Substance chondrigène et chondrine
Caractères. — Les cartilages conlienuent une substance, substance chondrigène, qui 30US l'influence de l'eau bouillante se transforme en chondrine ou gélatine de cartilage ([ui se prend en gelée par le refroidissement. La chondrine se gontle dans l'eau froide sans s'y dissoudre. Ses solutions sont précipitées par les acides et les sels métalliques (cuivre, fer, etc.). La coctiou prolongée avec l'eau alcalinisée la transforme en une modification soluble, mais qui ne se prend plus en gelée- par le refroidissement. Elh; se distingue de la nmcine parce qu'elle se gontle moins dans l'eau et parce que son précipité par l'acide acétique est soluble dans les solutions salines neutres ; elle se distingue de la gkitiiie parce qu'elle précipite par l'acide acétique, les acides minéraux et l'acétate de l)lomb et n'est que troublée par le tannin et h; sublimé qui précipitent la glutiiie. Ses solutions dévient à gauche le plan de polarisation.
Par la putréfaction ou par la coclion avec l'acide sulfurique étendu ou l'eau de baryte elle donne de la leuciue, mais pas de glycocolle ui de tyi'osinc. Par la coction avec l'acide azotique ou par l'action du suc gastrique, elle fournit une substance (sucre?) qui réduit le sulfate de cuivre, la chondroglycose (voir page 155). Chauffée très longtemps dans l'eau elle se dédouble, d'après Landwehr, en gélatine et gomme animale. Avec les acides minéraux forts, par l'action prolongée de la chaleur, elle donne de l'acide lévulinique (Tollens). — Avec l'acide chlorhydrique concentré et le chlorure de zinc, elle fournit de l'acide amido-glutariquc, de la leuciue, du glycocolle et de l'ammoniaque. — Pétri en a retiré un corps analogue à la syntonine et un acide azoté polybasiquc incristallisable.
La chondrine de la cornée se distingue par quelques caractères de celle du cartilage.
Constitution. — Morochowetz la considère, non comme une substance à part, niais comme un mélange de gélatine (ou de substance coUagène) et de mucine, hypothèse difficile à accorder avec un certain nombre de réactions et de caractères chimiques de la chondrine. Landwehr la regarde comme constituée par la gélatine, la gomme animale et une troisième substance qu'il n'a pu encore isoler. Ces deux hypothèses permettraient d'expliquer facilement la transformation de la chondrine en gélatine dans l'ossification.
Existence dans l'organisme. — La substance chondrigène existe dans les cartilages permanents, dans les cartilages d'ossification, dans la cornée, dans certaines tumeurs pathologiques (enchondromes).
Son mode déformation est inconnu. A. Danilewsky a obtenu comme résidu de la digestion pancréatique de l'albumine de l'œuf et de la caséine une substance très rapprochée de la chondrine et qu'il appelle chondronoïde et qui serait le prédécesseur de la chondrine.
Uiblioffraphie. — R. ]>kihi : Zur Chemie des Chondriu'i (Rpr. d. d. ch. Ges t XII 1879). — Danilewsky : Ueber die Entstehungsweise von Chondrin und Glulin aus^den Eiweisskorpern (Med. Cbl., 1881). - C. Fu. lûurKENnEHr. : Chondrin und Chondroït-
T-f r"n iP î^ vv'"-:'';^''-' - '■ Bestandtheile des Knorpels
(Zeitsch. f. Biol. t. XX, 1884). - M. Schwarz : Ueber Chondrin, Diss. St. Petersb. 1885.
Beaums. — Physiologie, 3» édition. I 12