DU SAKO CONSIDÉRÉ DANS SON ENSEMBLE
1° Caractères organoleptiques.
Couleur du sang, —r Le sang artériel est rouge vermeil, monochromatique; le sang veineux, sauf quelques exceptions, est dichroïque, rouge foncé en couches épaisses, vert en couches minces. Ces différences de coloration tiennent à l'état même de l'hémoglobine, le sang artériel contenant de l'oxyhémoglobiQe rouge clair, transparente, le sang veineux contenant une certaine quantité d'hémoglobine réduite. L'oxyde de carbone donne de môme à l'hémoglobine et par suite au sang une couleur rutilante.
Les variations de couleur du sang dépendent de deux causes principales: l^de l'état de l'hét^oglobine et des altérations qu'elle subit; 2<» de l'état des globules et surtout de leur différence de réfraction d'avec le pouvoir réfringent du plasma ; tout ce qui augmente la différence de réfringence des globules et du plasma rend le sang moins transparent, mais le fait paraître moins foncé à la lumière réfléchie; c'est ainsi qu'agissent les solutions salines qui enlèvent l'eau des globules en les rendant plus réfringents. Tout ce qui diminue la différence de réfraction des globules et du plasma a un effet inverse; ainsi l'addition d'eau rend le sang plus foncé et plus transparent.
Le sang veineux n'a pas toujours une coloration foncée. Le sang veineux des glandes en activité, celui des veines rénales, par exemple, est rouge (Cl. Bernard). Chez les animaux refroidis artificieUement, le sang des veines ressemble au sang artériel; le sang des animaux hibernants est plus rouge, quoique la respiration soit ralentie. Le sang artériel peut devenir foncé dans certaines conditions; si on comprime la trachée sur un animal, le sang devient noir presque immédiatement (Bichat); le môme phénomène se produit quand on comprime le larynx en mettant une canule dans la trachée pour maintenir la respiration.
Odeur du sang. — L'odeur du sang, hqlilus sanguinis, est
du sang hâte sa coagulation; 2° une température modérée favorise la coagulation.
La coagulation est regardée par rl^Tabsen ce d'oxygène; 2^une température au-dessous de G®, ou au-dessus de 50«; 3** la saturation du sang par Tacide carbonique; 4° l'addition d'une faible quantité d'alcali et d'acide, ou de certains sels, carbonate de sodium et de potassium, sulfate de sodium, azotate de potassium, chlorure de sodium et de potassium, etc. L'addition de 10 à 20 fois son volume de glycérine empêche la coagulation du sang. (Grunhagen.)
Si l'on connaît assez bien aujourd'hui les conditions de la coagulation, on sait moins pourquoi le sang reste liquide dans les vaisseaux pendant la vie. La paroi des vaisseaux vivants parait avoir un rôle important dans ce phénomène; en effet, des corps inertes (morceaux de caoutchouc), introduits dans le sang en circulation, se recouvrent d'une couche de fibrine, et on a constaté sur des cœurs de tortue que le sang reste liquide dans ses cavités tant que le cœur bat. D'un autre côté, une expérience curieuse semble indiquer que cette même paroi des vaisseaux fournit une des .deux substances, qui engendrent la fibrine, la substance fibrinogène; si dans un cœur de tortue, battant encore, on injecte du sang défibriné, ce sang, retiré du cœur, se coagule spontanément (Magendie, Brown-Séquard). Dans ce cas, la paraglobuline proviendrait des globules, la substance fibrinogène des parois vasculahres. Mais alors, pourquoi, dans le sang en circulation, ces deux corps n'agissent-ils pas l'un sur Tautre ? On a fait là-dessus plusieurs hypothèses :
1"" L'ozone détruirait la paraglobuline à mesure qu'elle parait dans le sérum et sans lui donner le temps d'agir sur la substance fibrinogène formée par les vaisseaux; le sang, une fois sorti des vaisseaux, TozQne redevient oxygène ordinaire et la paraglobuline inaltérée convertit alors la substance fibrinogène en fibrine. Cette théorie n'explique pas les dépôts de fibrine sur les corps inertes.
2^ Il existerait dans le sang une petite quantité d'ammoniaque qui tiendrait la fibrine en dissolution ; cette ammoniaque se dégagerait à l'air, d'où coagulation de la fibrine (Richardson). L'objection précédente s'applique à cette explication, sans compter que si la présence de l'ammoniaque dans le sang n'est plus problématique, sa quantité est infinitésimale.
