CIRCULATION PULMONÀIBE
L'appareil de la petite circulation se trouve compris en entier dans le thorax et il en résulte des conséquences importantes au point de vue de la circulation générale. En effet, Tarière et les veines pulmonaires sont soumises à la même pression négative et aux mêmes alternatives de pression que le cœur, l'aorte et lei grosses veines ; mais tandis que les capillaires de la circulation générale, situés en dehors du thorax, sont soumis, par Imtermédiaire des tissus, à une pression extérieure à peu près constante (pression atmosphérique), les capillaires des poumons, situés dans le thorax même, subissent une pression extérieure variable suivant les phases respiratoires. Les conditions de cette circulation pulmonaire sont d'autant plus importantes à étudier qu'elle représente une partie du circuit vasculaire et que tout le sang passe forcément par la voie pulmonaire, de sorte qu'un arrêt ou une gêne de cette circulation arrête immédiatement ou gène la circulation générale.
Les causes de la circulation 'pulmonaire sont, comme pour toute circulation, les différences de pression des deux extrémités du circuit, ventricule droit et artère pulmonaire, veines pulmonaires et oreillette gauche. Mais la mensuration de la pression dans ces vaisseaux est très-difTicile ; cependant on a trouvé que la pression dans Tarière pulmonaire était de 10 à 30 millimètrcâ de mercure, par conséquent 4 à 5 fois moindre que la. pression dans les grosses artères ; la pression dans l'oreillette gauche et les veines pulmonaires n*a pu être évaluée, mais doit se rapprocher de celle des veines caves.
Quelle est maintenant l'influence des deux états du poumon,
Ç) D'après les recherches de Lossen et Voit, confirmées par Ceradini, A l'aide d'un instrument, Vhémalhorakographet chaque systole s'accompagnerait d'une raréfaction de l'air contenu aans les poumons et d'un mouvement d'inspiration.
des capillaires pour constituer la partie essentielle de la lymphe et c'est encore sous l'influence de cette pression que cette lymphe progresse jusqu'aux gros troncs lymphatiques pour se jeter enfin dans le système veineux. Les lymphatiques constituent donc uu véritable appareil de drainage chargé de faire rentrer dans la circulation sanguine Texcès du plasma transsudô «non employa pour la nutrition des tissus et pour la sécrétion. Le sang artériel, en arrivant dans les capillaires, prend donc, sous Faction de la pression qui le pousse, deux routes différentes et se partage en deux courants de retour, l'un, le courant veineux qui revient directement au cœur en suivant la vx)ie toute tracée dés cananx veineux, l'autre indirect qui traverse les parois des capillaires, se répand dans les tissus, est repris par les lymphatiques et revient enfin, par une voie détournée, se réunir au courant direct et au liquide dont il était sorti (voir fi g. 12, page 82).
Les expériences de Ludwig, Noll,Weis8, Ranvier, etc., semblent en effet indiquer que l'écoulement de lymphe est en rapport avec l'augmentation de pression dans les vaisseaux et spécialement dans les artères, et quoique les recherches récentes de Pasehutin et Emminghaus contredisent ces résultats, il me paraît difficile de les mettre en doute jusqu'à vérification nouvelle. La pression sanguine est donc la cause essentielle et de la pénétration de la lymphe dans les radicules lymphatiques et de la progression de cette lymphe dans les canaux. Mais à cette cause principale viennent s'ajouter d'autres causes accessoires, qui sont en grande partie les mêmes que pour la circulation veineose, telles sont la présence des valvules vasculaires, les compressions extérieures, musculaires ou autres, et surtout la respiration; en effet l'inspiration s'accompagne d'une accélération de la circulation dans le canal thoracique, accélération qui se traduit par une diminution dans la colonne manométrique, et l'expiration a un effet inverse ; tous les mouvements musculaires qui peuvent exiger Teifort et entraver la circulation veineuse feront donc sentir leur contre-coup sur la circulation lymphatique.
La contractiiité des vaisseaux lymphatiques paraît jouer un certain rôle dans la circulation de la lymphe. On sait que chez les amphibies se trouvent des cœurs lymphatiques (') ; mais chez
(*) Chez la grenooille, il en eziBte quatre, un à la racine de chaque membre.
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toujours un certain temps pour se mettre en équilibre aTCC la température du milieu ambiant. Ces appareils comprennent deux parties, oce pile thermo-électrique et un galvanomètre. La pile thermo-élcctriqafi pour les recherches physiologiques, est disposée sous une forme panr cnliére qui permet son introduction facile dans la profondeur des tissas; c'est ce qu'on appelle des aiguilles thermo-électriques.
Ces aiguilles se composent de deux fils métalliques^ Tun de fer, Tautrc de cuivre, soudés, soit bout à bout (aiguille à soudure médiane), soit par une de leurs extrémités (aiguille à soudure terminale,-, an prend deux de ces aiguilles, Tune est placée dans un milieu à température constante (masse d'eau), l'autre enfoncée dans Je Heu dont on veut rechercher la température; les deux extrémités fer sont réuuits par un ûl de même mclal, les deux extrémités cuivre sont mises eo communication avec le galvanomètre ; la moindre différence de température des deux soudures se traduit par une déviation de Taiguille da galvanomètre ; si, par exemple, la soudure placée dans le milieu à température constante est moins chaude que l'autre, le courant, dans le galvanomètre, va de la soudure à température constante à Tautrc. Oa peut varier la disposition des aiguilles thermo-électriques suivant le but à atteindre. Ainsi on peut les entourer de gutta-percba, et leur donner la forme de sondes qui pénètrent facilement dans les cavités du corps^ dans les vaisseaux, dans le cœur, etc. Au iicu du gaivanoroètre ordinaire, on peut employer les galvanomètres à miroir de Wiedemann, Meyerstein, Meissn'cr, etc., pour la description desquels je renvoie aux mémoires spéciaux. Avec les aiguilles thermo- électriques, on peut, en prenant les précautions convenables, arriver à mesurer des différences de température de V4ooo' de degré.
