‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 3)Chapitre 67 sur 126 · C. — ROLE PROTECTEUR DES ÉPITHÉLIUMS · texte numérisé non relu

C. — ROLE PROTECTEUR DES ÉPITHÉLIUMS

Les épithéliums ont en premier lieu un rôle purement mécanique ; partout où des pressions répétées, des frottements, pourraient léser les parties superficielles du corps, l'épithélium, devenu couche cornée de l'épiderme, agit comme organe protecteur; il agit de même en présence des substances chimiques qui détruiraient rapidement les cellules plus délicates des parties profondes. Mauvais conducteur du calorique, l'épiderme, et spécialement ses annexes, poils, cheveux, etc., s'opposent, dans de certaines limites, aux déperditions de chaleur et peuvent aussi prévenir les effets d'une chaleur trop intense; ainsi les cheveux protègent la tête contre l'insolation.

Les épithéliums représentent des adjuvants indispensables de certaines fonctions. Les papilles cornées de la langue et du palais de certains animaux interviennent dans les phénomènes

par cette sur£ace correspond l'absorption facile de cette substance, et vice versa.

P Absorption des gaz et des substances volatiles par Us épi" thèlivms. — La surface pulmonaire, dont Tépithélium si fragile et si délicat se rapproche tant des endothéliums (Bûhl, Debovc), occupe la première place à ce point de vue, tant pour l'absorption physiologique de Toxygèue dans la respiration que pour l'absorption accidentelle des gaz et des substances volatiles. La peau, qui, même chez Thomme, est le siège d'une respiration mdimentaire, paraît, d'après les recherches les plus récentes, qui confirment en ce point l'opinion de Bichat, pouvoir absorber les substances volatiles. Pour la muqueuse intestinale, où la respiration est plus rudimentaire encore, cette absorption est probable, sans qu'elle soit démontrée d'une façon positive.

2" Absorption des liquides et des substances solubles. — C'est surtout dans l'absorption des liquides et des substances solubles que se montre le mieux la spécialité d'action des surfaces épithéliales. Si Ton s'en tient à l'eau et aux principes que l'eau peut dissoudre, on voit certaines muqueuses, comme la muqueuse pulmonaire, l'absorber en quantité presque illimitée, tandis que l'épithélium vésical parait presque réfractaire à l'absorption. La muqueuse intestinale, qui absorbe si rapidement la glycoseetles peptones, n'absorbe qu'à peine ou très-lentement certaines substances toxiques et les virus. Ënfm l'absorption cutanée ne se fait que lorsque l'enduit sébacé de la peau a été enlevé pardiKrents moyens chimiques ou mécaniques.

3^ Absorption de la graisse. — Le mécanisme de TabsorptioD de la graisse dans l'intestin sera étudié plus tard (voir : Absorption digestive). Partout ailleurs, sauf peut-être la peau dans des dr* constances particulières, l'épithélium, imprégné d'eau, est ^éf)ra^ taire à l'absorption graisseuse (voir, pour les détails, le chapitre: Absorption de la Physiologie spéciale).

E. — ROLE DE L'ÉPITHÉLIUM DANS L'ÉLUIINATIOIf. 1. EXHALATION.

L'exhalation n'est autre chose que l'élimination des gaz et des substances volatiles. L'exhalation gazeuse physiologique consiste

à 280 par seconde, et sont tout à fait indépendants du système nerveux et de la circulation, car ils persistent sur des cellules détachées; mais, par contre, le mouvement s'arrête quand les cils sont détachés de la cellule qui les supportait. Ces mouvements subsistent assez longtemps après la mort, et on les a observés encore au bout de trente heures et plus chez dessuppliciés (Ordonez, Gosselin, Robin); chez les animaux à sang froid, ils peuvent persister plusieurs jours. Quand ces mouvements sont arrêtés, une solution diluée de potasse ou de soude les fait reparaître de nouveau (Virchow). L*oxygène favorise Je mouvement vibratile; Facidc carbonique et l'hydrogène le font disparaître (Kûhne). Quels sont la nature et le mode de ce mouvemeoi? Il ne peut y avoir aujourd'hui le moindre doute, et le moirremont vibratile n'est qu'un cas particulier des mouvements dupro. toplasma. En effet, le contenu des cils se continue, d'après des recherches récentes, avec le contenu de la cellule épithéliale et les cils se comportent avec les différents réactifs de la même manière que le protoplasma (coagulation à + 40"^, action des alcalis, etc.)- Le mouvement vibratile présente aussi de grandes analogies avec le mouvement musculaire ; ainsi il n*est pas aboli par le curare, à moins qu'il ne soit en solution très-concentrée.

Ce mouvement vibratile s'observe dans les voies respiratoires (larynx, trachée et bronches, où il est dirigé vers l'extérieur), la muqueuse nasale, les trompes utérines, etc.

Le rôle du mouvement vibratile ne parait avoir d'importance chez l'homme que dans les voies respiratoires, pour transporter vers le larynx, pour être expulsées par la toux, les mucosités et les poussières qui ont pénétré dans l'arbre aérien avec l'air inspiré. (Voir aussi le chapitre de la reproduction.)

III1illo«T*pliie. — W. HfS : DU Haute uf%d HôMen dtM KOrper», 1865. — Ch. Robii : DtêEUmtnt» aruUomique* et deê EpithéliniMt 1867. — E. Cabadé ; Xêtûi Air te phyêiologie de» épUhélium», 1867. — Hekls : Stf»t, Anatomie, t. m. — L Raxviks: Art. EpUhélium t du A'oureow Dict. de méd. et de eMr. priMquêÊ, U XIII. — Faraboeuv : De VBpiderme et de» Spithélium»f 1879.

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