3° Quantité de sang du corps.
Procédé! d'éTalnation. — l* Méthode det laigniet avec injection d'eau diitillét. — On pèse uo Bnlmal; on le décaplle ou on le saigne; on le pèae de noureau ; la perle de poids donne le poids du sang écoulé; on dÉlermine la quanlilè de priocipes llies pour 100 contenus daus ce fsng. On injecle alors de l'eau dislillée dans les Tsisseaui; on délcrminc Ja quanlilè de principes flxcs que celle eau ramène, et on en dèduil [e poid? du sang resté dans les Irasus. On a ainsi le poids loial du sang Je l'animaL Ce procédé, appliqué Cliet l'homme par Weber dans un cas de décapilatiou, donne un chiffre trop fort, l'eau injectée l'amenant des principes Oies provenant des tissua. — 2° Mélhode des mUanget. — On fait une saignée à un animal et on recherclie la quanlilè de principes fixes pour tOO. On iojectedans les veines une quanlilè donnée d'eau distillée qui diminue la proportion relative de principes llxcs; on fait alors une deuxième saignée, et la dimlnnlion de proportion (pour 100) des principes Qxcs fait connaître la quantité de sang (Valenlin). Celte méthode donne aussi un chilTre trop Tort. — 3> Mélhode eolorimétrique de WeMer. — On fait une aaigoée i un animal, pois ou le tue; on recueille tout le sang qui s'écoule et on hit passer dans let Tsisseaux un courant d'eau diGlillée jusqu'à ce que cette eau refienae incolore; on mélange cette eau distillée au sang recueilli après la mort de l'animal; on a ainsi un mélange H, d'une certaine coloration; on ajoute alors à la première saignée une quantité d'eau distillée suIBsioIe pour donner au mélange Ni la coloration de Hi. On connaît donc : 1° la quantité d'eau distillée a) oulée à la première saignée; 3* la qnanlilé de sang de la première saignée ; 3* la quanlilè d'eau Injectée dans les veines; Il est facile, par une simple proportion, d'en tirer la qn>- Irlème quanlilè inconnue, c'est-A-dlre la quantité tolalo du sang, moins lu première saignée, et l'addillon de ces deux chiffres donne la quantité totale du sang. Ce procédé donne les résultats les plus exacts. Il peut être appliqué à rèvaltiation de la quauiité de aang des différents organes. — On a encore apprécié la quanlilè de saug dn corps en dosant la quantité d'hémaline. (W. Broaelt.)
Chez riiomme, la quantité de sang du corps peut élre évaluée à environ '/i» du poids du corps, c'est-à-dire à un peu moins de 5 kilogrammes.
4° Ânalyge du sang.
Procédé d'analyse dn sang. — L'analfse du sang comporte les opérations siiccesslTes SuiTanles :
]• On pèse le sang en totalité; •
2* Ou extrait la fibrine du sang par le battage; on la pèse après l'avoir jarée, desséchée, bouillie avec Talcool et rélher, et desséchée de iiODTcau;
3* On dose la quantité d*eau en faisant évaporer un poids donné de sang et pesant le résidu ;
4* L*incinéretion de ce résidu donne le poids des matières inorganiques;
S* On reprend ce résida par Teau pour séparer les sels solublcs des leli insolubles, et on les isole par les procédés ordinaires de Tanalyse ddmiquc;
6« Pour doser ralbumine, on ajoute au sérum (20 ou 30 centimètres cabef) quelques gouttes d'acide acétique et on évapore; le résidu eil épuisé par Falcool et par l'eau bouillante et pesé, puis incinéré et pesé de nouTeau; la dilTérence des deux poids donne le poids de nUMimiDe;
7* Les graisses, la cholestérine, la lécithine. sont dosées en évaporant les soIaliODS alcooliques précédentes et en épuisant le résidu par J'élber;
8* Les matières extractives sont dosées en évaporant l'eau et Palcool de lavage (n* 6). L*évaporalion fournit le poids des sels solubles dans feau et dans Talcool, et des matières extractives; Tincinération du réada donne le poids dea sels minéraux ; la dilférence des deux poids représente le poids des matières extractives. Pour le dosage de chacun de ces principes en particulier, voir les traités spéciaux ;
