactose, acides formique, carbonique, lactique et une plus forte proportion d'acide glycolique. — Avec le chlore ou le brome il donne de V"cide lactonique C''1I"'0'' ou C''ll''Uv()ll)''.COOIl. — ChautlV- avec les acides organiques, il donne des éthcrs ou lacloside^-. — Avec les alcalis, à froid, il donne des comi)inaisons peu stables. A chaud, il brunit par la potasse. 11 réduit la liqueur cupro-potassiquc.
Réactions. — Si on chauffe fortement une solution de sucre de lait avec de l'acétate neutre de plumb, le liquide, au bout de quelques minutes, prend une coloration jaune à jaune brun; si on ajoute goutte à goutte de l'ammoniaque, la solution devient d'abord jaune, puis rouge brique; puis le liquide se décolore peu à peu en même temps qu'il se fait un précipité rouge [H. de Ruhner).
Fermentations. — Kn présence de la levure de bière, le sucre de lait subit, quoique difûcilement, la fermentation alcoolique, après s'être dédoublé en glucose et galactose. Cette fermentation alcoolique du sucre de lait est produite aussi par d'autres ferments, entre autres pavVactinobucter poli/uK/rphus et par le tyrotlirix clavifovmis (Duclaux). Dans cette fermentation alcoolique il se produit de l'alcool ordinaire et de l'acide acétique. — La fennenlutiun lactique se produit au contraire très facilement sous l'influence du ferment lactique de Pasteur. L'acide lactique ainsi formé peut subir à son tour sous l'influence de divers ferments des décompositions qui aboutissent à la production d'acides gras volatils et ([ui sei'ont étudiées à propos de l'acide lactique. — La fermentation visqueuse, avec production d'un mucilage précipitable par l'alcool, peut être déterminée par différents ferments, Va,'tinobucter du lait viscpieux (Duclaux), une espèce Acmicrococcus { Schmidt) un ferment de globules arrondis en chapelet, etc.
Synthèse. — Demole a reproduit artificiellement le sucre de lait en traitant par l'anhydride acétique à 150° un mélange de glucose et de galactose. 11 reste cependant encore ((uelques doutes sur la valeur de cette expérience.
Dosage. — Le dosage du sucre de lait se fait soit par la liqueur cupro-potassique (voir f/lucose), soit par le polariraètre. — Gscheidlen a indiqué des procédés de dosa<^e du sucre de lait basés sur les colorations (jaune rougeâtre à brun rouge) que prennent les solutions de sucre de lait quand on les chauffe avec de la soude.
Existence dans l'organisme. — A l'état ordinaire, le sucre de lait ne se renconlre que dans le lait. On en a constaté des traces dans le sang au moment de la lactation. De Sinély avait remarqué que quand on supprime brusquement la lactation, les urines contiennent du glucose; d'après llofmeister et Kaltenbach, le corps qui se rencontre dans ces cas dans l'urine serait non du glucose, mais du sucre de lait. Dans ces dernières années on a constaté la présence du sucre de lait dans un certain nombre de végétaux, suc du sapotillier (G. Bouchardat), glands du chêne (Braconnot), etc.
Origine. — Alimenlalion. — Depuis qu'on a constaté la présence du sucredelaitou dugalactose dans un certain nombre de végétau.x:, on pourrait penser que le sucre existant dans le lait provient de l'alimentation ; niais cette hypothèse devient bien peu probable quand on réHéciiit que le sucre de iait se dédouble dans l'intestin et se transforme en gkicose avant d'être résorbé et de passer dans le sang. On a vu en efTet (lu'on n'en trouve que des traces
dans ce liquide et seulement dans le temps de la lactation. Après l'injection dans le sang le sucre de lait disparaît rapidement en se transformant en glucose dont l'excès s'élimine par les urines. Il faut cependant remarquer que cette destruction n'est pas complète, car on retrouve du sucre de lait dans les urines. Worm-Miiller en a aussi constaté l'existence dans les urines après l'injection de fortes doses dans l'estomac, du moins chez les sujets sains; car chez les diabétiques au contraire c'est du glucose qu'on retrouve dans ce cas dans l'urine. Enfin on peut chez un animal donner une alimentation complètement dépourvue de sucre de lait sans empêcher l'apparition de ce sucre dans le lait.
