CARACTÈRES DISTINCTIFS DES VÉGÉTAUX ET DES ANIMAUX
La Tic se manifeste sous deux formes, principales: la plante, ranimai. Cependant la limite entre les deux formes n'est pas si tranchée qu'on le croyait généralement, et lorsqu'on descend aui degrés inférieurs de la série, on rencontre des êtres dont les manifestations vitales laissent l'esprit dans l'indécision et rappellent aussi bien la plante que Tanimal. Aussi beaucoup de naturabstes ont-ils admis un règne, non pas intermédiaire, mais inférieur, sorte de souche commune d'où, par une bifurcation, seraient nés les deux embranchements (protozoaires, protistes d'Hasckel). Mais, ces réserves faites, des différences notables n'en existent pas moins entre le règne végétal et le régne animal ; c'est ce que fait ressortir facilement une comparaison rapide des deux règnes.
La plante possède les mêmes éléments chimiques fondamentaux que l'animal : oxygène, hydrogène, carbone, azote ; seulement le carbone y domine. Elle est plus riche en substances non azotées (hydrocarbonés, amidon, cellulose). La proportion des sels minéraux varie aussi dans les deux règnes : les alcalis sont en plus grande proportion dans les plantes, les phosphates chex l'animal. Mais ce qui caractérise chimiquement la plante, c'est la présence d'une matière colorante, la chlorophylle, principe qui joue un rôle essentiel dans la vie de la plante; il n'y a pourtant pas là un caractère absolu; car toute une classe de plantes, les champignons, est dépourvue de chlorophylle, et on en trouve chez certains animaux, tels sont l'hydre verte et Veuglena viridis.
La plante a plus de stabilité chimique que l'animal, et les motalions matérielles v sont moins actives. Ces mutations sont de deux ordres: assimilation d'une part, désassimilation de l'autre.
Par ï assimilation, l'organisme emploie et utilise pour sa propre substance les matériaux qui lui viennent du dehors. Pour la plante, ces matériaux qu'elle emprunte à l'air et au soi sont l'eau, l'acide carbonique et l'ammoniaque ; c'est avec ces matériaux qu'elle forme l'amidon, la graisse et l'albumine de ses tissus ; cette assimilation ne se fait que dans les parties vertes, à chlorophylle et sous l'influence de la lumière, et l'effet ultime est une réduction et une élimination d'oxygène. C'est ce processus qui a été appelé improprement respiration végétale, Che* l'ani-
28 PROLÉGOMEàîES.
par une véritable circulation matérielle. C'est cette action combinée de la plante et de l'animal qui maintient la constance delà quantité d'acide carbonique de l'air. La vie végétale et la rie animale sont fonctions l'une de l'autre.
La proportion relative de matière végétale et de matière animale reste-t-elle constante ? A l'origine, il n'en a pas été ainsi; i l'époque où l'atmosphère terrestre était surchargée d*acide carbonique, la vie végétale était seule possible ; puis, quand la vie animale a fait son apparition, les deux quantités ont, la première décru, la deuxième augmenté, jusqu'à un moment où les deux quantités sont probablement devenues stationnaires, de façon à amener l'équilibre qui existe aujourd'hui, équilibre qui, du reste, peut être troublé à chaque instant et dont il est diflicilc d'affirmer le maintien.
Le dégagement de forces vives est beaucoup moins intense dans la plante que dans l'animal et ne se laisse constater chez la première qu'à certaines phases de son existence (chaleur dans la g(^rmination et dans la floraison) et dans certains cas spéciaux (mouvements de la sensitive, par exemple). Les plantes transfcn^ ment plutôt des forces vives (chaleur et lumière solaire) eo forces de tension, les animaux des forces de tension en forces vives.
L'organisation végétale est moins compliquée, la division do travail physiologique y est poussée moins loin que chez Tanimal; cependant, là encore il n'y a qu'une différence de degré, et l'organisation des animaux inférieurs ne dépasse guère celle de certaines plantes. La symétrie sphérique ou bilatérale existe aussi bien chez la plante que chez l'animal ; mais la forme générale de l'organisme emprunte chez la première aux conditions habituelles de son existence un caraclère particulier. La plante est ordinairement fixée au sol et cette fixation lui imprime une forme qui se retrouve jusqu'à un certain point chez les animaux qui se trouvent dans les mêmes conditions (polypiers).
Chez l'animal, un facteur, sinon nouveau, du moins essentiel, le mouvement locomoteur apparaît, et ce mouvement détermine la distinction de l'organisme en partie antérieure et partie postérieure (avant et arrière), partie dorsale et partie ventrale, et donne à chacune de ces parties un caractère morphologique spécial en rapport avec leur mode de fonctionnement.
D'une manière générale, l'évolution de la plante est moins