9* Dosage des globules physiologiques (globules humides) : — a) Proeédé ifBoppe-Seyier. On prend une quantité connue de plasma P et on en détermine la Obrine F; un prend, d'aufrc part, une quantité connue de sang, plasma et globules, Q, et on en détermine la fibrine F'. La
PXF' quantité de plasma P' contenu dans Q sera donc égale à — ; — et il suffira
de retnificher cette quantité P' de Q pour avoir la quantité de globules. Ce procédé ne peut être employé que sur des sangs se coagulant trèslentement, comme celui de cheval. — b) Procédé de Bouchard. On laisse coaguler un poids donné de sang dans une capsule, on décante et on détermine le poids d'albumine, de sel et d'eau. Le caillot sert à doser la llbriue*(en enlevant les globules par la malaxation avec une solution de sulfate de soude saturée d'oxygène). On recueille le même Tolume de sang dans un poids;) d'une solution de sucre de canne marquant 1.026 au densimètre, et on le laisse coaguler; on décante et on détermine la proportion d'albumine. Un gramme de sérum normal contient un poids P d'albumine; un gramme de sérum sucré en.conticnt UD poids P'. Soit X la quantité inconnue de sérum, il contiendra la quantité d*albumine ?x. Le sérum sucré pèse jc-^p; il contiendra la quantité
d'albumine, P'(x+i)). La j»roportion d'albumine étant la môme dans les deux sangs, on aura :
Vx = P' (x+p), d'où : X = p— p.
On a ainsi le poids du sérum; on connaît le poids de la fibrine; la diiïércnce entre le poids du sang et la somme des poids du sérum et de la fibrine donne le poids des globules. En divisant ce poids par 4, on a le poids des globules secs.
10° Dosage de Thémoglobine : — a) D. par la quantité de fer, 100 grammes d'hémoglobine contiennent environ 0«^42 de fer; en dosant le fer on aurait la quantité d'hémoglobine; ce procédé est peu exact. — b) D. colori métrique d'Hoppe-Seyler, On fait -une solution étendue titrée d'hémoglobine, cristallisée dans Teau, et on eu remplit une cuve hématinométrique {'); puis on prend 20 grammes de sang déûbriné qu'on étend à 400 centimètres cubes, et on le met à côté dans une deuxième cuve hématinométrique; on ajoute alors au sang étendu de l'eau distillée jusqu'à ce que la t.einte du sang soit identique à celle de la solution titrée de la première cuve. Un centimètre cube de sang étendu contiendra la même quantité d'hémoglobine que l centimètre cube de la solution titrée; on connaît la quantité d*eau distiHée ajoutée au sang; une simple proportion donnera la quantité d'hémoglobine contenue dans 1 centimètre cube de sang pur. — c) D. spectroscopique de Preyer. On détermine, une fois pour toutes, avec une solution titrée d'hémoglobine, la proportion d'hémoglobine nécessaire pour que la teinte verte apparaisse dans la région de la raie b du spectre. Soit A cette quantité, pour 100 centimètres cubes jie solution. On déflbrine le sang et on l'agite avec l'air; on en mesure 1/2 centimètre cube auquel on ajoute de suite sou volume d'eau pour dis.soudre les globules; on place le sang dans une cuve hématinométrique, sous la même épaisseur que la solution-type, et on ajoute de Peau dislHIée jusqu'à ce que la teinte verte apparaisse. Soit p le poids d'eau 'distillée ajouté, le poids de l'hémoglobine pour 100 centimètres cubes sera = /«:(l -+-2p). On ne doit jamais faire varier Técartement de la fente du spectroscope, l'intensité de la source lumineuse, l'épaisseur de la cuve et sa distance au spectroscope. — d) D. par la quantité d oxygène, Quinquand a proposé de doser l'hémoglobine en dosant l'oxygène que le sang abandonne après avoir été agité à l'air; il admet, ce qui n'est pas démontré, que le sang fixe toujours une quantité d'oxygène proportionnelle à la quantité d'hémoglobine qu'il contient.
0) C'est une petite cuve de verre h lames planes et parallèles, très-coni mode pour comparer les diiTérences de coloration des liquides.