Origine dans l'organisme. — On peut donc considérer comme certain que le sucre de lait se forme dans l'organisme. Aux dépens de quelle substance? Beaucoup de physiologistes pensent que la lactose se forme aux dépens du glucose apporté par le sang aux glandes manmiaires, et les expériences suivantes tendraient à faire admettre cette opinion. G. Becker a vu qu'après l'injection de glucose dans le sang, les lapines qui allaitaient éliminaient par les urines moins de sucre que les lapines ordinaires, et que cette élimination durait moins longtemps; il semble donc que chez les premières une partie du glucose injecté ait été employée à fournir à la glande mammaire les matériaux de production du sucre de lait. Cl. Bernard, d'autre part, en injectant du glucose dans le sang de chiens et de lapins, a retrouvé le glucose dans toutes les sécrétions à l'exception du lait, où il n'a jamais trouvé que de la lactose. On a objecté à cette hypothèse que la faible quantité de glucose qui se trouve dans le sang ne pourrait suffire à la production du sucre de lait. Mais l'objection perd de sa valeur, quand on pense à la quantité considérable de sang qui traverse en vingt-quatre heures la glande mammaire. Une autre objection plus sérieuse peut-être est que dans ce cas il faudrait admettre que le sucre ne disparaît pas si vite du sang pendant l'état de lactation, qu'il le fait habituellement.
Si l'on réfléchit que le sucre de lait résulte de l'union du glucose et du galactose, on est porté à admettre que c'est de la même façon qu'il se produit dans l'organisme. Il est vrai que jusqu'ici, on n'a pu y reconnaître l'existence du galactose.
Dans une communication faite à la Société de Biologie, Bert a annoncé qu'il a constaté, avec Schulzenberyer, dans le pis de la vache en lactation, la présence d'une substance lactogène aux dépens de laquelle se formerait le sacre de lait, comme le glycose se forme aux dépens de la substance glycogène du foie. Les caiactères de ce corps différeraient, du reste, notablement de ceux de la SLdJstance glycogène {Gazette mcdicale de Paris, 1879, n" 2). Ultérieurement ScluUzeuberger a isolé de la glande mammaire de femelles non en état de lactation, une petite quantité d'une substance qui donne du sucre avec l'acide sullurique ; il est vrai que cette substance n'en donnait pas avec la diastase ou la salive. H. Thierlelder, en faisant digérer la glande mammaire dans une étuve à la température du corps, a vu se former un corps réducteur qu'il considère conmie du sucre de lait. Ce sucre de lait se produirait, d'après lui, sous l'influence d'un ferment, aux dépens d'une substance préexistant dans la glande et qu'il appelle substance saccha-
PRINCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME. ^-^^ rogcne. Celle subslance, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool et l'élUer, ne se colore pas par l'iode et serait distincte de la substance glycogène.
Berta fait Texpérience suivante pour savoir si le sucre de lait se formait dans les glandes mammaires ou dans le reste de l'organisme. Il extirpe les glandes mammaires d'une chèvre et la fail couvrir; l'urine conlient de notaides quanlites do sucre, tandis que celle d'une chèvre non opérée et couverte, n'en contient pas. Mais la même expérience répétée sur des cobayes ne donne pas le même résultat.
Un certain nombre d'auteurs ont admis que le sucre de lait provenait de la métamorphose des substances albuminoïdes (voir: Sécrétion lactée).
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Maltose C'-R^'O'' -hW-O.
Préparation. — Lo maltose se forme par l'action do la diaslase du ninlt sur l'ompois d'amidon. Il se produit aussi par l'action des acides dilm's et cliavuls sur la dextrinc.