CÂLORiMÉTRiE. — La calorlmétrie a pour but restimation directe de la quantité de chaleur produite par un animal dans un temps donné. Lavoisier employait le calorimètre à glace, qui se trouve décrit dans tons les traités de physique. Dulong et Despretz se servirent du calorimètre à eau. L animal est placé dans une boite métallique dont l'air est alimenté par un gazomètre, tandis qu'un tuyau entraîne l'air expiré. La boite est plongée dans un espace clos rempli d*cau; le calorimètre est entouré de corps mauvais conducteurs, de façon à rendre, autant que possible, sa température indépendante de celle du milieu extérieur. La température de Tanimal et celle de Teau du calorimètre sont prises au début et à la fin de l'expérience. Il peut alors se présenter deux cas : 1<» Ou bien la température de l'animal est la môme au début et à la fin de l'expérience ; dans ce cas, qui est le plus rare, la quantité de chaleur produite par l'animal est égale à la quantité de chaleur (') que
C) La quantitd de chaleur 80 mesure par unités de chaleur ou calories. On appelle calorie la quantité de chaleur nécessaire pour élever la température de 1 kilogramme d'eau de o à 1 degré.
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riiydrogène 12,56 X 34,460 = 432^818, ce qui donne un total de 2464 calories par jour.
Mais ce calcul est loin d'être exact. En premier lieu, la chaleur de ' combustion d'une substance n'est pas égale à la chaleur de combuslioii de son carbone et de son hydrogène; elle est en générai plus faible que la somme des chaleurs de combustion de ses éléments. En outre, b supposition que Thydrogènc et l'oxygène dans Ids hydrocarbonés y sont à Tétat d'eau n'est pas justiflée; aussi les chifltes obtenus ainsi sootils passibles d'erreur.
Aussi vaut-il mieux, au lieu de calculer la quantité des calories d'après la quantité de carbone et d'hydrogène contenue dans les ingesta, calculer directement le nombre de calories fournies par ces ingesta dont on connaît la chaleur de combustioUi comme Tindiqae le tableau suivant :
Calories fonmlei par la Calories fourni»
combnstion d'un gramme. en 24 heures.
Albuminoïdes .... 4*^,998 599%7G0
Hydrocarbonés .... 3 ,277 1081 ,410
Graisses 9 ,069 816,210
Total. . . . 2497%380
Comme les albuminoïdes n'arrivent pas à une combustion complète dans Torganisme, il faut diminuer de 4 calories environ le chiffre dei albuminoïdes, ce qui donne un total de 2,403 calories par Jour.
V" Le second procédé consiste à calculer la quantité d'oxygène absorbée, et d'acide carbonique produit par la peau et les poumons (voir page 416); de l'acide carbonique exhalé on déduit la quantité de carbone brûlé ; l'excès d'oxygène non employée la production de Tacide carbonique est supposé avoir servi à la formation d'ean et on endédoit la quantité d'bydrogènc; on calcule alors la production de la chaleor aux dépens de ce carbone et de cet hydrogène. Le tableau sulTant donne les calculs de l'opération.
Carbone. Oxygène. Hjdrogiite.
Acide carbonique éliminé en 24 heures par la peau et la respiration 909,75 251,4 658,35 »
Oxygène absorbé 744,11 » » »
Excès d'oxygène employé à former de l'eau 85,76 » » 9
Hydrogène de l'eau formée . . 1D,70 ■ • 10,70
Pour le carbone, la quantité de chaleur sera de 25 1,4 X 8,040 calories = 2031*^,312; pour l'hydrogène, elle sera de 10,70X34,460
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comme raissellc, et peut descendre assez bas, par exemple aux extrémités des membres. La température des organes est en général d autant plus élevée qu*on s'éloigne de la surface du corps; le maximum se rencontre, d'après Cl. Bernard, dans le foie (40^ ù i0"0), puis dans le cerveau, les glandes, les muscles, les poumons. La température du sang a donné lieu à de nombreuses recherches et à de nombreuses discussions, surtout en ce qui concerne le sang du cœur gauche et le sang du cœur droiL Cependant d'après les recherches récentes de Cl. Bernard, Kômer, la température du cœur droit serait plus élevée de quelques •dixièmes de degré. KOrner attribue cette augmentation au voisinage du foie qui transmettrait sa chaleur au sang à travers les parois minces du ventricule droit, mais il est plus probable que le sang du cœur droit se refroidit un peu à son passage à travers le poumon. Le sang artériel diminue de température à mesure qu'il s'éloigne du cœur; le sang de la carotide est plus chaud que celui de la crurale (Becquerel) ; le sang du bout central d'une artère est plus chaud que le sang du bout périphérique (Cl. Bernard). La température du sang veineux est très-variable; tandis que celle du sang des veines superficielles est plus basse •que celle du sang des artères correspondantes, le sang veineux des glandes et des muscles (au moment de leur activité) est plus chaud que le sang artériel de ces organes. A partir de Tembouchure des veines rénales, le sang veineux est plus chaud que celui de l'aorte, au même niveau, et la température augmente dans la veine cave inTérieure à mesure qu'on se rapproche du cœur; c'est que celte veine reçoit le sang de la veine hépatique, qui est le plus chaud du corps et dépasse de l"* le sang de l'aorte. Aussi le sang de la veine cave inférieure a-t-il une température plus élevée que celui de la veine cave supérieure, et l'oreillette droite reçoit ainsi deux courants sanguins de température différente qui vont se réunir dans le ventricule droit.