Le tableau suivant, emprunté à G. Schmidt, donne la composition du sangd'uD bomme de 25 ans pour 1,000 parties :
POUR 1,0(M) PARTIKB.
6ang total. Plasma. Globules.
Eao 788,71 001,51 081,63
)latières solides 211,29 98,49 318,37
Xitiéresalbaminoldeset exlractivos. . . 102,10 81,02 296,07
Hbrioe 3,93 8,06 —
Biiutioe (ferragineuse) 7,38 — 15,02
Sels 7,88 8,51 7,28
Cllorare de sodium . 2,701 5,546 —
CUorure de potassium 2,062 0,359 3,670
SdlUe de potassium 0,205 0,281 0,132
Pbwpbate de sodium 0,457 0^271 0,633
PhMpluite de potassium 1,202 — 2,343
HMipliate de calcium 0,193 0,298 0,094
Pkn^ate de magnésium 0,137 0,218 0,060
Solde. 0,921 1,532 0,341
5** Variations du sang,
Diflérences du sang artériel et du sang veineux. — Le sang artériel préseule partout une composition uniforme (*); le nng veineux, au contraire, diffère suivant les organes dont il rerienL Cependant cette composition est assez uniforme dans les grosses veines pour qu'on puisse étudier d'une façon générale les propriétés du sang veineux, comparativement à celles du siDg artériel. Les différences principales portent sur trois points : la couleur, la coagulation et la proportion des gaz. Le sangartèrief est rouge vermeil, monoihroïque; il se coagule plus facilement; il contient plus d'oxygène et un peu moins d'acide carbo-
C) Estor et Saint-Piorro ont trouve que In quantité d'oxygène diminue diiuie SADg artériel h mesure qu'on s'éloigne du cœur; mais le Tait n*a pas été confirmé par les autres observnteurs. Mathieu et Ui^)ain ont constat4$, il eit vrai, une moindre quantité d'oxygène dnns les petites artères, mais sans égard à leur distance du cœur; iln attribuent cette diminution d'oxygène à une cause mécanique; il y aurnit moins de globules rouges dans le sang des petites artères que dans le sung des grosses.
CHIMIE VHYSIOLOGIQUE.
nique. Le sang veineux est rouge foncé, dichroïque; il se coagule
moins vite ; il contient plus d'acide carbonique et moins d'oxygène.
Le tableau suivant résume les caractères des deux sangs :
Couleur
Coagulation ....
i Acide carboniq Oxygène . .
Azote . . .
Quantité de globules.
Quantité d'eau . . .
Quantité de fibrine .
Quantité de graisse.
Quantité de scis . .
Sang artériel.
Rouge vermeil ; mono-
chroïque.
Plus rapide.
Plus faible.
Plus forte.
Plus forte.
Moins forte.
Plus forte.
Sang veineux.
Rouge foncé; dicbroî
que.
Moins rapide.
Plus grande.
Moins forte. Moins forte.
Plus forte.
Moins forte.
Sang des différentes veines. — a) Le sang de la veine jxigulaire contient plus de cholestérine que le sang de la carotide Q'ugutaire, 1,545; carotide, 0,967, par kilogramme de sang; Flint). — à) Le sang de la veine splénique contient moins de globules rouges (J. Béclard) ; les globules sont souvent dentelés, plus clairs, et renferment quelquefois de petits cristaux en forme de bâtonnets; ces cristaux sont souvent libres dans le sang (Gray); le sang de la veine splénique cristallise du reste facilement. Les globules blancs sont plus nombreux (1 pour 70 rouges) et cette proportion peut augmenter jusqu'à 1/4 de globules blancs; on y trouve aussi des cellules à pigment. La fibrine serait diminuée, suivant Lehmann; augmentée, suivant Gray et Funke. Ce sang serait très-riche en cholestérine (Funke, Marcel). — c) Le sang de la veine porte se coagule plus vite que le sang du cœur droit; le caillot est plus diffluent; il contient moins de fibrine, et cette fibrine, abandonnée à Tair, se liquéfierait au bout de douze heures (J. Béclard). Il renferme plus d'eau, de graisse, de sels et d'hématine que le sang de la veine jugulaire et des veines hépatiques ; plus de cholestérine (quelquefois en cristaux) et d'albumyie que le sang des veines hépatiques. Les globules de la veine porte paraissent plus riches en graisse que ceux de la veine jugulaire. — d) Le sang de la veine hépatique renferme plus de globules rouges que le sang de la veine porte; il
