PREMIÈRE SECTION
DE L'ESPÈCE EN GÉNÉRAL 1' Caractères de l'esj)ece.
11 y a deux opinions en présence sur le sens qu'il Taul donniT au mot espèce. Les uns, comme Lamarck, Danvin, etc., considèrent l'espèce comme l'enBemblc des individus tout à fait semblables entre eux par leur organisation ou ne diflérant Icf uns des autres que par des nuances très-légtrcs, Daus celte définition de l'espèce, on fait inlervenir non pas un seul canicli-re, mais tous les caractères analomiques et physiologiques tjuirnnt leur importance fonctionnelle, et i! en résulte que, d'après cetle opinion, qui me parait la vraie, l'espèce, de même que la mce et la variété, n'est qu'une calègorie purement rationnelle et ijoi n'a par conséquent rien d'absolu.
Les autres, comme Linné, BulTon, Cuvier, Agasciz et la plupart des naturalistes français, considèrent l'espèce comme quelque chose d'absolu, de primordial et d'immualile, La délinition orthodoxe, qui n'est plus admise que par les théologiens, est h suivante r l'espèce est l'ensemble des individus qui dépendent en droite ligne et sans mélange d'un couple unique et primordial. Seulement les naturalistes, voyant l'impossibilité de soutenir un seul moment celte dèGnition, ont introduit dans la uotion de l'espèce un factcurnomeau, la reproduction. L'espèce est devenue l'ensemble des individus semblables, gusceplibies de se féconder