Caractères. — Il constitue des cristaux sucrés, snluhles dans l'eau, moins solul)les dans l'alcool que le glucose, insolubles dans l'élher. 11 dévie à droite le plan de polarisation (+ IS», 3).
Propriétés chimiques. — Eu solution arfueuse, le chlore le transforme eu acide gluconique, C'M'-O'. — L'acide azotique le ti'ausforuH' eu acide saccliarirjue. G''!!'"!»**. — Avec l'hydrate d'oxyde de euivrc il donne les uu'uues produits que le sucre de lait. — 11 réduit la li(iueur l'upi'o-potassique. — 11 ne l'éduit pas, comme le fail le (/lucose, une solution léi^ércmcnt acide d'acétate de cuivre (H. de llarfood).
Fermentations. — D'après Musculus et Gi'ul)er il fernuMite direeleineul eu présence de la li'vur(; de bière. — 11 est transforni''' direelenu'ut eu acide lacli(|ue par le ferment lactique et eu glucose par Vasperf/illus niçjer (lîourquelot). — Il est transformé en glucose dans l'intestin grèle, prohahlenieut par le suc entérique ou par les fermentations intestinales; niais d'après Rourquelot cette transformation m- se feiait pas aillem's que dans l'intestin <ni elle a lieu sous l'influence d'un ferment soluble distinct du ferment inversif. — 11 se forme aussi un peu de glucose dans la putréfaction du maltose (Philips).
Existence et formation dans l'organisme. — La petite qiuinlitc de maltose qui existe dans l'organisme provient de ralimenlalioii fcoulente. Les aliments amylacés en effet (amidon, dexlrlne, sid)slance glycogène) se transforment on maltose sous rinfluence des ferments digestifs diaslasiques delà salive et du suc pancréatique, maltose dont on constate la présence dans
le canal intestinal. Mais les quantités de maltose sont toujours très faibles parce quo li' maltose formé se dédouble très rapidement en glucose. Cependant on en aurait trouvé dans le sang avec le glucose et Musculus et V. Mering admettent son existence dans le foie, fait nié par Seegen et Kratschner.
Introduction dans l'organisme. — D'après Pbilips quand on injecte du maltose dans le sang il reparait dans l'urine sans avoir subi d'altérations ; il en serait de même quand on l'introduit par la veine porte. D'après Dastre et Bourtjuelot au contraire une partie au moins du maltose introduit dans le sang serait décomposé dans l'organisme; ainsi cliez des chiens ils n'ont vu reparaître dans l'urine que 22 à 2i p. 100 du maltose introduit dans le sang et dans quelques cas une quantité encore plusfaiblc. Pliili|)S du reste constata aussi la transformation partielle de maltose en glucose après les injections sous-cutanées de maltose, et il a vu aussi cette môme transformation s'opérer dans une anse d'intestin isolée sur l'animal vivant. Son introduction dans l'estomac augmenterait la proportion de glycogène du foie, d'après les expériences de Kùlz sur le lapin.
Rôle physiologique. — Le rôle physiologique du maltose est évidemment le même que celui du glucose.
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Glucose C'H'^O».
Syn. — ("rlycosc, dextrose, sucre de raisin, sucre de fruil, sucre de diab('tc. Caractères. — Le glucose est un corps solide, ])Ianc, inodore, d'une saveur piquante
un peu farineuse qui devient bientôt sucrée. Il cristallise en masses niaïuelonnées composées de lamelles rhoni])oédrique3 (fifï. 22) ou d'aiguilles (r//. anhydre). 11 est solu])]e dans l'eau et l'alcool bouillant, peu solubli? dans l'alcool Iroid, insoluble dans l'éther. D= l,5.j. 11 dévie à droite le plan de polarisation. Son pouvoir rotatoire est faj" = -|- 53",4.
Propriétés chimiques. — 1" Chaleur. A 170", il se décompose et se change en glucosane en perdant de l'eau :