est très-pauvre en fibrine; il contient toujours du sucre. (Voir : Glycogénie.) — e) Le sang de la veine rénale est rutilant, plus riche eu oxygène, plus pauvre en acide carbonique que le san^' reineux général; il contient moins deau, de chlorure de sodium, de crcatine, d'acide urique et d'urée; il se coagule difficilement. — fjSan/j menstruel; on croyait qu'il ne contenait pas de fibrine: mais il est prouvé aujourd'hui qu'il en contient; son caillot est mou, diflluent; le mucus vaginal paraît, du reste, s'opposer à la coagulation du sang. — g) Le sang des vaisseaux placentaires est plus riche en globules et plus pauvre en eau que le sang des Ternes du bras (Denis). (Voir, pour les caractères des divers sangs Teineux, la physiologie spéciale des difierents organes.*)
Influence des divers états de rorganisme. — a) Age. Le sang du fœtus, dans les derniers mois de la vie intra-utérine, est plos riche en parties solides que le sang veineux de la mère (Deois); les globules rouges sont augmentés; cette augmentation continue quelque temps après la naissance, puis il y a diminution; la quantité de globules augmente de nouveau à la puberté pour décroître après l'Age adulte. Le sang de l'enfant contient plus de matières extractives et d'albumine que celui de l'adulte; sa quantité relative est plus faible (Panum). Le sang du vieillard renferme plus d'eau, de fibrine, de sels et de cholestérine; les globules sont diminués. La quantité d'oxygène du sang décroît anx limites extrêmes de la vie. — b) Sexe. Le sang de la femme est moins coloré que celui de l'homme; sa densité est plus faible; le sérum contient moins de sels, quoique la quantité totale des sels soit plus forte que chez l'homme, ce qui indique une forte proportion de sels dans les globules; les globules sont moins nombreux; l'albumine, les graisses, les matières extractives sont en plus forte proportion. — c) Poids, Le sang artériel des animaux de petite taille est moins oxygéné.
Influence des différentes fonctions. — a) Alimeniation. Une nourriture animale fait hausser la quantité des globules, de la fibrine, des matières extractives et des sels, spécialement i\v> phosphates et de la potasse; par l'alimentation végétale, le san^^ devientplus aqueux ; l'albumine, les graisses, le sucre augmentent; les sels calcaires et magnésiens prédominent; après une alimentation riche en graisse, le sérum se charge de graisse cl devient
Jiictescenl; les aliments féculents accroissent la quantité de sucre. L'inanition augmente la quantité d'eau et de sel^ et diminue tous les autres principes, y compris l'oxygène du sang. Les globules blancs diminuent rapidement et disparaissent môme chez la grenouille (KOlliker). — b) Digestion. La digestion augmente tous les principes du sang, à l'exception de l'eau; les globules blancs peuvent doubler et tripler de quantité; l'oxygène du sang artériel diminue; cette diminution atteint son maximuni quatre heures après le repas et le sang ne reprend son type normal qu'après sept ou huit heures. — c) V exercice musculaire augmente un peu la quantité d'oxygène du sang artériel et diminue celle de l'acide carbonique; cette augmentation d'oxygène parait due à la plus grande fréquence des mouvements respiratoires. d) Uaccélération des battements du cœur a un effet inverse et compense l'augmentation précédente. — e) Dans la grossesse, le sang a une coloration plus foncée et une densité plus faible; Teaa est augmentée, ainsi que la iibrine et la caséine (albuminate de soude); cependant vers la fin la quantité d'eau diminue; les globules rouges sont moins abondants; mais dans les derniers mois ils augmentent de nouveau tandis qu'il y a une diminution des globules blancs.
Influence des agents extérieurs. — Température. La chaleur diminue la quantité d'oxygène du sang; le froid l'augmente (animaux à sang chaud); cette action est un fait physique d'endosmose; l'endosmose entre deux gaz séparés par une membrane humide est plus rapide lorsguc la température s'abaisse.
• 6^ Rôle physiologique du sang.
