B. — DE L'ACTIVITÉ DES CELLULES NERVEUSES
L'activité des cellules nerveuses a deux formes essentielles: la conductibilité ou la transmission du mouvement et le dé^gcment de mouvement.
La conductilnlilé nerveuse, quoique plus spécialement attribuée à la substance blanche, existe aussi dans la substance grise; sioo sectionne tous les cordons blancs de la moelle, en respectant la substance grise, la transmission nerveuse, quoique affaiblie, continue encore à se faire; elle paraît seulement plus lente et plus diffuse.
Le dégagement de mouvement nervetix est la propriété la plus importante des cellules nerveuses; chaque cellule représente an véritable réservoir de mouvement, et on peut donner le nom de décharge nerveuse (qui ne "préjuge rien) au dégagement de mouvement moléculaire, encore inconnu dans son essence.
Le premier caractère de cette décharge nerveuse, c'est son instantanéité. Elle n'a qu'une durée .très-courte, inappréciable; aussi quand l'activité de la cellule nerveuse doit durer un certain temps, la décharge nerveuse, au lieu d'être continue, est-elle intermittente et consiste alors en une série de décharges successives, très-brèves, séparées par des intervalles de repos. Ainsi on a vu plus haut que la contraction musculaire se compose d'une succession de secousses qui correspondent à autant d'excitations
(*) h'aulomatisme spontané que Luys attribue aux éléments nerveux me parait uao expression impropre, car l'auteur lui-môme a bien soin de dire que cet automatisme se présente « soit sous l'influence d'incitations parties «de cellules ambiantes, soit sous l'influence des incitations d'oriffine péri- « phérique «, ce qui assurément n'a rien de spontané, (Luys : necherthet sur le système nerreux, page S7J .) '
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forte, des convulsions intenses. Le mode d'excitation ou la nature de Texcitant parait jouer aussi un rôle important, mais onconindéterminé.
Un caractère essentiel de l'activité des centres nerveux, c'est (]u'une modification nerveuse fréquemment répétée se reproduit de plus en plus facilement et tend à se reproduire pour la plus faible excitation. Le centre nerveux paratt acquérir, par l'usage, une sorte d'étal d'équilibre instable, grâce auquel il entre en activité sous la plus légère impulsion. Si c'est un centre nerveux moteur, le mouvement devient, comme on dit, machinal, et s'il est quelque temps sans se produire, il survient dans le centre nerveux une véritable tendance k le reproduire, tendance qui s'accompagne d'un certain malaise si elle n'est, pas satisfaite. H en est de môme pour les centres nerveux sensitifs; quand une impression habituelle cesse d'agir, la cessation de Texcitaot ordinaire amène une sorte de sentiment mal défini qui constitue un désir ou un besoin,
La nature de la décharge nerveuse nous est complètement inconnue dans son essence. Mais, quelle que soit sa nature, cette décharge nerveuse peut présenter deux caractères différents : être perçue ou non perçue, et les modiûcations des centres nerveux peuvent, à ce point de vue, se diviser en deux groupes : moàifi cations conscientes et modifications inconscientes. Cependant cette distinction , quelque légitime qu'elle paraisse ao premier abord, est loin d'être absolue.
On trouve, en effet, un grand nombre d'actions nerveuses pi, d'abord conscientes, deviennent ensuite inconscientes. Quand l'enfant commence à marcher, chaque mouvement est volontaire, et il a parfaitement conscience de chacun des essais qu'il M pour avancer en conservant son équilibre; puis, peu à peu, le tâtonnement des premiers pas disparaît, les mouvements, d'abord cherchés et hésitants, deviennent automatiques etinconscieQt8,e( la marche se fait enfin sans effort et sans qull y pense. La parole présente un exemple encore plus frappant de cette transformation d'actions, d'abord conscientes, en actions inconscientes, et il en est de même chez l'adulte (pianiste, violoniste, etc.).
Deux hypothèses peuvent être faites pour expliquer les phénoméoei précédents :