D'une façon générale, le sang joue un double rôle : il est à la fois liquide nourricier (chair coulante de Bordeu) et liquide excréteur; il charrie à la fois les matériaux nécessaires à la vie des tissus et les principes de déchet qui en proviennent et doivent être éliminés. Le sang n'arrive pourtant pas à tous les tissus; il en est (cartilages, tissus épidermiques) qui sont privés de vaisseaux; mais ils n'en sont pas moins sous la dépendance indirecte du sang; en effet, ils en reçoivent le plasma qui a traversé les parois des capillaires des organes voisins, et qui, par l'imbibition, arrive de proche en proche jusqu'à eux. Cependant, on peut dire
LIOLMDES Di: cours HUMAIN. 107
ijuc la vitalité d'un tissu est en ^'énéral en rapport avec sa richesse sanguine.
Ce rôle viviOant du sang est prouvé d'une façon Irès-nelte par rexpérimentation ; si on interrompt l'abord du sang dans un organe, toutes les fonctions sont hicnlôt abolies; ainsi on paralyse un membre par la ligature de l'artère principale, et Brown- Sèiiuard, eu liant les artères qui se rendent à la tétc d'un cliicn, a pu montrer le curieux spectacle d'une tète morte sur un corps plein de vie, et, par un phénomène inverse, ramener graduelle- ■ent la vie dans cette tête inaninlée en rétablissant le cours du nng dans les artères. De même, l'injection de sang oxygéné fait reparaître Tirritabilité dans des membres amputés ou dans des têtes séparées du corps.
Il y a deux choses dans cette action vivifiante du sang : l"* un apport de matériaux nutritifs pour la rénovation des tissus; ces matériaux nutritifs varient naturellement suivant les pertes subies, aotremeot dit suivant le tissu; l'oiïre est la même pour tous les tisaos, mais chacun d'eux choisit dans le plasma artériel ce qui conncot pour sa réparation; 2° outre celte action rénovatrice, le sang maintient les propriétés vitales des tissus à l'état d'intégrité (irritabilité musculaire, excitabilité nerveuse); c'est ToxygèFie qui, i ce point de vue, joue le rôle essentiel; ainsi les expériences citées plus haut ne réussissent qu'avec du sang oxygéné et pas arec du sang veineux.
iïoxygêne du sang est en outre l'agent principal des décompositions chimiques qui constituent la désassimilalion et qui sont la condition %sine ipta non de l'activité vitale (production de chaleor, de travail mécanique, d'innervation). Que cet oxygène s'y trouve à l'état d'ozone ou simplement à l'état naissant, il n'en est pas moins certain que l'oxygène du sang a une aflinilé beaucoup plus grande pour les substances oxydables que l'oxygène ordioalre, et qu*il s'accomplit dans l'intérieur de l'organisme, à Ici température du corps, des oxydations qui ne pourraient se faire, ea dehors de l'organisme, qu'à des températures très-élevées. La question de savoir si ces oxydations se font dans le sang ou en dehors des vaisseaux sera traitée plus loin.
L'acide carbonique est un principe de désassimilatioa et de déchet; mais il a de plus une action stimulante sur certains tissus et, eu particulier, sur certains centres nerveux (ainsi, sur le centre inspirateur).
Le rôle principal des globules rouges parait être de rhémoglobine et peut-être de la fabriquer; de là Te non glandes flottantes qui leur a été donné par Henle.
Enfin le sang est le grand distributeur de calorique dans ganisme; cette chaleur, engendrée ou non dans son sein, pa combinaisons chimiques,* il la transporte dans toutes les pa du corps et en régularise la répartition et la perte.
Transfasion du sang. — Cette opération, très-rationn repose sur des bases physiologiques qui sont bien con aujourd*hui. Le sang d'un animal, injecté dans les vaisseaux animal de même espèce, joue le môme rôle physiologique qi sang primitif et peut le remplacer. Du sang transfusé peut i remplacer du sang insufTisant (à la suite d'hémorrhagie) ou \ Dans cette transfusion, la plus grande part de revivificalion rei aux globules oxygénés; la fibrine n'a aucune importance et être extraite avant Tinjection sans inconvénient. Le sang d espèce animale différente n'a plus la même action ; il peut en réveiller l'excitabilité nerveuse et musculaire, mais tempon ment, et bientôt les globules rouges se détruisent et par décomposition produisent en général des troubles de div nature.
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